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- 29.6.2011: IDE au Maroc et idées pour le Maroc…
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Archive de la catégorie Entreprise
IDE au Maroc et idées pour le Maroc…
29.6.2011 par admin.
Le tapis rouge des investisseurs au Maroc ne suffit pas dans la globalité des attentes. Mais à force de parler des IDE représentés uniquement par les grands groupes visés ou attendus, le tour des listings internationaux finit par se réduire à un moment, encore plus après la crise de 2008 qui change la vision internationale des affaires.
Qui dit IDE oublie souvent les idées de nombreux petits et moyens projets qui passent en prospection au Maroc, mais qui ne trouvent pas un accueil aussi intéressé dans les diverses administrations. Apporter quelques millions ou milliards ouvre les portes, mais des milliers de petits projets dans un pays qui apportent des milliers de petites sommes et qui permettraient de répondre plus localement aux attentes du développement général pour tous et plus directement, est une vision malheureusement mise de côté et les partants se retrouvent seuls devant le système D de A à Z. ![]()
Les petits projets apportent autant que le gros, surtout quand les volontaires vivent au pays pour y dépenser leur gain au quotidien, chose différente pour les actionnaires, dont certains doivent à peine savoir où se trouve l’usine dans laquelle ils investissent…
Philippe DELESALLE. legroupement-agadir.com
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Conjoncture
Le Maroc en crise continue de capitaux étrangers depuis 2008

Les Investissements Directs à l’Etranger (IDE) au Maroc sont en baisse continue depuis 2008./DR
Voir aussi:L’attractivité du Maroc en investissements étrangers débattue
Le Maroc est le pays qui a attiré le moins d’Investissement Direct à l’Etranger (IDE) depuis 2008 dans tout le Maghreb. C’est la conclusion de la dernière lettre du Centre Marocain de Conjoncture (CMC) publiée vendredi dernier.
L’étude, basée sur une analyse comparative avec la Tunisie, la Turquie, la Jordanie, l’Egypte et l’Algérie, montre que vu la taille de l’économie nationale et le volume de sa population, le Maroc a drainé un volume des IDE relativement faible, le positionnant parmi les derniers de la liste. Pour cause, les capitaux étrangers qui s’intéressent au Maroc sont plutôt concentrés et focalisés sur un nombre restreint de secteurs. C’est en effet la France et l’Espagne qui, entre 2000 et 2010, ont été à l’origine de plus de 50% des Investissements directs étrangers. Ces deux partenaires commerciaux du Maroc sont suivis des Emirats Arabes Unis, souligne l’étude.
Au plan sectoriel, ce sont les télécommunications qui ont bénéficié d’une attention particulière des investisseurs étrangers durant la période avec un cumul de 63.65 millions DH. Viennent après les secteurs de l’industrie, de l’immobilier, du tourisme et des banques, qui ont tout de même connu une contraction à partir de 2008, due à la crise économique mondiale. Notons à ce titre que les IDE ont accusé une chute de 39% dans le monde l’année suivante. Dans l’immobilier, la contraction des capitaux étrangers en 2009 est de 36%, à près de 6 milliards de DH. Le secteur financier et le tourisme ont enregistré 20 et 46% de moins qu’en 2008, à 4 milliards et 3,1 milliards de DH. Le secteur de l’énergie présente d’intéressantes opportunités, mais pour attirer davantage de ressources extérieures, il faudra, selon l’étude, mieux vendre des secteurs comme l’agriculture à des sources diversifiées.
Hayin Fadi
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Les affaires au Maroc et ce qui est autour, selon l’OCDE
17.6.2011 par admin.

2000 dossiers seraient déposés chaque semaine dans les tribunaux du Maroc pour des “indélicatesses” dans le milieu des affaires. Dans l’attente d’une réforme en profondeur de la justice, le droit serait prochainement le secteur qui recrutera le plus si rien n’est fait.
Pas étonnant d’entendre alors chacun déclarer qu’il vaut mieux “s’arranger”, afin de ne pas franchir les portes des tribunaux pour un voyage qui semble souvent sans fin, où seuls les plus patients qui en ont les moyens peuvent arriver au port final.
Philippe DELESALLE. legroupement-agadir.com
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Environnement des Affaires
Ce que le Maroc doit faire selon l’OCDE
Une étude de l’OCDE sur le Climat des Affaires au Maroc vient d’être rendue publique. Ce rapport s’appuie sur des instruments clés, tels que le Cadre d’action pour l’investissement ou les Principes de gouvernement d’entreprise. Réalisée en collaboration avec le ministère des Affaires économiques et générales, et avec la contribution du secteur privé et de la société civile, l’étude est révélatrice des préoccupations essentielles des investisseurs.

Environnement des Affaires au Maroc, selon l’OCDE./DR
Le rapport de l’Organisation de Coopération et de Développement Économique (OCDE), qui sera présenté aujourd’hui à Rabat, relève que de Le Maroc a réalisé ces dernières années de nombreux efforts visant à améliorer l’environnement des affaires.Pour développer le tissu économique national, le gouvernement a en effet adopté “une approche systémique, à travers des stratégies sectorielles ayant une vision intégrée, susceptible de créer une synergie et un effet d’entrainement intersectoriel”, explique l’économiste Chafik Chtibi. Notons également les mesures incitatives et les Programmes de mise à niveau et de modernisation visant le développement des PME, ainsi que les initiatives s’intéressant aux TPE pour, in fine, promouvoir l’auto-emploi.
“Nous avons mis en place un certain nombre de réformes sur les plans législatifs, réglementaires et institutionnels pour mettre en place un cadre favorable, propice à l’investissement. Et depuis une année, le Comité National de l’Environnement des Affaires assure le suivi de gouvernance des réformes.”Nizar Baraka, Ministre délégué des Affaires Economiques et générales Malgré ces efforts, l’OCDE note également que beaucoup d’obstacles se dressent encore face aux investissements. Le cadre institutionnel est le premier à être pointé du doigt. En effet, le rapport souligne, entre autres freins à l’investissement, une faible coordination institutionnelle, un déficit en communication et en consultation, maintien de certains monopoles (le rapport cire les chantiers ferroviaires) et l’opacité et la lenteur de la justice.
Vision des économistes
Le rapport explique que pour améliorer la compétitivité et attirer davantage d’investisseurs, le Maroc doit améliorer la coordination entre ses institutions et le dialogue avec les acteurs non gouvernementaux, renforcer ses efforts d’intégrité et de lutte contre la corruption, s’attaquer plus avant aux questions de l’informalité, de la justice et de l’accès au foncier, et renforcer la compétitivité régionale, l’innovation et les compétences de ses jeunes.Au niveau des Ressources Humaines, les performances réalisées par le Maroc sont plutôt mitigées, si on les compare aux pays retenus dans une étude parallèle, publiée par l’Observatoire de la Compétitivité Internationale de l’Economie Marocaine.
“L’explication principale est à rechercher dans le niveau très élevé de l’analphabétisme, malgré des efforts consentis par l’Etat en matière d’éducation, qui consacre près de 25% du Budget général.”Seddik Mouaffak, économiste.
Par ordre d’importance, le second problème principal dénoté par l’économiste Driss Benali est celui du système juridique. “Une réforme globale doit être opérée sur ce jalon”, explique l’économiste. Sur ce volet, les modes de gouvernance dans le système de la justice sont particulièrement pointés du doigt.
“Avec plus de 1.000 dossiers que les juges accumulent en moyenne chaque trois jours, il est certain que la Justice doit être revue dans ses profondeurs.”Maître Houcine Sefrioui, Président du Notariat International.
Concernant le volet de la corruption, Mohamed Horani, le Président de la Confédération Générale des Entreprises Marocaines (CGEM), ne manque pas de rappeler les mesures prises par le gouvernement pour lutter contre ce fléau, notamment via le site stopcorruption.ma. Mais cela engendre ce que l’on appelle désormais le phénomène de la “non-décision”, explique Horani.
“Les fonctionnaires n’osent plus prendre le moindre petit risque de peur d’être soupçonnés de corruption. Il faut donc à ce niveau simplifier, clarifier et faciliter l’interprétation de toutes les procédures administratives.”Mohamed Horani, Président de la CGEM
D’autres obstacles pragmatiques empêchent également l’instauration d’un bon climat des affaires au Maroc.
“Il y a également un manque de mécanisme adapté aux besoins réels de financement des PME. L’impôt spécifique appliqué aux organismes financiers est excessif, ajouté à un faible taux d’encadrement et un faible niveau de formation vu que la majorité des PME au Maroc sont de structures familiales, donc les affaires familiales dominent.”Zakaria Mekouar, entrepreneur et économiste.
L’évaluation souligne également les domaines où le processus de réformes reste incomplet et doit être renforcé. Le Maroc doit notamment améliorer sa communication et son image relatives à l’environnement des affaires, continuer d’améliorer ses infrastructures afin d’assurer un meilleur maillage territorial, soutenir le développement d’activités créatrices d’emploi et développer des compétences managériales. La simplification des procédures et l’amélioration de la coordination institutionnelle sont aussi des chantiers à poursuivre.
Hayin Fadi
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Des petits et moyens investisseurs étrangers en colère se réunissent à Marrakech
16.6.2011 par admin.

“Engagez-vous, vous verrez du pays”, annonçaient jadis les affiches de recrutement militaire. Le dos de l’affiche ressemblait, une fois sur le terrain après signature du contrat, à des corvées plutôt qu’à la balade touristique promise.
Si les choses s’arrangent doucement, il faut reconnaître qu’avec toute la bonne volonté que l’on apporte dans ses bagages, créer un projet professionnel au Maroc, si ce n’est en apparence pas plus compliqué qu’ailleurs sur le principe et les directives, devient vite une épreuve qui réclame de la résistance physique et de la patience plus que de la compétence.
De nombreux candidats abandonnent, parfois en y laissant quelques plumes et une partie de leurs économies. Tout est simple avant, pourquoi tout se complique-t-il ensuite ?
Devoir se déplacer trois fois au minimum pour une démarche basique par manque d’information, se retrouver au même guichet face à des gens différents qui vous annoncent trois démarches qui diffèrent, voilà déjà une première découverte à faire. Suivre un plus savant que vous qui vous aidera et qui n’aide que sa poche au final, et parfois sans plus de réussite, n’est pas le meilleur conseil non plus à suivre. Suivre une démarche officielle, ce qui est à conseiller, n’assure pas toujours pour autant une réponse aussi officielle, quand tout est verbal et où toute confirmation par écrit devient un autre combat où peu s’engagent car les écrits restent et les paroles s’envolent avec les responsabilités. Quant à investir sur un planning et attendre des mois de plus, parfois des années, avant de pouvoir commencer les activités faute de l’autorisation finale d’ouverture pour des commerçants, des restaurateurs, des auberges, c’est là que le Business plan en prend un sacré coup pour aborder le dépôt de bilan avant même le premier sur le plan comptable…
Comme certains le disent, n’est-il pas plus simple parfois de faire fi des règles officielles et ainsi gagner des mois de pertes de temps en passant par l’officielle démarche ? Si ce n’est pas à encourager, il est temps que les délais deviennent officiels et les démarches claires dès le commencement, gages d’une arrivée plus importante et sérieuse d’investisseurs tout aussi sérieux que réclament Rabat et le Maroc.
Est-il plus compliqué d’être correct et honnête dans la vie et dans la société ? Oui, malheureusement, parfois ou souvent encore…
Philippe DELESALLE. legroupement-agadir.com
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Marrakech
Des investisseurs créent une association pour se défendre
Publié le : 29.05.2011
Des investisseurs français décident de dénoncer, à travers une association, les problèmes dont ils sont victimes.
Ce sera un coup dur porté contre les efforts menés par le Maroc pour assainir le climat des affaires si cette action entreprise par des investisseurs étrangers (des Français) voit le jour. En effet, une dizaine de Français sont en train de monter, ce qu’ils envisagent d’appeler «l’Association de défense des investisseurs étrangers».
L’idée de cette structure est née en réaction à «la lenteur des procédures administratives dont nous sommes victimes, les atermoiements de la part des autorités locales, le traitement indifférent, la “distinction” par rapport à d’autres investisseurs privilégiés… », ont expliqué quelques-uns.Les initiateurs de cette action soutiennent qu’il y a plusieurs cas d’investisseurs étrangers qui doivent passer une bonne partie de leur temps à «faire face aux obstacles qui les empêchent d’avancer dans leurs affaires».
Certains, que nous avons rencontrés à Marrakech, nous ont affirmé qu’ils passent une bonne partie de leur temps à résoudre des problèmes administratifs au lieu de vaquer à leurs affaires. «Ce qui me donne le courage de dénoncer ces problèmes, c’est que je ne suis pas le seul étranger qui a ce genre de souci.
C’est aussi pourquoi nous avons décidé, moi et plusieurs investisseurs étrangers, de constituer une association pour défendre les intérêts des investisseurs étrangers afin de dénoncer publiquement les problèmes dont nous sommes victimes», indique l’un des initiateurs de cette action, qui préfère garder l’anonymat jusqu’à la date de création effective de l’association.Il faut le dire que le Centre régional d’investissement (CRI) de Marrakech ainsi que le Conseil régional du tourisme de Marrakech (CRT) font des pieds et des mains pour rendre la région très attractive en tant que destination de choix pour les investisseurs.Des efforts sont mis en œuvre dans la continuité de la politique menée sur le plan national. L’on fait allusion à ceux consentis pour assainir le climat des affaires et tout ce qui s’en suit.
Ainsi, l’on peut se rendre compte, par exemple, qu’au niveau du CRI, les autorités locales mettent en avant le fait que la région de Marrakech Tensift Al Haouz offre aux investisseurs une multitude d’opportunités d’investissements à travers des zones d’activités touristiques, industrielles et de zones dédiées aux métiers de l’offshoring… La région a enregistré un flux important d’investisseurs de renommée nationale et internationale. Au titre de l’année 2008, 734 projets d’un montant d’investissement de 65 milliards de dirhams, ont reçu l’avis favorable. A terme, ces projets permettront de créer près de 42.350 nouveaux emplois…
Par ailleurs, ce n’est un secret pour personne, les dernières statistiques montrent que le Maroc est la première destination des investissements directs français à la fois dans la région Afrique du Nord et Moyen-Orient et sur le continent africain. Présentes dans des secteurs très divers, les participations françaises apparaissent en phase avec la modernisation et la montée en puissance de l’économie marocaine. Dans ce sens, on relève de nombreuses localisations avec une diversification géographique en cours, notamment à Marrakech.
En effet, dans cette région, l’implantation des antennes des entreprises françaises est passée de 16 à 23 filiales, soit une augmentation de plus 44%. Chiffres n’incluant pas les activités créées à titre individuel ou familial par des Français installés à Marrakech. Dans ce sens, l’hôtellerie, à travers les maisons d’hôtes, et la restauration sont les deux principaux secteurs d’activités des Français récemment installés à Marrakech, où fleurissent des enseignes de cuisine provençale, de spécialités du Sud-Ouest mais aussi de crêpes bretonnes ou de boulangerie artisanale… Beaucoup de Français ont acheté des restaurants, des débits de boissons alcoolisées… qu’ils gèrent avec des investissements entre 10 et 30 millions de dirhams.
Témoignage
«Je suis un investisseur de nationalité française et résident au Maroc, pays qui m’a bien accueilli depuis 2 ans. J’ai investi 10 MDH dans le domaine touristique en achetant un café-restaurant à Guéliz Marrakech. Malheureusement, j’ai découvert que j’étais victime d’une escroquerie pour laquelle une procédure judiciaire est en cours. Je suis amené à faire face à un dysfonctionnement administratif qui a pour effet de battre en brèche le développement de mes affaires. Alors que j’ai des engagements vis-à-vis de certains opérateurs…».
C’est là le témoignage de l’un des investisseurs que nous avons rencontré à Marrakech et qui a essayé de saisir plusieurs instances afin de pouvoir régler ses problèmes avec l’administration dans la ville ocre.
Repères Franco-marrakchis
Plus de dix mille Français habitent la région de Marrakech. Si la majorité s’installe dans la ville ocre, où elle s’est procuré des maisons secondaires ou qui a épousé des Marocaines, une bonne partie a décidé de monter des mini-affaires
Débit de boissons
L’une des raisons de mécontentement des étrangers qui ont des cafés-restaurants à Marrakech c’est le manque de clarté s’agissant des critères adoptés pour l’octroi des autorisations pour la vente des boissons alcoolisées.
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Investisseurs, oui. Lesquels pour le Maroc ou pour quel Maroc ?
8.6.2011 par admin.

Investisseurs. Un mot lié à toutes les sauces. Le simple MRE qui revient au Pays est un Investisseur. Le retraité étranger qui cherche à poser sa petite maison au Maroc en est un autre. Même le simple touriste le devient, lorsqu’il investit pendant une semaine, en participant à l’entrée de quelques devises.
Côté presse, les Investisseurs sont surtout représentés par les gros groupes qui, eux, viennent parler de leurs projets purement financiers et économiques directement auprès des ministères. Bref, des dossiers qui sont en de meilleures mains à Rabat que dans des représentations administratives régionales ou municipales.
Il serait bien, effectivement, de donner davantage la parole et de montrer de l’intérêt aux petits et moyens projets qui apportent une réelle plus-value partout au Maroc. Des investisseurs qui ne voient le Maroc que comme une sortie possible afin de répondre aux gourmands actionnaires, et prêts à repartir demain selon les vents, ne sont pas représentatifs de la meilleure solution pour l’ensemble des Marocains. L’exemple de la téléphonie mobile, qui permet aux gros groupes européens de s’enrichir encore en faisant payer au Marocain le téléphone le plus cher au monde, ne s’inscrit pas dans le sens positif au final. Mais eux sont reçus sur tapis rouge. Un pays fonctionne beaucoup plus sainement par les petites et moyennes entreprises qui apportent davantage de possibilités à tous et à tous les endroits où elles se posent. Le petit commerce, l’artisan, les petites structures de services, font vivre bien plus de monde et sont plus proches des gens que les grosses industries qui, à terme, ne considèrent l’homme que comme un élément de production, à bon marché le plus souvent.
Voir gros au départ, c’est en payer le prix ensuite, ou le faire payer à tous sur divers plans qui apportent leur triste lot de mécontentements sociaux. Les petits et moyens investisseurs se sentent seuls et abandonnés, quand ils arrivent au Maroc avec leurs projets ou leurs dossiers sous le bras. Ce ne sont pas les Centres de renseignement régionaux des investisseurs qui conseillent au mieux le volontaire sur sa ligne de départ. Bien qu’étant un organisme positif à signaler pour créer administrativement une entreprise.
En matière de projet d’investissement moyen, le coup de feu est donné par des encouragements. Puis le coureur reste seul après s’être lancé dans les couloirs des administrations, qui de l’une à l’autre vous orientent vers une autre pratique sportive, qui ressemble rapidement à un mélange d’athlétisme, de biathlon et de triathlon, et qui ne voit plus guère arriver de finalistes sur une hypothétique ligne d’arrivée dessinée par Rabat, pour cause d’épuisement.
Un guichet unique, voilà qui est lancé. Cela éviterait de courir après sept administrations à la fois, afin seulement de “tenter” de savoir ce qui ”serait” possible ou non de faire sur un terrain à un endroit précis. Les volontés administratives de chacun, en fin de compte, ne peuvent pas grand-chose pour vous par manque de lien avec les autres services du pays, quand ils peuvent déjà vous répondre quelque chose d’officiel. Si l’accueil reste toujours chaleureux dans les bureaux capitonnés des responsables de service, la finalité fait souvent dire que l’on ne sait rien de plus en sortant qu’en entrant pour faire avancer son projet. Rapidement, vous vous sentez transformé en ballon qui passe de pied en pied, jusqu’au moment où vous dites STOP.
Des milliers de personnes, avec des petits et moyens projets pouvant faire travailler de manière sérieuse des milliers de Marocains, arrivent au Maroc. Mais cela ne semble pas encore vu comme une meilleure opportunité à plus long terme, alors que cela apporte des possibilités non seulement économiques, mais des réponses aussi aux autres besoins plus proches des hommes sur le plan du développement social plus localisé.
Entre un guichet unique, pour enfin leur répondre sérieusement, et l’objectif d’une pensée unique de développement, seul le temps répondra prochainement au Pays avec ses conséquences. Le vent mondialisé vise le Maroc, mais une tempête pourrait demain faire changer beaucoup de gros qui ne laisseraient derrière eux que des friches industrielles. Le Maroc doit-il être juste une plate-forme pour se poser et pour redécoller aussi rapidement ?
Si l’Espagne et l’Europe voient le Maroc ainsi, que l’on regarde l’exemple espagnol depuis ses années de développement, notamment touristique, jusqu’à aujourd’hui, obligé désormais de regarder toujours plus au sud pour pallier le manque de réflexion d’hier…
Philippe DELESALLE. legroupement-agadir.com
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Le Maroc deviendra une plate-forme des investisseurs européens en Afrique du Nord (magazine espagnol)
Lundi, 09 Mai 2011 20:00 MAP/ actu-maroc.com
Le Maroc a affiché, ces dernières années, sa ferme volonté de s’appuyer sur le secteur industriel pour affronter l’avenir et devenir une plate-forme des investisseurs européens en Afrique du Nord, souligne le magazine espagnol spécialisé dans l’actualité des NTIC “Channel Partner”.
Pour réaliser cette ambition, le Royaume s’est doté, en 2009, du plan Emergence, indique ce magazine mensuel dans un article publié sur son site Internet, ajoutant que l’objectif est d’attirer des investissements dans des secteurs comme l’aéronautique, l’automobile ou les nouvelles technologies.
“Channel Partner” relève que ce plan a été élaboré notamment pour “attirer des investisseurs étrangers disposés à s’implanter au Maroc, générer de l’emploi et bien positionner le pays dans le contexte économique mondial”. “Grâce à ce plan élaboré en 2005, plusieurs postes d’emploi ont été créés dans le secteur de l’offshoring, particulièrement avec l’installation de l’usine de Renault à Tanger”, précise la publication, rappelant que cette initiative ambitionne la création de 220.000 postes d’emploi, ainsi que l’augmentation du PIB de 4,5 milliards d’euros et du volume des exportations.
Pour appuyer l’implantation des entreprises étrangères, poursuit “Channel Partner”, le Maroc offre une série d’avantages, dont la construction de parcs industriels, des incitations fiscales et des programmes de formation d’une main d’œuvre qualifiée. Le magazine espagnol a mis l’accent également sur l’importance de l’initiative du Guichet unique, “un outil destiné à faciliter l’implantation de l’investisseur étranger au Maroc et à accélérer les procédures”.
“Channel Partner” souligne, dans le même contexte, que le Maroc compte renforcer son partenariat avec l’Espagne dans “trois secteurs stratégiques”, à savoir l’automobile, l’aéronautique et le nearshoring. “Channel Partner” est une revue mensuelle destinée aux professionnels des NTIC, s’intéressant notamment aux dernières nouveautés et tendances du marché en la matière, ainsi que les défis auxquels fait face ce secteur.
MAP
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Maroc : “Et Dieu créa la terre pour que l’homme entreprit à son tour…”
7.6.2011 par admin.

La création n’est pas abordée de manière identique, tous ne seraient pas des artistes pour apporter de la nouveauté. Ou comment faire du neuf avec du vieux. La Moukalawati, un programme lancé par le Maroc en 2006 afin d’aider les plus petits à créer leur petite entreprise ou projet, est bien loin de ce que l’on aurait pu tous en attendre. Si les raisons sont multiples et certes partagées, le décalage entre les objectifs et la finalité est à faire ressortir dans l’analyse. Quelle adéquation entre besoins et réponses, ou quel gouffre entre approche des petits créateurs face aux instances qui pensent professionnalisme, voire modèle international ?
Demander un business plan est déjà un objectif à atteindre pour la micro-entreprise en devenir, souvent des gens volontaires, mais qui ne sont pas tous des comptables ni des personnes formées spécialement à la gestion. S’entourer à ce niveau des conseils et des professionnels représente déjà une grosse part du budget attendu des banques, pour aborder seulement de manière technique le projet. Demandez donc à votre petit commerçant, épicier au souk, son approche mathématique de son activité, il vous sourira gentiment…
Les demandes n’ont pas manqué néanmoins, ce qui prouve le besoin ; mais entre vouloir, pouvoir, capacités d’y répondre, et volonté de prendre un peu de risques pour les banques, voilà que les divergences d’intérêts soulèvent encore le point fort ou faible d’une très bonne initiative à la base.
Philippe DELESALLE. legroupement-agadir.com
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—————————————————— http://www.lavieeco.com/news/economie/Moukawalati–4-ans-et-demi-et-un-fiasco-total-19430.html
Exclusif Moukawalati : 4 ans et demi et un fiasco total
A peine 3 500 entreprises créées et seulement 1 800 projets financés par les banques. Un taux de réalisation ne dépassant pas 12% par rapport aux objectifs initiaux, 6% si l’on considère les dossiers financés par les banques.

Rien n’y fait, le programme Moukawalati n’est pas arrivé à décoller en quatre ans et demi.
Lancé en septembre 2006, ce programme, destiné à promouvoir la création d’entreprises par les jeunes, n’atteint pas les chiffres espérés malgré un relifting en cours de route et une campagne massive de communication de l’Etat pour inciter les jeunes à y recourir. Deux chiffres, à eux seuls, en disent long sur l’ampleur du fiasco : depuis le lancement jusqu’au début avril 2011, le nombre d’entreprises créées dans le cadre de Moukawalati est d’à peine 3 500, et encore ! Le pire est que sur ces 3 500 TPE (très petites entreprises), seules 1 800 ont eu droit à un financement bancaire, le reste ayant été autofinancé. Or, on le sait, l’essence même du programme est justement de permettre à de jeunes porteurs de projets mais sans moyens financiers d’accéder à des crédits bancaires. Pour certains acteurs associatifs impliqués dans le programme, les 1 800 projets financés par les banques sont les véritables projets Moukawalati et c’est sur cette base qu’on doit évaluer le programme. Or, quand on sait que les pouvoirs publics tablaient sur la création de 30000 TPE à fin 2008 déjà, le compte est vite fait : plus de quatre ans après le lancement du programme, on est à peine à 6% de l’objectif et, au mieux, 12% si l’on prend en considération les 1 700 jeunes qui ont autofinancé leur entreprise. Pendant ce temps, plus de 40 000 jeunes ont exprimé le souhait de bénéficier d’un financement Moukawalati.
Le nombre de dossiers acceptés par les banques en chute libre
Le diagnostic dressé par le Comité national de pilotage de Moukawalati, présidé par le Premier ministre le 2 mars dernier, à l’occasion d’une réunion de réflexion, est venu confirmer le constat d’échec mais en l’étayant un peu plus. Sur le PV du comité que La Vie éco a pu consulter, une dizaine de points ont été relevés. On citera notamment un rythme de création toujours faible, ne dépassant guère les 1 000 TPE par an, une image négative du programme auprès des porteurs de projets, un déficit en termes d’accompagnement de qualité pour les jeunes créateurs ou encore l’absence de suivi post création.
Mais c’est incontestablement le volet financement qui pose le plus gros problème. Le constat fait par les membres du comité de pilotage à ce sujet est on ne peut plus clair : le nombre de dossiers rejetés par les banques est de plus en plus important, ce qui explique d’ailleurs que la moitié des TPE créées l’ont été par autofinancement. D’ailleurs, à ce niveau, les chiffres de la Caisse centrale de garantie (CCG) qui intervient au titre de la garantie de l’Etat le démontrent amplement. Le nombre de dossiers Moukawalati financés par les banques ainsi que le volume de crédits correspondant sont en chute libre depuis 2007. Cette année-là, les banques avaient financé 612 dossiers, puis 491 en 2008, 430 en 2009 et seulement 285 en 2010. Pour les trois premiers mois de 2011, la tendance n’est guère meilleure, à peine 44 dossiers bancarisés, ce qui revient à un rythme annuel de 160 dossiers. En même temps, le volume des crédits est passé de 121 MDH en 2007 à 100 MDH en 2008, 85 MDH en 2009 et 57 MDH en 2010.
Certes, comme l’expliquent des membres du comité de pilotage, Moukawalati n’est pas seulement un dispositif de financement mais un programme pour promouvoir la création de TPE par les jeunes à travers le financement et l’accompagnement. Mais il est certain que le financement par les banques constitue aujourd’hui le principal problème. Et ce n’est pas un hasard si le comité de pilotage a tenu à organiser sa réunion de mars en y associant le Groupement professionnel des banques marocaines (GPBM) premier concerné. Et quand on leur pose la question, les banquiers ne manquent pas non plus d’arguments. Business plan mal faits ou trop génériques, problèmes d’adéquation entre les profils des jeunes et les projets proposés. Mais ce n’est pas tout. Il faut dire aussi, et de l’aveu même de certains membres du comité de pilotage, les banques ne fournissent pas suffisamment d’efforts. En agences, le personnel est peu mobilisé pour les dossiers Moukawalati perçus souvent comme une perte de temps et d’énergie par leurs montants dérisoires. Le diagnostic relève aussi une frilosité des banques par rapport à la prise de risque sur les dossiers qui se traduit par des refus ou encore par l’exigence de garantie que les jeunes n’ont pas. A ce reproche, les banquiers répondent par un argument de taille : les impayés générés par les dossiers de crédits Moukawalati augmentent de manière inquiétante. «Même avec la garantie de l’Etat pour 85% du crédit, à travers la CCG, il ne s’agit pas non plus de distribuer des crédits à tort et à travers», reconnaît un membre du comité pour justifier l’attitude des banques. Quoi qu’il en soit, aujourd’hui, les différents intervenants cherchent une issue pour relancer le mécanisme. Les premières réunions, comme celle du 2 mars, ont pour objectif d’élaborer un plan d’action d’urgence pour relancer la machine. Encore faut-il que chacun y mette du sien au risque de procéder à un autre relifting sans résultat comme celui opéré en 2009 et qui n’aura servi à rien.
Palmarès : Casablanca et Agadir loin en tête des dossiers financés
Sur les 1 800 dossiers Moukawalati ayant eu la chance d’accéder à un crédit bancaire à fin mars 2011, 300 portent sur des projets implantés à Casablanca et 260 dans la région Souss Massa Draâ. La région de Tanger-Tétouan vient en troisième position avec 155 projets et, étonnamment, on retrouve en 4e position la région de Guelmim-Es-Smara avec 152 projets. Pourtant, moins dotée en moyens et en ressources, la région fait mieux que Rabat-Salé (147 dossiers), le Gharb (103 dossiers) ou encore Doukkala (93 dossiers). On remarquera également la montée en puissance depuis une année de la région de Chaouia-Ouardigha qui a vu une trentaine de projets financés en l’espace d’un an (2010), soit autant que le nombre de dossiers financés entre 2006 et 2009. Etonnant !
Saâd Benmansour. La Vie éco www.lavieeco.com
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Entre souk et Internet, le petit commerce aura-t-il le temps d’exister pleinement ?
6.6.2011 par admin.

Quand le développement va plus vite que l’application des formes et des concepts de commerce dans les pays émergents, l’avenir des petits commerces est à revoir.
L’exemple des produits pharmaceutiques en est une bonne illustration. Entre les médecines naturelles qui ont vu arriver les scientifiques des laboratoires via les pharmacies qui, elles-mêmes, se font concurrencer par le manque de règles commerciales via les parapharmacies, et maintenant le commerce Internet direct, la rapidité des moyens nouveaux de commercialiser les produits ou les services divers va révolutionner les habitudes.
Les chaînes de magasins en franchise représentaient déjà une concurrence qualitative qui arrivait sur le marché depuis quelques années et encore maintenant ; mais la suite des petits commerces et des projets en ce sens va devenir de plus en plus risquée pour les petits entrepreneurs, si les règles et les applications ne peuvent plus suivre ce mouvement rapide.
Philippe DELESALLE. legroupement-agadir.com
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Écrit par libe.ma
La guerre entre pharmaciens et acteurs opérant dans le secteur de la parapharmacie est bel et bien déclenchée. Lutte d’intérêts bien sûr puisque les officines ont vu leurs chiffres d’affaires baisser considérablement avec l’évolution sans précédent de la parapharmacie au Maroc. Elle a réalisé de gros chiffres d’affaires ces dernières années et les pharmaciens se voient privés d’un monopole qu’ils ont toujours détenu.
La parapharmacie a longtemps fait les beaux jours des officines surtout que la plupart des laboratoires et fournisseurs refusaient d’approvisionner d’autres commerces en produits qui étaient vendus exclusivement en officine. Mais les temps ont changé. La parapharmacie a depuis franchi beaucoup d’étapes et libéralisation oblige, plusieurs nouvelles franchises sont arrivées au pays et d’autres fournisseurs se sont installés sur la place et ont commencé à approvisionner les parapharmacies à des prix très compétitifs.
Ce fut l’époque florissante sans précédent pour la parapharmacie où s’est créée une nouvelle concurrence au sein même du secteur au bonheur du consommateur qui y trouvait son compte. Et depuis, la parapharmacie a gagné ses galons, s’est fait une place au soleil et s’est beaucoup améliorée, les moyens de publicité et Internet aidant.
Des sites spécialisés sont apparus et des rencontres et journées ont été organisées pour mieux faire connaître ce secteur et aux promoteurs et aux consommateurs. Des produits sont commercialisés en ligne sur Internet et au niveau des show-rooms installés dans les grandes surfaces et ailleurs. Le paiement se fait à la livraison ou par carte bancaire en toute sécurité et facilité. Des atouts qui ont fait perdre aux officines beaucoup de leur monopole.
Cette situation va aggraver la crise de la pharmacie qui souffrait déjà de plusieurs autres maux. Les pharmaciens sont donc montés au créneau par le biais de leurs instances représentatives pour dénoncer cette anarchie dans le secteur et protestercontre le vide juridique qui permet cette concurrence déloyale selon ces instances. Devant cet état de fait, c’est la guerre des prix qui s’installe avec des réductions allant jusqu’à 40%. Dans ce secteur de la parapharmacie, un autre acteur entre en jeu et brade les prix d’une manière incroyable. Ce sont les parfumeries qui ont accès aux petites et moyennes bourses. Là aussi, c’est un marché florissant où des produits pharmaceutiques côtoient des cosmétiques à bon marché. C’est dire que les pharmaciens ont perdu le monopole de vente des produits de parapharmacie.
Mais puisqu’il s’agit de la santé du citoyen, il est impératif qu’un cadre juridique soit mis en place pour une gestion, organisation et un contrôle rigoureux du secteur. Beaucoup de produits ont été vendus et des citoyens ont subi des dommages au niveau de leur santé en raison de l’utilisation de produits périmés achetés dans des parfumeries ou encore chez «des marchands ambulants» au col blanc qui se présentent comme des représentants de grandes firmes internationales et opèrent au sein des administrations ou font du porte à porte.
Pire certains viennent arnaquer dans les gares routières, avant le départ d’un autocar, au vu et au su de tout le monde, des voyageurs crédules en leur écoulant des produits comme étant des médicaments. Il est temps que les pouvoirs publics interviennent pour mettre fin à cette anarchie et donc préserver la santé des citoyens et les intérêts des professionnels dans le secteur pharmaceutique.
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To be formel or to be informel, là est la question au Maroc
3.6.2011 par admin.

Faire son beurre avec de l’huile se terminerait en margarine, qui répondrait à plus de monde au final. Tout pousse le Maroc vers le formalisme indispensable désormais à la suite de son développement économique, surtout devant une porte grande ouverte vers l’Europe et le monde qui l’attend au virage sur ce plan. Les réformes en ce sens se suivent et font parfois mal aux dents des mauvaises habitudes locales.
Sur le principe des vases communicants, l’informel est le vase à vider au fur et à mesure que le vase formel se remplira. Donc l’informel n’est plus à viser mais à gérer encore provisoirement, le principe ne pouvant accélérer le transvasement des liquides et des liquidités… Il est étonnant néanmoins le paradoxe qui se doit d’être soulevé ici, entre le Maroc qui vise le formel difficilement et la situation des pays européens où l’informel semble s’installer par force. Paradoxal, que les Etats membres ne puissent plus répondre aussi facilement au formalisme qu’ils réclament pour les autres, ailleurs. Le chômage de certains pays en Europe, le système D auquel recourent de plus en plus de gens, les solutions alternatives afin de continuer à vivre, semblent appeler un avenir qui donnerait alors raison à l’implicite marocain…
A force de vouloir tout régler pour les autres ou pour un peuple, la situation est-elle gérable, alors que les peuples améliorent, eux, leur vision de la bonne gestion ? Une histoire à s’emmêler la démocratie en ce moment. A suivre…
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L’emploi au Maroc est sauvé par l’informel
L’informel, notre richesse

Au final, l’informel est une richesse pour notre pays. Il faut l’utiliser. Il faut leur donner l’aide nécessaire de formation, de capitaux et de protection sociale. Tous ces gens laborieux sont méritants et font preuve d’un esprit de créativité et d’initiative.Alors que nos médias, nos hauts fonctionnaires, nos syndicats, nos politiques, sont préoccupés par ces jolis dossiers que sont le développement durable, l’amélioration des revenus des fonctionnaires, le dialogue social, les technologies de l’information et nos fameux diplômés chômeurs; c’est une large frange de notre société qui est en attendant, laissée à l’abandon.
L’informel en effet représente 40% de l’emploi total du pays. En d’autres termes, c’est l’informel qui nous sauve actuellement d’un taux de chômage à deux chiffres… Et qui nous permet de trouver facilement un bidouilleur en plomberie, en électricité, en mécanique, ou encore en menuiserie pour nous dépanner. Ils sont près de 2,5 millions à vivre de ces petits métiers, sans couverture sociale, sans salaire minimum garanti, sans être inscrits dans une quelconque échelle de la Fonction publique, et sans prétendre à une quelconque promotion. Travailleurs silencieux, ils vont tôt le matin à leur besogne, rentrent tard, sans compter les heures et souvent avec le sourire.
Aucun d’eux n’a l’idée -ni le temps-, de manifester devant le Parlement ne serait-ce que pour revendiquer son droit au travail, au moins comme compensation de l’éducation qu’il n’a pas reçue et à laquelle il avait droit. Tout le monde les pointe du doigt, même les syndicats qui dénoncent toutes les infractions au Code du travail concernant les apprentis parfois employés dans les micro structures informelles.
Il ne faut pas faire d’amalgame. Certes quelques entreprises employant plus de quatre employés peuvent être considérées comme non citoyennes, en ne déclarant pas leurs salariés et en ne payant pas leurs impôts. En fait, ces structures emploient moins de 5% de la totalité des emplois informels. Il n’y a pas de quoi fouetter un chat. 95% de tous les autres emplois sont finalement le fait de personnes nécessiteuses qui se débrouillent du mieux qu’elles peuvent pour subsister dans la dignité, déchargeant ainsi l’État et la société d’un lourd poids. Oui, l’informel est une richesse pour notre pays. Il faut l’utiliser. Il faut leur donner l’aide nécessaire de formation, de capitaux et de protection sociale. Tous ces gens laborieux sont méritants et font preuve d’un esprit de créativité et d’initiative. Plutôt qu’à ne penser qu’à les taxer, les imposer, les charger de sécurité sociale, il faut leur donner les moyens pour améliorer la qualité du service qu’ils rendent à la population.Voyez plutôt ce que coûtent les diplômés chômeurs à qui on a garanti des emplois depuis plusieurs années: environ 30.000 ont bénéficié de ce cadeau qui coûte 2,5 milliards DH par an, 13 milliards en 5 ans… Sans oublier qu’ils ont reçu 50.000 DH par an durant leurs études universitaires soit environ 8 milliards DH.
Pourquoi l’État qui déniche ces milliards pour 30.000 citoyens qui ont en quelque sorte déjà reçu l’éducation qui leur était due, ne fait-il pas autant pour ces 2,5 millions de personnes qui vivent de l’informel et qui elles n’ont rien reçu?L’informel doit être utilisé de façon dynamique dans notre pays afin de le transformer en outil de développement. Imaginez juste un instant ces 2,5 millions de travailleurs, encadrés, formés, maîtrisant la qualité… L’incidence sur tout notre environnement en serait énorme.
Abdelhaq Sedrati
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L’IS nouveau. Quand deux fois 15 font toujours 15%
31.5.2011 par admin.

Encourager la petite SARL et le secteur implicite à jouer le jeu économique transparent est une volonté de l’Etat. Mais annoncer à des entreprises existantes que les nouvelles gagneraient 15% sur l’impôt, voilà qui n’a pas fait attendre les malins déjà en place.
Quand deux fois 15 peuvent faire toujours 15 et non plus 30, voilà une piste qui a dû fuser dans l’esprit comptable de nombreuses sociétés qui faisaient un chiffre d’affaires supérieur à 3.000.000 DH HT/an. La nouvelle mesure est bonne et devrait inciter de nombreux créateurs d’entreprises à se lancer, la limite de 3 millions de DH étant déjà une belle limite pour une jeune SARL ; elle avait été annoncée initialement à 2 millions dans le projet de loi.
Ce double taux d’impôt sur les sociétés, entre les anciennes et les nouvelles entreprises au Maroc, va certainement faire changer prochainement la vision de développement des entreprises, quand celles-ci atteindront ce seuil de 3 millions de CA. Une nouvelle concurrence entre les entrepreneurs déjà implantés et des nouveaux est une évidence comptable et commerciale.
Une autre bonne mesure est en attente. Le capital initial de 10.000 DH pour la création d’une SARL sera revu à la baisse afin d’inciter les jeunes entrepreneurs ; une Sarl avec quasi zéro Dirham de bloqué au départ. Bien qu’un minimum soit nécessaire au démarrage sur le terrain dans tous les projets… A suivre.
Philippe DELESALLE. legroupement-agadir.com
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L’IS préférentiel de 15% commence à aiguiser l’appétit des entreprises
Les experts-comptables ont reçu plusieurs demandes de consultation sur les moyens de bénéficier de ce dispositif. La direction des impôts promet de renforcer les contrôles pour débusquer les éventuels fraudeurs.

Il fallait s’y attendre. Après l’introduction par la loi de Finances 2011 d’un taux d’impôt sur les sociétés (IS) préférentiel de 15% pour les entreprises réalisant un chiffre d’affaires inférieur ou égal à 3 MDH, nombre de sociétés en exercice cherchent à tirer profit de cette mesure. C’est ce que confirment des experts-comptables interrogés par La Vie éco. Parmi eux, Abderrahman Sentissi, qui dit avoir été consulté par ses clients dans ce sens depuis quelques semaines. Et dans ce lot, figurent également des promoteurs immobiliers, précise Hamid Errida, Tax Manager au cabinet Guarrigues Maroc.
Confirmant le mouvement, Abdelkader Boukhriss, expert-comptable gérant du cabinet Experts Consultants Associés, reconnaît là une tendance naturelle qui tend à détourner toute mesure fiscale de son objectif premier. Car il faut bien rappeler que dans son esprit, l’IS préférentiel pour les sociétés réalisant un chiffre d’affaires inférieur ou égal à trois millions de dirhams a pour but d’encourager les entreprises opérant dans l’informel à rejoindre le circuit légal et non pas pousser celle déjà organisées à minorer leur chiffre d’affaires.
Naturellement ce détournement de recettes potentielles n’est pas pour plaire à l’administration fiscale. Celle-ci n’a d’ailleurs pas manqué une occasion depuis le début de l’année pour mettre en garde explicitement les professionnels de la comptabilité, leur annonçant son intention d’être particulièrement regardante sur les comptes des entreprises pour l’année en cours dans le but de déceler les cas de fraude. Un regain de vigilance qui par ailleurs avait été annoncé par Abdellatif Zaghnoun, le directeur général des impôts lors du dîner débat organisé par La Vie éco le 27 janvier dernier (www.lavieeco.com). Le patron du fisc s’était même engagé à contrôler systématiquement les entreprises qui déclareraient pour l’exercice en cours un chiffre d’affaires inférieur ou égal à 3 MDH en baisse par rapport à l’exercice 2009. Le problème est que «les moyens de contrôle de l’administration fiscale en la matière restent limités», souligne Abdelkader Boukhriss.
La scission d’entreprise bénéficie d’un cadre fiscal incitatif jusqu’à fin 2012
Ceci étant, le levier basique pour les entreprises souhaitant profiter de l’IS préférentiel de 15 % demeure le maintien de leur volume d’activité en dessous de la fameuse barre des 3 MDH et ce en agissant sur l’activité commerciale. «Concrètement, une entreprise dont le chiffre d’affaires approcherait trois millions de dirhams en fin d’année pourrait tempérer avant de décrocher ou d’exécuter un contrat», explique un expert-comptable. Le tout, il va sans dire, est de rester dans la légalité en évitant par exemple de reporter pour l’année d’après la comptabilisation de livraisons effectuées sur l’année en cours. Mais qu’en est-il des sociétés qui drainent des niveaux de chiffre d’affaires plus importants ?
Celles-ci ont une autre voie pour profiter de la mesure : opter pour un partage de leur chiffre d’affaires par voie de scission d’entreprise. L’idée est de scinder l’entreprise en plusieurs entités réalisant individuellement un volume d’activité inférieur ou égal à 3 MDH. Par exemple, une entreprise intégrée pourrait créer des filiales qui fabriqueraient les intrants d’autres entités. Cette voie est d’autant plus recherchée qu’elle bénéficie d’un cadre fiscal incitatif (au même titre que la fusion) introduit par la loi de Finances 2010 et qui se prolonge jusqu’à fin 2012. En effet, et jusqu’à cette échéance, au lieu de l’imposition immédiate, la plus-value de scission réalisée sur certains actifs bénéficie d’un sursis d’imposition jusqu’à leur retrait ou cession ultérieure.
Cela dit, la scission, outre des tracas administratifs, peut présenter plusieurs aspects contraignants. D’abord, elle doit nécessairement se traduire par l’apport intégral des activités de la société scindée. Autrement dit, une entreprise qui scinde son activité entre plusieurs entités est dissoute et disparaît suite à cette opération. Ensuite, l’apport d’activités dans le cadre de la scission doit porter sur des activités autonomes et différentes. A titre d’exemple, une entreprise commercialisant des pièces de rechange ne peut se scinder en deux entreprises exerçant cette même activité. En outre, «le déclenchement d’une opération de scission peut perturber la marche normale de l’activité d’une entreprise, avertit Abderrahman Sentissi, surtout au vue des difficultés sociales que cela peut engendrer».
Last But not least, la scission peut présenter un risque fiscal non négligeable puisqu’elle «donne systématiquement lieu à un contrôle fiscal», assure Hamid Errida. Tout est donc question d’arbitrage pour les entreprises.
R.H. La Vie éco www.lavieeco.com
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Projets au Maroc : entre cadre légal et demande réelle
30.5.2011 par admin.

“Avant, les choses étaient plus simples malgré le manque de transparence”. C’est ce que l’on entend souvent en ce moment. La réglementation est nécessaire néanmoins, mais entre laxisme et manque de concertation entre les lois, les besoins et les possibilités, les situations n’avancent pas toujours plus rapidement.
Le Maroc veut des réponses pour les touristes attendus, devant le manque de structures, malgré un nombre de chambres d’hôtels qui réclament à être rénovées et celui d’appartements qui restent vides en pleine saison. Mais faut-il imposer des règles parfois trop strictes qui rebutent, et les clients acheteurs et les promoteurs dans leurs projets ?
Monter un projet à finalité touristique est une chose facile pour un professionnel, mais demander à des petits acheteurs dans un programme de se plier à des règles imposées, alors qu’ils paient leur résidence, est une vision unilatérale. Car ce sont eux qui investissent alors pour aider le tourisme voulu par l’Etat ! Acheter un bien pour le louer partiellement sous des contraintes de gestion peut fonctionner, sous réserve de pourvoir au moins garantir une rentabilité. Les plaquettes sont toujours alléchantes en ce sens, faisant croire que les acheteurs d’une maison se verraient gagnants en louant leur bien, jusqu’à 80% du temps où ils ne sont pas sur place… Que celui qui peut affirmer cela se présente sérieusement à tous, ou qu’il monte son cabinet d’audit en hôtellerie, il fera fortune… Cela fonctionne surtout pour l’individuel qui gère son petit bien, idéalement placé touristiquement et non pas en plein bled, sous réserve de gérer lui-même l’aspect locatif de son bien via son propre réseau d’amis ou via Internet.
Acheter en mettant son bien en gestion locative peut réserver des surprises, quand l’on connaît la faiblesse de la gestion en général, notamment sur des projets qui, avec la situation mondiale, attendent encore la fin qui semble s’étirer comme un élastique. Combien de clients attendent-ils encore la livraison de leur résidence, de la piscine, l’ouverture des commerces et des services, et qui ont une vue sur le chantier voisin ? La majorité des clients, si vous les écoutez, veulent être “chez eux”, donc libres de toute contrainte. Les projets attendus par l’Etat réclament aussi aux promoteurs des choses contraignantes, qui les obligent à s’engager sur des risques non désirés, qui compliquent l’engagement des investisseurs également, ainsi que le montage même des projets. L’Etat veut se préserver, à raison, des projets immobiliers qui pendant des années fleurissaient pour des raisons immoblières purement spéculatives. Les projets touristiques sont à encourager, ils peuvent permettre aussi l’emploi de nombreux locaux, non seulement à la construction mais ensuite par les services attendus. Mais il faudrait instaurer une concertation entre tous, sans devoir obliger plus qu’il ne le faudrait les bonnes volontés, qui existent.
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Maroc
Gestion locative de résidence de vacances : malgré le cadre légal, on ne se bouscule pas
Seulement deux promoteurs ont commencé la commercialisation de leurs projets selon la nouvelle formule. Plusieurs contraintes réglementaires rebutent les professionnels.
Se lancera, ne se lancera pas. Quelques mois après le parachèvement du cadre réglementaire des résidences immobilières de promotion touristique (RIPT), les professionnels continuent d’envoyer des signaux contradictoires quant à leurs intentions d’investir. Pour l’heure, seuls Earth Property et Inveravante (promoteur du complexe Anfaplace sur la corniche de Casablanca) ont annoncé officiellement la commercialisation de leurs projets dans le cadre de la nouvelle réglementation. Cela sachant, par exemple, que le groupe Palmeraie développement a été un précurseur en la matière au Maroc en proposant des formules similaires, avant même la mise en place du cadre légal.
Il faut rappeler que dans son fonctionnement de base, le principe de la RIPT implique trois acteurs : la société de promotion en charge principalement d’édifier la résidence, la société de gestion locative qui exploite la résidence et les acquéreurs devant confier leur appartement à la société de gestion contre un rendement et un droit d’habitation annuels prédéterminés.
Trois enseignes internationales spécialisées ont prospecté au Maroc mais ont renoncé
Le premier écueil touche le promoteur immobilier. Selon la loi, celui-ci est garant du remplacement de la société de gestion locative en cas de défaillance, et ce, pendant neuf ans après l’entrée en activité des projets. «Trop long, surtout que cette attribution ne s’accorde pas du tout avec le métier de base des promoteurs immobiliers», juge Abderrahman Sentissi, expert-comptable à Casablanca et spécialiste des RIPT.
Le second écueil concerne la société de gestion. Selon la loi, il appartient à celle-ci de meubler les logements. Or, cette pratique, qui n’a pas cours à l’international, engendre des dépenses non négligeables. «L’ameublement d’un studio peut nécessiter un investissement de 100 000 DH et cela peut aller jusqu’à 400 000 DH pour une villa», indique un spécialiste. En outre, la RIPT au Maroc consiste selon la loi en un bail civil ne donnant droit à aucune indemnité pour aucune des parties. Or, dans cette configuration, «si le propriétaire décide de récupérer l’entière propriété de son bien au bout du délai minimum de neuf ans, la société de gestion ne perçoit aucune indemnité alors qu’elle se retrouve privée d’un fonds de commerce», note-t-on. Ces deux contraintes paraissent rebuter les sociétés de gestion. «Trois enseignes internationales de la gestion locative qui ont prospecté le marché national récemment ont renoncé à s’y lancer», informe un professionnel.
R.H. La Vie éco www.lavieeco.com 2011-05-17
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Industriel au Maroc. Esprit, es-tu là ?
27.5.2011 par admin.

A modèle économique et financier identique, besoins industriels identiques. Comment, sur cette base logique, peut-on amener un pays émergent à rattraper, voire dépasser, des pays qui, sur le plan technologique, ont plusieurs trains d’avance ? Copier, ou même acheter officiellement des brevets, ne donne pas pour autant la possibilité de se retrouver plus en avant sur la ligne des vainqueurs, même à plus long terme par l’évolution qui déjà pointe ses nouveautés dans les laboratoires des plus avancés en ce domaine. C’est l’histoire du chat qui mord sa queue, pour de nombreux pays en ce monde. Si un continent comme l’Asie, et encore point partout, arrive à rattraper depuis quelques décennies certains secteurs, plus productifs qu’inventifs sur le plan fondamental, il n’en va pas de même pour le continent africain et le Maghreb.
Des pays sont-ils donc condamnés à se développer uniquement sur les fondements des autres chercheurs étrangers, et à devoir leur développement uniquement au phénomène de l’immobilier et du tourisme comme des investissements étrangers ?
Pourquoi les Marocains n’investissent-ils pas leurs deniers et bénéfices dans le risque industriel ? Le risque est certes le mot soulevé. Le facteur temps n’est pas non plus recherché par les gens qui pensent plus souvent au court terme qu’au long terme, une culture du gain rapide, laissant le lendemain au Inch’allah. Alors, à quand une usine qui présentera un modèle de voiture 100% made in Marocco ?
Les jeunes qui attendent des emplois en ces domaines seraient-ils moins bons et avec moins de volonté que d’autres ou alors ne sont-ils pas les bons chevaux sur qui miser pour remporter une mise rapide attendue par tous ? Où finissent les jeunes ingénieurs au Maroc ? Dans l’épicerie de papa, au souk…? L’Esprit est partout, mais n’est pas celui de la finance, notamment en cette période très rapide, trop rapide parfois entre formation et besoins présents mouvants.
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Assises de l’industrie : esprit es-tu là ?

On attendait des IIe Assises nationales de l’industrie qu’elles soient un grand forum consensuel confirmant les ambitions du Pacte Emergence et remettant l’industrie au cœur du débat public dans la perspective d’en faire une activité moderne, plus entreprenante et plus innovante. Il faut reconnaître que l’événement a pris les allures d’un show médiatique, d’un spectacle de sons et lumières ponctué de discours officiels, de témoignages de personnalités et conclu par la signature des conventions de partenariat : un cérémonial devenu un classique du genre. Tout cela est compréhensible mais cela ne dispense pas les chargés de la politique industrielle d’une réflexion évaluative ouverte sur toutes les parties prenantes appuyée par la diffusion d’une information actualisée, pertinente et crédible, gage d’une réelle transparence et vecteur d’un débat sérieux. Un vrai bilan qui respecterait l’esprit des Assises qui ne peuvent être assimilées à une simple opération de communication. Les enjeux du pacte sont trop importants pour les laisser à la seule appréciation des décideurs publics et privés.
Au-delà du choix des nouveaux métiers ou de l’amélioration du climat des affaires, deux objectifs du pacte sont cruciaux pour relever les défis : l’amélioration de la compétitivité des entreprises et la territorialisation de la politique industrielle.
En effet, le Maroc ne peut aujourd’hui compter sur des groupes industriels, communément appelés «champions nationaux», qui constitueraient ce qu’on appelle encore les «fleurons» ou les «fers de lance» de l’industrie marocaine. Nous n’avons aucun champion, présent dans des secteurs comme l’électronique, l’automobile ou encore l’aéronautique, qui donnerait au Maroc une place industrielle qui compte. Le problème ne réside pas aujourd’hui dans l’interrogation sur l’opportunité d’un patriotisme économique ou d’une forme de protectionnisme industriel pour faire émerger ces champions mais bien au contraire sur la force d’attractivité du Maroc pour faciliter la venue au Maroc de sociétés étrangères qui y créent de l’emploi. Toutefois, le dynamisme du tissu industriel local est un élément aussi (sinon plus) déterminant que l’aide publique à l’implantation des investissements étrangers.
L’appui au développement de structures industrielles locales plus petites, comme les PME ou les Entreprises de taille intermédiaire constitue un élément fondamental de la politique industrielle. Le Pacte national a fait de l’amélioration de la compétitivité des PME un objectif essentiel de sa démarche. Les outils définis à cette fin (Imtiaz, Moussanada, Fonds public-privé, Inmaâ) et la panoplie des autres mesures d’appui tardent à donner des résultats. Notre économie ne crée pas de nombreuses entreprises industrielles mais surtout elle ne parvient pas à les faire grandir. On constate aujourd’hui un déficit d’ETI. Ces entreprises peuvent être les grands groupes de demain. Les causes de cette faiblesse sont connues : effets des seuils sociaux, faiblesse des effets d’agglomération, insuffisante culture technique, peu de transfert d’innovation et surtout difficultés de financement. Les banques sont trop frileuses à l’égard de ces entreprises et peu de dispositifs sont prévus afin d’accompagner ces entreprises dans leur développement et d’améliorer l’accès des PME-ETI au marché financier. Par ailleurs, le Pacte national fait du développement de Plateformes industrielles intégrées le support-clé de sa politique d’attractivité territoriale. Quinze principaux chantiers ont été placés auprès d’aménageurs développeurs. L’état d’avancement des chantiers est très inégal, ce qui est, somme toute, naturel. Par contre, une politique d’attractivité industrielle territorialisée ne peut se réduire à la mise à disposition des entreprises de sites d’accueil, même s’ils sont normés aux meilleurs standards internationaux. L’attractivité de l’investissement est fortement conditionnée par la valorisation des autres atouts des territoires. Ainsi, la qualité des universités et des établissements de recherche est essentielle pour permettre aux entreprises de trouver les capacités de recherche et développement dont elles ont besoin. Il est donc essentiel que les régions disposent d’un système d’éducation et de recherche qui leur permette d’apporter une réponse dans les secteurs qui présentent une importance stratégique pour l’économie régionale.
La qualité de vie fait aussi partie des atouts des territoires ; une réputation qui permet aux entreprises de faire venir plus facilement des salariés, des chercheurs et des cadres de haut niveau. La promotion des savoir-faire locaux est également un moteur puissant pour la construction de l’image du territoire en matière économique et pour attirer les entreprises. Enfin, certains équipements peuvent se révéler cruciaux pour aider les entreprises à développer leurs projets. Demain, les régions vont constituer l’échelon le plus adapté pour concevoir une stratégie de développement cohérente et adaptée aux territoires. L’organisation de l’action industrielle doit donc s’adapter à ce nouveau contexte dans le cadre régional et prévoir de nouveaux schémas d’organisation des compétences et de mutualisation des services dans le domaine de la formation, des infrastructures et des transports. Le Pacte Emergence a encore devant lui bien des défis à surmonter. Les attentes à l’égard des entreprises et des acteurs locaux sont fortes, pour ne pas dire plus fortes encore qu’à l’égard de l’Etat. Ces deux sphères d’intervention, aux interactions évidentes, doivent impérativement répondre aux besoins de convergence et de synergie pour gagner le challenge du Maroc industriel.
Larabi Jaïdi. La Vie éco
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