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Le baromètre psychologique du tourisme 2011 au Maroc

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Le début de l’année 2011 au Maghreb n’est pas celui des autres années, du moins attendu par les professionnels du tourisme. Si les efforts sont faits au niveau des annonces et de la promotion du pays à l’étranger et de plus en plus dans tous les pays d’Europe, le vent inattendu de ce qui se passe dans d’autres pays se fait sentir jusqu’aux côtes de l’Atlantique.  Les professionnels craignaient depuis quelques années les répercussions commerciales du fait que le Ramadan allait tomber dans la période d’été pour quelques années, sans compter sur ce que personne ne pensait voir arriver, la fièvre psychologique issue de l’information de ces dernières semaines. Fièvres politiques, théorie des dominos, mélange des genres, visions occidentales incomplètes et priorité sécuritaire par habitude font que les chiffres parlent au final déjà dans les livres des hôteliers qui seraient pessimistes à leur tour pour l’été 2011.  

Il semble que les défections les plus importantes viendraient des professionnels européens plus que des clients eux-mêmes ; il est vrai que le gros du remplissage se fait par le all inclusive, clé en main qui décide souvent à la place du client sur place et donc aussi en amont. Plan d’urgence pour le tourisme, c’est habituel, les professionnels attendant trop des instances administratives éventuellement, ne pas confondre avec plan d’urgence pour les touristes pour ne pas tomber dans une psychose au moment présent. 

Philippe DELESALLE. legroupement-agadir.com

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http://www.lavieeco.com/news/economie/Un-plan-d-urgence-pour-le-tourisme—18967.html 

Enquête Un plan d’urgence pour le tourisme ?

En février et mars, les ventes et les réservations sont en baisse de 10 à 60 %, selon les destinations. Beaucoup d’annulations au niveau du tourisme d’entreprises, des séminaires et des congrès.

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L’année 2011 avait bien démarré pour le tourisme national avec une progression des arrivées de 15% et celle des nuitées de 19% en janvier par rapport au même mois de 2010. Mais, c’est connu, en matière de tourisme, rien n’est jamais joué à l’avance, tant le secteur est sensible à tous les aléas : économiques, politiques, géographiques, naturels, climatiques… Il n’est donc pas étonnant que la vague de contestations, plus ou moins violentes selon les pays, que vit l’Afrique du Nord (Tunisie, Egypte, Libye) et le monde arabe depuis début janvier ait fini par déteindre sur le Maroc.

Les manifestations du 20 février sont venues installer un léger sentiment de défiance envers la destination. Les informations recueillies par La Vie éco chez les opérateurs (voyagistes et hôteliers) montrent que les réservations pour les mois à venir s’inscrivent nettement à la baisse, notamment dans le tourisme d’affaires et de l’incentive (séminaires et congrès). Dans tous les cas la situation depuis quelques jours est jugée suffisamment préoccupante par les professionnels et les autorités. Le sujet a fait l’objet de discussions lors des réunions du ministère du tourisme et de l’Onmt avec les CRT, lundi 28 février et le mardi 1er mars, la CGEM décidait de se pencher sur le dossier.

Le Maroc n’a pas profité des annulations de voyages vers la Tunisie

Sur le terrain, la situation est jugée plus ou moins grave selon les interlocuteurs. Jean Jacques Bouchet, le Dg de Fram Maroc, confirme la tendance à la baisse des réservations. «Les ventes pour les mois de février et mars sont en recul de 10% à 15% par rapport à l’année dernière, et c’est à mettre sur le compte de l’effet psychologique que les événements connus par certains pays de la région ont sur le touriste français», souligne-t-il. Le DG de Fram reste toutefois serein pour la destination, car il estime que les médias français ont traité les événements survenus au Maroc de manière plutôt «soft», mais il reconnaît que pour son groupe, il n’y a pas eu vraiment de report des annulations de voyages vers la Tunisie sur le Maroc.

Même son de cloche chez le groupe Accor. Christian Rousseau, DG d’Accor Gestion Maroc, avance que globalement les deux premiers mois de l’année ont été bons par rapport à l’année dernière, même si, depuis le 20 février, les entreprises qui avaient réservé pour des conventions attendent de voir l’évolution de la situation pour confirmer. Selon lui, s’il y a une ou deux annulations de manifestations d’entreprises, il n’y a pas de quoi paniquer, car eu égard à la manière dont les autorités marocaines ont géré les événements, la destination ne devrait pas être pénalisée.  «Maintenant, on n’a pas de boule de cristal et le secteur reste très sensible y compris aux amalgames qui peuvent avoir lieu. De notre côté, on s’attelle à répondre aux interrogations de nos clients en leur expliquant que le Maroc reste une destination sûre et agréable, et en leur proposant des offres spécifiques», conclut M. Rousseau.

Tanger durement secouée par les actes de vandalisme du 20 février

Des déclarations empreintes de prudence mais qui trahissent une certaine inquiétude, à l’instar du communiqué de la Fédération nationale du tourisme (FNT) publié le 24 février dernier. La FNT estime que «les actes de vandalisme, de pillage, et de casse qui se sont produits risquent de se traduire  par des annulations de voyages émanant des principaux marchés émetteurs». Une source à la FNT reconnaît qu’il y a une baisse des réservations mais qui pourrait être compensée par des ventes de dernière minute. S’agissant des destinations nationales phare, il est cependant clair que le moral n’est pas au beau fixe. Si, à Marrakech, on n’affirme  qu’il n’y a pas encore d’évaluation chiffrée des baisses au niveau du CRT, certains hôteliers n’hésitent pas à témoigner sur ce qui se passe dans leurs établissements. Ainsi, le patron de l’Eden Andalous, Abdelali Chaoui, n’hésite pas à dire que dans son établissement, tous les séminaires ont été annulés en raison de l’amalgame dont le marché marocain est l’objet. Pour ce qui est des réservations individuelles M. Chaoui déclare que 20% ont été annulées, précisant que les annulations émanent surtout des TO alors que les clients qui ont réservé par internet sont maintenus. «Actuellement, fait savoir M. Chaoui, j’accueille 300 personnes dans mon hôtel, soit un taux de remplissage de 50%, mais le mois de mars ne s’annonce pas du tout bon». Un autre hôtelier qui s’exprime de manière anonyme affirme aussi que le créneau du tourisme d’affaires a connu beaucoup d’annulations et que sur le segment du tourisme individuel, la baisse se situerait entre 15 et 20%.
Il indique en outre que ses établissements connaissent un taux d’occupation autour de 45%. Cet hôtelier estime que l’ONMT aurait pu réagir plus rapidement et revoir ses actions en menant une campagne dans la presse grand public et les télévisions généralistes (voir encadré).

A Agadir, la transparence est plus de mise. Le PV rédigé suite à la réunion du Conseil régional du tourisme (CRT) tenue le 22 février décrit de manière claire la situation des réservations : annulation des groupes spéciaux et des groupes d’entreprises, annulation des réservations enregistrées jusqu’à présent pour les mois de juillet, août et septembre 2011. Il s’y ajoute qu’après les manifestations du 20 février, les ventes ont chuté de 20%. Le CRT appelle les professionnels à s’organiser pour véhiculer une image positive du pays et faire adhérer tous leurs partenaires à cette idée.

En ce qui concerne l’Etat, appel est fait aux diplomates de travailler à rassurer les décideurs. Les délégations de l’ONMT à l’étranger doivent aussi s’appliquer pour véhiculer dans la presse l’idée de stabilité du Maroc et de la sécurité qui y règne.
Fès n’est pas mieux lotie. La destination culturelle qui avait réussi à redorer son blason au cours des dernières années accuse le coup des actes de vandalisme perpétrés à la suite des manifestations du 20 février. Selon le CRT de la ville, il y a des annulations de l’ordre de 30% à 35% et les ventes sont pratiquement en arrêt.

Enfin, à Tanger la situation semble être pire. Suite aux troubles que la ville a vécus, le président du CRT Mustapha Boucetta estime la baisse des réservations entre 40 et 60% et constate l’annulation des escales de certains paquebots de croisière au port de Tanger. Certains hôteliers dans la ville du détroit sont désespérés, à l’instar de Mounir Benkirane, DG de l’Hôtel intercontinental, qui affirme que «les réservations de groupes ont pratiquement cessé». Il déplore également la baisse des réservations pour les séjours et les séminaires d’affaires. M. Benkirane fait état d’un taux de remplissage de 30% en février contre 77% en 2010. Le Movenpick, lui, affiche une baisse de 9% par rapport au mois de février 2010 et la suite ne s’annonce pas meilleure. Cet hôtel annonce l’annulation de séminaires corporate et de réservations de groupes. En réaction à cette situation, le directeur commercial Mohamed Afquir juge nécessaire de prospecter plus agressivement le marché national et relancer l’activité corporate «car les investissements industriels sur Tanger se poursuivent normalement». Il considère que si «de pareils incidents avaient eu lieu à l’automne, la fin d’année 2010 aurait été ruinée, mais comme ils coïncident avec la basse saison, le retard peut être rattrapé». Partout, les hôteliers sont donc partagés entre la crainte de voir la crise s’installer en 2011 et l’espoir que tout rentre dans l’ordre rapidement.

Actions : La com’ plus tôt que prévu pour inverser la tendance

Dès qu’il y a une crise dans le tourisme, les professionnels pointent du doigt l’ONMT dont les efforts de promotion ne seraient jamais assez conséquents. Pour le DG de l’office, Hamid Addou, les chiffres du tourisme des mois de janvier et février 2011 sont bons. Mais depuis la mi-février, des messages négatifs en raison des événements dans la région ont incité l’office à se réunir avec les professionnels dans certaines régions ainsi qu’avec les opérateurs dont des patrons de chaînes hôtelières et les responsables de Royal Air Maroc, pour se pencher sur les retards de réservations pour les mois à venir émanant des TO des marchés émetteurs. L’objectif était d’avancer au 20 février la campagne de communication qui devait commencer en mars. Ainsi, des opérations de communication ont été lancées en direction de ces TO, notamment les organisateurs de congrès, pour les inciter à maintenir leurs événements. Des campagnes sont aussi menées en direction de la presse étrangère. Elles se traduisent par l’invitation de groupes de journalistes spécialisés pour venir constater sur place la stabilité du pays, suite aux manifestations du 20 février et de la médiatisation qui en a été faite par certains amateurs du sensationnel. L’ONMT, explique M. Addou, essaie d’anticiper en axant la promotion sur des focus, selon la nécessité du moment. Aujourd’hui, c’est la marque Maroc que l’office met en avant.

Mohamed Moujahid. La Vie éco

Le vrai luxe, au Maroc, ou le “Look at me” ?

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Le Maroc est-il une terre de luxe ? Ce fut un objectif lancé dans les débuts du tourisme, qui s’orientait plus vers une image d’orientalisme où, comme jadis, les plus riches s’offraient l’exotisme, jusqu’à emporter dans leurs valises la femme de chambre, l’accompagnatrice, puis la théière et la petite cuillère en argent. Agatha Christie n’est plus ; la mort sur le Nil est arrivée, elle aussi.                  

Le service a manqué au luxe interne du Maroc dans ses approches, le tourisme en aurait fait l’expérience ; l’époque est donc à la masse en matière de consommation. Ce serait donc plutôt les marques de luxe étrangères qui s’inviteraient dans les quelques rares boutiques, où le seul nom de l’avenue où elles se trouvent justifierait le moindre achat avec quelques zéros derrière un chiffre effectif. Champs Elysée, 16ème arrondissement ou Avenue Mohamed V ou Hassan II. 

Les Marocains n’ont pas attendu les grandes marques pour se les accaparer ; le pays du faux et de la copie n’a pas attendu les licences commerciales pour reproduire leurs produits ou pour les laisser arriver de Chine. Avoir une montre “Grolex”, un sac “Louis me voit-on” ou le dernier tee-shirt de “Douce Cabane” sur le dos au Maroc, deviendrait quasiment de la vulgarité, voire du mauvais goût. Si cela fonctionne au niveau de l’image dans certains quartiers du pays, dans certaines boîtes de nuit ou restaurants le soir, ou pour se faire remarquer professionnellement, cela ne devrait pas dépasser la raison que peuvent exprimer les porteurs de marque en grattant un peu la superficielle couche des fausses richesses sociales. Si les belles plumes font les beaux oiseaux, chez les hommes c’est quand ils ouvrent la bouche que l’on entend le fondement de la richesse réelle. Le rêve a donc été déjà vendu au Maroc, mais les services de marketing des grandes marques sauront très bien se situer afin de viser la niche des niches. La marque “Chamelle” ne sera jamais au centre des souks, et le vrai luxe sera certainement chez celui qui continuera à aller le chercher dans les grandes avenues de Paris, de Londres ou de Rome. Le luxe ne se livre pas à domicile, de même que le Maroc et son vrai luxe se méritent en y venant, en le vivant. 

Philippe DELESALLE. legroupement-agadir.com

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Le luxe au Maroc : territoire de promesses

 

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L’année 2010 a été qualifiée de “grand millésime” par le leader du luxe international, LVMH. Malgré la crise ambiante, les parts des grands groupes du luxe ont augmenté partout dans le monde et le Maroc se positionne comme un territoire plein de promesses pour ces vendeurs de rêves…

Voltaire disait que le superflu est une chose nécessaire. Un paradoxe que l’on peut désapprouver, pourtant force est de constater que le luxe a pris une place de plus en plus importante dans le quotidien des Marocains. Casablanca, Marrakech ou encore Agadir arborent désormais des avenues dignes des Champs Elysées, représentant ainsi la vitrine du Maroc moderne.

Les Marocains friands de marques

Selon une étude marketing publiée en 2008 par l’Office du tourisme de Paris, ils sont même les 10èmes meilleurs clients étrangers des boutiques de luxe parisiennes. Chiffre encore plus révélateur, ils se classent 5ème pour les achats Place de la Paix et Place Vendôme, les joyaux de l’orfèvrerie parisienne.

“Les Marocaines consomment de plus en plus! Et du luxe dès qu’elles le peuvent.” Sofia Benbrahim, rédactrice en chef de L’Officiel Maroc.

Les grands groupes l’ont bien compris: textile, immobilier, automobile, alimentation, ameublement, optique… Le haut de gamme est désormais disponible dans tous les domaines. Pour Sofia Benbrahim, ces 5 dernières années ont vu l’éclosion d’un marché plus que prometteur: “La multiplication des franchises de luxe laisse à penser que le gâteau est extensible. Non pas uniquement à certaines classes marocaines dont le pouvoir d’achat serait en évolution mais à tous les pays du Maghreb et d’Afrique qui, à défaut de pouvoir circuler dans l’espace Shengen, pourraient venir “shopper” chez nous”.

Le Maroc plaque tournante du luxe en Afrique ?

L’implantation du complexe hôtelier Mazagan ou encore l’arrivée du Morocco Mall avec ses Galeries Lafayette, le prouvent. Ils apportent une réponse à de nouveaux désirs d’une population en évolution. Un constat que le président du directoire de Luxe Radio, Abdessamad Aboulghali partage: “Notre village est devenu planétaire et son moteur de croissance est justement le désir. Les Marocains désirent mieux vivre, se nourrir, voyager, se loger, s’habiller, etc. Le luxe a su modéliser la séduction et créer l’envie et le désir.”

L’envie. Un sentiment qui s’invite de plus en plus dans notre vie de tous les jours avec les nombreuses publicités sophistiquées que l’on peut observer aux carrefours des grandes villes. L’engouement des Marocains pour les offres de prestige ne se cache plus. Face à l’augmentation de la demande, la boutique Louis Vuitton de Marrakech a même commencé à établir des quotas: on ne peut acheter qu’un article et un accessoire par client.

Pour Gaël Levy, responsable marketing et communication du groupe Géomédia, éditeur de l’Officiel Maroc, le secteur du luxe représente une véritable niche à exploiter au Maroc. “Les Marocaines ont toujours été très au courant des tendances de luxe à l’international. Même si tout le monde ne peut pas se permettre le luxe pur, de plus en plus de marques proposent des produits dérivés, cosmétiques ou parfums qui restent plus accessibles aux classes moyennes. A l’Officiel, nous essayons de les toucher toutes, de les faire rêver…”, déclare Sofia Benbrahim, rédactrice en chef.

Une démocratisation de l’offre

Une tendance qu’a aussi observée Loïc Roix, directeur du centre Porsche Maroc: “Les produits haut de gamme se démocratisent. Il y avait encore des préjugés sur nos voitures. Depuis, nos clients connaissent mieux le produit et l’utilisent sans complexe. La clientèle a évolué. Le développement d’un système de crédit a permis à plus de personnes d’accéder à nos offres. On peut dire que l’on fait face à une plus grande maturité du marché premium.”

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Plus de 206 voitures dont le coût unitaire dépasse le million de dirhams ont été vendues en 2010 selon les statistiques de l’Association des Importateurs de Véhicules Automobiles au Maroc (AIVAM).

Le luxe, marqueur social

La première raison de cet engouement national pour les produits de prestige est celle de la reconnaissance sociale. Dans un pays où la culture est fortement axée sur la communauté et le regard des autres, arborer des articles de marque est en quelque sorte un rempart contre l’indifférenciation, un marqueur social qui prône une manière de sortir du lot.

“A l’instar de ce qui se passe dans le monde, l’individu marocain veut devenir un héros et sortir de l’anonymat.  De ce point de vue, le luxe est un besoin presque vital.” Abdessamad Aboulghali.

Et tout le monde souhaite faire partie des happy fews. Pour Nadia, étudiante passionnée par la mode et le luxe, c’est d’abord un plaisir personnel. Pourtant elle n’échappe pas au jugement de la société: “Lorsque tu es bien habillée avec un sac de marque, les gens te regardent autrement”.

Un sentiment partagé par Noor, secrétaire: “Avoir un sac de marque est quasiment obligatoire pour obtenir un poste lors d’entretiens. Cela démontre un certain niveau social, qui doit plaire aux recruteurs. Moi je dois emprunter celui d’une copine”, déplore-t-elle.

Des inégalités

Dans l’univers du haut de gamme, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. La clientèle du luxe est multiple et hétérogène. En forte croissance, elle est de plus en plus représentée par une population jeune, venant de milieux sociaux disparates et de professions diversifiées. On distingue différents types de consommateurs: le client suiveur, le client occasionnel, le client régulier et le client connaisseur. Les connaisseurs, appelés aussi les gardiens du temple sont généralement de vieilles familles avec une certaine facilité de vie. Il y a ensuite le régulier, caractérisé par une catégorie de population qui souhaite affirmer son statut social, avide de sensations et d’exubérance. Enfin, il y a les clients occasionnels: ceux qui ne possèdent pas de grosses ressources financières mais qui vont se débrouiller pour goûter eux aussi à une part du rêve. Quitte à y laisser tout leur salaire.

Les côtés obscurs du luxe

Car le développement des acteurs du luxe dans la société comporte aussi des aspects néfastes, comme le décrit le directeur de Luxe Radio: “L’accomplissement de soi devient une revendication démocratique et crée inévitablement des inégalités de statuts et de richesses.”

Un paradoxe qui pousse certains à s’orienter vers la contrefaçon: vêtements, maroquinerie, pièces de voitures, etc. Il est possible de trouver des imitations partout. “Au Maroc, la culture de la lutte contre la contrefaçon n’existe pas. Certains se vantent même d’avoir fait une bonne affaire, d’avoir un sac “coté” à seulement 250 Dh!”, livre Maha, jeune Casablancaise.

A la fin septembre 2010, l’Administration des Douanes et Impots Indirects (ADII) avait saisi près de 3,5 millions de produits contrefaits, d’une valeur de 8,5 millions de dirhams. Un business florissant.

Autre point, malgré la multiplication de l’offre au niveau national, beaucoup préfèrent encore faire leurs achats à l’étranger. Les raisons de ce désaveu? Un plus grand choix de produits, la possibilité de les détaxer et surtout une qualité d’accueil performante.

“Je me sens beaucoup mieux lorsque je rentre dans une boutique à Paris… au Maroc, les vendeuses sont très hautaines, elles vous prennent de haut et mettent beaucoup trop de pression pour qu’on achète”, s’indigne Nadia.

“C’est tout aussi valable dans l’hôtellerie de luxe dans notre pays où la dimension humaine représente le maillon faible”, renchérit Abdessamad Aboulghali.

Une incohérence cruciale lorsque consommer du luxe est synonyme d’un service de qualité où tout est mis en œuvre pour répondre aux moindres des désirs. “Le client haut de gamme est exigeant et dépasse quelques fois des limites, convenables ou pas. C’est normal d’apporter des réponses à ces clients, cela fait partie du business”, rapporte Loïc Roix, de Porsche Maroc.

La relation qu’entretient le Maroc avec les groupes de prestige est pleine de promesses: plusieurs grands noms prévoient d’ailleurs d’autres surprises pour l’année à venir…

Pour Nadia, c’est une bonne nouvelle car “dans la vie c’est quand même important de se faire plaisir!”. Avec modération toujours…

Charlotte Cortès

Logement à 140.000 dhs. La quadrature du cercle au Maroc

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Comment construire du logement pour les salariés qui gagnent moins de 3000 dhs /mois, en centre ville, là où le besoin réside, là où le foncier est le plus cher au point de faire fuir hors des villes les gens qui achètent dans le standing, tout en motivant les promoteurs à ne gagner au final que 14% de marge, Inch’allah… ? N’oublions pas en outre des normes et des lois qui devraient s’appliquer de plus en plus prochainement afin d’améliorer les constructions et les conditions de travail des ouvriers de ce secteur. 

Le foncier revient sur la table. Là est sûrement l’approche la plus problématique au Maroc actuellement quand un projet désire se poser, tant la spéculation y est présente, où entre deux vendeurs ou services intermédiaires les prix se voient multiplier. Maintenant en divisant seulement 140.000 dhs par 100m², vous auriez un appartement à 1400 dhs le m² vendu, en considérant que l’appartement fasse entre 50 et 75 m² selon ce qui est dit, vous arrivez à un prix du m² entre 2800 et 1866 dhs livré avec foncier en ville ! Il est évident que là il faut quasiment faire des miracles pour remplir toutes les conditions attendues ou alors certains promoteurs se seraient vraiment engagés dans le social… 

Si dans un sens les prix du logement standing et haut standing dépassent l’entendement, il en serait de même pour les logements à bas prix en sens inverse. Reste tout l’intermédiaire qui devrait expliquer l’attente de logement correct, de qualité, et au prix juste. Un effort collectif et éventuellement un gros poing sur la table du foncier sera nécessaire pour la suite du secteur de la construction au Maroc, avant que de nombreux petits et moyens investisseurs n’aillent voir ailleurs… 

Philippe DELESALLE. legroupement-agadir.com 

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Logement à 140 000 DH : la demande est là mais les promoteurs continuent à bouder le segment

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45 500 unités mises en chantier et 12 500 logements réalisés après trois ans. Les promoteurs privés invoquent la cherté du prix des terrains pour expliquer leur manque d’intérêt pour le produit.  Depuis le lancement du programme des logements à 140 000 DH, en 2008, les pouvoirs publics fondaient beaucoup d’espoir sur cette initiative pour offrir un toit aux populations à bas revenu habituellement exclues des circuits immobiliers traditionnels. Mais, trois ans après, le niveau des réalisations s’est avéré être en deçà des ambitions. Selon des sources officielles, 75 500 logements ont été programmés jusqu’à janvier 2011. 

Comparé à l’objectif de 130 000 unités visées à fin 2012, on peut convenir que le rythme est encourageant. Sauf que seuls 12 500 logements ont été finalisés jusqu’à présent. Et encore, le nombre de ménages qui ont déménagé vers les nouvelles habitations reste très faible. A ce jour, seulement 4 000 logements ont été livrés à leurs propriétaires sur 11 000 commercialisés. Al Omrane, le holding public d’aménagement immobilier qui a pris en charge 7 500 des logements réalisés, impute cette lenteur aux procédures de commercialisation de ce produit. «Puisque les logements sont destinés aux catégories sociales à faibles revenus et en priorité aux habitants des bidonvilles, ceux des maisons menaçant ruine ainsi qu’aux porteurs d’uniforme (agents des FAR et des Forces auxiliaires), des commissions locales veillent méticuleusement à la sélection des bénéficiaires», explique Najib Lahlou, membre du directoire d’Al Omrane.  Le problème est qu’en raison d’une demande de plus en plus forte, étant donné que la cible (ayant un revenu mensuel de moins de 3 000 DH) constitue une bonne partie de la population, la procédure d’attribution prend beaucoup de temps que prévu. C’est pourquoi les responsables du holding examinent avec le ministère de l’habitat la possibilité de «réviser ces procédures afin d’accélérer les opérations de commercialisation et d’écouler les stocks», souligne M. Lahlou.

33 000 logements en cours de réalisation

Il faut rappeler en effet que la vente des logements à 140 000 DH passe obligatoirement par les délégations régionales de l’habitat, auprès desquelles s’inscrivent les postulants dont la demande sera examinée par une commission comprenant plusieurs départements ainsi que les autorités locales.

Les procédures de commercialisation ne sont pas la seule cause de la lente mise en œuvre du programme. Certes, Al Omrane fait état de 33 000 logements en cours de réalisation et 30 000 autres en cours d’étude. Mais la cadence d’exécution reste loin des aspirations des responsables. Car en ajoutant aux 33 000 logements en cours de construction les 12 500 déjà finalisés on arrive à peine à 45 500 unités dont la concrétisation peut être observée sur le terrain. Autrement dit, au bout de trois ans environ, on est à peine à un taux de réalisation de 35% de l’objectif.

De fait, si le processus de vente nécessite quelques réglages, c’est surtout l’implication mitigée des promoteurs privés qui inquiète. Ces derniers invoquent la rareté et la cherté du foncier notamment dans les villes. «Il est quasiment impossible de produire des logements à ce prix dans des villes où la spéculation immobilière est à son paroxysme comme à Marrakech, Casablanca, Rabat et Tanger», confie un responsable du ministère de l’habitat. Or, le besoin en ce produit est énorme dans ces villes. Seule solution : l’intervention de l’Etat pour mobiliser le foncier de l’Etat. Sur ce point, les responsables de Al Omrane réfutent pourtant ce problème. «Les terrains sont disponibles et on les met à la disposition de tout promoteur qui veut investir dans ce programme» , souligne M. Lahlou. Il faut rappeler à cet effet l’acquisition par le holding public de 3 852 ha, en juillet 2009, auprès de la direction des domaines (ministère des finances) destinés à être commercialisés auprès des promoteurs privés qui pourront y engager des programmes mixtes comprenant des logements à 140 000 DH, ceux à 250 000 DH (social) et ceux de moyen standing, et ceci afin de réaliser une péréquation leur permettant de rentrer dans leurs frais.
 
Foncier : Al Omrane défend ses prix en invoquant les coûts de viabilisation

Al Omrane propose effectivement du foncier. «Mais à quel prix ?», s’interroge Youssef Ibn Mansour, président de la Fédération nationale des promoteurs immobiliers (FNPI). Une manière de dire que les tarifs imposés par le groupe sont inaccessibles surtout pour réaliser des logements à bas prix. «Les terrains acquis par Al Omrane à 50 ou 60 DH sont vendus aux opérateurs à 600 voire à 800 DH le m2 et, avec ce prix, il est quasiment impossible de produire des unités à 140 000 DH, même avec la péréquation. Les promoteurs privés pourraient, avec le même tarif, investir dans d’autres segments beaucoup plus rentables» , explique M. Ibn Mansour. Mais Al Omrane justifie cette différence de prix par le coût supporté par le holding pour viabiliser ce foncier. «Nous assurons les travaux de viabilisation, ainsi que d’autres prestations comme le ramassage d’ordures, l’éclairage, les espaces verts, le branchement d’eau et d’électricité sans parler de certains équipements publics, nous vendons le terrain au prix coûtant», se défend M. Lahlou.  Même l’élaboration d’un catalogue de prix compétitifs pour les matériaux de construction n’a pas eu d’effet sur les décisions d’investir des promoteurs.
A l’annonce du programme, ces derniers avaient prévenu que le défi des pouvoirs publics était très grand, tellement le projet était difficile à réaliser à cause du problème du foncier. Et, ils avaient souligné que l’Etat devait déployer de gros efforts sur ce plan justement, notamment dans les grandes villes, pour assurer la réussite de ce programme. «Mais quand l’Etat propose des terrains à ces niveaux de prix, il est normal que les promoteurs immobiliers manifestent peu d’engouement pour ce programme», fait remarquer le président de la FNPI.

Selon des professionnels, plusieurs entrepreneurs qui avaient signé des conventions avec l’Etat trouvent aujourd’hui des difficultés à réaliser leurs projets. On cite l’exemple de la ville de Lakhyayta où «les terrains acquis par les promoteurs privés pour y construire des logements à 140 000 DH sont encore vides».

Pourtant, l’Etat, et avec un prix de 600 DH le m2 pour le terrain, avait démontré, calculs à l’appui, que les promoteurs immobiliers pouvaient réaliser une marge moyenne de 20 000 DH par logement, soit un taux de marge nette de 14%. Cela est-il insuffisant ? Ou bien est-ce l’effet du redémarrage du logement social. Le casse-tête reste entier.

Cibles : Commerçants, bidonvillois et petits fonctionnaires sur les listes

Depuis son lancement, le programme des logements à 140 000 DH a connu une forte demande. En fait, il a nourri de manière remarquable beaucoup d’espoirs auprès d’une grande frange de la population qui souffre en premier lieu des difficultés d’accès au logement. «La plupart des habitants des bidonvilles s’étaient inscrits pour en bénéficier car cette formule d’habitation présente une véritable alternative et un produit très compétitif à la baraque dont le coût est estimé entre 100 000 et 120000 DH», explique un professionnel. Et cela s’est étendu à d’autres catégories sociales comme les petits commerçants, les employés et les fonctionnaires des échelles modestes. Mais encore faut-il que le secteur de la promotion immobilière privée y trouve son compte, car Al Omrane ne peut répondre à toute la demande en temps voulu et quand bien même il le voudrait, il ne dispose pas du foncier nécessaire pour réaliser les 130 000 unités visées.

Hakim Challot. La Vie éco www.lavieeco.com

Mes vacances au Maroc ou mes vacances au Resort ?

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Le RESORT est une question de ressort ou une réponse à des objectifs de rentabilité en matière de développement. Viser 10 millions de touristes pour 2010 (objectif atteint à 90%) a encouragé le secteur de l’hôtellerie à développer de grands hôtels dans les principales villes touristiques. Ce qui fut plus ou moins le commencement de la fin des petites structures qui souffrent désormais, malaise dû aussi à leur manque de réactivité professionnelle. Mais face aux grands hôtels désormais, c’est le géant Atlas qui se présente, monté sur ressort. 

Les villes nouvelles sont aux anciennes villes marocaines par le besoin et les objectifs de l’immobilier au Maroc, ce que les Resorts sont par des villages face à l’hôtellerie plus classique, qui même au centre de grandes villes comme Marrakech ou Agadir tirent parfois très difficilement leur épingle du jeu, certains ne suivant plus assez rapidement la partie qui change de cartes ou plutôt de main. 

Paradoxe parfois, face aux efforts fournis par diverses organisations qui développent en parallèle des projets à taille plus humaine et plus proches de l’aspect culturel, maintenant ainsi la vie en de nombreux espaces où tourisme rime encore avec rencontre, découverte du pays, nature. Qui, au Maroc, expose les vraies beautés du pays à découvrir ? Après le all inclusive, ne sommes-nous pas dans la tendance des villages fermés qui, sur quelques hectares, ne donneraient plus du pays qu’une image de décor de théâtre, en oubliant le principal ? 

Le vrai luxe recherché ne s’est-il pas envolé par cela ? Le standing, et le haut standing que l’on voulait attirer, s’est réveillé aux douze coups de minuit, laissant place aux charters de masse et aux autocars, par manque de limousines… Et si les investisseurs et le CDG du Maroc plantaient plus de petits champignons sur l’ensemble du pays ? 

Philippe DELESALLE. legroupement-agadir.com

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Investissements touristiques: Que du lourd! 

· Près de 20 projets pour une enveloppe de 32 milliards de DH
· 10 sites «vierges» choisis à travers tout le pays

Marrakech. La première destination touristique du royaume est aussi une formidable vitrine pour les investisseurs. CDG Développement misera 5,7 milliards de DH, pour un Resort et une résidence hôtelière dans la zone Chrifa. A lui seul, le Resort, d’une superficie de 268 ha, nécessitera 5 milliards de DH d’investissement.
A terme, la consistance du projet offrira un parcours de golf, un lot hôtelier et résidentiel, des zones mixtes et d’équipements communs (centre de bien-être, clinique…). La résidence hôtelière, (280 résidences touristiques de 4 étoiles et 200 autres de 5étoiles), sera dotée également d’équipements aqualudiques, de Spa, restaurants, commerces, salles de séminaire… L’enveloppe prévue s’élève à 710 millions de DH.

Agadir. L’éternelle seconde destination du pays, n’est pas en reste. Agadir s’arroge deux projets de Resort sur plus de 640 ha, pour un investissement d’environ 7 milliards de DH. Le plus important sera érigé à Taghazout, estimé entre 5 et 6 milliards de DH. Il porte sur la réalisation de 7 hôtels et de 2.146 unités résidentielles dont 893 résidences immobilières de promotion touristique (RIPT). Il y est prévu également des équipements d’accompagnement et de loisirs (village de surf, beach club, médina…). A terme, c’est 7.900 nouveaux lits, soit plus du quart de la capacité litière d’Agadir (26.000).
Le second projet (Resort Biladi) sera réalisé à Tafoult sur 38,5 ha et nécessitera une enveloppe de 1 milliard de DH. Il porte sur une composante hôtellerie, résidences touristiques, immobiliers touristiques, résidence immobilière, camping.

Tan-Tan. C’est sur la toute nouvelle zone intégrée d’Oued Chbika de Tan-Tan. La première phase, de 500 ha, l’enveloppe d’investissement s’élève à 6,8 milliards de DH. Elle porte sur la construction de 9 hôtels, de 4 à 5 étoiles pour une capacité de 5.000 lits. Cette phase prévoit des lots pour la construction de 1.851 villas et appartements. A terme, elle comportera 1 golf de 27 trous, 1 marina de 100 anneaux, un centre de congrès…

Al Hoceima. C’est un total de cinq projets pour plus de 7 milliards de DH d’investissement dont celui de Cala Iris, qui en capte 6 milliards. C’est plus de 14.000 lits touristiques (8 hôtels), une marina de 100 anneaux et un golf de 18 trous. Souani Mediterranean Resort, dans la municipalité d’Ajdir, en accaparera 1,5 milliard de DH pour un hôtel 3 étoiles, de 100 chambres, mais aussi, 1 village de vacances touristiques avec SPA de 850 lits, des RIPT (552 lits) et une résidence immobilière, composée de villas et appartements. L’hôtel Souani, dans la même localité va offrir 94 chambres et 2 suites, avec équipements et services annexes pour un investissement de 111 millions de DH. Le Suite Hôtel Mohammed V (21 clés) et Hôtel Quemado à Al Hoceima (117 clés, 49 unités appart’ hôtels et 19 bungalows nécessiteront 460 millions de DH.

Tamouda Bay. Sur la station, CDG Développement semble déterminé à prendre possession de cette zone touristique, aux confins de la région Nord, entre Mdiq et Fnideq. Le groupe y investit plus de 1,3 milliard de DH dans trois projets hôteliers. Un hôtel de luxe, Banyan Tree Oued Negro, 82 villas, une salle de conférences, des restaurants et Spa capteront 550 millions de DH de la cagnotte. Un 5 étoiles, Chedi GHM (63 suites, 43 clubs suites, 1 suite royale, spa, centre sportif et beach club), pour un investissement de 460 millions de DH et un autre à Mdiq de 95 clés dont 75 chambres, 1 suite royale, 19 villas, 2 restaurants, 1 beach club, 1 Spa et 2 centres de remise en forme et de conférence… Le tout pour 300 millions de DH.

Casablanca. Le positionnement du groupe dans l’offre touristique d’affaires de Casablanca est intéressant. Seule manière peut-être pour jouer à armes égales dans le segment hôtelier de standing dominant de l’offre de la ville. Pour cela, CDG Développement mise plus de 1 milliard de DH sur deux projets dans la marina. Le premier, 1 hôtel 5 étoiles luxe (150 chambres) et marina privative, 1 centre d’affaires et de conférences, 1 Spa, fitness, piscine et restaurants. Le second, un hôtel 5 étoiles affaires de 350 clés, également 1 centre d’affaires et de conférences, 1 Spa et fitness, 1 piscine et des restaurants.

Tanger. Dans la ville du Détroit (zone Ghadouri), il s’agit d’un projet hôtelier de standing de 180 chambres, 1 salle de conférences, 2 restaurants, 2 bars, 1 Spa, fitness, piscine… Mais un des plus petits investissements, 180 millions de DH, du programme du groupe d’une vingtaine de projets en chantier du groupe dans le secteur touristique.

Fès. Un Resort intégré, orienté golf qui devrait, cette fois permettre à CDG Developpement de faire valoir ses vrais atouts dans l’offre touristique de Fès. Ses hôtels, Jnane Palace et Moulay Yacoub, gérés par sa filiale spécialisée, Sogatour, semblent avoir du mal à plaire. Le Resort, en chantier sur Oued Fès, offre 4 lots hôteliers, 25 lots de villas et appartements de haut standing, 1 mall commercial, 4 lots mixtes espace vert, commerces et loisirs, 1 golf et 1 parc urbain. Le montant à investir s’élève à 611 millions de DH.

Rabat. Il s’agit d’un hôtel 5 étoiles de 200 chambres au cœur du projet Arribat Center. Un complexe multifonctionnel, situé au quartier des affaires de l’Agdal à Rabat.

Nador. Dans la lagune de Marchica, le groupe mise 450 millions de DH pour la construction de l’Hôtel Rif de 150 clés et 63 appart’ hotels.

B. T.

La Vache qui rit est Tangéroise

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On se sent bien dans le pays ou sur le continent dans lequel nous sommes le plus reconnu. Les expatriés volontaires vous le diront tous, il en est de même pour les Normandes. Enfin, nos charmantes laitières de Normandie, je précise, histoire d’en rire et non une moquerie, nous parlons bien de La Vache qui rit. 

En traversant l’Afrique, de l’Ouest surtout, les voyageurs français ne sont pas dépaysés quand l’heure du fromage arrive, la portion quotidienne reste assurée dans toutes les villes et les pays d’Afrique, faute de ne pas retrouver non plus leurs 400 fromages locaux habituels,  répertoriés à ce jour. Vous me direz que sous les températures qu’ils retrouvent, il n’en resterait pas beaucoup qui supporteraient le voyage depuis la France, ni les conditions de conservation de certaines épiceries africaines. Heureusement, le Maroc a désormais ses grandes surfaces et ses rayons fromagers, où se font concurrence crémeries françaises et crémeries marocaines, à des prix qui justifieraient, pour eux aussi, le retour de cette fameuse Vache qui rit, parfois jaune. Le rayon de ce fromage, à lui seul, prouve le succès de ce produit accessible à tous. 

La Vache qui rit est désormais Tangéroise et la vie semble BEL pour ce groupe industriel qui se fait une seconde vie. 

Nous attendons la suite avec l’ouverture des frontières économiques avec l’UE en 2012, afin de recevoir dans de meilleures conditions de prix Mr Brillat Savarin ; mais en attendant, le Maroc serait devenu “L’autre pays du fromage”… 

27734_photo-prise-le-10-janvier-2005-a-paris-du-logo-du-groupe-fromager-bel.jpg« Comment voulez-vous gouverner un pays où il existe 246 variétés de fromage ? »

Charles de Gaulle

Philippe DELESALLE. Legroupement-agadir.com

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La Vache qui rit fait un carton au Maroc 

Le plus grand site de fabrication du groupe Bel est à Tanger. 

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Dans le secteur industriel, il est parfois des success stories qui laissent perplexes les  théoriciens du marketing. C’est le cas de la célèbre marque de fromage La Vache qui rit.
Bien qu’il soit d’origine française et répandu dans le monde entier, c’est au Maroc que le fromage La Vache qui rit fait un carton. Depuis 2010, en effet, le marché marocain est premier devant le pays d’origine, la France, pour les petits triangles de fromage fondu. Et ce n’est pas par hasard si les responsables des fromageries Bel ont décidé de faire de leur site de fabrication à Tanger l’usine phare du groupe à l’échelle mondiale. Le site a d’ailleurs connu plusieurs extensions depuis sa première implantation. D’une superficie de 12 000 m2 il y a 30 ans, il s’étend aujourd’hui sur plus de 35 000 m2.
L’usine, qui emploie 1 300 personnes, a produit, en 2010, 1,9 milliard de petites portions triangles. Mais il n’y a pas que le produit classique qui est fabriqué à Tanger.

Y sont fabriquées également d’autres variantes de La vache qui rit comme l’Emmenthal, le gruyère et le «fromage rouge» (Edam), appellation adaptée au marché local. Cette spécificité marketing se retrouve aussi dans le packaging des boîtes de 24 ou 72 portions destinées au commerce de vente au détail que sont les épiceries et mahlabates.

A la clé, un chiffre d’affaires de plus d’un milliard de DH rien que sur le marché marocain. Car, il faut le savoir, seuls 40% de la production de Tanger sont écoulés au Maroc. Les 60% restants sont exportés. Et parmi les marchés qui consomment La Vache qui rit de fabrication marocaine, on trouve essentiellement des pays de l’Afrique de l’ouest, les pays du Golfe mais également de grands marchés comme le Canada et l’Australie. 

J.A. La Vie éco

Accords Maroc-UE. 1er janvier ou “Cette mort sur ordonnance”…

Le 1er janvier ferait-il peur à quelques entreprises ?

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Le 1er janvier de chaque année résonne mal pour nombre de chefs d’entreprises qui semblent réfractaires aux changements, au point de faire régulièrement la sourde oreille aux avertissements de Rabat et, de manière plus lointaine, aux échéances des accords avec l’UE.

 

1er janvier 2011 : les transporteurs du pays, comme tous ceux qui travaillent à l’import-export et qui n’avaient su se mettre au diapason des normes et règles administratives nouvelles, malgré des échéances reculées depuis 2009, viennent de se réveiller brutalement.

7-morts-sur-ordonnance.jpgL’entreprise crie “HELP” en direction de Rabat, mais la suite de l’histoire sera celle du plus fort comme de celui qui sait se lever plus tôt. Il verra le monde lui appartenir, de manière plus transparente.

2012 arrive rapidement et se compte en nombre de jours maintenant. A bon entendeur. C’est le moment de s’y préparer, ou d’envisager des plans de repli ou de réorganisation sérieux. La cour des grands et des grosses entreprises internationales arrive ; ils attendent calmement depuis quelques années. L’ouverture des frontières dites économiques se paiera en gains ou en pertes ; les comptables avertiront leur patron bien avant, souhaitons-le, avant de se retrouver en salle de réanimation. 

Philippe DELESALLE

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Fausse ordonnance 

Au fur et à mesure que l’on s’approche de l’échéance de la suppression des tarifs douaniers avec l’Europe et la vitesse de croisière des accords de libre-échange signés par le Maroc, des groupes de pression montent au créneau pour demander au gouvernement des mesures de protection.  Des dispositions exceptionnelles qui, faut-il le rappeler, ne peuvent être déployées qu’en cas de graves menaces sur les comptes extérieurs et l’industrie locale.
 

Depuis trois ans, l’on assiste en effet de la part de plusieurs filières industrielles à des demandes récurrentes de «mesures de sauvegarde». Moins apparent aussi, le chantage à l’emploi qui se greffe à ces revendications. Bien sûr qu’il existe encore des zones d’ombre sur les règles d’origine, qu’il y a des doutes sur la manière dont les Etats signataires de l’Accord Quadra appliquent ces règles, mais les engagements internationaux du pays ne peuvent être mis en équation.
Les arguments de ces opérateurs? Sous facturation à l’import, détournement des règles d’origine, contrebande et donc, concurrence déloyale. Tout cela est une réalité, mais cela ne doit pas faire oublier la principale source de leurs difficultés.  

Tous ceux qui appellent aujourd’hui à l’aide n’ont pas su ou pu mener leur processus de mise à niveau. C’est cela l’explication de leurs déboires. La collectivité ne peut donc pas assumer ce qui relève avant tout de leur responsabilité.


La protection douanière ne doit pas servir de bouclier à ceux qui veulent se mettre à l’abri de la compétition ou s’aménager des rentes de situation. Eriger des barrières douanières dans ce cas, équivaudrait à prescrire une mauvaise ordonnance médicale. On sait d’ailleurs ce qu’il en est advenu des secteurs surprotégés.

Abashi SHAMAMBA

Cash flow ou crédit gratuit implicite. Le mauvais outil des gestionnaires

 cash-flow.jpg “Mieux vaut un oiseau dans sa main que dix qui s’envolent”, “Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras”, “Ne remets pas à demain ce que tu peux faire le jour même” et “Au pays des promesses, les hommes meurent de faim”. 

En France, parmi les petits commerçants, dans de très anciennes boutiques, ou chez les vieux artisans, il arrive encore de découvrir une affiche illustrant un mendiant, ainsi qu’une légende exprimant que c’est en faisant crédit à ses clients qu’il en est arrivé à ce niveau… Un rappel qui vous fait comprendre la longévité du commerçant d’ailleurs. 

Le Maroc est champion dans cette catégorie. C’est souvent le service de recouvrement qui est le plus actif dans les entreprises du pays, justifiant que les chefs de PME soient toujours très occupés et souvent absents, cherchant plus à se faire payer qu’à trouver de nouveaux clients. On croirait même que c’est la course à celui qui attraperait le premier payeur. Quand ce n’est pas le client qui, payant d’avance en confiance, se doit ensuite de courir pour recevoir le produit ou le service qui n’arrive pas.

Dans ces conditions libres et abusives le plus souvent, ne soyons pas étonnés que nombre de petites et moyennes entreprises se gèrent encore à l’ancienne, au jour le jour, le saint patron de ces entreprises étant le “Inch’Allah !”, qu’ils apportent alors aux potentiels clients qui arrivent encore, mais qui, après un coup d’essai, ne transforment pas l’expérience malheureuse première. 

Dans un pays où le Cash Flow règle la majeure partie des échanges du quotidien entre les gens, qui paient tous en échange des marchandises reçues, donnant-donnant, l’application des règles modernes internationales n’aurait apporté en fin de compte que de nouveaux moyens afin d’éviter d’assumer ses responsabilités ; côté gestion, certains ont bien compris le plus de ces mauvais outils de gestion. Le Cash Flow reste le meilleur allié des entreprises, pour rappel, il libère le temps pour faire avancer les entreprises et les pays.

Philippe DELESALLE

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Où se trouvent les plus mauvais payeurs 

· A 130 jours en moyenne, le BTP est en tête de liste
· Une incertitude: l’administration hors champ de la future loi?
· Les Chinois accordent 4 ans de délai sur des marchés en Afrique!

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Encaisser ses factures à temps relève aujourd’hui presque du miracle. Ce chef d’entreprise qui participait à la conférence mensuelle de l’Association des centraliens du Maroc résume le sentiment général prédominant chez ses pairs. Se faire payer dans les délais contractuels est l’exception, la règle c’est de courir après le client. Le délai moyen de paiement au Maroc tourne autour de 120 jours, avec néanmoins de gros écarts intersectoriels. Cette moyenne peut masquer des disparités. Selon une enquête réalisée par la CGEM, c’est dans l’agroalimentaire où le délai de règlement est le plus court: 65 jours. Dans le BTP, c’est deux fois plus (130 jours), ce secteur apparaît comme le plus mauvais élève de la classe à côté de la chimie qui paie en moyenne à 125 jours. La métallurgie est à 120 jours. Le projet de loi entériné en conseil de gouvernement en octobre dernier fixe à 60 jours le délai maximum de paiement à compter de la date de réception ou d’exécution de la prestation, avec une marge de manœuvre allant jusqu’à 90 jours sous condition de contrat.
La grande nouveauté est l’institution de pénalités en cas de retard, analyse Salaheddine Kadmiri, président de la Commission PME au patronat. La pénalité est indexée sur le taux directeur de Bank Al-Maghrib majorée de 10 points, soit 13,25%. Mais reste une interrogation ou pas du secteur public.

Cette question reste pendante, même si du côté de la CGEM, il est précisé que les entreprises publiques sont bien dans le champ d’application. Quid alors des administrations et des collectivités locales?

Certes, une loi sur les délais de paiement ne va pas chambouler le comportement des entreprises, mais elle constitue un élément d’amélioration du climat des affaires et de rééquilibrage des rapports de force entre les entreprises. Le contexte économique marocain est majoritairement composé de PME, mais aussi de grands groupes; il est donc normal que les plus petits soient protégés, explique Saâd Bendidi, président de l’Association des centraliens. L’unification des délais de paiement est aussi un élément de renforcement de la compétitivité des entreprises.

La plupart des pays européens ont d’ailleurs réglementé les délais de paiement depuis le début des années 2000. En moyenne, le délai moyen au sein de l’Union européenne s’élève à 90 jours avec néanmoins des situations disparates. Bruxelles travaille sur un projet pour le ramener à 35 jours! Ce sont les deux pays du «Club Med» qui ont des délais les plus longs: 90 jours pour le Portugal et 73 pour l’Espagne. En Allemagne, il est à 42 jours, et 45 jours fin de mois en France ou 60 jours à compter de la date d’émission de la facture.  

Mais le plus important, insiste le président de la Commission PME au patronat, c’est l’analyse du retard moyen au-delà des délais contractuels, un indicateur qui renseigne encore plus sur le comportement de paiement. Il est de 14 jours en Belgique, 11 jours en France.
Les entreprises marocaines subissent les effets collatéraux de la réglementation des délais de paiement en Europe. Fini les règlements à 5, voire 6 mois. Tous les fournisseurs européens s’alignent sur les délais légaux de leur pays; ce qui a pour conséquence de déboussoler encore plus les opérateurs marocains.
 A un autre niveau de concurrence internationale, la «normalisation» des délais de paiement ne peut qu’influencer leur capacité sur les marchés extérieurs. Car comment se battre avec la Chine qui accorde des délais de paiement de 4 ans sur de gros marchés de fournitures d’équipement en Afrique, s’interroge Salaheddine Kadmiri. 

Le fisc aux aguets  En grevant lourdement la trésorerie des entreprises, les dérives d’impayés peuvent pousser les entreprises à prendre des libertés avec les obligations légales: non-déclaration des salariés à la CNSS, fausse déclaration fiscale et dans des cas extrêmes, basculer dans l’informel. Par ailleurs, le fisc assimile tout dépassement des délais de paiement à une faveur faite au client, une libéralité. Faute de preuve de recours en justice, les intérêts calculés sur le retard de paiement du client sont réintégrés dans le chiffre d’affaires imposable. Même les petits malins qui ne comptabilisent pas les produits pour éviter l’imposition sur les intérêts de retard se trouvent face aux réserves émises par le commissaire au compte sur les sorties de stock non comptabilisé en chiffre d’affaires.

IL. B./A. S

Maroc. Corruption ou Délation ?

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Nous apprenons la morale à l’école, celle de ne pas voler, de ne pas tromper, de ne pas mentir, tout cela pour le bien collectif, de la nation le plus souvent, mais les mêmes maîtres nous ont aussi parfois grondés, quand l’un des élèves mouchardait. Paradoxe de l’éducation. Mais pour rappel, la délation reste le moyen de base de tous les systèmes de sécurisation, que ce soit celui de la police, de la justice par des témoignages attendus, bref, une certaine vérité qui sort difficilement des consciences, même si cela est pour le bien de tous. 

delation.jpgLe web permettra-t-il d’arrêter la corruption au Maroc ? Du moins serait-ce un outil potentiel, ou permettant d’apeurer les consciences de ceux qui, au quotidien, profitent des faiblesses des systèmes. www.stopcorruption.ma existe désormais. Toutefois l’objectif de l’anonymat et ainsi la limitation des poursuites effectives ne devraient pas fouetter un chat rapidement ; tout au moins faire réfléchir certains à l’éventualité de se retrouver un jour dans des dossiers, même invisibles.

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Le temps nous dira si ce nouveau service de communication aura le même succès récolté dernièrement par un autre du même genre, qui fait un buzz mondial actuellement, sous le nom de Wikileaks

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Philippe DELESALLE

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Pour votre info :le Centre d’Assistance Juridique Anti-Corruption
Mis en place par Transparency Maroc
a cette adresse
Résidence Kays, Rue Oum Errabia, Immeuble D, 3ème étage, Appt 14, Agdal, Rabat-Maroc
Tel : 080 100 76 76 (appel à tarif réduit)

Maroc : Contre la corruption, le web pourra-t-il être efficace ?

Un portail destiné à lutter contre la corruption vient de voir le jour au Maroc. Stopcorruption.ma est un site destiné à dénoncer les actes et tentatives de corruption. Un pas en avant dans la lutte contre la corruption mais sera-t-il vraiment décisif ? Une première au Maroc. Un portail de dénonciation de la corruption vient d’être lancé. La cérémonie de mise en ligne a eu lieu ce lundi 29 novembre à Casablanca. Objectif : permettre à toute personne témoin d’actes, pratiques et tentatives de corruption de pouvoir les dénoncer dans l’anonymat. Une initiative qui, selon l’Instance Centrale de Prévention de la Corruption (ICPC) illustre l’approche participative adoptée et visant à mobiliser toutes les énergies et à canaliser les efforts des différents acteurs concernés pour renforcer la prévention de la corruption. En se connectant on peut anonymement dénoncer des actes de corruption, dans le cadre notamment de marchés publics. 

Le site comporte plusieurs grandes rubriques permettant à l’internaute de mieux connaitre les différents actes de corruption et la réglementation en vigueur. De plus, une partie est destinée à la dénonciation de pratiques de corruption. Dans cette partie, l’internaute peut dénoncer les cas ou tentatives de corruption dont il est témoin tout en gardant son anonymat. Pour ajouter des compléments d’informations ou voir la suite accordée à sa « dénonciation », il lui est possible de créer une boite aux lettres. Les dénonciations sont ensuite étudiées par l’ICPC pour connaître ou non une suite. 

Dénoncer… et après ? Des expériences similaires sont pratiquées dans plusieurs pays, dont l’Allemagne, l’Indonésie et le Kenya. Et il semble qu’elles y sont plutôt réussies. Attendons de voir ce qu’il en sera pour le Maroc. 

Mais d’ores et déjà, on est tenté de dire que même si ce site web peut contribuer à dénoncer les actes de corruption, sa portée risque d’être limitée, si l’initiative n’est pas accompagnée par d’autres mesures pour lui donner tout son sens. A ce niveau, il faut souligner que certaines ONG qui font de la lutte contre la corruption leur cheval de bataille reconnaissent ne pas être au courant de l’existence de ce portail. C’est dire qu’une campagne de promotion doit entourer le portail pour lui éviter de sombrer dans l’anonymat.  Ce portail pourrait connaître un succès auprès du monde des affaires (sa principale cible), mais difficilement au-delà. En attendant, les interrogations se soulèvent : les informations fournies par l’internaute peuvent-elles réellement permettre de dire ou pas si les actes dénoncés relèvent de la corruption ? Les membres de l’ICPC auront-ils suffisamment de preuves pour se prononcer avec assurance? Les premiers dossiers qui seront révélés nous en diront un peu plus. 

Oumar Baldé Yabiladi.com

Investissez au Maroc et faites votre ROE…

S’il est d’usage d’attendre le rot de bébé après son biberon, ou si la tradition exige de cette pratique une marque de contentement des convives en certaines cultures, beaucoup plus s’intéressent au ROE international “return on equity” qui résonne au Maroc. 

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Le contentement s’estime donc en pourcentage pour les investisseurs dans le monde et notamment ceux qui participent au développement du pays Maroc. 

Des chiffres positifs qui font certainement fantasmer de jalousie des entreprises européennes, bien heureuses de ne pas perdre de l’argent tout en recherchant encore à essayer d’en gagner, du moins pour les PME/PMI, les plus importantes étant déjà présentes au Maghreb ou sur d’autres marchés émergents. De là à apporter ses petites économies en bourse auprès de ces géants économiques, il n’y a qu’un pas qu’aimeraient voir franchir les plus grosses sociétés. Les Marocains sont visés par la bancarisation ; sauteront-ils le pas, afin de devenir de petits boursicoteurs devant ce qui se passe dans le monde, alors que culturellement chacun préfère gérer son bas de laine individuellement ? 

Le profit est souvent visé prioritairement, disons-le, alors que l’investissement à but collectif réel, qui permettrait plus sûrement de développer encore plus rapidement le pays selon les directives de Rabat, n’est pas dans la vision plus générale. De ce fait, les investisseurs principaux restent surtout des étrangers. Des ROE à entendre, à comprendre, et qui parlent très bien à ceux qui savent voir plus loin demain, au Maroc… 

Philippe DELESALLE

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Votre Argent

 Retour sur fonds propres de 50% ! Les sociétés les plus rentables de la cote

Maroc Telecom, CMT, Centrale Laitière, Holcim…, 14 sociétés affichent un ROE supérieur à 20%.
La faiblesse des investissements des sociétés matures et la nature peu capitalistique de certaines activités expliquent ces niveaux élevés.
Comparez la rentabilité des entreprises du même secteur et sur plusieurs années. 
 

(Voir tableau sur le site en lien)

Le retour sur fonds propres, appelé également rendement des capitaux propres ou return on equity (ROE), est l’un des ratios financiers les plus regardés dans le monde. Partout, les investisseurs, qu’ils soient professionnels ou actionnaires particuliers, ne jurent depuis des années que par cet indicateur, qui mesure la capacité d’une entreprise à générer du profit à partir de ses ressources propres (capitaux moins les dettes). Et il faut dire que ce ratio a de quoi retenir leur attention, car si l’on se place dans une logique purement financière, savoir si 100 DH vont rapporter 15 ou 20 DH de bénéfice net en une année suffit largement pour décider d’investir ou non.
Au Maroc, les analystes des sociétés de bourse affirment qu’il y a de plus en plus d’investisseurs, personnes morales mais aussi particuliers, qui intègrent la rentabilité des fonds propres dans leurs décisions de placement, à l’image de ce que font habituellement les fonds d’investissement et les étrangers qui se positionnent à la Bourse de Casablanca. Mais quels niveaux de rentabilité affichent les sociétés cotées au Maroc ? Comment les interpréter et les comparer ?

Un ROE élevé n’est pas forcément bon

Tout d’abord, il faut savoir que l’idée selon laquelle une entreprise rentable doit avoir un ROE supérieur ou égal à 15% est totalement erronée. Ce seuil, «normalisé» par certains investisseurs au cours des années 1990, n’est autre que le niveau de rentabilité qu’exigent les grands fonds de pension américains des sociétés dans lesquelles ils investissent, dans le but de rentabiliser leurs régimes et rémunérer les grands risques qu’ils prennent. En réalité, un ROE de 10% n’est pas forcément faible, et une entreprise ayant une rentabilité de 40% ne représente pas forcément un bon investissement. Certaines sociétés ont un ROE élevé car leur activité ne requiert que peu de capitaux propres, comme par exemple les cabinets de courtage et les sociétés informatiques. Alors que d’autres, opérant notamment dans l’industrie, peuvent afficher un ROE bas car leur activité nécessite d’importants moyens capitalistiques. Ainsi, les industries gourmandes en capital se trouvent généralement sur des marchés où les barrières à l’entrée limitent la compétition, ce qui leur garantit un certain niveau d’activité, une croissance pérenne et une rentabilité qui s’améliore au fur et à mesure de la baisse des amortissements. En revanche, les entreprises à fort taux de rentabilité et avec peu d’apport en capitaux propres pourraient, elles, se voir concurrencer plus fortement car les barrières à l’entrée seront plus perméables.

D’une manière générale, le ROE ne prend tout son sens que lorsque l’on compare des entreprises d’un même secteur d’activité. Mais, même dans l’industrie, par exemple, le niveau de rentabilité d’une cimenterie ne doit pas être comparé à celui d’une société agroalimentaire. «Chaque activité a ses propres spécificités, ses niveaux de prix, ses taux de marge, sa taille critique, son potentiel de développement…», estime un analyste. De plus, il existe certaines activités faisant l’objet d’une réglementation qui influe sur leur niveau de rentabilité. Tel est le cas par exemple des établissements bancaires, dont les exigences réglementaires en matière de fonds propres (recapitalisations suite aux relèvements des ratios prudentiels) limitent leur niveau de ROE. «Les banques marocaines auraient pu afficher une rentabilité largement supérieure aux 12% qu’elles réalisent actuellement, compte tenu de la progression soutenue et régulière de leurs bénéfices, s’il n’y avait pas le souci de se conformer aux nouvelles règles prudentielles de la loi bancaire», explique un gérant de fonds d’investissement.

Une rentabilité globalement proche des niveaux européens

Il ne faut pas non plus négliger le cycle de vie dans lequel l’entreprise se trouve. Maroc Telecom, par exemple, affiche un ROE de plus de 50% au titre de 2009, soit l’un des niveaux les plus élevés de la place, car ses capitaux propres n’augmentent qu’à travers l’accumulation des bénéfices annuels (pas de recapitalisation), l’opérateur ayant bouclé depuis des années ses investissements stratégiques d’infrastructure et ne procédant actuellement qu’à des investissements de renouvellement et de maintenance, financés par ses revenus récurrents. Ceci alors que Méditel n’affiche qu’un taux de rentabilité encore faible, malgré des bénéfices qui enregistrent chaque année une croissance soutenue, en raison du poids toujours important de ses investissements, notamment dans les solutions Data et voix innovantes.

En tout cas, quel que soit le secteur d’activité ou la période d’existence des sociétés cotées au Maroc, les analystes affirment que leurs niveaux de rentabilité financière sont globalement proches des niveaux qu’on observe en Europe. «Certains investisseurs étrangers qui s’intéressent au Maroc s’étonnent de voir des ROE entre 10% et 20% à la Bourse de Casablanca, car ils s’attendent à des niveaux plus élevés à l’instar des autres pays de l’Afrique et du Moyen-Orient», souligne l’un d’entre eux. Mais il faut dire que même si les entreprises marocaines restent globalement sous-capitalisées, celles qui sont cotées à la Bourse de Casa déploient des efforts d’investissement soutenus, que ce soit en projets de développement, en renouvellement ou en mise en conformité avec les normes environnementales et de sécurité. «Dans certains pays, les ROE sont certes très élevés, mais il faut savoir que les machines et les usines qui génèrent les profits ne sont pas renouvelées pendant des années, ce qui constitue un grand risque pour l’investisseur», ajoute notre analyste. Par ailleurs, si la rentabilité des sociétés cotées au Maroc est proche de celle des entreprises européennes, elle est appelée à augmenter fortement dans l’avenir, car le potentiel de croissance des activités économiques au Maroc reste important, ce qui n’est pas le cas en Europe.

CMT, la plus rentable des sociétés minières

Il n’empêche que plusieurs sociétés cotées au Maroc affichent d’ores et déjà des niveaux de rentabilité très élevés. Quatorze entreprises sur les 73 de la cote ont en effet un ROE supérieur à 20%. A leur tête se trouve une société minière, la Compagnie minière de Touissit (CMT), qui a dégagé en 2008 et 2009 un retour sur fonds propres supérieur à 50%. Contrairement à Managem (ROE estimé pour 2010 à 11%), dont les bénéfices étaient jusqu’en 2009 lourdement impactés par un portefeuille de couvertures défavorables des prix de vente de ses métaux, CMT a su profiter de l’envolée des cours internationaux des métaux ces dernières années pour améliorer sensiblement ses marges et limiter l’impact des investissements qu’elle mène sur sa rentabilité.

Dans le même compartiment, la Samir affiche également un ROE honorable, estimé pour l’année 2010 à 20%. Après un exercice 2008 difficile, durant lequel le raffineur a accusé un lourd déficit suite à l’effondrement des cours pétroliers consécutivement à la crise internationale, il a pu rétablir partiellement sa rentabilité en 2009, pour la porter à plus de 14%, et il devrait encore l’améliorer cette année, selon les prévisions des analystes, et ce, malgré l’importance de ses investissements de modernisation qu’il mène.
Les ROE sont également élevés chez les cimenteries. Holcim, classée meilleure du secteur selon ce critère, dégage régulièrement une rentabilité des fonds propres supérieure à 30%, ce que les analystes considèrent comme une super-performance dans une industrie lourde comme celle du ciment. Les raisons qui expliquent ce niveau de ROE sont multiples, dont l’augmentation successive des prix de vente et la maîtrise des charges opérationnelles, mais aussi et surtout le niveau d’endettement de la société. En effet, Holcim est considérée par les analystes comme l’opérateur qui optimise le mieux ses ressources à long terme dans le secteur. La répartition équilibrée entre fonds propres et endettement dans ses différents projets d’extension de capacités lui permet de maximiser ses profits. Car il faut savoir que si le coût d’un emprunt bancaire ou obligataire est de 5 à 6%, la rémunération qu’exigent les actionnaires en cas d’augmentation de capital est bien supérieure à 10%. De plus, la charge d’intérêt d’un emprunt est déductible du résultat imposable, alors que la rémunération des actionnaires vient après l’imposition du bénéfice.

Lafarge Ciments, qui opte beaucoup plus pour le financement des investissements par fonds propres, n’est pas loin du niveau de rentabilité de Holcim, son ROE se situant également à 30%. Pour cet opérateur, c’est surtout l’effet taille et optimisation des coûts de production qui explique cette forte rentabilité.
Quant à Ciments du Maroc, elle recouvre petit à petit ses niveaux historiques de ROE (20% et plus), après une période difficile marquée par des problèmes techniques au niveau de sa principale usine et par un retard d’investissement d’extension de capacité.

15% de retour sur fonds propres dans l’immobilier

Dans l’immobilier, la rentabilité des fonds propres tourne globalement autour de 15%. Addoha, qui affiche un ROE de 17% au titre de 2009 après les 24% de 2008, a pâti de la vente à perte des deux hôtels de la station Saïdia et du recul de ses ventes dans le haut standing. L’augmentation de son capital de 3 milliards de DH cette année devrait encore détériorer sa rentabilité financière, surtout si les bénéfices n’augmentent pas sensiblement. Pour Alliances et la CGI, leur ROE se dirige graduellement vers les 15%, l’importance de leurs projets en cours de réalisations et le temps que nécessite leur commercialisation limitant la progession de leur indicateur de rentabilité.

Rentabilité élevée pour Crédit du Maroc

S’agissant des banques, les règles prudentielles limitent, comme expliqué précédemment, leur niveau de ROE. Mais ce n’est pas le seul facteur.
En effet, un établissement qui multiplie les ouvertures d’agences et les opérations de croissance externe, comme Attijariwafa bank, ne peut qu’avoir une rentabilité proche de la moyenne du secteur (11,9%). De même, la BMCI, qui procède pratiquement chaque année à une augmentation de capital, maintient un ROE stable aux alentours de 11%. En revanche, le Crédit du Maroc, dont l’extension du réseau d’agences s’opère à un rythme modéré et qui reste concentré sur son activité classique au Maroc, affiche le taux de rentabilité le plus élevé du secteur, à 16%.
Par ailleurs, il faut relativiser quand il s’agit de BMCE Bank et du CIH. Pour la première banque, le ROE s’affiche à un niveau bas (3,4% en 2009) compte tenu de l’importance des provisions pour créances en souffrance constatées durant l’année, élément venu s’ajouter au poids de sa croissance interne et externe. Quant au CIH (ROE de 3%), il a principalement souffert du processus d’assainissement des anciennes créances douteuses et du ralentissement qui a marqué le secteur de l’immobilier l’année dernière.
Signalons enfin que si le retour sur fonds propres des sociétés cotées au Maroc reste conforme aux niveaux internationaux, les analystes n’hésitent pas à qualifier les taux de marges des sociétés marocaines de très élevés. CMT, par exemple, affiche une marge opérationnelle (résultat d’exploitation rapporté au chiffre d’affaires) de 61%, et Lafarge Ciments dégage une marge nette (bénéfice net rapporté au chiffre d’affaires) de 34%.
Ces niveaux représentent quasiment le double des taux de marge des sociétés minières et des cimenteries basées en Europe, et traduisent à la fois la tendance haussière des prix pratiqués et les efforts fournis en matière d’optimisation des charges.

Critères de calcul : Analysez la rentabilité économique avant la rentabilité financière

Si la rentabilité financière, mesurée par le retour sur fonds propres, revêt une importance majeure pour les investisseurs, les analystes recommandent à ces derniers d’analyser en premier lieu la rentabilité économique d’une entreprise, afin de juger sa capacité à générer du profit indépendamment de la nature des ressources employées et de toute autre considération non opérationnelle. En effet, la rentabilité financière est obtenue en rapportant les bénéfices réalisés aux seuls fonds propres des actionnaires. La rentabilité économique, elle, compare le revenu opérationnel obtenu par l’entreprise, avant paiement des intérêts sur les emprunts, à tous les capitaux engagés dans la production, qu’ils soient sous forme de fonds propres ou de ressources empruntées. Généralement, le revenu utilisé dans le calcul de la rentabilité économique est l’Excédent brut d’exploitation (EBE). Les capitaux engagés sont pour leur part constitués de toutes les ressources figurant dans la rubrique «Financement permanent» d’un bilan d’entreprise. La rentabilité économique peut également être calculée pour un projet précis. Dans ce cas, il faut prendre l’augmentation de l’EBE qui résulte du projet et la rapporter à la dépense d’investissement engagée dans le projet.
 

Souhaïl Nhaïli

Immobilier et construction au Maroc. Reprise, vous avez dit reprise ?

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Pas facile, dans la jungle des articles de la presse marocaine et des diverses sources d’information possibles, de déterminer la réalité du secteur immobilier. Il suffit de suivre l’actualité et le secteur du bâtiment, plus une approche économique non seulement nationale mais surtout internationale, pour bien comprendre la suite du développement ou non en ce secteur pour le pays. Bref, mieux vaut être dans cet environnement pour comprendre et voir la suite possible. Ce que nous faisons pour vous régulièrement, au Groupement.

Si certains crient, en courant vers la sortie, tandis que d’autres arrivent, en rêvant aux années passées, soyons plus zen en disant que la vérité est plus souvent dans le juste milieu.

Crise de 2008 ? Oui, certes, et surtout pour le Maroc une bonne remise en cause, un bon nettoyage, et un rappel que le n’importe quoi à n’importe quel prix est désormais révolu, si le pays veut suivre demain, face à des investisseurs. La demande des étrangers sur des produits, non pas de standing ou de haut standing, mais de qualité réelle, existe ; ce serait plutôt l’offre en matière de qualité/prix qui manquerait, ainsi que des produits plus adaptés à ces étrangers. (http://legroupement-agadir.com/le-groupement-conseil/)

Pays où investir ? Oui, ce sera même une sortie pour beaucoup qui, plus au nord, ne peuvent trouver chaussure à leur porte-monnaie. Mais ne pas s’acharner pour autant sur les premiers biens à vendre, comme ces dernières années ; les amateurs de la spéculation se mordent les doigts, du moins les derniers ; les pigeons restent sur leur balcon, désormais.

La TRANSPARENCE sera le maître mot réclamé par les investisseurs, qu’ils soient privés, pour un simple appartement, une résidence, ou de plus gros investisseurs professionnels.

L’horizon n’est donc pas le brouillard, simplement quelques taches noires à éviter, bien connues maintenant que l’information circule à la vitesse de la lumière dans les réseaux de communication comme Internet.

Autre point avant d’investir : ne suivez pas un marché, des prix présentés, mais une réalité du produit que vous achèteriez prochainement ; le terrain a une raison d’être, une construction aussi ; c’est sur cela et dès le départ que votre investissement se calcule et non sur des promesses de spéculation. Votre bien est-il concurrentiel ou non face aux autres ? Là est la surprise le jour où vous désirez revendre. 

Quand vous achetez au Maroc en ce moment, réfléchissez qu’après vous, d’autres biens se construisent et qu’ils auront meilleures positions face à votre investissement. Regardez mieux ce que vous achetez désormais et où ; s’agglutiner dans les grandes villes est bien pour les locaux ou ceux qui travaillent, mais d’autres régions s’ouvrent. Voyez le sud….

Philippe DELESALLE

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Immobilier: Une reprise de façade?

· CBRE analyse les différents segments

· Les investisseurs étrangers demandent plus de transparence


· Pas de rotation dans le segment professionnel et gros besoins de stocks

 

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L’OBTENTION de l’Investment Grade montre que le Maroc est bel et bien présent dans les radars des investisseurs étrangers. C’est donc une preuve de confiance. Mais est-ce suffisant pour attirer massivement les opérateurs internationaux? Tout porte à croire que l’on s’éloigne de plus en plus du contexte de crise. Ce qui plaide en faveur d’une relance du marché de l’immobilier. Mais valeur aujourd’hui, le constat est que les acquéreurs préfèrent attendre des jours meilleurs. Les promoteurs enregistrent plusieurs reports d’acquisition. Ce qui retarde la véritable reprise.

De l’avis de nombre d’investisseurs et acquéreurs potentiels étrangers, le marché marocain reste très atypique. «Nous rencontrons régulièrement plusieurs d’entre eux, qui réclament plus de transparence», déclare Karim Beqqali, DG de CB Richard Ellis Maroc (CBRE Maroc). Une filiale du groupe qui revendique le statut de numéro un du conseil dans l’immobilier. Et pour contribuer au débat autour de la question de la transparence, la filiale a organisé un séminaire à Casablanca. La rencontre a été l’occasion de dévoiler la première étude réalisée par CBRE Maroc sur le marché de l’immobilier marocain à travers tous ses segments: résidentiel, retail, industriel & logistique, bureaux, hôtelier. «Le but de Market View Maroc est de fournir aux investisseurs tant nationaux qu’internationaux un outil à la décision, indépendant et transparent», déclare Beqqali. Au niveau du résidentiel, l’étude CBRE Maroc révèle l’inadéquation entre l’offre et la demande, principalement en termes de qualité et de prix. Cette inadéquation a été à l’origine de la correction des prix. Un redressement tout de même salutaire, qui a permis le retour à la réalité des prix à des niveaux plus réalistes, essentiellement dans les marchés touristiques. Au cours de la période faste, les produits du haut standing, malgré l’absence de qualité, s’écoulaient à un rythme assez soutenu. Actuellement, les acquéreurs sont plus exigeants sur le plan de la qualité et des prix, étudient toutes les offres avant de reporter parfois leur décision d’achat. Depuis 2009, le profil de l’acquéreur a changé. La demande pour ce type de logement est essentiellement assurée par le marché intérieur. Au moment où le haut standing connaît une forte contraction, les segments économiques, moyen et social, continuent de représenter un fort potentiel. Il faut rappeler que le déficit en logement, cumulé depuis de nombreuses années, s’élève à 1 million d’unités. Un chiffre qui croît de plus de 60.000 nouvelles demandes chaque année.

· Résidentiel domestique
L’analyse de CBRE Maroc montre qu’à Casablanca, par exemple, le marché du résidentiel domestique n’a pas été impacté par la crise immobilière. De plus, l’offre haut standing reste relativement faible par rapport à la demande. Toutefois, d’importants projets sont actuellement en cours de construction à Bouskoura et Dar Bouazza. Les prix y sont moins élevés. Ce qui explique la vente de plus de 60% des stocks de première phase. Pour sa part, Rabat se caractérise par une demande croissante sur le haut standing. Le déficit de la capitale politique en logements explique le rythme élevé des ventes. Pour rappel, les projets Ryad Al Andalous et Bab Al Bahr représentent à eux seuls 60% du stock global pour ce segment.

· Offre de bureaux
L’offre de bureaux à Casablanca s’élève actuellement à 1 million de m2, hors administrations publiques. Il s’agit majoritairement d’immeubles dont la superficie totale n’excède pas les 8.000 m2. Un marché réparti sur cinq principales zones : ancien centre, nouveau centre, quartier des banques, Sidi Maârouf et Aïn Sebaâ. Selon les experts de CBRE Maroc, le marché de l’immobilier professionnel a enregistré ces dernières années l’arrivée de nouveaux acteurs. Les fonds d’investissement et foncières spécialisés dans l’immobilier professionnel, intéressés par des actifs à rendement locatif. L’arrivée de nouveaux opérateurs a généré une offre locative plus adaptée aux besoins des investisseurs. Les taux de rendement recherchés par les investisseurs varient entre 8,5 et 11%, en fonction de la catégorie du bien, ses caractéristiques, la qualité des prestations… Cependant, «il n’y a pas de rotation dans le secteur de l’immobilier professionnel et le marché a besoin de stocks», explique Edwin Farrelly, analyste auprès de CBRE. En effet, le rythme de construction de bureaux à Casablanca reste faible. Elle s’explique essentiellement, comme pour les autres segments d’ailleurs, par la rareté et la cherté du foncier. De plus, au cours de la période 2009-2010, les prix de location et de vente se sont stabilisés malgré une légère baisse du volume des transactions locatives. La demande provient principalement des PME, qui sont à la recherche de locaux de 80 à 200 m2. Par ailleurs, bon nombre d’entreprises souhaiteraient changer de siège, mais sont contraintes de rester dans leurs bureaux faute d’alternative conforme à leurs attentes en termes de prix, de proximité, de surface, d’image et de normes. A signaler à ce titre que plusieurs projets sont actuellement en cours de construction dans plusieurs zones de Casablanca. Ce qui va représenter une offre supplémentaire de 300.000 m2 à l’horizon 2014. Parmi ces projets, Casanearshore, Anfa Place, Gare Casa-Port, la Marina de Casablanca… Les projections de CBRE ne tiennent pas compte de la place financière de Casablanca dont la construction est prévue dans l’ancien aéroport d’Anfa.

· Industriel
Autre segment passé à la loupe du cabinet de conseil, l’immobilier industriel et la logistique. Le pays compte actuellement 79 zones industrielles, dont 61 sont urbanisées et équipées, 6 en cours de viabilisation et 12 prévues dans les prochaines années. Cependant, l’essentiel de ce segment ne répond pas aux standards internationaux. C’est la raison pour laquelle le ministère du Commerce et de l’Industrie a mis en place le programme d’aménagement des zones industrielles de deuxième génération (P2I) pour répondre aux attentes des investisseurs étrangers. La disponibilité d’une offre sur mesure a d’ailleurs permis l’arrivé de plusieurs entreprises internationales telles que Yamazaki, Sumitomo, Lear, Faurecia…

· Retail
Au Maroc, la faible offre en centres commerciaux structurés est à l’origine du développement du marché du retail, conjuguée au développement du pouvoir d’achats et le changement dans les habitudes des consommateurs. Les opérateurs, propriétaires de marques internationales telles que Zara, Celio ou Carrefour, sont peux nombreux, mais dominent le marché. Par ailleurs, des groupes marocains commencent à s’affirmer sur ce créneau. Il s’agit, par exemple, de Kitéa, qui a ouvert 3 nouveaux magasins en 2009, d’une superficie moyenne de 1.500 m2. Les grandes marques s’implantent essentiellement dans des quartiers tels que Maârif, Racine ou encore Gauthier. Les projets, comme Anfa Place, Morocco Mall, Carré Ede…, qui seront achevés entre 2011 et 2013, auront un impact certain sur le segment du retail. Totalisant environ 190.000 m2, ces projets représenteront la première vague de centres commerciaux conforme aux standards internationaux.

· Hôtellerie
Le Maroc a mis en place le plan Azur qui visait la construction de 100.000 lits, dont 73.000 dédiés aux hôtels. Un programme étendu par la suite à trois nouvelles stations balnéaires. Mais la crise étant passée par là, les opérateurs étrangers ont dû céder leurs projets au profit d’investisseurs locaux. Il s’agit, entre autres, de Saïdia et de Port Lixus, qui ont été respectivement récupérés par les groupes Addoha et Alliances Développement Immobilier. Malgré ses difficultés, le plan Azur a permis la création de projets touristiques de grande envergure. Certains ont déjà connu un grand succès, tels que les stations Saïdia et Mazagan. Gérée par le groupe Kerzner, Mazagan table à elle seule sur 4 millions de touristes. «Le plan Azur aura permis de créer 70.000 lits supplémentaires d’ici fin 2010, d’atteindre environ 94% des 10 millions de touristes prévus. De plus, les recettes sont également au rendez-vous», déclare Jouada Ziati, DG du groupe Addoha.

Financement

LE Maroc est engagé dans nombreux plans sectoriels: Maroc Vert, Halieutis, Emergence, stratégie logistique… Ce qui génère une forte tension sur les liquidités et donc les crédits bancaires dédiés aux investissements immobiliers. Où trouvera-t-on donc l’argent pour financer les projets hôteliers? D’aucuns accusent d’ailleurs les banques d’être frileuses en matière de crédit dédié aux projets touristiques. S’y ajoute la rareté de fonds d’investissement sophistiqués. Pour Youssef Rouissy, directeur de la Banque de financement d’Attijariwafa bank, les instruments financiers sont bel et bien disponibles. Outre le professionnalisme des investisseurs, l’existence d’un réseau commercial, d’autres paramètres sont tenus en compte dans la décision ou non d’octroi d’un crédit immobilier. «Au-delà des garanties que peut présenter un projet, la vitesse d’écoulement est un élément de plus en plus important», explique-t-il.

H. E.