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Archive de la catégorie Entreprise
L’offre et la demande régulent-elles encore les prix de l’immobilier au Maroc ?
26.5.2011 par admin.

L’économie est basée sur l’offre et la demande. Enfin, c’est ce que nous avons tous appris à l’école, sans avoir pour autant fréquenté une grande école de commerce. Si les chiffres trouvent leur origine dans le monde arabe d’une époque certainement plus sage que maintenant, il serait bien parfois de réviser les bases du commerce.
L’immobilier au Maroc est un exemple qui permet, semble-t-il, de sortir de nouveaux concepts mathématiques, mais qui restent sans formules à ce jour. Crise de 2008 oblige, les gens se réveillent sur la qualité et les prix abusifs de la pierre marocaine, parfois aussi chère qu’en Europe ou même à Miami… Après un excès d’aveuglement, la crise fut enfin reconnue très doucement, et le standing immobilier resta en stock. Il fallut là aussi un certain temps avant que les prix baissent. Quoique, vu les marges préalables réalisées, certains promoteurs avaient déjà couvert les risques, de quoi attendre une nouvelle et hypothétique période de folie des prix.
Combien de logements vides désormais au Maroc ? Des immeubles complets de 30 appartements, depuis des années, attendent encore les clients ou même s’ils ont été vendus à l’état brut pour des investisseurs spéculateurs, restent des appartements fantômes. Des rues entières, parfois…
Les nouveaux constructeurs arrivent avec des produits moins chers et de qualité améliorée, sur des projets plus adaptés, et non comme les plus gros promoteurs qui s’en sont vite retournés vers les logements économiques et sociaux pour des raisons stratégiques et une orientation nationale. Un autre sujet qui engendrera d’autres problématiques à un autre niveau de client prochainement.
La demande est présente chez les étrangers, et évidente chez les Marocains. La classe intermédiaire réclame à se loger dignement enfin. Un million de logements sont en attente pour 2020 et déjà annoncés officiellement. Les agences immobilières et les notaires boivent le café ou jouent aux cartes sur leur PC en attendant les derniers pigeons égarés qui n’auraient pas suivi l’actualité. Mais la majorité des étrangers attendent des produits enfin sérieux pour se poser désormais en aigles avertis.
De plus, la période qui annonce depuis janvier 2011 une certaine fièvre hivernale qui devient celle d’un printemps arabe, fait faire des vols stationnaires aux clients, en attente de se poser au Maroc, ainsi qu’à des investisseurs plus importants. Tout est donc présent pour que les prix baissent dans l’immobilier existant, neuf ou ancien. Les mystères de l’orient réservent des contes des mille et une nuits au Maroc.
Philippe DELESALLE. legroupement-agadir.com
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Immobilier : Les prix augmentent au Maroc durant le 1er trimestre 2011…
L’Indice des prix des actifs immobiliers (IPAI) a enregistré une hausse de 5% en glissement annuel au 1er trimestre 2011, attribuable à la progression des prix des différentes catégories de logements. Au cours du 1er trimestre, l’IPAI, élaboré conjointement par Bank Al Maghrib et l’Agence nationale de la conservation foncière, du cadastre et de la cartographie (ANCFCC), a augmenté de 1,2% d’un trimestre à l’autre, après une diminution de 1,1% un trimestre auparavant. Les prix des appartements se sont accrus de 6,7% en glissement annuel, et de 1,7%, en glissement trimestriel, après une diminution de 0,7% un trimestre auparavant. Pour leur part, les prix des maisons ont augmenté de 0,7%, aussi bien d’un trimestre à l’autre qu’en glissement annuel. Les prix des villas ont marqué, quant à eux, un accroissement de 7,7% en glissement annuel et de 2,8% d’un trimestre à l’autre
…Mais les ventes diminuent
Les ventes des biens immobiliers résidentiels, immatriculés au niveau de l’Agence nationale de la conservation foncière, du cadastre et de la cartographie (ANCFCC), ont accusé une baisse de 9,7% en glissement annuel et de 5,5% d’un trimestre à l’autre. L’ensemble des biens résidentiels (appartements, maisons et villas) ont été concernées par cette diminution des transactions.
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Investissez, investissez, il en restera toujours quelque chose… Mais quoi et pour qui ?
25.5.2011 par admin.
Investir est le mot préféré du Maroc depuis des années. La conjoncture, pour les industriels étrangers par leurs propres problématiques, fait du Maroc une terre d’asile économique et financière qui permet encore à certaines grosses sociétés étrangères de satisfaire leurs actionnaires. Ne nous leurrons pas, ces derniers ne viennent pas au Maroc pour le tagine ni la douceur du climat, mais bien pour se sauver par les autres tout en restant chez eux. Le social, par des pratiques qui relèvent encore du Taylorisme un peu plus adapté à l’époque présente, n’en fera pas encore des visionnaires humanistes pour la suite.
Mais qui s’intéresse vraiment aux PME et aux très petites entreprises ? Attirer les gros via Rabat et les ministères est une chose, afin de répondre au besoin des emplois de masse, qui semble satisfaire certaines villes par l’évolution de la démographie ; mais à plus long terme est-ce réellement la seule solution, quand on sait que la délocalisation des grandes entreprises se fait aussi rapidement dans les deux sens ? Le social sera une facture ou une fracture qui restera à payer par l’ensemble du Maroc, demain.
Les petites entreprises répondent bien plus aux besoins généraux et sociaux des populations, et ce sont elles qui sont le moins encadrées, que ce soit des créations locales ou par des installations d’étrangers. Beaucoup de ces derniers ne viennent pas seulement en tant que retraités ou pour passer des séjours de détente dans leur résidence secondaire. De plus en plus de gens entre 30 et 50 ans envisagent le Maroc comme terre de vie et de travail, donc sur tous les plans.
La très petite entreprise et la PME représentent donc un secteur qui devrait être mieux encadré de la part des administrations. Si l’encouragement est toujours présent au départ, le reste est du domaine du système débrouille individuel et de la découverte empirique qui fait parfois renoncer les postulants. Les petites structures, pour rappel, dans de nombreux pays, sont la base d’une économie fixe qui emploie bien plus de monde à terme que l’industrie infidèle dans le temps, et qui réutilise ses gains en interne dans le pays. Ce que l’on gagne au présent est ce que l’on perd parfois avec le temps en visant grand au départ. Le donnant-donnant n’est pas toujours le gagnant-gagnant selon l’heure.
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Investissement étranger : 840 entreprises industrielles qui emploient 162 000 personnes
Le japonais Sumitomo emploie à lui seul 15 000 personnes dans ses 5 sites de fabrication. 8 000 emplois chez Yazaki, 6 000 chez l’américain Delphi et 6 000 autres chez l’allemand Leoni. 51 300 emplois dans le textile, 38 700 dans les industries électriques et électroniques et 30 000 dans l’agroalimentaire.

Depuis que le Maroc est entré dans le club des pays les plus attractifs de la région pour les investissements étrangers, le nombre d’entreprises qui ont choisi de venir s’y installer est sans cesse en hausse. Selon la dernière enquête exhaustive du ministère de l’industrie (recoupée avec les chiffres de la CNSS), on dénombrait quelque 842 entreprises étrangères ou à participation étrangère opérant dans le seul secteur industriel au Maroc. A la même date, c’est-à-dire fin 2009, les chiffres de la CNUCED faisaient état d’un stock de 40 milliards de dollars au titre des investissements directs étrangers cumulés depuis 2000.
Offshoring : 46 000 emplois à fin 2010
Si le plus souvent c’est le volume des fonds injectés dans le circuit qui a retenu l’attention des analystes, l’autre impact, non moins important, qui est la création d’emplois, est à ce jour encore mal appréhendé. Certes, à l’occasion de l’arrivée d’un investisseur étranger, d’une opération d’envergure ou de l’inauguration de nouveaux sites, l’impact en termes de création d’emplois est toujours mis en avant, mais souvent la mesure des réalisations effectives manque à l’appel. Combien les entreprises étrangères emploient-elles de personnes au Maroc ? Réponse très précise du ministère : 161 629 à fin 2009 rien que dans l’industrie. Le 5 mai, à l’occasion des IIe Assises de l’industrie, tenues à Casablanca, Ahmed Chami a dévoilé quelques exemples qui permettent de mesurer l’impact des IDE dans l’industrie. Le japonais Sumitomo, géant mondial du câblage destiné à l’automobile, emploie aujourd’hui 15 000 personnes à travers ses 5 sites de production implantés au Maroc. Ce n’est pas rien quand on sait que le groupe, toutes activités confondues, emploie 72 000 salariés à travers ses 36 filiales et 115 sites de production dans le monde, le Maroc étant manifestement devenu l’un des hub stratégiques du conglomérat japonais. Un autre groupe japonais, lui aussi spécialisé dans le câblage, lui emboîte le pas. Il s’agit de Yazaki qui emploie aujourd’hui 8 000 personnes sur sa plateforme marocaine. En venant s’installer en 2000 à Tanger, Yazaki Corporation inaugurait sa présence sur le continent africain. En 2010, Yazaki Morocco SA a même ouvert un deuxième site de production en choisissant cette fois-ci de l’implanter à la toute nouvelle Automotive City de Kénitra. Et c’est à TFZ qu’on retrouve une autre success story en matière d’investissement étranger. Il s’agit de l’américain Delphi, géant mondial des équipements électroniques pour automobile, qui a ouvert sa première usine en 1999 puis une seconde en 2009 avec à la clé un effectif de 6 000 salariés. 6 000, c’est également le nombre d’employés de l’allemand Leoni lui aussi spécialisé dans la production de fibres optiques et câblage automobile qui possède trois sites de fabrication à Bouznika, Aïn-Sebaâ et Bouskoura. Parmi la liste des plus gros employeurs étrangers au Maroc, on trouve également le français Webhelp (relation client et call-centers) qui emploie 5 000 opérateurs, l’américain Dell avec 2 000 personnes ou encore le spécialiste anglais de l’outsourcing, Logica qui emploie 720 personnes.
Plus de la moitié des emplois occupés par des femmes
Pour ces trois derniers cas particulièrement, on notera qu’ils opèrent tous dans les nouvelles technologies et l’offshoring, nouveau métier mondial du Maroc qui semble le plus avancé aujourd’hui. A fin 2010, l’offshoring comptait pas moins de 46 000 emplois déjà. Une ascension fulgurante quand on la compare aux autres secteurs industriels.
Ainsi, sur les 161 629 emplois créés aujourd’hui par les entreprises étrangères au Maroc, 51 300 sont dans le secteur du textile-habillement et cuir contre 38 700 dans les industries électriques et électroniques et 30 400 dans le secteur de l’agroalimentaire. Le reste est réparti entre les industries chimiques et parachimiques, pour 21 400 emplois, et les industries métallurgiques et mécaniques pour 19 800 emplois. Détail intéressant à relever : sur les 161 700 emplois, 90 000, soit plus de la moitié, sont des femmes.
Pour ce qui est des secteurs de prédilection, les chiffres du ministère de l’industrie montrent que l’investissement étranger dans l’industrie va essentiellement dans trois secteurs que sont le textile (246 entreprises), les industries mécaniques (211) et la chimie et parachimie (201).
Evidemment, il ne s’agit là que de l’investissement industriel auquel il faut rajouter les projets portés par des groupes étrangers dans les services, notamment le tourisme, depuis quelques années les BTP et plus récemment l’agriculture, avec le Plan Maroc vert.
Recadrage : Emplois perdus et emplois créés
A l’occasion de le tenue des Assises de l’industrie, Ahmed Chami a dévoilé 15 000 emplois qui ont été créés en 2010 par les quatre nouveaux métiers du Maroc que sont l’aéronautique, l’offshoring, l’automobile et l’électronique. A fin 2010, ces secteurs employaient environ 115 000 personnes contre 100 000 en 2009 et 44 000 seulement en 2004. Quelques jours auparavant, le HCP, lui, fait état, dans ses chiffres du chômage, d’une situation pas très reluisante pour l’industrie qui aurait détruit 33 000 emplois entre fin mars 2010 et fin mars 2011. Contradiction entre les chiffres ? En fait, tout est question de lecture. Les quatre métiers mondiaux du Maroc ont bien créé 15 000 emplois, mais l’industrie, dans son ensemble, a détruit 33 000 emplois nets, ce qui correspond au solde entre les créations d’emplois et les destructions.
Il est naturel que des secteurs dits classiques ou d’autres secteurs où le Maroc ne dispose plus d’avantages comparatifs perdent des emplois. Maintenant, tout l’enjeu consiste à faire en sorte que les nouveaux métiers en créent suffisamment pour compenser.
Saâd Benmansour.
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L’assurance au Maroc améliorera-t-elle la qualité des biens assurés ?
23.5.2011 par admin.
Tout assureur sérieux se déplace pour visiter les biens avant de s’engager lui-même à signer un contrat avec le client. C’est là que le bât va blesser au Maroc, par l’état parfois particulier des biens que chacun va présenter. Après chaque pluie une maison sur deux voit souvent apparaître l’humidité au travers de ses murs et, après quelques saisons de pluie, les plâtres se détachent des plafonds. Faut-il aussi ressortir les images, qui se succèdent d’année en année, de quartiers complets sous plus d’un mètre d’eau, même des aéroports ou des gares fraîchement construits ? Entre eau, feu et électricité, que ce soit dans les constructions privées ou les infrastructures diverses du pays, la liste des potentiels dégâts peut se remplir avant même toute expertise.

Le marché de l’assurance qui vient d’être lancé vise vraisemblablement des intérêts financiers profitables pour d’autres besoins de développement, que la raison de l’amélioration des biens à la base de leur réalisation. Un programme d’assurance est une bonne chose afin de changer certaines approches pour demain, mais devant des infrastructures déjà construites et présentes pour de nombreuses années, gageons que les assureurs auront du travail d’expertise à réaliser, non pas après mais surtout avant de s’engager. Des remises aux normes pas encore très officiellement appliquées ni contrôlées annoncent du travail en perspective, perspective à assurer avant de s’engager.

Après tout, les assurances jouent sur l’incertitude, en ce domaine la porte reste grande ouverte. Payer des assurances, ou investir enfin dans des produits de construction de meilleure qualité, le contrat reste entre les mains des assureurs, en amont.
Philippe DELESALLE. legroupement-agadir.com
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Maroc
Assurance : ce que prévoit le contrat programme 2011-2015
Des objectifs ambitieux : 200 milliards de DH à placer sur le marché, 9 milliards d’impôts à payer, 20 à 25 milliards de prestations servies. L’obligation de garantie sera étendue à plusieurs domaines, comme l’habitation, les établissements scolaires recevant du public et les professions réglementées.

C’est fait. Le contrat programme du secteur de l’assurance a été signé jeudi 12 mai. C’est l’aboutissement d’un chantier qui a duré un peu plus de deux ans, sur lequel a travaillé conjointement le ministère de l’économie et des finances et la Fédération marocaine des sociétés d’assurance et de réassurance (FMSAR). L’ambition de cette dernière était de faire en sorte que les dispositions prises dans le contrat programme soient en phase avec sa Vision 2014. En somme, il fallait que le secteur soit doté d’une vision globale et intégrée à moyen terme, de sorte à ce qu’il puisse atteindre ses objectifs et poursuivre son développement.
Le nouveau cadre de partenariat avec l’Etat est bâti sur cinq piliers que sont l’extension de la protection des populations et des biens, l’amélioration de la qualité des prestations et des services, une plus grande contribution au financement de l’économie, le renforcement de la présence du secteur à l’étranger et la consolidation des fondamentaux financiers des compagnies. La Société centrale de réassurance (SCR) est ainsi confrontée au défi de collecter 400 MDH de primes supplémentaires en dehors des frontières. En termes chiffrés, les deux parties ont effectivement placé la barre très haut.
D’ici à la fin 2015, 90% de la population assujettie à l’assurance maladie obligatoire (Amo) et 50% de celle qui est assujettie à l’assurance maladie des indépendants (AMI) doivent être couverts. L’objectif du contrat programme est aussi de préserver 10 000 vies, dont 8 000 contre les accidents de travail et 2 400 contre les accidents de la route. Pour y arriver, la coopération avec la police et la gendarmerie sera renforcée, de même que les campagnes de sensibilisation et de prévention. Le secteur est aussi appelé à créer 5 000 emplois directs et 50 000 indirects, assurer une contribution de 9 milliards de DH aux recettes fiscales en 2015, placer 200 milliards sur le marché financier, contre 102 milliards en 2010, et contribuer à hauteur de 23 milliards au financement des PME-PMI. Pour les assurés, les prestations versées devraient être portées entre 20 et 25 milliards de DH au lieu de 16 milliards en 2010, et les délais de traitement des dossiers seront raccourcis.
La totalité de la population sera protégée contre les risques catastrophiques
La réalisation de ces objectifs est naturellement liée à la réunion d’un certain nombre de conditions, notamment l’amélioration de la gouvernance par une plus grande responsabilisation des conseils d’administration sur la politique de placement et de réassurance, et le renforcement du système de prévention des risques. Dans cet esprit, les pouvoirs publics s’engagent à soutenir la création d’un ordre des actuaires, une profession indispensable à l’amélioration des performances.
Ce ne sont pas seulement les professionnels de l’assurance qui supporteront toutes les charges. En guise de soutien, il est prévu que l’Etat engage des réformes fiscales pour encourager l’épargne à long terme. Mais ce ne sera pas par ce seul biais. En effet, l’idée émise dans le contrat programme est d’étendre progressivement l’extension de l’obligation d’assurance. Sont entre autres visés, la responsabilité civile décennale pour les constructions et l’assurance tous risques chantier, la responsabilité civile habitation, la responsabilité civile pour les prestations réglementées, la responsabilité civile pour les établissements recevant du public et la responsabilité civile des établissements scolaires. Il y a encore un potentiel important de primes à collecter au titre de la protection des personnes et des biens. L’objectif du contrat programme est de couvrir au moins 50% de la population urbaine en RC habitation et/ou multirisque habitation, au moins 70% des habitations et bureaux en RC décennale et tous risques chantier, 20% des professions à risque et 40% des établissements ouverts au public.
Les accidents du travail ne sont pas en reste. L’Etat s’est engagé à réfléchir à la possibilité d’étendre la couverture aux fonctionnaires et aux personnels des collectivités locales et du secteur public. Ce sont au moins 500 000 personnes qui sont concernées par ce dispositif. Des formules de couverture sont, dans le même sens, prévues pour les étudiants dont le nombre est estimé à 400 000. L’assurance contre les risques catastrophiques est un autre point clé du contrat programme. Les différents évènements survenus ces dernières années, en particulier les inondations et les accidents industriels, ont poussé les pouvoirs publics à se mettre en première ligne pour inciter les opérateurs à mieux protéger leurs investissements. Cette prise de conscience a donné lieu à la production d’un projet de loi qui est encore dans le circuit d’adoption. A la faveur de ce texte, il est attendu que 100% de la population soit protégé contre de tels risques.
Engagement : Neuf ministères concernés Le contrat programme est signé, d’une part, par le gouvernement représenté par neuf ministères (intérieur, économie et finances, justice, commerce et industrie, éducation nationale, emploi et formation professionnelle, habitat, santé et équipement et transport) et, de l’autre, par la FMSAR et la FNACAM. Les travaux avaient commencé en 2009 à l’initiative des assureurs qui ont diligenté plusieurs études menées par les Valyans et Acturia. La mise en œuvre sera supervisée par un comité de pilotage chargé de veiller à l’avancement de la réalisation et d’arbitrer en cas de besoin ainsi que par un comité de suivi composé de représentants de la direction des assurances et de la prévoyance sociale (DAPS) de la FMSAR, de la FENACAM et des différents ministères concernés.
M.C. La Vie éco www.lavieeco.com
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Maroc. Des investisseurs repartent, ne sachant où poser leurs valises
19.5.2011 par admin.
Le Foncier. Une problématique dans la région MENA, et donc au Maroc. La spéculation immobilière, hier, se portait sur la construction ; mais au fur et à mesure que les prix interpellaient les clients, les promoteurs s’en défendaient en justifiant le prix trop élevé par la rareté du foncier. Certes, ce fut “une” des raisons, mais pas l’unique alors.
Aujourd’hui, ce serait la principale, alors que les “nouveaux” promoteurs revoient à la baisse les prix de vente des constructions, avec encore de la bonne marge chez certains, qui ne veulent pas se couper juste un petit doigt ou qui persistent à se crever les yeux encore un moment.
Trouver un terrain, dans le cas d’un client privé pour sa petite résidence, ou pour un professionnel, devient un parcours du combattant maintenant. Que ce soit auprès des particuliers qui inondent les petites annonces, souvent vides de possibilité après déplacement, à cause des démarches de légalisation des biens, ou par une démarche plus officielle auprès des services administratifs censés vous “aider”, walou ! Le temps passe, chacun attend et n’avance plus beaucoup, ce qui ralentit les projets.
Projets qui s’enlisent et qui rapidement font changer d’orientation ou de pays les investisseurs. L’on peut se demander alors, en visitant les immenses espaces libres du Maroc, et devant l’appel continu et officiel envers des investisseurs, allant même les chercher chez eux parfois, pourquoi, en fin de compte, ils ne sont pas plus nombreux, qu’ils soient de gros groupes, de moyens investisseurs ou même de petits individuels.
Pourtant ils existent et arrivent, et contactent toujours les professionnels et les conseils sérieux présents. Mais comme des touristes, ils regardent, ils tentent un moment, et puis devant une réalité sous forme d’une jungle épaisse, finissent par suer beaucoup trop et rebroussent chemin, se sentant, il faut le dire, en terrain très hostile où la confiance ne trouve plus pied rapidement.
Des gens qui passent des mois à chercher un terrain, qui se font balader à tous les niveaux dans un flou général toujours verbal, car sans traces, parfois même via des notaires ou des agences, qui attendent souvent des années pour une réponse administrative, c’est une situation courante. Des professionnels, qui arrivent avec des projets sur papier et répondant aux attentes du développement du Maroc, qui s’entendent dire par les services des Domaines, propriétaires de 90% du foncier du Maroc, qu’ils n’ont pas un m² à vous présenter ni même une carte de leur région, ni des plans de terrains pour projets afin de vous orienter dans vos recherches, une telle situation friserait le sabotage de ce qui est voulu dans les orientations de Rabat. Il semble même que la transparence, réclamée désormais dans les administrations, ainsi que les sanctions prises depuis un moment, gèle les mouvements des services, quand ces derniers ne vous orientent pas dans le sens inverse entendu dans un autre service concerné par les projets. Le lien entre les divers services pour la coordination des projets au Maroc n’existe pas dans les administrations. Une jungle donc, là aussi, pour les professionnels sérieux qui débarquent avec leur dossier et qui, face à cette situation ridicule, s’en retournent comme ils sont arrivés.
Entre le haut et le bas, au Maroc, la problématique reste bien le milieu, comme une sorte de pieuvre, où le silence est devenu force de loi face aux demandes d’investisseurs. Comme on se plaît à le dire en Europe, il vaut mieux s’adresser au bon Dieu qu’à ses saints. Les Marocains vous diront : ”il vaut mieux s’adresser à Rabat quà la Région”. Faut-il aussi aller déranger SM Mohamed VI pour enfin faire avancer de très nombreux projets qui finissent aux archives ?
Philippe DELESALLE. legroupement-agadir.com
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Banque mondiale : Trop d’opacité dans le foncier
mercredi 27 avril -
La pénurie artificielle du foncier freine la croissance
Le fait est tellement rare qu’il mérite d’être souligné. Un rapport de la Banque mondiale qui, pour la première fois, ne jette pas son dévolu sur les Etats pour, comme c’est le cas souvent, « exiger » plus de réformes, d’ouverture, de baisse de taux des taxes.
Le dernier en date, le rapport sur « Des privilèges à la concurrence » dans le développement des pays de la région Mena, a été présenté vendredi dernier à la CGEM.
Selon Najy Benhassine , économiste senior à la Banque mondiale, l’un des principaux freins au développement du secteur privé, c’est l’accès au foncier. Pour lui, « le rôle dominant des gouvernements et des pouvoirs locaux sur les marchés fonciers dans la plupart des pays de la région nuit à l’investissement, en rationnant l’offre et en utilisant le domaine public comme source de rente ». Les assises du Conseil de la concurrence, prévues en décembre 2011 à Tanger, débattront de la thématique de la rente. Sachant que l’attribution, bien que subventionnée, d’assiettes foncières est, selon la Banque mondiale, « un moyen non négligeable pour les gouvernements de créer des rentes économiques ».
En conséquence, relève l’institution, « dans toute la région, la pénurie artificielle de terrains publics en augmente la valeur ». La gestion des zones industrielles et l’opacité des procédures d’attribution de terrains à des investisseurs laissent encore une grande place aux décisions discrétionnaires et aux traitements de faveur. Certains pays sont passés maîtres dans ce jeu pernicieux. Les pays incriminés sont l’Egypte, l’Algérie, le Maroc, la Jordanie et l’Arabie saoudite où « la terre est souvent l’un des atouts les plus importants pour les gouverneurs qui s’assurent totalement le contrôle ». Ce qui se révèle être un avantage concurrentiel certain pour les investisseurs les mieux introduits, mais aussi pour les fonctionnaires qui ont le pouvoir d’imposer des barrières d’entrée pour bénéficier de rentes sur les terrains publics concédés. Le défi permanent d’amélioration de l’accès au foncier tertiaire détournerait le secteur privé de son objectif originel.
Conséquence, il peine à tirer les économies sur le chemin d’une croissance forte et durable. A l’exception de certains pays du Golfe, aucun pays –pétrolier ou non– n’a pour l’instant réussi à déclencher une transformation structurelle de son économie, relève la Banque mondiale. Pis encore, au regard de la diversification de leurs exportations, « aucune de ces économies ne connaît non plus le dynamisme des pays émergents comme la Malaisie, la Chine, la Corée et la Turquie »
Le rapport ne propose pas de recette standard de réformes capables de générer une diversification et une croissance soutenue dans tous les pays de la région. « Une telle recette n’existe pas ».
Crédibilité des réformes
TROIS aspects des politiques économiques affectent les anticipations des investisseurs, selon les auteurs du rapport : le cadre réglementaire, l’application de ces règles et la crédibilité de la mise en œuvre des réformes. L’état des lieux des réformes a permis d’évaluer si le problème relève d’un manque de réformes. Dans certains pays, notamment pétroliers, c’est le cas. Mais le défaut de textes et de réformes légales ne suffit pas à expliquer le manque de dynamisme économique de la région. Il y a aussi la manière dont ces réformes sont effectivement appliquées et respectées. Le troisième volet porte sur les facteurs qui limitent la crédibilité des réformes dans la région. Ces éléments expliquent en grande partie le déficit de croissance du secteur privé de la région.
Bachir THIAM www.leconomiste.com
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Cour des comptes ou comptes trop courts au Maroc ?
18.5.2011 par admin.

Demandez le dernier audit ! Gestion or not gestion, là est la question.
Un patron de PME recherchant du conseil me disait dernièrement qu’il s’étonnait de ne pas réaliser de bénéfices, malgré une activité à 100% de son entreprise. Une remarque qui fera sourire tout chef d’entreprise étranger sérieux qui me lira, comme de nombreux patrons marocains qui comprendront très vite, eux aussi, dans quelles lignes de la comptabilité la problématique se trouve.
Confondre chiffre d’affaires et bénéfices ou bénéfices avec salaire + avantages, c’est un choix à faire ; seuls de hauts fonctionnaires peuvent viser les deux, ou les PDG de grosses entreprises. Alors penser au collectif, à la performance, aux ressources dites humaines qui attendent toujours des augmentations, elles aussi… Laissons le rapport de la haute cour des comptes énumérer la suite, qui parle d’elle-même et que personne ne remettra en cause.
Philippe DELESALLE. legroupement-agadir.com
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http://www.aufaitmaroc.com/actualites/economie/2011/4/25/trop-de-depenses-non-justifiees Dernière mise à jour : 25/04/2011 à 11:38
Rapport de la Cour des comptes
Trop de dépenses non justifiées
L’heure de la publication des rapports de la Cour des comptes a sonné. De nombreuses révélations expliquent les défaillances de la gouvernance publique. La Cour des comptes met à nu, cette fois, la situation de certains responsables qui perçoivent encore des salaires élevés et injustifiés.
Ahmed Midaoui, Président de la Cour des Comptes./DR
La Cour des comptes a mis à la disposition du public le nouveau rapport d’enquête de l’année 2009. Disponible sur le site www.courdescomptes.ma, le rapport évoque essentiellement une quasi-absence des cultures de la performance, des ressources humaines, du contrôle des coûts et des risques, et surtout des salaires que d’anciens directeurs d’entreprises publiques continuent à percevoir sans justification.
Gestion frivole
L’échec constant de la banque “Crédit Immobilier et Hôtelier” (CIH) est un cas révélateur de la gestion des entreprises publiques au Maroc. En plus des défaillances liées principalement au management des risques de crédit, la banque ne s’est pas ouverte sur d’autres activités (telles que le corporate, l’industrie, le commerce, l’export, les activités de marché etc.). Elle reste ainsi dépendante du seul marché de l’immobilier.
Le rapport relève que dans d’autres structures publiques, tel que le Haut Commissariat aux Eaux et Forêts, il existe une forte insuffisance en ressources humaines. “L’effectif du personnel chargé de la gestion des dossiers d’occupation temporaire reste faible par rapport aux difficultés et à l’importance du nombre des dossiers traités”. Ces insuffisances ont eu pour conséquence une surcharge du travail, un non suivi régulier des dossiers, une non maîtrise de la gestion de ces dossiers, et des profils inadéquats et incompétents, insiste le rapport.
Doit mieux faire
Mais en terme “d’insuffisances”, c’est la Société d’Exploitation des Ports qui bat tous les records. Un délai de séjour trop long des conteneurs au port (douze jours en moyenne au lieu de six jours maximum et uniquement en cas exceptionnel, dans des ports similaires). Mais aussi, des insuffisances en termes de contrôle de stockage, de coût, de suivi, de livraison de visas, de risques (les créances douteuses ont plus que doublé entre 2007 et 2008). Le rapport fait également mention “d’interventions non autorisées de certains opérateurs sur le périmètre concédé à Marsa Maroc au port de Casablanca.”
“Il a été relevé que des opérateurs privés continuent d’exercer sur le périmètre qui lui a été concédé. Il s’agit de particuliers qui s’occupent, avec leurs propres moyens, du chargement et du déchargement des marchandises à l’import ou à l’export au niveau des terminaux polyvalents.”
Des fonds suspects
L’Agence Nationale de la Réglementation des Télécommunications (ANRT) dispose actuellement de trois comptes bancaires ouverts auprès d’établissements privés, auxquels s’ajoutent quatre comptes ouverts au niveau de la Trésorerie générale du Royaume, révèle le rapport.
“L’ouverture de comptes auprès d’établissements bancaires privés n’est appuyée d’aucune autorisation du ministère des Finances.”
Et au niveau de l’ANAPEC, on note les insuffisances du programme IDMAJ et les “très faibles réalisations du programme Moukawalati”. Pendant la période 2006-2008, ce programme a enregistré des réalisations très faibles avec la création de 1415 très petites entreprises (TPE) sur l’objectif avancé de 30.000 TPE: soit un taux de réalisation ne dépassant pas les 5%, explique le rapport.
Le cas Amendis
Et entre autres cas, la société Amendis, en charge des services d’assainissement liquide et de distribution d’eau potable et d’électricité à Tanger et Tétouan, mérite aussi une attention particulière. Le rapport indique que le délégataire ne respecte pas les clauses contractuelles concernant le paiement des frais de branchement. Ce sont les locataires qui endossent la facture des frais de participation aux infrastructures, contrairement à la loi qui stipule que ces frais doivent être réglés par les propriétaires des constructions au lieu des locataires. Le rapport évoque aussi de nombreuses facturations et encaissements des frais fictifs, et de non remboursement des clients ayant résilié leurs polices d’abonnement.
Hayin Fadi
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Maroc, 1er Janvier 2012. Pour qui sonnera le glas des marchés publics ?
17.5.2011 par admin.
Des professionnels ne verraient pas d’un bon œil l’ouverture 2012 et feraient pression afin de ne pas faire changer les pratiques, en voulant même se préserver par une préférence nationale. Les entreprises marocaines penseraient faire comme l’équipe de France de football désormais en vérifiant le rouge bien local des entreprises. Manque de solutions ou peur du bleu, encore lui, mais celui de l’Europe et des accords signés qui vont s’appliquer et ouvrir des portes en grand pour le nord. Accords déjà passés entre rouge et bleu à Rabat. Le bas serait toujours en décalage avec le haut au Maroc dans la vision voulue pour le pays par les orientations nationales pourtant clairement annoncées depuis quelques années.
Un jeu, ou une stratégie de terrain malhabile des entreprises, qui cache une certaine peur pour les prochaines années, au lieu de rechercher de vraies solutions économiques et techniques internes pour répondre plus professionnellement aux manques sur le terrain. Pourquoi voir les autres comme un danger au lieu de vouloir mélanger les équipes pour enfin tous gagner et servir au mieux le pays ? Une vision égoïste, en retard sur la pendule qui avance ; certains risquent même de voir les aiguilles ralentir et un jour s’arrêter, celles de leur propre horloge non remontée.
Philippe DELESALLE. legroupement-agadir.com
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Marchés publics
Pas de réforme avant 2012
mercredi 27 avril
- Préférence nationale, révision des prix… les griefs des opérateurs
- Le texte à la Primature pour signature
Le projet de décret relatif aux marchés publics ne fait toujours pas l’unanimité. Après une longue période de consultations via Internet et des rencontres avec divers opérateurs économiques, le Secrétariat général au gouvernement (SGG) vient de publier la nouvelle mouture dudit texte, consultable sur son portail. Une version qui a rejeté certaines propositions des professionnels du BTP et qui doit être maintenant signée par le Premier ministre avant d’être publiée au Bulletin officiel. Or, certains points suscitent encore des réserves, surtout des aspects d’ordre transversal. Il s’agit, par exemple, de la préférence nationale en faveur de l’entreprise marocaine. Une proposition favorable à tout le tissu économique national, mais qui n’a pas été retenue par le SGG.
Pour ce département, le fait de « rendre obligatoire l’application de cette disposition risque de compromettre les engagements du Maroc vis-à-vis de ses partenaires étrangers ». Une argumentation qui est loin de convaincre surtout que tous les pays voisins du Maroc accordent cette préférence à leurs entreprises. Dans la nouvelle mouture du décret, l’article 163 ne prévoit pas de préférence nationale. Un choix qui reste à la discrétion du donneur d’ordre au moment où les opérateurs économiques veulent le rendre obligatoire. Autre point qui soulève l’ire des professionnels, la lourdeur au niveau de la validation des marchés une fois attribués et de la publication des résultats définitifs. En principe, le décret prévoit un délai de 90 jours, renouvelable une fois. Or, les soumissionnaires restent confinés dans une position d’attentisme pendant plus d’un an dans certains cas.
Conséquence : les professionnels du BTP manquent de visibilité sur carnet de commandes. Les opérateurs avaient recommandé que le respect du délai de publication des résultats soit obligatoire via le décret sur les marchés publics. Chose qui n’a pas été retenue. Autre faille relevée par l’Association marocaine des routes (AMR), l’absence d’une clause sur la révision des prix, basée sur une formule et un index actualisés qui prennent en considération les fluctuations des cours de certains produits utilisés dans le secteur du BTP. Pour remédier à cette faille, le ministère de l’Equipement a lancé une étude de refonte du système de révision des prix et a publié une circulaire fixant des formules provisoires. Cette révision exclut les marchés de fournitures, « qui restent exposés à ce danger ». Pourtant, « en instaurant la possibilité de réviser les prix en cours d’exécution d’un marché, tout le monde serait gagnant : le donneur d’ordre aussi bien que l’entreprise adjudicataire », signale Abdelaziz Dahbi, président de l’Association marocaine des routes (AMR). Ainsi, une entreprise qui a décroché un marché de travaux d’infrastructure routière en 2007 sur la base des prix de l’époque doit maintenant s’en mordre les doigts. En 2007, le prix de la tonne de bitume était de 4.300 DH HT. Actuellement, il se négocie à 6.900 DH HT. Soit une augmentation de plus de 60%. Malgré la flambée du prix de cet intrant, l’entreprise ne peut pas demander la révision de son offre de départ et « elle subit une perte colossale ».
Les professionnels du BTP sont les premiers concernés par le projet de décret puisque, selon Noureddine Bensouda, trésorier général du Royaume, les marchés publics représentent 70% du chiffre d’affaires des entreprises du BTP. Par conséquent, ils devront se réunir bientôt pour prendre une décision commune au sujet de la démarche à suivre. L’objectif est de pouvoir apporter des modifications de dernière minute avant la signature du projet de texte. Or, de sources concordantes, ce ne sera pas pour 2011. En cause, le projet de réforme de la loi organique des Finances.
Annulations en cascade
L’importance de la proposition de fixer un délai pour la validation des marchés publics vient de se confirmer avec la diffusion par la Direction des routes du ministère de l’Equipement, le 22 février dernier, d’une circulaire enjoignant à toutes les directions provinciales et régionales d’annuler les appels d’offres lancés dans le cadre du programme quinquennal 2010-2014 et qui n’ont pas été validés. Il s’agit d’offres ayant déjà reçu des décisions d’ouverture des plis et cumulant un retard de plus de 90 jours entre la date d’ouverture des offres et le 10 février 2011. Les appels d’offres n’ayant pas reçu de décision d’ouverture des plis d’office sont également concernés par cette décision.
Pour le patron d’une entreprise de BTP, « c’est une preuve implicite que le gouvernement lance des appels d’offres sans avoir les moyens d’approuver les marchés. Et c’est très grave ! »
Hassan EL ARIF www.leconomiste.com
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Maroc. Croissance et proportionnalité de la redistribution. Un train de retard
10.5.2011 par admin.

Le développement est bon pour un pays. Certes, dans un système économique basé sur la distribution des avantages. Seulement, la mondialisation n’a pas encore imposé le facteur humain dans ses critères à l’origine, mais la loi du plus fort sur les plus faibles. Dans une usine l’évolution sert en premier les actionnaires et en dernier le balayeur. Quant au peuple et aux autres, ils ne voient qu’indirectement une retombée plus politique que matérielle ou financière.
Il y a bien longtemps déjà que développement ne rime plus avec Homme, mais avec la gestion de moins d’hommes par la machine, et maintenant de moins d’hommes pour limiter les frais ; et pour éviter surtout la réactivité humaine sociale, complexe et de plus en plus difficile à gérer. Même si beaucoup arrivent dans des pays où la main d’œuvre est peu chère au regard du pays du siège social de l’entreprise, le savoir intelligent se passe de plus en plus du nombre de petites mains. Au final, une machine reste plus gérable qu’un être humain mouvant.
Des chiffres restent inchangés et semblent maintenir une bonne santé apparente ; mais face à ces hommes qui, par la démographie et la nature, sont passés de 3 à 30 millions en un siècle, la locomotive économique aura toujours un train d’avance sur les wagons.
Et s’il fallait arrêter un moment le train en gare afin de méditer sur la suite du voyage ? Comment accrocher de nouveaux wagons quand les nouveaux arrivants qui pensent, eux, au Maroc de demain sont confrontés au manque et à la rétention des informations, au blocage des finances par des banques, face aux prix du foncier ou du locatif professionnel qui ne permettent déjà pas à une PME en projet de présenter un bilan prévisionnel sur trois ans crédible, face à des règlements de factures à 140 jours où le petit entrepreneur fait office de prêteur, quand ce n’est pas de victime face à plus gros que lui inattaquable ensuite, ou quand un hôtelier ou un exportateur doit attendre deux ans avant d’obtenir son autorisation d’exploiter ou d’ouverture ? N’y aurait-il pas une locomotive invisible en fin du train qui exercerait une force inverse plus puissante ? Les forces vives nouvelles ne sont-elles pas freinées par des forces anciennes qui demain perdront toutes ensemble face aux grosses et puissantes sociétés de la World Company où l’homme n’existe plus si ce n’est que comme un nouveau genre de machine ?
Philippe DELESALLE. legroupement-agadir.com
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Maroc : Croissance sans augmentation proportionnelle du taux d’emploi
La croissance au Maroc ne s’accompagne pas nécessairement de la baisse du taux de chômage. L’inadéquation de la croissance et de l’emploi s’explique notamment par la faiblesse des politiques d’industrialisation du pays. Un secteur confronté, en parallèle, à la concurrence internationale par le bais des nombreux accords de libre échange.

Souss Massa draa
La croissance, en matière d’emploi, c’est comme le cholestérol, il y a le bon et le mauvais », lance Mohamed Chiguer, docteur d’Etat en économie. « En dépit de la croissance économique, on constate un taux de chômage encore très fort au Maroc », alerte Jamila Ayegou, enseignante en sciences économiques à l’université de Mohammedia.
Selon les statistiques du Haut commissariat au plan, le taux de chômage est passé de 11,4% en 2003 à 9,1%, en 2010, alors que, dans le même temps, le taux de croissance était en moyenne de 4,58% (selon le CIA World Factbook), soit un chiffre qu’envieraient bien des pays européens. Un paradoxe apparent qui trouve son explication, notamment, dans la structure de l’économie.
« L’économie marocaine est fondée en majeure partie sur les secteurs du bâtiment, de l’agriculture et des services, or ce sont des secteurs sensibles à la spéculation et donc très volatiles », explique Mohamed Chiguer. Au Maroc, la croissance économique dépend beaucoup de la qualité des saisons agricoles. Les énormes variations du taux de croissance économique d’une année à l’autre (voir graphique) dépendent du temps et des spéculations et non de l’investissement en capital humain. En 2006, par example, la croissance du PIB avait été de 1,70% contre 9,30% l’année suivante. « Il faut prier pour qu’il pleuve, c’est le bon dieu qui fait la croissance », ironise Mohamed Chiguer.
Si, aujourd’hui, l’économie dépend encore autant de l’agriculture, c’est qu’il n’y a pas eu de politique d’industrialisation efficace. « Les réflexions menées après l’indépendance devaient mener à une véritable politique industrielle. Son encadrement a été mal adapté : le gouvernement a adopté une planification indicative plutôt qu’impérative » explique Mme Ayegou. Aujourd’hui, « près de 95% des entreprises sont des PME », déplore Mohamed Chiguer.
Le docteur d’Etat en économie fait le même constat que Najib Akesbi, économiste et enseignant à Institut agronomique et vétérinaire Hassan II, à Rabat : l’Etat a décidé d’ouvrir le pays au libre échange sans que son industrie naissante y soit préparée. « Depuis 30 ans, les gouvernements ont fait la promotion des exportations en signant des accords de libre échange avec près de 50 pays. Pour en bénéficier il faut avoir une offre exportable, alors que le Maroc n’a rien à exporter » explique Najib Akesbi. L’industrie textile marocaine s’est ainsi retrouvée fortement concurrencée. « La mise à niveau forcée des entreprises a entraîné de nombreux licenciements », ajoute Jamila Ayegou.
Mohamed Chiguer explique aussi le phénomène de croissance à faible intensité en emploi par le fait que « les derniers enfants issus de la transition démographique au Maroc arrivent actuellement sur le marché du travail ». Leur nombre est tel que l’économie n’est pas en mesure de l’absorber entièrement. « L’économie marocaine devrait créer entre 300 et 350 000 emplois par an pour simplement éviter que le nombre de personnes au chômage n’augmente, explique Najib Akesbi, alors qu’elle parvient péniblement à créer 100 000 emplois par an. »
Cet article a été précédemment publié dans Yabiladi Mag n° 6
Julie Chaudier Yabiladi.com
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30 millions de consommateurs. Une loi.
3.5.2011 par admin.
Une loi qui devrait améliorer l’approche des consommateurs et les protéger face à tout un système marketing libre sur le plan commercial.
Un accouchement dans la douleur, semble-t-il, car elle n’est pas nouvelle, cette loi. Le bébé serait resté en couveuse et abandonné depuis quelques années. Sans doute son âge devenu mûr ne pouvait plus passer inaperçu, il fallait le sortir et le rendre officiel.
Un beau et gros bébé qui devra néanmoins s’imposer avec caractère pour se faire remarquer de tous…
Philippe DELESALLE. legroupement-agadir.com
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lundi 18 avril 2011
ENFIN ! Une loi pour protéger le Consommateur au Maroc.
ENFIN ! C’est avec des youyous que l’on devrait accueillir la publication de la loi de la protection du consommateur au Maroc sur le bulletin officiel (la fameuse loi 31-08 que vous pouvez télécharger en cliquant sur ce lien).
Le Maroc n’était pas seulement en retard par rapport à toute l’Afrique en ce qui concerne cette loi, mais il était arriéré !
Le Maroc était -et espérons qu’il ne le sera plus- une proie facile aux mains des différentes entreprises qui en faisaient un cobaye à tout gober. En effet, plusieurs lobbys essayaient de retarder ou de modifier cette loi à leur profit mais la volonté divine et surtout la volonté des partenaires économiques étrangers de notre pays ont poussé vers cette loi.
Une loi qui circulait dans les tiroirs des différents gouvernements depuis les années 70 a été promulguée à l’époque du ministre socialiste, Ahmed Reda Chami ! D’ailleurs, je propose que cette loi porte son nom : la Loi Chami
Serait-ce le début de la fin de la loi qui gère tous nos business ? A savoir, l’Arbitraire ? Car que l’on ne crie pas victoire pour autant, le document ne porte aucune indication aux risques sanitaires par exemple mais avouons-le, c’est mieux que rien.
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Indépendance, mais cordon ombilical économique…
29.4.2011 par admin.
A quand une voiture marocaine “Made in MA” ? Tout se résumerait dans cette demande pour qu’un pays puisse répondre en totale indépendance économique sur le plan industriel.
Il n’y a pas à diverger, l’économie d’un pays représente la valeur industrielle de ce pays, quand ce dernier s’inscrit dans la démarche économique, mondiale désormais depuis un bon moment. Si décalage il y a et qui subsisterait, cela s’explique par le fait de suivre les autres au lieu d’exprimer sa propre indépendance.
Dépasser sur le plan scientifique, technique et technologique, les pays premiers depuis des années, est chose impossible avant de passer soi-même par les mêmes marches, qui seules sont possibles dans le temps, mais rendues plus compliquées par une époque qui est, elle, très différente. Les premiers arrivés avec un savoir industriel, avec les brevets en mains, expriment les capacités et les forces vives d’un pays en ce domaine.
Faut-il s’étonner donc que les pays émergeant économiquement ne soient pas en mesure de monter sur les mêmes marches des podiums de l’industrie ? Pourquoi les entreprises marocaines et la volonté générale, même administrative, ne priment-elles pas dans cette direction évolutive ? La réponse reste bien le risque important à engager par un certain décalage d’approche, tout autant qu’une volonté de développement qui reste, elle, extérieure vers les investisseurs étrangers. Une vision à plus long terme réclame un investissement personnel au moment présent de tout un pays qui est inversement proportionnel à une rentabilité visée en urgence, du moins dans le cadre d’une directive unique, mondialisée.
Philippe DELESALLE. legroupement-agadir.com
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Construire nos entreprises
Quand deviendrons-nous grands ?
Près de 60 ans sont passés depuis l’indépendance du Maroc mais nos hauts fonctionnaires, nos gouvernants continuent d’être timorés devant les prises de risque nécessaires pour développer des champions nationaux, des entreprises performantes.
Après 60 années d’indépendance, des administrations continuent d’exiger de la part des entreprises marocaines, des références qu’elles ne peuvent pas produire. Ainsi, pour construire un stade de football de 80.000 places, il faut en avoir déjà construit deux similaires…Tous ceux qui ont créé des entreprises au Maroc et ont essayé de soumissionner dans des projets de l’État, ont eu à affronter cette problématique. Pourtant ces entreprises internationales qu’on préfère aux entreprises marocaines ont bien dû elles-mêmes commencer un jour? La Lyonnaise des eaux ou Véolia ne sont pas nées avec la gestion des biens publics inscrite dans leur patrimoine génétique! Si nos gouvernants n’adoptent pas une politique volontaire pour inciter à la création de groupements nationaux capables de réaliser tous types de projets, qui va le faire?
À ses débuts, le Groupe Bouygues ne construisait que des logements. Ce qui n’a pas empêché l’État français de lui confier la réalisation d’une centrale nucléaire et de 200 Km d’autoroute. Les responsables français soucieux de créer un know how national, n’ont pas préféré les américains, ils n’ont pas renvoyé Bouygues en lui disant “vous devez avoir déjà construit deux centrales nucléaires”.
Tout projet est réalisable par toute entreprise qui met en place les ressources humaines, les équipements et les moyens financiers nécessaires. Ce sont ces moyens là qui permettent la réalisation des travaux, ce ne sont pas les références.
Aujourd’hui de nombreuses opportunités s’offrent aux entreprises marocaines pour entrer dans le secteur des services concédés. Acquérir une expérience locale leur permettrait d’aller conquérir des parts de marchés dans toute l’Afrique. Pourquoi l’État ne lance-t-il pas des projets ouverts aux entreprises nationales, au lieu de les exclure d’office en leur demandant de présenter des références similaires? De nombreux secteurs sont concernés: dans plusieurs villes et régions du Maroc, il y a possibilité de donner aux entreprises marocaines la gestion de l’eau et de l’électricité, des déchets ménagers, des transports, de l’irrigation, des ports… Autant de métiers d’avenir appelés à se développer, notamment en Afrique.
Staréo, filiale de Veolia et du groupe Hakam-Bouzid, détentrice du marché des autobus du grand Rabat a finalement renoncé la semaine dernière à exploiter son contrat de transport urbain. D’autres filiales de Veolia, -Amendis et Redal-, ont la gestion de l’eau et électricité de Tanger et Rabat. Les problèmes sociaux qu’elles connaissent, ainsi que la forte contestation de leurs tarifs, pourraient les amener à prendre d’autres décisions de résiliations.
Si les pouvoirs publics s’étaient plutôt engagés dans une politique de développement de groupements 100% nationaux, il y a fort à parier que les choses se dérouleraient autrement et que des solutions purement locales auraient pu être trouvées face aux difficultés rencontrées. D’autant plus que dans le cas de Veolia, les pouvoirs publics vont également devoir gérer la relation politique et économique entre le Maroc et la France.
Finalement nous Marocains, nous devons aller à l’étranger pour que nos compétences soient reconnues… Un groupement Marocain constitué par la CDG, l’ONEP et Delta Holding gère depuis 3 ans l’eau de tout le Cameroun.
A.Sedrati
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Corruption. Un sujet important abordé un 1er avril…
25.4.2011 par admin.

Le Maroc avance, le Maroc bouge ; toutefois la corruption reste un challenge non pas à relever mais à anéantir. C’est bien la base de l’ensemble des réclamations que chacun fait et qui est à l’origine de l’annonce de SM Mohammed VI du 9 mars dernier. Réclamation unanime de l’ensemble des usagers du pays, bien au-delà d’ambitions politiques personnelles ou de groupe. Les Marocains ne s’y trompent pas depuis des semaines, c’est bien ce mal qu’ils désignent comme coupable de la majorité de leurs maux.
La moralisation est certes un terme d’actualité désormais, la prévention aussi est un des outils pour y arriver ; mais afin d’assurer la meilleure application et des résultats, n’est-ce pas des choses concrètes que les gens attendent ? Le quotidien administratif change-t-il en ce moment et changera-t-il dans les prochains mois ? Car la moralisation, quand le virus se trouve implanté dans toutes les strates d’un système, et faut-il le dire dans l’esprit général par force, devient plus qu’un challenge, et parfois une mission impossible dans des délais qui apaiseraient chacun. La sanction est un autre outil, mais n’est pas pour autant la meilleure démarche pour accélérer les choses ; là aussi la véritable question est celle des moyens à mettre en oeuvre sur le terrain pour empêcher le mal.
S’en prendre aux conséquences n’a jamais tué un virus, la cause. Pour que la corruption à très court terme périsse, il ne faut plus lui donner la possibilité de s’accrocher aux tissus humains. Les moyens existent désormais par les possibilités techniques, le 0 et le 1 informatiques, tels le oui ou le non sont appliqués dans divers services administratifs afin de garantir une transparence des dossiers ; les entreprises privées ne se posent plus la question de savoir qui dans leurs murs se sert illégalement, depuis un bon moment. Le Maroc peut être un exemple, comme annoncé par beaucoup ; maintenant ne pas oublier que la notion de temps n’est pas un outil mais le vecteur de réussite.
Philippe DELESALLE. legroupement-agadir.com
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Lutte contre la corruption
Le Maroc fortement engagé
Du nouveau en matière de lutte contre la corruption au Maroc. Le Conseil des ministres, réuni vendredi, 1er avril, sous la présidence de SM le Roi, a adopté, entre autres, un projet de loi modifiant la procédure pénale concernant la protection des victimes, des témoins, des experts et des dénonciateurs des crimes de corruption, de détournement de deniers publics et de trafic d’influence.
Le projet a pour principal but la consolidation de la moralisation de la vie publique et de la bonne gouvernance. Il répond aux instructions Royales, contenues dans le discours historique du 9 mars 2011 qui a appelé à « la consolidation des mécanismes de moralisation de la vie publique et la nécessité de lier l’exercice de l’autorité et de toute responsabilité ou mandat publics aux impératifs de contrôle et de reddition des comptes ».
Il s’inscrit aussi dans le cadre du discours Royal du 20 août 2009 dans lequel le Souverain a appelé à la nécessité de la mise à niveau des structures judiciaires et administratives et la soumission des services centraux du ministère de la Justice et des tribunaux à la bonne gouvernance.
En matière de lutte contre le fléau de la corruption, faut-il le souligner, le Maroc a signé la Convention des Nations Unies contre la Corruption le 9 décembre 2003 et l’a ratifiée le 9 mai 2007.
Son article 6 met à la charge des Etats Parties l’obligation de mettre en place un ou plusieurs organes chargés de prévenir la corruption. C’est en application des dispositions de cet article que fut créée l’Instance Centrale de Prévention de la Corruption par le décret n° 2-05-1228 du 13 mars 2007. Cette Instance a pour mission de coordonner, superviser et assurer le suivi de la mise en œuvre des politiques de prévention de la corruption, de recueillir et de diffuser les informations dans ce domaine.
Seulement, sur le terrain, cette Instance accomplit-elle vraiment toutes ses prérogatives ?
La réponse d’Abdeslam Aboudrar, président de l’ICPC, est non.
Dans un entretien accordé récemment à un hebdomadaire casablancais, M. Aboudrar a réclamé plus de prérogatives pour assumer ses missions, en particulier une « autorité suffisante » pour bien faire son travail.
Il a estimé que l’ICPC a, certes, « le droit de réclamer des informations », mais sans « aucune garantie que ces informations » lui soient fournies.
Il a considéré aussi que « la prévention sans la sanction ne fait que verser de l’eau dans le moulin de l’inapplication des lois ».
M. Aboudrar a rappelé, dans ce sens, qu’il y a « des dossiers comme ceux du CIH, de la CNSS, de la BNDE et d’autres, ouverts depuis une décennie ou plus, qui n’aboutissent pas encore à des conclusions, par des sanctions contre les contrevenants et/ou des acquittements ». Il faut, a-t-il dit, « mettre fin à l’impunité (qui) est un passage obligé vers plus de transparence et de lutte contre la corruption ».
Pour accorder ainsi plus d’efficacité à cette Instance, SM le Roi a donné récemment Ses Hautes instructions au gouvernement pour qu’il procède à la révision du cadre légal régissant cette instance, dans le sens de l’élargissement de ses prérogatives et du renforcement de ses modes de fonctionnement, notamment en lui conférant les compétences d’auto-saisine pour les cas de corruption et toutes les formes de prévarication.
Cette révision devrait également lui permettre de se doter des ressources humaines et matérielles nécessaires, ainsi que des mécanismes juridiques, à même de lui permettre d’accomplir ses missions avec l’objectivité et l’efficacité requises, tout en veillant à la cohérence institutionnelle destinée à la consolidation de la citoyenneté responsable et des valeurs de moralisation de la vie publique.
Le dernier classement de l’ONG Transparency international (TI) fait ressortir que le Maroc arrive en 85ème position sur une liste de 180 pays. C’est ce qui justifie, d’ailleurs, les efforts fournis actuellement au Maroc pour faire face au fléau.
Cette expérience en matière de lutte contre la corruption peut servir de « modèle » pour les autres pays de la région, où les appels à la moralisation de la vie publique se font actuellement de plus en plus pressants, a affirmé, en février 2011, Stuart Gilman, expert et principal conseiller de l’Initiative pour la Primauté de la Loi de l’Association du Barreau Américain (ABA-ROLI).
« Le Maroc constitue un partenaire important dans la lutte contre la corruption en raison de sa capacité d’être un modèle pour les autres pays de la région », a-t-il souligné dans un entretien accordé à la MAP.
Il a noté que le Maroc « a franchi des pas importants dans la lutte contre la corruption » en raison notamment de l’existence d’une « véritable volonté politique » d’éradiquer ce fléau, tout en soulignant le « travail remarquable » réalisé par le Royaume en la matière.
M. Gilman a cité, à cet égard, la création de l’ICPC, dont l’action constitue un « modèle » en la matière, se félicitant dans ce sens de sa composition représentative de la société marocaine et de son large mandat pour la lutte contre la corruption dans l’ensemble des secteurs.
En dépit des efforts, il reste à espérer que les citoyens adhèrent, massivement, à la lutte contre la corruption.
6/4/2011
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http://www.telquel-online.com/213/maroc3_213.shtml
Samedi 16 Avril 2011
Société. Comment briser le cercle vicieux de la corruption
Aux oubliettes le numéro vert, la déclaration des biens, les îlots de transparence et toutes ces belles mesures qui ont entretenu le rêve autour de la lutte contre la corruption ! Le Maroc va mal. La corruption s’est généralisée. Que choisir ? Une réforme des institutions de l’Etat, des sanctions publiques ou une agence gendarme ?
La lutte contre la corruption est une belle dame que tout le monde convoite mais que personne n’approche. On l’admire de loin, on se permet de lui jouer des sérénades sous le balcon, mais on hésite à taper à sa porte. Peur de tomber sur un mirage ? Peur de devoir affronter une mauvaise surprise sur le palier ?
Depuis le premier gouvernement d’alternance de Abderrahman Youssoufi, la lutte anti-corruption, appelée en langage soft “moralisation de la vie publique”, est devenue un de ces sujets galvaudés qui animent les discussions de salon et les meetings internationaux. Après un break de quatre ans, voilà que le gouvernement revient à la charge avec une idée ingénieuse: la création d’une instance de prévention de la corruption. Le texte, soumis en première lecture au conseil de gouvernement, est critiqué par Transparency Maroc qui y voit “un outil de plus à la solde de l’administration”.
L’indépendance, une chimère
“Telle qu’elle a été configurée, l’instance ne sera qu’un jouet dans la main de l’exécutif, soutient Azzedine Akesbi, secrétaire général de Transparency Maroc. Placée sous la tutelle du Premier ministre et présidée par un magistrat, la structure devra rendre compte à l’exécutif et au judiciaire. De quoi irriter un monde associatif qui ne jure que par son indépendance vis-à-vis du pouvoir. “Il n’existe aucune instance indépendante dans le monde”, se défend un membre du gouvernement, associé à l’élaboration du projet. “Oui pour l’autonomie, oui pour l’intégrité des membres de l’instance, mais arrêtons de rêver ! Dans tous les pays qui nous ont dépassés en matière de démocratisation, les instances de prévention sont liées à l’Etat”, soutient fermement notre source gouvernementale qui donne l’exemple de la France, où le Service central de prévention de la corruption est placé sous la tutelle de la Justice. Là aussi, arrêtons de rêver! Car la Justice dans ces pays démocratiques a connu de grandes avancées en matière d’indépendance. A la base et comme le montre l’exemple de Hong Kong (voir encadré), les organismes de tutelle dont dépendent ces instances de lutte, jouissent de prérogatives précises et claires qui atténuent les risques d’interférences et “les amabilités” entre les appareils de l’Etat.
En réalité, le fond du débat entre le gouvernement et le monde associatif ne se résume pas à l’identité des pouvoirs qui chapeauteront cette instance, mais à l’indépendance même de ces derniers. Résumons : on craint que l’agence ne soit une coquille vide de plus parce que l’exécutif et le judiciaire ne sont pas indépendants.
Si c’est vraiment le fond du problème, pourquoi alors faire de cette agence le remède de la corruption au Maroc ? D’autant plus que cette instance n’aura pas un véritable pouvoir d’investigation et de décision. Ses rapports seront validés par ses tuteurs. Elle risque même de devenir un de “ces appareils de bonne gouvernance” qu’on a entouré de sacralité pour les éloigner du citoyen (Diwan Al Madhalim, Cour des comptes…). Alors, autant s’attaquer à la réforme institutionnelle ! Erreur. A part la brèche ouverte par les discussions sur l’agence, Transparency a très peu de chances de dialoguer avec le gouvernement sur les autres revendications de son plan d’action 2005, plus particulièrement la réforme de la justice et la fin de l’impunité, revendications hautement politiques et d’actualité qui ne sont pas du goût du pouvoir.
Une agence elle-même corrompue !
Kamal Mesbahi, de Transparency Maroc, a élaboré une note intéressante sur ce qui fera réussir ou capoter l’expérience de l’agence. Entre autres, il dit que “sans indépendance réelle, aucune agence ne pourra tenir face aux interventions politiques au cas où elle enquêterait sur des personnalités publiques”. Peur des conséquences de son action, faible volonté politique, dépendance excessive vis-à-vis des lois, le risque est que l’agence devienne elle-même “corrompue”. Comble de l’histoire, l’arroseur serait ainsi arrosé. Dans un système de pouvoir absolu, à quoi sert l’autonomie? Citons l’exemple de la Cour des comptes. Voilà un établissement de moralisation publique, autonome, souverain mais qui agit dans l’ombre. Il ne rend compte qu’au roi à travers un rapport d’activité dont la publication n’est pas automatique.
Entre la vision associative prônant l’indépendance et celle de l’Etat, plus fermée, plus centralisatrice, la conciliation est loin d’être facile. Pour ne pas compromettre l’avenir, le gouvernement et l’association continuent leurs consultations. Cela dit, les points de vue restent radicalement opposés. Un accord est-il possible? Bachir Rachdi de Transparency acquiesce en souriant : “Nous avons bien précisé au gouvernement que notre association ne compte pas apporter un simple amendement mais une nouvelle vision”. Voilà qui pourrait faire revivre bien des mauvais souvenirs. Transparency n’a t-elle pas claqué la porte de la commission de moralisation de la vie publique de l’ex-ministre Ahmed Lahlimi pour “divergences de points de vue”, entraînant ainsi l’arrêt de tout le projet “anti-corruption” ? Et le gouvernement ? N’oublions pas que son but initial et principal est de se conformer à la Convention des Nations unies qui impose la constitution d’une structure spéciale de lutte contre la corruption. A la base, l’agence reste donc, pour lui, une action procédurale. Que cette dernière soit forte, indépendante et autonome comme le demandent ses interlocuteurs associatifs, c’est une autre paire de manches.
Casser la résistance de l’Etat
Au sein du gouvernement en effet, on s’accroche à l’idée que la création d’une telle agence doit répondre au contexte national. Décodage : un contexte monarchique, où la concentration des pouvoirs empêche le développement de mécanismes d’une gouvernance autonome, claire et équilibrée. “Tant que l’Etat reste ballotté entre ses aspirations modernistes et son besoin d’exploiter des méthodes archaïques pour garantir la stabilité des dominants, aucune solution ne pourra être trouvée à la généralisation de la corruption”, estime pertinemment Fouad Abdelmoumni, membre de l’AMDH.
À la base, ce qui rend le sujet de la corruption très institutionnel, théorique, voire même barbant pour le commun des Marocains, c’est “la résistance de l’Etat”. “Ce dernier se complaît dans une stabilité relative alors que les contraintes politiques et économiques mondiales imposent des solutions radicales. Avec l’islamisme, le prix du pétrole, les Chinois et le chômage, continuer à miser sur un taux de croissance de 3% est un pousse-au-crime”, se révolte Abdelmoumni. Le World Economic Forum (WEF) estime que les compétences du Maroc sont décevantes au niveau de la compétitivité par rapport aux autres pays arabes. Il est classé 8ème derrière la Tunisie (6ème place). “La croissance est molle et les objectifs de transparence, bien que clairement affichés, ne sont pas encore atteints”, selon le WEF. La corruption est ainsi citée comme le 4ème facteur de blocage à l’entreprenariat.
Dans ce contexte, ce qui est symptomatique, ce n’est pas uniquement l’argent de la corruption mais aussi le manque à gagner des recettes publiques. Quand on esquive une amende de 400 DH pour excès de vitesse en glissant 50 ou 100 DH dans la poche d’un agent de circulation, ça fait 400 DH qui ne rentrent pas dans les caisses de l’Etat. Multipliés par le nombre de fois où ça se produit…
“Il existe des foyers de gaspillage tout aussi nocifs que la corruption”, indiquent les spécialistes. Par exemple, la fonction publique est toujours inutilement pléthorique. Le plan gouvernemental des départs volontaires a vu la fuite des compétences, mais n’a pas encore ramené d’économies budgétaires significatives. Pour sa part, le dossier du Sahara pompe encore beaucoup d’argent et n’apporte pour l’instant aucune solution. Les situations de rente dans les transports, les mines, la pêche… le monopole de certains secteurs vitaux comme le sucre et la fraude fiscale privent le Maroc d’une partie substantielle de ses recettes.
Des procès publics
Comment comprendre que le Maroc régresse au niveau de l’indice de perception de la corruption alors que des réformes sont en cours. De la position 45 en 1999, il est en effet tombé au 78ème rang sur un ensemble de 158 pays. On est en droit de s’interroger devant ces chiffres. Sont-ce les autres pays qui progressent plus vite que le Maroc en matière de lutte anti-corruption ou nous qui reculons dans cette période? La particularité de la corruption au Maroc, d’après Transparency, est qu’elle s’est généralisée, touchant tous les domaines et toutes les couches sociales. “Nous ne sommes pas dans une démarche de rupture. Nous sommes en train de faire un ravalement de façade”, critique t-on.
La rupture, chacun la voit à sa façon. Pour certains, le cercle de la corruption ne pourra être rompu qu’à travers des méthodes musclées qui “parlent davantage aux gens” : des sanctions contre les corrompus. “Il faut arrêter de penser qu’en envoyant des gendarmes au tribunal, on va décrédibiliser tout le système. C’est un passage obligé”, soutient Abdelmoumni. Souvenez-vous des affres subies par le capitaine Adib qui a osé dénoncer la corruption dans l’armée!
Citoyens responsables
Face aux adeptes des solutions “coups de poing”, il y a ceux qui prônent un changement en douceur, basé sur le courage et la volonté des citoyens eux-mêmes. C’est le cas d’Ahmed Lahlimi, “M. anti-corruption” du premier gouvernement d’alternance. “Je ne crois pas aux sanctions spectaculaires ou à la création de structures de lutte. La seule grande agence est le citoyen. C’est en refusant la corruption qu’on impose la lutte”, soutient-il. Comment croire en cette vision réductrice quand 43% de la population est analphabète et que 13% vit en deçà du seuil de pauvreté (un dollar par jour), sans compter le chômage des jeunes et leur désengagement politique ? “Allez prêcher la bonne parole à un citoyen qui recherche un document administratif dans la journée, il vous rira au nez !”, s’emporte Abdelmoumni.Malgré le pouvoir qu’il a eu au sein du gouvernement Youssoufi, Lahlimi n’est pas arrivé à mettre en application sa conception. “La campagne gouvernementale a été arrêtée car on a estimé qu’elle ne valait pas le coup”, explique-t-il brièvement et sur un ton sec. En réalité, le commissaire au plan est rongé par une colère sourde. Derrière son air faussement détaché, on perçoit un homme brimé, écrasé dans son élan par des enjeux politiques qui ont condamné toutes ses actions. Le cocotier était trop grand pour être secoué d’un seul coup. Si grand qu’un membre du gouvernement tempêta, il y a cinq ans, que cette campagne de moralisation allait “gâcher l’image du Maroc à l’international”. Tout a été arrêté d’un seul coup. L’argent qui devait servir à financer une étude sur le parcours du citoyen a été transféré vers une manifestation de prestige à Marrakech.
Moralité : Peut-on vraiment évaluer la volonté politique du Maroc dans la lutte contre la corruption? A la merci d’enjeux de pouvoirs, celle-ci fluctue en fonction des personnes qui l’incarnent. Pour le citoyen, tout cela reste une bagarre d’intellos. La moralisation de la vie publique, ce sont toutes ces petites choses qui se font au niveau de l’accès à l’information dans les administrations, les hôpitaux et le monde économique. C’est cela qui pourrait rompre le cercle vicieux de la corruption. ça prendra du temps.
Finalement, la lutte contre la corruption est bien transparente au Maroc.. mais pas comme on le souhaiterait…
Ailleurs. À Hong Kong, ça a marché
L’exemple français ne devrait pas déplaire aux officiels marocains, gardiens de l’Etat central. Créé en 1993, le Service central de prévention de la corruption (SCPC) est placé sous l’autorité du Ministère de la Justice. “Il est composé de magistrats et de fonctionnaires d’origines diverses”, lit-on dans la note de Kamal Mesbahi. En somme, le gouvernement marocain propose la même architecture pour sa future agence en associant en plus des acteurs associatifs et des hommes d’affaires. Cependant, ce qui a réussi chez les autres, ne réussira pas forcément chez nous. En France, il existe un Conseil de la concurrence, très actif, une Cour des comptes qui publie annuellement ses rapports et des inspections financières et ministérielles régulières. Ces outils de bonne gouvernance fonctionnent en synergie, ce qui atténue les risques de corruption d’un pouvoir centralisé. Au Maroc, le conseil de la concurrence est mort-né!
L’exemple de Hong Kong est plus marquant par les résultats obtenus et par l’indépendance de son agence anti-corruption. Celle-ci est plus efficace, plus préventive et touche à toutes les affaires de la corruption. Dotée de moyens juridiques, financiers et humains importants, elle a un rôle d’investigation. Le risque d’une agence forte est qu’elle devienne un instrument de répression et de règlements de compte. C’est pourquoi, elle est soumise à une surveillance parlementaire et judiciaire. L’exemple de Hong Kong représente ce que devrait être une véritable agence de proximité. Celle-ci répond directement et rapidement aux dénonciations publiques en s’appuyant sur des pouvoirs de contrôle, de saisie et d’arrestation. Elle ne clôt son enquête que par une poursuite ou après avis d’une commission extérieure. Son personnel, engagé sur contrat est soumis à la déclaration du patrimoine et à des limitations d’activités extérieures. Pas mal. Et si on commençait par faire la même chose au Maroc ?
“Moralisation”. La corruption, c’est pas bien !
“Non à la corruption”. Qui ne se rappelle pas de ces fameux spots publicitaires diffusés en 2001 où on nous exhortait à combattre ce fléau ? Cela nous a bien fait rigoler parce qu’il n’y avait rien de dissuasif dans ce genre de discours. Les spots en question faisaient partie de la campagne de moralisation diligentée par Ahmed Lahlimi, ex-ministre des Affaires générales du gouvernement. “N’oubliez pas qu’à l’époque, la corruption était un tabou. Le fait d’en parler publiquement était une preuve de courage”, se défend-il. Peut-être. Mais la corruption est passée du tabou à la banalité. De la même manière, on utilise TPS au Maroc sans jamais évoquer ni oublier que l’abonnement est nécessairement piraté. Cependant, l’achat des démodulateurs et leur installation sont proposés même dans les grandes surfaces. Piratage et corruption sont deux fléaux identiques. Ils sont tellement banalisés qu’ils deviennent difficiles à endiguer.
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