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Archive de la catégorie Livres
Le Maroc ne lit pas, mais les Marocains “facebookent”…
4.6.2010 par admin.
Les libraires se plaignent de survivre et se lassent aussi de ne pas voir plus de titres littéraires entre les manchettes de journaux, mais ces derniers ne semblent pas avoir plus d’amateurs pour autant. Et puis pourquoi payer les journaux quand vous les retrouvez en ligne gratuitement, dans leur totalité pour certains périodiques, avec quelques jours de décalage ? Quand Internet n’est pas plus rapide que les rotatives des imprimeries très souvent…

Le prix est-il d’ailleurs le seul blocage des gens envers la presse au Maroc comme dans le monde entier actuellement ? La passivité de lire un article est certainement la raison de l’engouement d’Internet et des sites sociaux, comme Facebook. Beaucoup n’y sont présents que pour avoir leur petite vitrine et annoncer leurs humeurs du jour, sans grand fondement littéraire ni journalistique. Ceci exprime certainement plus le besoin d’être présent face à l’officielle transmission de la société conditionnante en général. Qui dit Facebook, dit néanmoins presse. Plus réduite, plus locale, plus spécialisée par l’apport de chacun, ce qui offre donc des réponses plus précises, plus ouvertes, plus libres aussi que nombre de journalistes ayant une autorité plus ou moins affirmée au-dessus d’eux, qu’elle soit professionnelle, politique, économique…
S’il est nécessaire de faire le tri et de multiplier ses propres sources d’information sur Facebook ou sur Internet en général, cela offre au moins le choix désormais de ne pas suivre le rail unique de la pensée des autres.
Le Groupement des ERM, c’est aussi un quotidien
“LE JOURNAL LE GROUPEMENT”
Gratuit sur Facebook
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Facebook, une longueur d’avance sur la presse écrite dans le monde arabe

Le nombre des utilisateurs du réseau social Facebook dépasse celui des lecteurs de journaux dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) d’après un sondage du cabinet d’études et d’analyses Dubaïote, « Spot On PR ». Il y aurait plus de 15 millions d’utilisateurs de Facebook, contre moins de 14 millions d’exemplaires de journaux vendus dans cette région.
Les profils des médias sont très différents dans les dix-sept pays du MENA inclus dans l’étude de « Spot On PR ». Les Émirats arabes unis (EAU) par exemple, ont en plus de l’arabe, de fortes concentrations de journaux en langue anglaise, contrairement aux nations d’Afrique du Nord, où il y a plus de français. De même, les habitudes de lecture font que la pénétration des journaux par habitant est très variée. Près d’un millions d’exemplaire sont vendus dans les EAU pour une population de quelque 5 millions d’habitants, alors qu’en Arabie Saoudite, on vend moins de 1,5 millions par jour, pour une population de 28 millions de personnes.
Toutefois, tous se voient face à une certitude émergeante: Il y a aujourd’hui plus d’utilisateurs du site de réseautage social que d’acheteurs de journaux dans la région MENA. Facebook n’est pas un moyen traditionnel d’informations, mais il est entrain d’en devenir, au point de rivaliser aujourd’hui avec la presse dans certains endroits du monde, et la dépasse même dans le monde arabe. Plus de 3,5 millions de personnes dans la zone arabe étudiée ont rejoint le réseau social au cours de l’année dernière. Ceci est dû selon l’étude de « Spot On PR », à l’incorporation à Facebook depuis mars 2009, d’une interface en arabe.
Facebook permet le partage de son quotidien avec d’autres personnes, amies ou pas. C’est aussi un moyen de transmission d’informations, de publicité à moindre coût que les médias papiers. Ainsi, des messages ou groupes de discussion pour une manifestation d’intérêt, pour une cause ou juste pour le plaisir ne se comptent plus sur Facebook. C’est ce qui fait d’ailleurs son succès au Maroc, où 17% des personnes utilisant l’internet, sont sur Facebook d’après l’étude. Un exemple: récemment, un groupe marocain s’est créé sur Facebook pour lutter contre les prix des télécommunications, en lançant une journée nationale sans portables.
Avec près de 1,8 millions d’utilisateurs, le Maroc arrive en 3e position derrière l’Egypte (3,4 millions) et l’Arabie Saoudite (2,3 millions) dans l’utilisation de Facebook dans le monde arabe. Toujours au Maroc, 67% ont moins de 25 ans et 61% sont des hommes. La langue la plus prisée est le français (82,3%) suivie par l’arabe (10,6%).
Cependant, la célébrité du site de réseautage social se retourne en partie contre lui. En effet, après avoir été confronté à un problème de confidentialité et de gestion des données des utilisateurs ces dernières semaines, beaucoup d’entre eux souhaitent désormais supprimer leur compte. Mais avec plus de 400 million d’adhérents à travers le monde (dont, depuis peu, yabiladi maroc), le succès de Facebook n’est pas encore en danger.
Ibrahima Koné Yabiladi.com
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Le Routard Maroc 2010. Une image, un pays. Un pays, des images. C’est selon chacun et le moment.
2.6.2010 par admin.
L’image parle parfois bien plus qu’un long discours, comme parfois de longs discours sont nécessaires afin de démonter une volonté dissimulée derrière l’image. Chacun en use selon ses intérêts, ce ne sont pas les médias du Maroc qui nous contrediront sur cette pratique ni de nombreux sites Internet.

Le guide du routard en ferait gentiment les frais avec son dernier numéro 2010 Maroc, selon certains plus pinailleurs que présents au Maroc, où ce genre d’originalité ne manque pas au quotidien dans les rues d’un pays qui ne manque pas du sens de l’humour.
Il serait bien de voir si le Routard a enfin enlevé les appréciations de certains restaurants ou auberges qui n’existent plus et, pour info, l’hôtel où je descends à Casablanca dont une des marches est cassée au second palier d’entrée, l’a restaurée depuis quelque années. En clair à tous, venez voir ce qui bouge avant de parler ou d’écrire des guides à distance, autre raison de bien faire rire les Marocains comme les touristes en retour…
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http://www.al-kanz.org/2010/05/22/maroc-routard/
Ci-dessous la première de couverture du Guide du routard édition Maroc. Un lecteur d’Al-Kanz, choqué par le choix de la photo, nous a interpellé à ce sujet. Est-ce que comme lui vous trouvez cette image dégradante ?
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Institut Français d’Agadir, trois rendez-vous pour février 2010
12.2.2010 par admin.
Trois rendez-vous que nous propose l’Institut Français d’Agadir en ce mois de février 2010. Un débat d’idées avec comme thème principal Le Coran, une bonne approche d’ouverture que nous propose la culture. Place à vous Mesdames par deux autres rencontres.



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Arriver au 16ème SIEL par les livres, via Casablanca
11.2.2010 par admin.
Du 12 au 21 de ce mois.
Amateur de lettres, un article sans chiffres aujourd’hui. Le SIEL ouvre de nouveau ses portes comme chaque année au Maroc et le paquebot “Livre” accoste à Casablanca à la foire de cette même ville, vous ne pouvez le manquer, il trône devant la Grande mosquée Hassan II.


Rendez-vous annuel des amoureux du livre, rendez-vous littéraire pour d’autres, simple endroit de vente pour certains libraires du pays afin de déstocker les surplus invendus le reste de l’année, rendez-vous du livre religieux quasiment acheté en gros et demi-gros par les imams du pays, espace commercial pour quelques entreprises éditrices et imprimeurs, il y en a pour chacun. Le Pavillon France sera fidèle au rendez-vous des arts et des lettres et toujours en bonne place dans une des allées centrales. Un rendez-vous donc habituel, mais Casablancais.
Suivez cela cette semaine avec notre partenaire lepetitjournal.com
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Pour ceux qui ne pourront s’y rendre, qu’à cela ne tienne, le salon quotidien existe sur la toile au Maroc et vous y trouverez toutes les références recherchées, sans vous déplacer.
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http://legroupement.com/2009/11/07/la-librairie-en-ligne-enfin-presente-au-maroc/
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Autre nouvelle : la FNAC arrive prochainement au Maroc, d’abord sur Casablanca, puis sur d’autres villes.
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http://www.lepetitjournal.com/content/view/53398/312/
Le Salon International de l’Edition et du Livre, rendez-vous annuel incontournable au Maroc, se déroulera du 12 au 21 février 2010 à la Foire Internationale de Casablanca. Les Marocains du monde entier y seront à l’honneur
Pour sa 16ème édition, à l’initiative du Conseil de la Communauté Marocaine à l’Étranger, du Ministère délégué chargé de la Communauté Marocaine Résidant à l’Etranger, et avec le concours du Ministère de la Culture, le Salon International de l’Edition et du Livre (SIEL) accueillera cette année 38 pays, 720 exposants et verra défiler la crème des écrivains et poètes internationaux et marocains. Lepetitjournal.com, en direct du salon, vous fera vivre en exclusivité les évènements majeurs à ne rater sous aucun prétexte.
Chapitre 1 : du 11 au 16 février
Après l’inauguration officielle jeudi 11 février, la conférence d’ouverture sera prononcée par Dominique de Villepin, natif de Rabat, le vendredi 12 février à 15h00 sur le thème “La culture pour vivre dans le monde aujourd’hui”.
Le Pavillon France présentera l’exposition : “En toutes lettres : cent ans de littérature à la Nouvelle revue française”, fêtant ainsi le centenaire de la prestigieuse revue de laquelle naquirent les éditions Gallimard. Des conférences sont également organisées autour de ce thème et avec la présence de nombreux écrivains d’expression française. Difficile de citer l’intégralité du programme mais on peut cependant retenir quelques rendez-vous à ne pas manquer…
Frédéric Beigbeder, samedi 13 février à 17h00
Frédéric Beigbeder est l’un des auteurs les plus talentueux de sa génération. Neuf ans après “99 francs”, roman français contemporain le plus vendu à l’étranger, il obtient le prix Renaudot 2009 pour Un roman français, chez Grasset, récompensant un récit largement autobiographique. Frédéric Beigbeder répondra aux questions de Rita El Ghayat ainsi qu’à celles de ses fans le samedi 13 février à 17h00 sur le Pavillon France.
Tahar Ben Jelloun, samedi 13 février à 18h00
Emblématique s’il en est, l’écrivain et poète marocain, Tahar Ben Jelloun (TBJ) est né en 1944 à Fès. Abdellatif Laâbi le découvre en 1970 et publie son premier recueil de poésies, il collabore ensuite à la revue Souffles. TBJ est l’écrivain francophone le plus traduit au monde ; L’enfant de sable et La nuit sacrée – Goncourt 1987, tous deux publiés chez Gallimard, sont traduits en 43 langues. TBJ vit et travaille à Paris, il est membre de l’Académie Goncourt et lauréat du prestigieux prix international IMPAC.
Il participera avec, notamment, André Azoulay, conseiller de S. M. le roi Mohammed VI, à une table ronde autour du thème : “Le projet de l’Union pour la Méditerranée en discussion”, le samedi 13 février à 18h00.
Mahmoud Hussein, dimanche 14 février à 11h00
Les auteurs réunis sous le pseudo Mahmoud Hussein s’entretiendront avec Mohamed Sghir Janjar autour de la traduction de leur livre Penser le Coran en arabe et de cet art difficile qu’exerce le traducteur, “traduttore traditore”.
Abdellatif Laâbi, mardi 16 février à 18h00
Ecrivain et poète marocain, Abdellatif Laâbi s’est essayé avec succès à tous les genres : romans, essais, théâtre, livres pour enfants. Il traduit aussi des auteurs arabophones dont le regretté Mahmoud Darwich. Pour l’ensemble de son œuvre, il s’est vu octroyer le prix Goncourt de poésie 2009. Récemment mis à l’honneur lors du 16ème Maghreb des livres à Paris, il sera présent au SIEL, du 15 au 18 février.
Il y présentera ses dernières publications en français et en arabe avec notamment une table ronde sur les “Écritures pionnières”, mardi 16 février à 18h00 avec Anouar Benmalek, né à Casablanca, auteur contemporain majeur avec Ô Maria et Le rapt chez Fayard.
Isabelle GIRAUDET (www.lepetitjournal.com / Casablanca)mercredi 10 février 2010.Suivez l’actualité du SIEL sur lepetitjournal.com. Prochain article à paraître lundi 15 février 2010.Informations pratiques
SIEL 16ème édition, du 12 au 21 février 2010
Office des Foires et Expositions de Casablanca
Rue Tiznit, Face à la Mosquée Hassan II
Tél.: 05 22 20 11 57 - 05 22 20 06 54
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Un Roi, des élites, un peuple…ou une photographie sociologique du Maroc.
17.12.2009 par admin.
Un homme seul, quelques intérêts privés, une foule… Une volonté, des murs, des attentes… Si beaucoup au nord ne comprennent pas toujours la position d’un roi, le peuple du Maroc semble ne pas se tromper face à son monarque en faisant bien la part de sa personne derrière le mur des élites ou d’une culture passéiste entretenue qui échapperait aux occidentaux. La confiance reconnue du peuple devant le Roi Mohammed VI ne trompe personne pour reconnaître l’intermédiaire mouvant au gré des vents. Ali Benhaddou, sociologue, nous brosse le portrait d’une situation sociale élitiste qui éclairera mieux les esprits sur un quotidien vécu.
“Le Roi et moi….” oui mais…
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Une présentation du livre très intéressante sur :
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Quatrième de couverture :
« Pouvoir, richesse et prestige sont concentrés entre les mains d’une minorité de familles dirigeantes. Pour conserver ces privilèges et défendre leur rang, elles se reproduisent à l’identique en utilisant les ressources de la tradition : filiations patriarcales, mariages de convenance et alliances économiques. De cette organisation à base familiale, émergent des hommes riches, instruits mais avides de puissance. Tous sont héritiers, les uns de la fortune, les autres de la noblesse. Placés à la tête des institutions de l’État, des organisations patronales, des associations sportives et philanthropiques, ils possèdent tous les pouvoirs. Sans créer une classe, ils s’associent pour former une unité de pouvoir qui domine la société. Qui sont ces hommes ? Comment accèdent-ils au pouvoir politique et économique ? Comment exercent-ils ce pouvoir sur les hommes et les institutions ? Bénéficient-ils réellement d’une autonomie d’action et de jugement ? Ou sont-ils simplement formés par l’État pour servir des intérêts supérieurs comme ceux des multinationales ? Ali Benhaddou propose des réponses basées sur une étude rigoureuse de la formation historique et sociologique des élites marocaines. Il explique la manière dont elles se recrutent au sein des grandes familles aristocratiques. Il analyse le processus de leur organisation, depuis les mariages d’affaires jusqu’à l’exercice du pouvoir économique. Il développe leur conception de l’administration des entreprises, du libéralisme, du management de la pauvreté et des ressources humaines. Il nous invite enfin à découvrir l’univers protégé des élites qui se replient dans les espaces clos des établissements de loisir et qui se barricadent dans les quartiers chics de la métropole marocaine. »
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Du mariage blanc en Europe au mariage gris du Maghreb, une même réalité.
10.12.2009 par admin.
Si le plus beau jour de la vie était le mariage, ce serait aussi le commencement bien caché d’une problématique qui peut se terminer dramatiquement. Le mariage blanc en France a eu son époque où les faux couples étaient d’un commun accord pour berner davantage l’administration que le conjoint. Ce n’est pas le cas lorsque d’autres conditions sociales recentrent ce sujet sur l’utilisation de l’autre à ses propres fins. Si certains tentent une traversée dangereuse de la Méditerranée, visant l’eldorado plus au nord, d’autres sont plus stratégiques pour se jouer des lois et des hommes, ou des femmes…
Un livre de témoignage, une histoire qui date de quelques années, mais plus ou moins d’actualité encore par certains ou certaines qui viseraient plus une autre valeur que les sentiments réels ou humains, tout simplement.
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http://www.edilivres.com/doc/4783/La-valse-des-pantins/Houcine-Ouachani
(Extrait lisible sur le site)
MARIAGE GRIS

Edilivre la valse des pantins. Un livre à découvrir.
En 1990, Houcine épouse Mardia au Maroc. Quelques temps plus tard, celle-ci le rejoint en France, dans son appartement de Garges-lès-Gonesse. C’est alors le début de la lune de fiel… Avant que d’être une charge contre les dysfonctionnements des Justices française et marocaine, avant que de dénoncer les manipulations d’une femme intéressée, La Valse des pantins est un drame familial authentique. Celui vécu par un père et son fils dont l’existence commune est remise en cause par la folie des uns et des autres. Longtemps harcelé, emprisonné même, Houcine Ouachani se pare ici d’une robe de procureur et dresse un réquisitoire accablant contre l’imbroglio international dans lequel son ex-compagne l’a fait plonger. C’est donc le témoignage d’un homme injustement et doublement condamné. C’est surtout le cri d’un père aux droits bafoués. Un plaidoyer sans concession dont on ressort atterré et bouleversé.
Né en France en 1963, Houcine Ouachani fait ses études en France. A l’âge de vingt-huit ans, il rentre dans son pays d’origine, le Maroc. Il y crée un journal hebdomadaire francophone qu’il intitule « la Passerelle » et le dirige pendant plusieurs années. Cette publication unanimement saluée est interrompue par le calvaire judiciaire causé par son ex- épouse. Humilié, incarcéré à plusieurs reprises dans une prison marocaine, il en ressort profondément blessé. Il rédige alors de sa plume trempée dans le vitriol La valse des pantins pour témoigner de l’histoire bouleversante de cette séparation d’avec sa première femme.
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Un Français, un auteur, le Maroc…
30.11.2009 par admin.


Pierre Vermeren, historien français, spécialiste du Maghreb
http://hichambennani.wordpress.com/2009/11/22/pierre-vermeren-%C2%ABau-maroc-on-fait-de-la-politique-fiction%C2%BB/
Pierre Vermeren
“Au Maroc on fait de la politique fiction.”
Q : Votre ouvrage Le Maroc de Mohammed VI. La transition inachevée vient d’être réédité en France. Comment expliquez-vous son succès ?
R : Il y a beaucoup d’interrogations en France parce que la presse donne un compte-rendu de l’actualité marocaine très aseptisé. La censure du journal Le Monde n’a fait qu’accentuer la demande. Pourtant, le Maroc est un pays qui marche très bien dans l’actualité éditoriale en France, à la fois par intérêt, par amitié et aussi par volonté de comprendre ce qui se passe. Les Français ne sont pas que des touristes potentiels. Une partie de la population française essaye de mesurer la réalité des changements en cours au Maroc.
Q : Compte tenu des changements qui se sont opérés au Maroc depuis la parution de votre livre, auriez-vous envie d’y ajouter quelque chose ?
R : Je rajouterais un chapitre sur la manière dont la presse européenne a traité les dix ans de règne. Les journaux français ont traité de cette question avec beaucoup de désinvolture. La période estivale est très difficile pour faire des bilans. Le suivi d’actualité est très pauvre en France, il est propice au scandale et à la conjoncture. La France a un regard anormal sur les pays d’Afrique du Nord. C’est dommage, parce que les Français ont droit à plus d’information. Par exemple, le PAM (Parti Authenticité et Modernité) est totalement inconnu en France.
Q : Justement, que pensez-vous de ce phénomène ?
R : C’est une tentative de ressouder tous les partis politiques d’obédience royaliste qui ont été créés par l’administration depuis les années 60. On rassemble tous les héritiers de ces tendances, en construisant un attrape-tout idéologique. Reste la nécessité de déterminer une ou des oppositions. Il y a le choix entre une opposition très conservatrice liée au religieux et au nationalisme, et une opposition éventuelle de gauche. Je ne sais pas si le PAM a choisi son adversaire ou bien s’il préfère deux oppositions.
Q : Le PAM est-il une menace pour la démocratie ?
R : L’histoire le dira. On revient à une configuration très classique où il y a un grand parti qui est un parti de fidélité totale à l’appareil d’Etat et au roi, avec une opposition plus distancée. De ce point de vue, il y a incontestablement une clarification, et l’interrogation porte davantage sur l’opposition qui va se structurer.
Q : Quelles sont les conditions de renaissance de l’USFP ?
R : C’est certainement le passage à une nouvelle génération. Pour le moment, l’UFSP est dirigée par la génération de l’indépendance. La nouvelle génération doit être émancipée de l’histoire du nationalisme marocain pour être en prise avec les débats du monde contemporain liés à la mondialisation.
Q : Quel regard portez-vous sur les partis à tendance islamiste ?
R : La vraie question porte surtout sur l’absentéisme des Marocains aux élections. La scène politique actuelle montre que les islamistes ne représentent pas grand-chose. Si cette masse de la population décide un jour de voter, il y aura forcément une remise en cause des équilibres apparents. Or, on ne sait pas ce que pense la population qui ne vote pas. Peut-être qu’elle est plus éloignée qu’on ne le croit des préoccupations islamistes. Il est très difficile de le savoir, dans une société où il n’y a pas de sondage. On fait donc de la politique fiction. Mais il existe bien une force islamiste militante d’obédience confrérique, comme dans le cas du Cheikh Yassine.
Q : Est-ce que Al Adl Oual Ihassane constitue un danger pour la scène politique ?
R : On peut le penser. Mais peut être qu’ils se situent en dehors du champ politique. S’ils pensent que la religion a la primauté absolue sur le politique, cela change en partie la donne. Ils n’ont pas d’existence légale, mais leurs objectifs relèvent peut-être plus de l’utopie ou de la foi…
Q : Et comment définiriez-vous le PJD (Parti Justice et Développement) ?
R : Ce parti a un certain nombre de propositions sur la société. Il fait partie intégrante du paysage politique, mais c’est probablement un parti qui est divisé : certains cadres veulent intégrer le champ politique pour faire carrière, et d’autres veulent rester purs. Si l’on compare le PJD à l’USFP, on voit que pendant des décennies, ce dernier est resté pur, puis qu’il a finalement intégré le jeu politique, et que cette intégration lui a coûté cher. Mais le Palais semble aujourd’hui dénier toute représentativité au PJD.
Q : Est-ce qu’il y a une régression de la liberté de la presse au Maroc ?
R : Il est évident qu’il y a des contradictions à l’intérieur de la scène politique marocaine qui produisent des tensions fortes à l’intérieur du pouvoir. Au Maroc, la presse ne possède qu’une partie du pouvoir qu’elle pourrait escompter. Le conflit se situe ici : accepte-t-on un partage de l’information ou veut-on revenir au monopole d’État ? Chaque pouvoir essaye de garder sa prééminence, d’où la confrontation en cours.Q : Mais un journal a déjà fermé boutique et plusieurs autres pourraient lui emboîter le pas. Pendant que de nouveaux journaux voient le jour…R : On a une centaine de journaux contrôlés par des groupes économiques qui portent un regard peu critique sur la société et encore moins sur l’État. Les journaux indépendants jouent un rôle politique, de sorte qu’un journal ne peut pas être remplacé par un autre journal. Avec quelques centaines de journaux, il y a une illusion de pluralisme.
Q : Peut-on donc parler de véritable transition démocratique ?
R : Il y a des aspirations à la transition d’une partie de la société. La question concerne moins la nécessité de la transition que ses implications. Est-ce que la transition doit conduire à un partage du pouvoir, ou à une nouvelle répartition des rôles ? Il y a des tensions fortes qui existent entre tous les pouvoirs, dont la presse qui est aussi un pouvoir. Pour le moment la transition a débouché sur un contrôle de l’information plus ouvert, mais si ce contrôle devait se re-monopoliser il y aurait une réelle régression dans la transition.
Q : Peut-on parler d’élite intellectuelle au Maroc ?
R : Dans mon domaine, c’est-à-dire l’histoire, il y a une élite intellectuelle. Le problème, c’est la relève. La génération qui monte est une génération mal considérée dans la société, qui n’a pas les moyens matériels de faire des études approfondies, de lire ce qui se passe à l’étranger, même dans le monde arabe. Il y a une élite intellectuelle, mais dans cinq ou dix ans, pourra-t-on en dire autant avec la relève des générations ?
Q : Et l’élite politique ?
R : La vie politique au Maroc ne s’est pas totalement émancipée du modèle confrérique, du modèle de la Zaouya. Le modèle du marabout (devenu chef de parti) interdit une vie démocratique et partisane normale. La permanence extrêmement longue des mêmes leaders aux postes de direction démontre que cette élite n’est pas sélectionnée selon des critères politiques ou intellectuels normaux, mais selon des critères inhabituels. Et c’est un élément de fragilisation de la vie politique.
Q : Globalement comment se situe le Maroc démocratiquement parlant par rapport à ses voisins maghrébins ?
R : En Tunisie, il n’y a pas d’espoir à ce stade. En Algérie, il a beaucoup de désespérance sur la nature du pouvoir et sur la structure des inégalités. Au Maroc, il y a un peu plus d’ouverture et d’espoir, mais avec des variations liées à la conjoncture. Le Maroc bénéficie d’une très bonne image en Europe et de la sollicitude de nombreux pays. Cette image positive aide le pays, mais ne peut pas tout résoudre.
Propos recueillis par Hicham Bennani
BIO Pierre Vermeren
1966 : naissance à Verdun
1985 : découverte du Maroc
1996 : nommé professeur au Lycée Descartes de Rabat
2001 : récompensé par le prix Le Monde de la recherche universitaire.
2009 : publie Le Maroc de Mohammed VI. La transition inachevée.
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