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Bancarisation et consommation ou surendettement au Maroc

  

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Aux mêmes causes, les mêmes conséquences, qui se retrouvent partout. 

Qui paie ses dettes s’enrichit mais, au pays des proverbes, les huissiers offrent des jouets aux enfants. La bancarisation et le financement par les prêts sont arrivés ensemble au Maroc, avec les mêmes erreurs qui furent faites dans de nombreux autres pays. La consommation gagne tous les esprits : qui ne veut sa voiture, son appartement, le nouvel écran plat, ou le mouton à table le jour de l’Aïd ? Ce serait malheureusement la digestion de ce dernier qui se rappellerait à beaucoup de gens le reste de l’année, ou en fin de mois quand la banque retire un gigot, quelques côtes et parfois réclamerait la tête du client. Clients qui lancent de plus en plus le terme “arnaque” après avoir signé un engagement, car après tout si un prêt est accepté, c’est que l’organisme financier ”saurait” mieux que le client la faisabilité. Mais dans un pays où de nombreuses choses très importantes ne sont pas encore structurées administrativement ou informatiquement au niveau des services de base, ne pas s’étonner des situations fragiles qui viendront en nombre rapidement face à des organismes privés qui portent l’auréole “consumériste” pourtant bien lumineuse au-dessus de leurs têtes. 

Philippe DELESALLE

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http://www.aufaitmaroc.com/actualites/economie/2010/12/23/les-societes-de-credit-face-au-risque-de-surendettement 

Les sociétés de crédit face au risque de surendettement 

Des offres de plus en plus novatrices sont l’apanage des sociétés de crédit à la consommation, qui malgré les protestations des consommateurs concernant les taux d’intérêt imposés, ont connu une hausse de la demande de 3,5% par rapport à l’année dernière. Le risque de surendettement a fait planer le mot “arnaque” lors d’une conférence organisée à Casablanca par la société Wafasalaf, dans un but de clarification.

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Leila Mamou Bekkali, Présidente du directoire de Wafasalaf./A.Alaoui

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Moustapha Melfa, Secrétaire Général de l’Association Professionnelle des Sociétés de Financement (APSF)./A.Alaoui 

Au Maroc, dix neuf sociétés de crédit à la consommation se livrent une concurrence acharnée. L’innovation est donc le centre névralgique de ce secteur, qui fait l’objet d’une multitudes d’offres nouvelles et de stratégies marketing, pour attirer différentes cibles.

 Les offres de crédit à la consommation pour automobiles, meubles de maison, de bureau, matériel informatique ou même des demandes de crédit pour logement sont lancées en pâture aux consommateurs, tant qu’ils remplissent les conditions de solvabilité.Mais la perception du public est toute autre, et ils sont nombreux à considérer qu’il existe un abus de la part des sociétés de crédit. Mercredi soir, Wafasalf a organisé une conférence sur le panorama du secteur du crédit à la consommation. Sa responsable, Leila Mamou Bekkali, a dû faire face à une assistance plutôt inquiète des risques de surendettement des consommateurs. La question qui resurgissait était la suivante: les sociétés de crédits pratiquent-elles l’arnaque?“La perception selon laquelle le client est arnaqué est très forte. Oui, dans tous secteurs, dans tous métiers, il y a ce risque et c’est pour cela que la Banque Centrale, le gouvernement, la protection des consommateurs, sont de plus en plus présents et nous avons de plus en plus de lois, justement pour préserver ces clients.”Leila Mamou Bekkali, Présidente du directoire de Wafasalaf 

Le taux d’intérêt est lui aussi perçu comme relativement élevé. Bank El Maghrib fixe le taux effetif moyen à 14%, et par l’effet de la concurrence, les différentes sociétés de crédit peuvent le baisser jusqu’à 11%. “Cela peut paraître énorme, mais ne représente rien, comparé à un pays comme la France où le taux d’intérêt peut s’élever jusqu’à 20%” explique le responsable Marketing de Wafasalaf. 

Limiter les risques de surendettement

Un ensemble de réformes continue d’être mis en place depuis l’année dernière. La première, et de loin la plus importante, est l’instauration d’une centrale des risques: le “Crédit Bureau”. Opérationnelle depuis 2009, la centrale permet de mieux apprécier les risques et de limiter les surendettements. Elle permet aussi de mieux connaître le client par rapport à ses paiements. “Il n’y a que vingt pays dans le monde à disposer de cette centrale, vu la complexité de son élaboration” explique la responsable de Wafasalaf, Leila Mamou Bekkali. 

Il y a aussi la loi de protection du consommateur, votée par la Chambre des Conseillers et en cours de promulgation. Les nouveautés de la loi réside dans le fait que les sociétés de financement auront l’obligation de communiquer en arabe sur tous les documents, d’informer au préalable le consommateur sur les caractéristiques du crédit avant conclusion du contrat. Elle garantit aussi au client un droit de rétraction dans les 8 jours suivant la signature de l’offre. Et enfin, depuis janvier 2010, l’Association Professionnelle des Sociétés de Financement (APSF) a mis en place “le Médiateur de l’APSF”, un mode de règlement amiable des différends survenus entre clients et sociétés membres de l’association. “Le médiateur a traité plus de soixante dossiers cette année, à la satisfaction des clients” explique Moustapha Melfa. 

3.4%

L’encours de crédit à la consommation (Banques et Sociétés spécialisées de crédits) a enregistré une hausse de 3.4% à fin septembre 2010, selon le Groupement Professionnel des Banques Marocaines, contre 12.9% pour l’année 2009. 

Leila Mamou Bekkali, Présidente du directoire de Wafasalaf

À part la perception qu’on peut en avoir, il n’y a aucun chiffre qui dit que les sociétés de crédits surendettent x% de la population. Le surendettement, c’est quand je connais la situation du client, je sais qu’il ne pourra pas rembourser, et je l’endette quand même. On ne peut pas le faire parce que ce n’est pas dans notre intérêt. La perception selon laquelle le client est arnaqué est très forte. Nous avons de plus en plus de lois, justement pour préserver ces clients. J’applaudis à toutes ces règles parce que ceux qui vont rester sont les professionnels du métier, et ce, dans tous les secteurs. 
En effet, quelque soit le domaine d’activité, vous avez des gens qui font leur métier avec intégrité et transparence, et d’autres qui le font avec beaucoup moins de valeurs. Mais dans le métier de l’argent, qui est un métier très sensible, et qui concerne des foyers, on ne peut pas faire ce qu’on veut. Et c’est la raison pour laquelle nous avons une pression de plus en plus forte. 
Par ailleurs, n’oublions pas qu’au Maroc, nous avons l’intention de devenir un hub régional financier. Quand on a cette ambition, on ne peut pas laisser des sociétés de crédit dans un laxisme législatif. Et de son côté, le client doit aussi être responsable, il doit se renseigner et savoir ce qu’il fait pour être acteur de ce changement.
 

Moustapha Melfa, Secrétaire Général de l’Association Professionnelle des Sociétés de Financement 

Au Maroc, la seule mesure que nous avons contre le surendettement concerne les fonctionnaires. Dans le temps, on leur laissait, en vertu d’une directive de la Trésorerie Générale du Royaume, prendre tant de crédits qu’ils veulent, à la seule condition de lui laisser 500 DH sur sa paie. Ces 500 DH, nous les avons progressivement portés, en concertation avec la TGR, actuellement à 1.500 DH. Nous hésitons à augmenter le plafond pour éviter d’évincer toute une partie de la population qui aurait besoin de crédit. 
Au niveau de la profession, on n’a pas attendu le nouveau code de la protection des consommateurs. En 1997, les sociétés de crédits de consommation ont élaboré un code déontologique dans lequel les membres s’engagent à ne pas donner du crédit à quelqu’un en sachant qu’il va le surendetter, c’est écrit noir sur blanc. 
Surendetter une personne n’est ni dans l’intérêt des sociétés de crédit, ni dans l’intérêt du pays parce que cela peut engendrer des crises graves; et ni dans l’intérêt des consommateurs. Le crédit, c’est une durée qui peut aller de 12 mois à 6 ans, il vaut mieux que les choses se passent très bien.
 

Hayin Fadi

Au Maroc, le père Noël arrive par Tanger Med

Oui, Noël est terminé, la nouvelle année est déjà dans les cartons, les choses continuent donc ou reprennent la suite de l’histoire, malgré tous les meilleurs vœux échangés il y a quelques jours.

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Si le tagine et la table en zellige se retrouvent désormais dans de nombreuses maisons en Europe, souvenir de vacances ou coup de foudre envers l’art marocain, en sens inverse l’échange se fait aussi, là où les traditions les plus religieuses auraient dit non voilà encore quelques temps. Le père Noël est désormais présent au Maghreb. L’économie est là aussi, plus forte que les traditions ou pensées que l’on mettrait chez les autres.

 

Encore une nouveauté qui arrive des “nasranis” comme diront certains, bien qu’il semble que les premiers intéressés qui ne croient plus au père Noël français, laïque ou non, passent désormais en souriant devant les étalages des grandes surfaces, en voyant surtout les Marocains récupérer ces festivités et traditions.

Les Français, en ces périodes, vous les retrouverez plus souvent au rayon fromages, charcuteries et produits fins, et bien évidemment au rayon alcool des magasins Marjane du pays, que dans les rayons des jouets qui exposent du made in China. La tradition de bouche reste la plus forte culturellement…

Mais en y pensant un peu plus, peut-être qu’un jour en réunissant l’ensemble de toutes les fêtes de ce monde en fonction de toutes les approches culturelles, nous retrouverions ainsi notre esprit universel afin d’avancer tous ensemble. En attendant, si les enfants s’y retrouvent, c’est une indication de la bonne voie. Cela permet de reprendre espoir et de croire de nouveau au père Noël.

 

Donc avant de consulter mon calendrier, bonne fête à chacun pour la suivante qui vous arrivera, ou que vous prendrez comme telle.

 

Philippe DELESALLE

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http://www.afrik.com/article21582.html 

Quand le Maghreb succombe à la magie de Noël

Revue de presse Par Djamel Belayachi 

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Le père Noël suit son petit bonhomme de chemin dans les mœurs du consommateur maghrébin. Sapins, guirlandes et neige artificielle ont investi ces dernières années les grandes surfaces de Casablanca, Tunis et Alger. Comme en témoigne la presse locale.

Au Maghreb, Noël n’est plus l’apanage des touristes et des expatriés occidentaux. Algériens, Tunisiens et Marocains ont commencé ces dernières années à s’approprier cette fête dite chrétienne. C’est qu’ils n’y voient pas de contradiction avec la religion musulmane qu’ils pratiquent en majorité et c’est aussi, il faut le dire, un bon prétexte pour faire la fête en famille. Depuis quelques années, chaque mois de décembre, sapins, guirlandes, figurines, neige artificielle envahissent les grandes surfaces des capitales maghrébines. Pour la presse locale, les courses de Noël sont ainsi devenues un marronnier, au même titre que la rentrée scolaire et le poids des cartables, les embouteillages sur les routes des vacances, la fête des mères et les emplettes de ramadan.

« Noël, c’est aussi sacré pour moi que l’Aïd. C’est aussi une nouvelle opportunité de faire des sorties en famille et de se réunir dans un cadre convivial », explique à Aufaitmaroc Meryem, venue en compagnie de sa mère et de sa fille choisir un sapin à Maârif, quartier célèbre à Casablanca pour ces grandes surfaces et ses tours jumelles. Il n’empêche que l’arbre de Noël reste un produit coûteux, destiné à une classe moyenne aisée. Dans les quartiers populaires on se console comme on peut avec la bûche de Noël. « Tout comme le mouton, les familles qui n’ont pas les moyens de consommer des pâtisseries durant toute l’année, le font à l’occasion des fêtes de Noël et de fin d’année », confie Brahim, un pâtissier casablancais, à Au fait Maroc.

Même son de cloche à Tunis où le décor de Noël, autrefois confiné aux les complexes touristiques et aux foyers d’expatriés, couvre désormais les rayons des grandes surfaces. A quelques jours de Noël, ce sont les enfants qui dictent leurs lois dans les centres commerciaux de la capitale tunisienne, comme a pu le constater le quotidien en ligne Global Tunisie : « Une petite fille de cinq ans a trainé sa maman par le bras jusqu’au rayon de la décoration de Noël (…) en pointant le doigt sur une bombe aérosol qui contient de la peinture pour verre, reproduisant l’effet de la neige. La maman sourit et lui répond qu’elle a déjà tout ce qu’il faut à la maison. Au même rayon, un petit garçon de près de 4 ans tapait du pied pour que sa maman lui achète un sapin. Sans manifester aucune résistance, elle lui dit d’en choisir un ». A Tunis non plus, on ne fait aucun complexe avec la religion. « Cela n’a pas de connotation religieuse puisque nous sommes musulmans avant tout », indique Asma, une jeune mère de famille, à Global Tunisie.

Pénurie de sapins à Alger

En Algérie, même si la majorité des gens se disent contre ces habitudes « importées de l’étranger », les familles sont de plus en plus nombreuses à succomber au charme de Noël, constate Le Soir d’Algérie. « Comme pour les fêtes religieuses musulmanes que nous célébrons sans faute, nous avons toujours fêté Noël en famille et sans aucune arrière-pensée religieuse », confie une jeune femme au journal algérois qui fait état de pénurie de sapins à l’approche des fêtes : « Dans la capitale, l’arbre tant convoité, se fait de plus en plus rare. Trouver des sapins de Noël, plus disponibles les années précédentes, dans le commerce relève aujourd’hui quasiment de l’impossible ». L’engouement est tel que certains, rebutés par le prix des rares arbres encore disponibles, n’hésitent pas à pratiquer l’abattage en forêt. La radio nationale algérienne devrait diffuser, comme l’année dernière, la messe de minuit en direct depuis l’Eglise de Notre Dame d’Afrique d’Alger dont la restauration vient de s’achever.

CASA Bouskoura : “A l’Oued, rien de nouveau”

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On ne s’arrête jamais dans le lit d’un oued au Maroc. On ne construit jamais sa maison trop proche des rives d’un oued, pas plus qu’on n’y plante sa tente une nuit provisoirement. Si ces conseils sont souvent répétés au Maroc, notamment envers les touristes, qui laissent chaque année leurs affaires personnelles, voire leur beau 4×4 partir dans les flots qui surprennent, si chaque année des Marocains voient partir leur maison de la même manière, cela n’empêche pas non plus les plus hautes instances administratives du pays de jouer avec le feu. Enfin, avec l’eau. 

L’urbanisation a souvent fait fi de simples mesures de prudence, de sécurité, de bonne logique. Quelques canaux, quelques canalisations d’un moment, ne suffisent plus désormais à maîtriser la nature qui, comme ce fut démontré récemment par les pluies abondantes de ces dernières années, remet les dossiers au-dessus des piles pour la suite. Des pluies qui, régulièrement, coupent des routes pendant plusieurs jours. Quelques camions de terre, quelques rustines de béton ou de goudron ne suffisent plus comme réponse. Mais ces quelques points habituels cachent aussi des choses plus dramatiques, en suspens au-dessus de nous. 

Les pluies récentes sur Casablanca doivent certainement soulever de nombreuses questions quant à la mise en œuvre des travaux publics de ces dernières années. Si 15 cm de pluie bloquent une ville, que se passera-t-il si un oued, contrarié hier, se met à parler, à gronder, à reprendre sa place ? Déplacer un filet d’eau en aval n’est en rien gérer ce qui se passe en amont, l’exemple de l’oued Bouskoura laisse interrogateur.

Philippe DELESALLE

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Oued Bouskoura, cette menace qui plane encore sur Casablanca

 

Au début du XXe siècle, l’oued arrivait encore jusqu’à son embouchure près de Casa-port. Le tracé historique de oued Bouskoura passe par des points névralgiques de la ville : Route d’El Jadida, Maârif, Twin Center, boulevard Roudani, Parc de la Ligue arabe…

 

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Une rivière finit toujours par reprendre son lit. C’est aujourd’hui le cas de l’oued Bouskoura, à Casablanca. En voyant des photos aériennes de la métropole, il est difficile de croire qu’il y a tout juste un siècle la ville était traversée d’est en ouest par une rivière qui venait se jeter dans l’Océan à l’emplacement actuel de la gare ferroviaire Casa-port. Oui, oued Bouskoura, jusqu’au début du XXe siècle, était encore là. Mais progressivement, au fil des années, sous l’effet de l’urbanisation, le lit a cédé place à la ville. Mais à la périphérie sud de la métropole, oued Bouskoura est toujours présent. Aujourd’hui encore, si l’on voulait dresser une carte des risques majeurs qui menacent Casablanca, cette rivière figurerait incontestablement en tête de liste. Le danger est d’autant plus grand qu’entre-temps le lit de l’oued a été envahi par des constructions et pas seulement à usage d’habitation.
Dans les années 70 et 80, la construction de la route d’El Jadida qui servira de prolongement au périphérique (autoroute urbaine) allait être fatale à l’oued dont le lit sera définitivement obstrué.

Aujourd’hui, nombre d’édifices publics sont construits dans le lit de l’oued. C’est le cas du Parc d’exposition de l’Office des changes, de l’Ecole Hassania des travaux publics. L’imposant siège de l’OCP, non plus, n’est pas épargné. Il n’est pas bâti dans le lit de l’oued mais se trouve dans une zone inondable en cas de crue. Et c’est ce qui s’est passé lors des dernières intempéries. Il en est de même pour des zones résidentielles comme le lotissement Laymoune, entre autres.

 

 

Des dépressions naturelles protègent la ville mais ça reste insuffisant

Il faut savoir également que l’ancien aéroport d’Anfa, qui abritera le futur nouveau pôle urbain, se trouve lui aussi dans l’ancien parcours de l’oued au niveau de l’ancienne caserne de l’Armée de l’air. D’ailleurs, une des premières études réalisées par l’Agence d’urbanisation et de développement d’Anfa (AUDA) portait justement sur l’impact d’éventuelles crues de l’oued. Mais les études avaient abouti à l’absence de risque, le site n’étant pas zone inondable. Les dernières inondations l’ont d’ailleurs prouvé puisque le site n’a pas été touché.
Certes, pour le moment, les manifestations de l’oued ne sont pas très fréquentes en raison notamment de «l’existence de plusieurs dépressions naturelles (dayates) dans son bassin versant qui permettent de retenir les eaux de pluie avant leur arrivée vers la ville», explique Hamid El Misbahi, directeur des grands projets à Lydec. Mais rien ne garantit que ces dayates continueront à assurer cette mission de «protection» temporaire. Autrement dit, «une fois ces dépressions naturelles saturées suite à de fortes pluies, l’arrivée des eaux des régions voisines situées en amont (Berrechid et Settat) vers la ville est inévitable, ce qui constitue un risque majeur d’inondation», prévient M. Misbahi.

Inquiétant ! d’autant que les projets de construction vont bon train dans cette région. Récemment, et pour accompagner l’urbanisation galopante, les pouvoirs publics y ont aménagé de grands axes routiers qui traversent le lit de l’oued. Et selon des experts, «encore une fois, les précautions nécessaires n’ont pas été prises, et l’on s’est contenté d’aménager des petites voies à proximité des routes et autoroutes qui s’avéreraient incapables de contenir les eaux en cas de fortes précipitations».

Des projets de lacs artificiels abandonnés au profit de l’urbanisation

Ce qui complique davantage la situation, ajoutent-ils, c’est que même les projets de réalisation de parcs ont été abandonnés. Il en est ainsi de «la zone verte de protection de l’oued Bouskoura contenue dans le premier Schéma directeur d’aménagement urbain (SDAU) de la ville en 1984 et qui prévoyait deux lacs de retenue mais qui n’a jamais vu le jour», déplore l’architecte Ouadie Soubat. A cela s’ajoute le projet d’un parc de 55 ha intégré dans le même SDAU et prévu dans le vaste programme immobilier Nassim de 320 ha destiné à reloger une partie des habitants de l’Ancienne médina dont les maisons sont situées sur le tracé de l’Avenue Royale. D’anciens responsables de la Sonadac se souviennent qu’un vif débat avait été soulevé entre architectes et ingénieurs sur l’importance à accorder au projet du parc en raison, entre autres, du danger que constitue l’oued. Mais, c’est l’avis des ingénieurs qui a prévalu. L’esprit commercial avait pris le dessus sur toute autre considération sécuritaire, écologique… Résultat : une grande partie de l’espace destiné au parc  a été amputée au profit des constructions.
Aujourd’hui, à défaut de dégager le lit de l’oued, il faudra trouver tout de même une solution radicale. Cette solution, ce sera le super collecteur ouest. Un canal long de 7 kilomètres qui devrait à partir d’un point situé à proximité de l’actuel Parc des expositions de l’Office des changes réorienter les eaux de crue directement vers le littoral avec un débit maximal de 65 m3/s. Lydec a réactivé, il y a quelques mois, le projet qui était pourtant dans les tiroirs depuis plusieurs années. Mais il reste un gros problème à résoudre : le financement. L’ouvrage coûtera dans les 500 millions de DH et le gestionnaire délégué devra trouver un montage pour le réaliser. Mais il faut croire que même avec un super collecteur de cette taille, les crues du volume de celles provoquées le 29 novembre dernier ne pourront pas totalement être évacuées. C’est dire que la menace de l’oued Bouskoura, bien que moins grande, restera toujours présente.

Hakim Challot

Diplômes ou compétences ? Emploi sécurité ou entreprenariat ?

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Un certain paradoxe existe au Maroc. Le développement et le niveau des études attirent de plus en plus les jeunes vers des emplois dans l’administration et dans le secteur privé des plus grandes entreprises. La majorité de ces jeunes ne désire pas prendre de risques en sortant avec le diplôme en poche, préférant utiliser ce “Sésame, ouvre-toi”, tel Ali Baba pour se faire ouvrir les portes de la facilité et des trésors… En Europe, l’issue de cette situation fut que des milliers de jeunes suivirent le chant des sirènes d’un moment et furent, après quelques années, très embarrassés en se présentant en masse devant des propositions limitées à quelques places. 

Paradoxe donc, dans une société où la majeure partie des parents a connu le secteur implicite, où chacun devait, seul et localement, faire appel à ses propres capacités d’entreprendre pour vivre. Le Maroc serait un pays d’entrepreneurs, fort inconscient de cette situation, risquant d’étouffer par des ambitions sociales les meilleures forces vives du pays pour demain. Car il semble bien, même si le développement réclame des compétences plus pointues désormais, que la masse ne remplira pas les administrations de demain, qui réclament moins de mains ou de têtes.

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Pour rappel, la majeure partie des diplômés du Maroc est à la rue avec le bout de papier qu’ils n’osent plus sortir face aux recruteurs ; une situation similaire en occident depuis des années. 

Maintenant, faut-il diplômer les études en fin de période ou reconnaître les compétences effectives de chacun ? Mais il est vrai que compétences s’allient toujours avec créativité, idée, et donc avec solution…

Philippe DELESALLE

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http://www.lavieeco.com/la-vie-eco-carrieres/18285-que-faire-quand-on-a-des-competences-mais-pas-de-diplomes.html 

La Vie éco Carrières

 Que faire quand on a des compétences mais pas de diplômes ?

L’entreprise se base encore sur le diplôme pour classer ses salariés.
Un projet de loi comportant des dispositions relatives à la validation des acquis de l’expérience professionnelle traîne toujours dans le circuit.
Les ouvriers souffrent davantage du vide actuel.
 

Dans le modèle français qu’à hérité le Maroc, l’entreprise ne voit la compétence très souvent qu’à travers les diplômes. Contrairement au pragmatisme anglo-saxon qui, lui, met en avant les compétences personnelles (motivation, dynamisme, rigueur, organisation, sens du commerce, du service et des chiffres), on préfère juger les gens sur la longueur de leur CV et le prestige des écoles qu’ils ont fréquentées. Difficile donc pour les non diplômés de prétendre à des postes à responsabilités s’ils ne peuvent même pas postuler pour un emploi non valorisé. Bref, les connaissances sont très peu reconnues quand elles ne passent pas par un savoir normatif, l’enseignement en l’occurrence, même si, dans le privé, certaines entreprises n’exigent pas systématiquement la présentation du ou des diplômes, se contentant de faire confiance à ce qui est mentionné dans le CV.

En France, comme dans d’autres pays européens, ce mépris a été corrigé par l’instauration du système de validation des acquis de l’expérience (VAE) qui a fait ses preuves. Il s’agit d’un dispositif qui permet à tout individu (salarié, non salarié, intérimaire…) de faire reconnaître son expérience, notamment professionnelle, afin d’obtenir un diplôme, un titre ou un certificat de qualification professionnelle. Le dispositif s’applique ainsi à l’ensemble des diplômes et titres à vocation professionnelle ainsi qu’aux certificats de qualification.

La VAE est un droit ouvert à tous : salariés, non-salariés, demandeurs d’emploi, bénévoles, agents publics, personnes ayant exercé des responsabilités syndicales. Et ce, quel que soit le diplôme obtenu ou le niveau de qualification. La seule condition est de justifier d’une expérience professionnelle de 3 ans en continu ou en discontinu, en rapport avec le contenu de la certification (diplôme, titre…) envisagée.

Le nombre de collaborateurs qualifiés est un signe de sérieux

Malheureusement, on en est encore loin au Maroc. Le projet de loi sur la formation continue, qui introduit notamment des dispositions incitatives à la valorisation des compétences par la mise en place de la validation des acquis de l’expérience professionnelle (VAEP), semble oublié dans les tiroirs. Le pays compte quand même à son actif une expérience pilote réalisée en 2007 par la Fédération nationale du bâtiment et des travaux publics (FNBTP) qui avait permis à une trentaine d’ouvriers, des maçons pour la plupart, d’obtenir un certificat prouvant leur compétences acquises. Depuis, plus rien.

Fouad Najeddine, DRH de Centrelec, souligne à ce propos que déjà «la formation est un volet mal appréhendé auprès des entreprises». Il ajoute que «le pays connaît toujours un problème d’équivalence des diplômes». On peut en déduire qu’il y a un gros travail de sensibilisation des entreprises et d’harmonisation  des diplômes, avant de mettre en place un dispositif de VAE.
En réalité, ce sont surtout les ouvriers qui souffrent du vide actuel. «Le problème ne se pose pas pour les bacheliers ou les Bac+2, ils peuvent toujours entreprendre des études avec une expérience professionnelle probante», souligne Saïd Benamar, consultant et directeur développement au sein du cabinet Interp Formapro Conseil.
«L’entreprise et les salariés y gagneraient beaucoup si le dispositif voit le jour. J’ai rencontré, il y a quelque temps, un candidat qui a le niveau bac mais qui possède un énorme potentiel. C’est une personne qui aurait pu prétendre à un niveau Bac + 4 ou 5 si on lui avait offert la chance de reconnaître ses acquis. Cela dit, nous sommes tous amenés à développer davantage nos compétences», commente un DRH. Par ailleurs, la VAE peut être considérée comme un label d’entreprise formateur et le nombre de salariés d’un niveau de qualification élevé est toujours un gage de sérieux auprès des partenaires extérieurs.

Brahim Habriche

Maroc. Corruption ou Délation ?

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Nous apprenons la morale à l’école, celle de ne pas voler, de ne pas tromper, de ne pas mentir, tout cela pour le bien collectif, de la nation le plus souvent, mais les mêmes maîtres nous ont aussi parfois grondés, quand l’un des élèves mouchardait. Paradoxe de l’éducation. Mais pour rappel, la délation reste le moyen de base de tous les systèmes de sécurisation, que ce soit celui de la police, de la justice par des témoignages attendus, bref, une certaine vérité qui sort difficilement des consciences, même si cela est pour le bien de tous. 

delation.jpgLe web permettra-t-il d’arrêter la corruption au Maroc ? Du moins serait-ce un outil potentiel, ou permettant d’apeurer les consciences de ceux qui, au quotidien, profitent des faiblesses des systèmes. www.stopcorruption.ma existe désormais. Toutefois l’objectif de l’anonymat et ainsi la limitation des poursuites effectives ne devraient pas fouetter un chat rapidement ; tout au moins faire réfléchir certains à l’éventualité de se retrouver un jour dans des dossiers, même invisibles.

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Le temps nous dira si ce nouveau service de communication aura le même succès récolté dernièrement par un autre du même genre, qui fait un buzz mondial actuellement, sous le nom de Wikileaks

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Philippe DELESALLE

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http://www.yabiladi.com/articles/details/3800/maroc-contre-corruption-pourra-t-il-etre.html

Pour votre info :le Centre d’Assistance Juridique Anti-Corruption
Mis en place par Transparency Maroc
a cette adresse
Résidence Kays, Rue Oum Errabia, Immeuble D, 3ème étage, Appt 14, Agdal, Rabat-Maroc
Tel : 080 100 76 76 (appel à tarif réduit)

Maroc : Contre la corruption, le web pourra-t-il être efficace ?

Un portail destiné à lutter contre la corruption vient de voir le jour au Maroc. Stopcorruption.ma est un site destiné à dénoncer les actes et tentatives de corruption. Un pas en avant dans la lutte contre la corruption mais sera-t-il vraiment décisif ? Une première au Maroc. Un portail de dénonciation de la corruption vient d’être lancé. La cérémonie de mise en ligne a eu lieu ce lundi 29 novembre à Casablanca. Objectif : permettre à toute personne témoin d’actes, pratiques et tentatives de corruption de pouvoir les dénoncer dans l’anonymat. Une initiative qui, selon l’Instance Centrale de Prévention de la Corruption (ICPC) illustre l’approche participative adoptée et visant à mobiliser toutes les énergies et à canaliser les efforts des différents acteurs concernés pour renforcer la prévention de la corruption. En se connectant on peut anonymement dénoncer des actes de corruption, dans le cadre notamment de marchés publics. 

Le site comporte plusieurs grandes rubriques permettant à l’internaute de mieux connaitre les différents actes de corruption et la réglementation en vigueur. De plus, une partie est destinée à la dénonciation de pratiques de corruption. Dans cette partie, l’internaute peut dénoncer les cas ou tentatives de corruption dont il est témoin tout en gardant son anonymat. Pour ajouter des compléments d’informations ou voir la suite accordée à sa « dénonciation », il lui est possible de créer une boite aux lettres. Les dénonciations sont ensuite étudiées par l’ICPC pour connaître ou non une suite. 

Dénoncer… et après ? Des expériences similaires sont pratiquées dans plusieurs pays, dont l’Allemagne, l’Indonésie et le Kenya. Et il semble qu’elles y sont plutôt réussies. Attendons de voir ce qu’il en sera pour le Maroc. 

Mais d’ores et déjà, on est tenté de dire que même si ce site web peut contribuer à dénoncer les actes de corruption, sa portée risque d’être limitée, si l’initiative n’est pas accompagnée par d’autres mesures pour lui donner tout son sens. A ce niveau, il faut souligner que certaines ONG qui font de la lutte contre la corruption leur cheval de bataille reconnaissent ne pas être au courant de l’existence de ce portail. C’est dire qu’une campagne de promotion doit entourer le portail pour lui éviter de sombrer dans l’anonymat.  Ce portail pourrait connaître un succès auprès du monde des affaires (sa principale cible), mais difficilement au-delà. En attendant, les interrogations se soulèvent : les informations fournies par l’internaute peuvent-elles réellement permettre de dire ou pas si les actes dénoncés relèvent de la corruption ? Les membres de l’ICPC auront-ils suffisamment de preuves pour se prononcer avec assurance? Les premiers dossiers qui seront révélés nous en diront un peu plus. 

Oumar Baldé Yabiladi.com

Maroc. Blanchiment d’argent sur marché blanc, marché gris ou marché noir ?

Tout pays qui émerge doit revoir ses marchés, ses fonctionnements, entre implicite et officiel, ainsi que sa circulation d’argent, afin de se mettre en accord avec les marchés internationaux. argent-sale-blanc-au-noir.pngSi le blanchiment d’argent est abordé souvent entre pays par la volonté de gros profiteurs internationaux, le problème risque de perdurer dans certains pays, où les marchés économiques internes se mélangent entre le noir et le blanc, en passant par tous les gris possibles. 

Entre les entreprises qui jouent le jeu de la transparence et l’informel, entre le déclaré et ce qui ne l’est pas, entre certains secteurs qui effacent rapidement des sommes importantes, comme le bâtiment où l’on transforme le sans origine en bien effectif qui reste ensuite fermé, l’on ne peut pas dire que créativité et transparence soient encouragées. 

Beaucoup d’entreprises seraient perdantes commercialement, tout en voulant assumer la transparence. Transparence qui dérange et qui perturbe les habitudes de ceux parfois censés devoir la jouer, administrativement. Au point même que vouloir gérer des affaires dans une ligne droite imperturbable serait une difficulté pour des gens qui transportent en eux la vraie valeur éthique des affaires. L’honnêteté ne paie pas, disons qu’à court terme elle ralentit beaucoup de choses sur le plan individuel, mais qu’à long terme elle serait plus gagnante et partageuse pour le collectif. Le Travail reste donc bien collectif à tous les niveaux, du plus petit au plus haut niveau des affaires et de l’économie. 

Philippe DELESALLE

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Le Maroc renforce sa lutte contre le blanchiment de capitaux  

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Crédit photo : EPA

Le blanchiment de capitaux a des conséquences néfastes sur l’économie nationale. Il compromet la solidité et la stabilité des institutions, des systèmes financiers tout en accroissant l’instabilité des mouvements de capitaux internationaux, portant un coup dur aux investissements.

Grâce au soutien des pouvoirs publics et à l’assistance technique des cellules de renseignement financier (CRF) française et espagnole dans le cadre de la convention de jumelage Maroc-Union européenne, le Maroc procède au renforcement de ses capacités institutionnelles par la mise en place d’une Unité de traitement du renseignement financier (UTRF), opérationnelle et conforme aux standards internationaux.

Pour rappel, c’est le Premier ministre marocain qui avait présidé, en avril 2009, l’installation du président et des membres de l’UTRF, qui entre dans le cadre du système de lutte contre le blanchiment de capitaux.

Présidée par Hassan Alaoui Abdellaoui, l’UTRF a pour missions de recueillir, traiter et diffuser les renseignements financiers et assurer la coordination des moyens d’action des services d’enquête et d’investigation des administrations, établissements publics et autres personnes morales de droit public, comme le précise la loi 43-05 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux.

 Calquée sur le modèle français, l’UTRF, qui n’a pas le pouvoir de saisir la Justice, vient de publier son premier rapport. Dans ce rapport 2009, il est écrit que dès le mois d’octobre de la même année, l’Unité a effectivement commencé à recevoir et à traiter les premières déclarations de soupçon effectuées par des établissements bancaires marocaines.

Auparavant, l’Unité avait entamé en avril 2009, l’exercice de ses attributions en matière de demandes de gel de biens émanant des instances internationales habilitées, pour motif d’infraction de terrorisme.

Le rapport note que l’Unité a également préparé des propositions d’amendements de l’arsenal juridique national relatif à la LAB/CFT, visant à le mettre en conformité avec les normes internationales.

Un comité de travail, constitué par ses membres, a ainsi coordonné l’action des différents départements ministériels et organismes concernés et a présenté un projet de loi qui a été adopté successivement par le Conseil de gouvernement marocain le 15 avril 2010 et le Conseil des ministres le 19 juin 2010.

Parallèlement, dans le cadre de l’exercice de ses attributions de représentation commune des administrations concernées, l’Unité a assuré le suivi de l’évaluation mutuelle du GAFIMOAN, ainsi que celle des instances du Groupe d’action financière (GAFI). Ces deux institutions ont relevé un certain nombre de déficiences du dispositif national de LAB/CFT que le Maroc s’est engagé à redresser notamment en apportant les amendements requis à la législation marocaine, écrit Hassan Alaoui Abdellaoui.

Tenant compte du nouveau défi à la coopération internationale dans la lutte contre le blanchiment d’argent que représentent les paiements par Internet et les cartes de prépaiement par téléphone mobile, il a été décidé d’élaborer des règles procédurales spécifiques de recherche et d’enquête en ligne avec la nature du crime cyber informatique.

 Ainsi, le Maroc, outre la ratification des instruments internationaux, s’est investi dans le renforcement de son cadre juridique grâce à la promulgation d’une loi sur la lutte contre le blanchiment d’argent, loi qui répond aux exigences des instruments internationaux en la matière et tient en compte les quarante recommandations du GAFI concernant le blanchiment de capitaux. 

Par Ayyoub Chehbouni et Lin Feng

Le Maroc fait ses universités, mais les bagages encombrent leurs porteurs

“Une tête bien faite ou une tête bien pleine” ? Quand tous les gens seront diplômés des universités, ils périront de faim car il manquera de boulangers… Nous n’en sommes pas encore à ce niveau, la raison s’imposera prochainement devant le nombre devant les portes de l’ANAPEC au Maroc. Mais en attendant, le Maghreb est face au même problème que l’Europe, voilà quelques années. 

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Plus personne ne veut travailler de ses mains, mais du chapeau. Mais cela n’engendrerait pas plus ici ou ailleurs de meilleures réflexions de la part des jeunes, ni de leurs familles qui font encore passer noblesse et honneur du diplôme de leur progéniture avant avenir sur le terrain.  

Un pays avec des milliers d’Einstein ne sert pas vraiment la société ; déjà avec un seul la question devrait se poser à beaucoup avec le recul de ce qu’il nous a laissé… Tout est relatif mais beaucoup d’électrons se retrouvent libres de toutes propositions devant un marché qui, lui, ne serait pas infini mais bien relatif, comme disait Albert… 

Inadéquation entre besoin, formation, offre, demande, le tout emballé dans un mouvement pour les pays émergents souvent très rapide, qui ne laisse pas la réactivité suffisante pour reprendre la barre en main. Entre le début d’un engagement d’étude et sa finalité, que de choses se passent désormais… 

Mais les universités ne répondent pas aux entreprises ; le fond et la forme des enseignements ne sont pas sur la même ligne directrice, ceci reste international. De là à dire qu’elles formeraient pour autant plus au savoir qui libèrerait la créativité des jeunes pour entreprendre individuellement et non attendre du marché des autres ou des institutions d’Etat sécuritaires, il reste là aussi une marge… 1% des jeunes diplômés du Maroc seraient dans une optique de création de leur emploi à la sortie, ce qui laisse 99% qui espèrent de l’Etat… Faut-il rappeler que la majorité des Marocains reste des auto-entrepreneurs, majoritairement dans le secteur implicite et qu’ils vivent pour la plupart bien mieux que les jeunes de maintenant…

consigne.jpgLe manque dit “ceci”, les gens répondent, mais avec un recul qui les englobe, et c’est ainsi que le brave diplômé qui répond “cela” avec un décalage logique rejoint souvent une tout autre orientation que sa formation initiale, quand ce n’est pas par force l’épicerie ou la ferme de papa.  

Philippe DELESALLE

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Maghreb : bienvenue à bord de la galère Emploi 

Manque de confiance des employeurs, agences de placement inefficaces, pénurie de débouchés en rapport avec leur formation… les nouveaux arrivants sur le marché du travail ne sont pas gâtés. 

Au Maghreb comme ailleurs, il ne fait pas bon être jeune sur le marché du travail. Dans un rapport paru en août dernier (« Global Employment Trends for Youth »), l’Organisation internationale du travail (OIT) en fait le triste constat: en 2009, 81 millions de jeunes chômeurs (de 15 ans à 24 ans) ont été recensés dans le monde. Du jamais vu, selon l’OIT. Et le Maghreb, qui concentre près de 4 millions de jeunes demandeurs d’emploi, fait l’objet de prévisions à court terme plutôt pessimistes: « Le niveau de chômage des jeunes devrait poursuivre sa tendance haussière – en 2010 et 2011 – en Afrique du Nord et au Moyen-Orient », contrairement aux autres régions du globe. Et ce alors que le Fonds monétaire international (FMI) table pourtant sur une crois­sance comprise entre 2 % et 5 % en 2010 et 2011 pour l’Algérie, le Maroc et la Tunisie… Pour Abdelilah Jennane, directeur exécutif de Diorh, un cabinet marocain de conseil en ressources humaines, cette situation illustre « la faillite du système éducatif, au Maroc comme chez ses voisins du Maghreb, qui ne forment pas des profils adaptés au marché du travail ». 

Les chiffres parlent d’eux-mêmes: la moitié des bacheliers tunisiens se dirigent vers la filière sciences humaines, alors que 50 % des diplômés de ce secteur n’ont toujours pas trouvé de travail au bout de trois ans. « Certains diplômés ne peuvent pas se prévaloir de compétences échangeables sur le marché de l’emploi, du fait de formations trop spécifiques ou trop décalées, en lettres, en langues, en droit ou en sciences humaines », confirme Hicham Lakhmiri, directeur général d’Amaljob.com, un portail marocain de recrutement. 

L’éternelle débrouille

Ce n’est donc pas tant la qualité de l’enseignement qui est mise en cause que la déconnexion de la sphère éducative d’un marché du travail désormais soumis aux impératifs de l’économie de marché. Jusque dans les années 1990, le chômage des jeunes n’était pas aussi préoccupant qu’aujourd’hui. Désormais, « l’insertion des jeunes diplômés constitue une problématique complexe et assez embarrassante pour ces pays, qui les ont formés et sont dans l’incapacité de leur proposer un emploi », constate Jean-Paul Barbier, membre du Bureau international du travail à Ge­nève, au département « analyse de l’emploi ». Circonstance aggravante, les primo ­arrivants sur le marché du travail, inexpérimentés, pâtissent d’une forme de défiance de la part des employeurs. Ces derniers leur préfèrent des personnes ayant déjà fait leurs preuves, même quand leur profil ne correspond pas à 100 %, voire des expatriés. « En Algérie, le marché croît rapidement, explique Djaffer Louaï, directeur associé du site Emploitic.com. Les entreprises ont donc des besoins urgents en termes de ressources humaines et sont donc moins enclines à recruter des jeunes qu’il faudra former en interne. » Sur place, c’est le système de la débrouille qui s’impose. Mehdi, un Algérois de 25 ans, diplôme d’aide-comptable en poche, raconte ainsi son expérience: « À la sortie de l’école, je me suis inscrit à l’Anem [Agence nationale pour l’emploi]. Je suis resté environ sept mois au chômage avant de trouver par mes propres moyens un poste non déclaré, sans rapport avec ma qualification, comme caissier dans une entreprise de prêt-à-porter. J’ai ensuite été agent commercial dans une boîte de publicité, pendant huit mois. » Ironie du sort, il est aujourd’hui employé – et toujours non déclaré – au sein d’une agence privée qui aide les demandeurs d’emploi. 

Création d’entreprise

L’expérience de Mehdi est révélatrice d’un autre handicap. Dans cette course au premier job, les services publics de l’emploi ne sont que d’un recours assez limité. Pour Hicham Lakhmiri, ­l’Agence marocaine pour l’emploi (Anapec) « traîne une mauvaise image auprès du grand public », qui considère que les « moyens font souvent défaut et [que] le conseil est inexistant ». De son côté, Djaffer Louaï estime que « l’Anem – l’agence algérienne – gagnerait à s’informatiser davantage, même si elle a modernisé et rendu ses agences plus accueillantes ».

Peinant à assurer l’intermédiation entre postulants et offres d’emplois qualifiés, les services publics – particulièrement en Algérie et en Tunisie – ont développé des dispositifs d’aide à la création d’entreprise. Une option qui, par nécessité plus que par choix, peut s’imposer aux postulants quand le recrutement par internet, les salons professionnels ou le bon vieux piston s’avèrent infructueux.

Au Maroc, êtes-vous ISO ?

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Développement ne rime pas au départ avec qualité et compétences, c’est seulement ensuite que l’on peut et que l’on se doit d’améliorer les choses. Le développement du Maroc, indéniable depuis des années, entre dans cette phase depuis quelques temps, les méthodes parfois empiriques qui ont servi ces dernières années dans divers secteurs laissent et laisseront de plus en plus la place à la norme, la règle, la méthodologie. 

Il faudra donc se faire douce violence dans de nombreux secteurs, soit devenir un peu “MASO” pour entrer dans cette vision, notamment celle des entreprises qui parlent plutôt d’ISO, sous le poids de l’obligation demain.  

Une forme de masochisme industriel et professionnel qu’ont découvert, voilà des années, de nombreux Européens au sein de leur entreprise, où chaque geste, chaque acte, chaque poste se devait d’être soudainement répertorié dans une Bible interne. Un bien parfois, qui ferait de la norme le maître à penser de tout bon petit employé, qui n’aurait plus qu’à appliquer à la lettre, sans réfléchir, déshumanisant ainsi les rapports humains par l’autre face. 

Passer maintenant de pays émergent aux entreprises ISO va être et doit être un challenge très important, afin de sauter toute une procédure plus humaine que le temps ne laisse plus désormais, face à des marchés qui vous arrivent en pleine face. Le facteur temps est-il récupérable proportionnellement à l’effort individuel humain possible ? A quand l’ISO pour toutes les procédures administratives au Maroc au sein des entreprises de l’Etat ? 

Philippe DELESALLE

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M. Réda Chami : le nombre des entreprises certifiées ISO 9001 au Maroc avoisine le millier contre une seule en 1995  

reda-chami-qualite-iso.jpgM. Ahmed Reda Chami Ministre du Commerce, de l’industrie et des technologies nouvelle. /AA

Le nombre des entreprises certifiées ISO 9001 au Maroc avoisine le millier en 2010 contre une seule en 1995, a fait savoir, mardi à Tétouan le ministre de l’Industrie, du commerce et des nouvelles technologies, M. Ahmed Réda Chami, à l’occasion du lancement de la Semaine nationale de la qualité dans cette ville.

La norme ISO 9001 donne les exigences organisationnelles requises pour l’existence d’un système de management de la qualité. S’appuyant sur 8 principes dont l’orientation client, l’approche processus et l’amélioration continue, cette norme est à la source de nombreux autres référentiels sectoriels et est ouverte à toute entreprise ayant mis en place un système qualité depuis au moins un an, des audits internes et une revue de direction.

Dans une allocution, lue en son nom par le délégué du commerce à Tétouan, le ministre a évoqué les mesures prises par son département pour créer un climat propice à la croissance de l’investissement et à garantir un environnement favorable au fonctionnement des affaires et à l’amélioration de la compétitivité du tissu productif.

Il a fait état, à cet égard, du programme de développement des parcs industriels qui concerne 22 plateformes intégrées de haut niveau sur une superficie de 2300 ha ainsi que les mesures mises en place dans le cadre du pacte national pour l’émergence industrielle notamment Rawaj pour la modernisation du commerce et le Maroc Numérique.

Rappelant le thème choisi pour cette 14ème édition à savoir, “la qualité, c’est aussi optimiser l’utilisation des ressources”, M. Chami a, par ailleurs, fait savoir que 555 entreprises ont bénéficié du programme d’accompagnement à travers l’Agence nationale de promotion des petites et moyennes entreprises pour un montant de plus de 75 millions de DH, afin de les aider à établir les différents systèmes de gestion.

 Pour sa part, le président de la Chambre de commerce, d’industrie et des services de la Wilaya de Tétouan (CCIST), Abdellatif Afailal a insisté sur la qualité qui, selon lui, ne constitue plus un choix personnel mais une nécessité qui s’impose en particulier à la lumière des grands développements que connaissent les échanges internationaux suite au démantèlement tarifaire et à l’élimination des obstacles douaniers ce qui, selon lui, requiert des entreprises marocaines, de s’armer de techniques et d’équipements modernes pour renforcer leur immunité économique.

Au cours de cette journée, les participants ont suivi des exposés sur ” le système de management de la qualité ISO 9004 et l’amélioration des performances par l’optimisation des ressources ” ainsi que sur ” l’optimisation des ressources dans le système éducatif dans l’enseignement supérieur “.

 Cette semaine a débuté lundi, et s’est déroulée pour la première fois, à Chefchaouen avec la discussion notamment du thème portant sur ” la démarche qualité dans l’administration publique et les collectivités locales “. Elle se poursuivra mercredi à Larache, une autre ville qui relève de la CCIS de la Wilaya de Tétouan.

Parmi les thèmes qui y seront discutés, figurent celui de ” l’approche gestion environnementale des performances : optimisation des ressources “.

 MAP

Tourisme de luxe ou de masse, au Maroc. Les maux des autres et les siens

architecture-agadir.jpgSi le luxe permet d’améliorer par des marges plus importantes les réalisations techniques qui reçoivent les clients, ceci est valable dans tous les secteurs de service ; mais force est de constater que les premiers à avoir profité du tourisme au Maroc ont rapidement visé le “toujours plus” en chiffres, plus qu’en amélioration de la qualité générale, ou le collectif du Maroc qui, lui, appartient à tous les citoyens. 

Le développement se doit-il de marcher sur les aires communes, alors que le développement de masse tire les prix vers le bas, donc au détriment de certains aspects coûteux, comme l’écologie et l’environnement ? Ce qui ne rapporte pas, et qui plus est engage des dépenses, n’est pas vraiment au programme de nombreux comptables, financiers, investisseurs. 

Mais la force de l’évolution naturelle, par les manques énergétiques ou d’eau, comme de l’économie mondiale depuis fin 2008, semble rappeler désormais cet aspect collectif ; un bien, en somme, pour inciter les consciences privées. Mais ce qui se passe par la masse de touristes, se passe aussi par la volonté des gens du pays, qui profitent de cette manne nouvelle. 

Qui n’a pas entendu les plaintes, selon lesquelles tous les maux qui surgiraient au Maroc seraient imputables aux étrangers ? Des plaintes récurrentes chez ceux qui n’analysent pas vraiment les retours économiques, pas directement, disons, au premier abord. Les riads, les terrains, vendus à des prix parfois abusifs par la spéculation devant l’étranger, ont rapporté à de nombreuses familles qui, ce faisant, ont acquis un niveau de vie qu’elles n’auraient jamais pu atteindre sans ce développement qui, pour rappel, est une volonté de Rabat… Le discours rebattu, selon lequel les profiteurs étrangers exploiteraient certains locaux, ne fait que renforcer une image qui n’aurait qu’une seule face. Pour rappel, les investisseurs ou les privés qui arrivent au Maroc s’inscrivent généralement dans la notion du droit, du respect des procédures, du respect fiscal et du respect du personnel d’entreprise ; ils font avancer le pays dans des orientations de transparence, devant souvent se battre, afin justement de pouvoir rester dans cette ligne droite face à certaines habitudes implicites, elles aussi de plus en plus visées et combattues par Rabat… 

C’est donc bien l’alliance commune des Marocains et des étrangers qui fera avancer au mieux les attentes du pays. Même en France, à Paris, les plus grands hôtels réputés “palaces”  appartiennent à des étrangers, le plus souvent venus de la région du Golfe persique…au grand bonheur des employés français qui y travaillent.

Philippe DELESALLE

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http://www.bladi.net/tourisme-masse-maroc.htmlTourisme de masse et riadmania au Maroc  

Le tourisme de masse, une panacée ou réelle opportunité pour pays émergents ?

Pour combler son retard en matière d’équipements et d’infrastructures, dans le secteur de l’immobilier ou encore du tourisme, chacun l’aura constaté, le Maroc est devenu un vaste chantier.  L’ambition affichée par le Royaume étant de devenir le 1er pays touristique d’Afrique avec 10 millions de visiteurs à l’échéance 2010, six stations balnéaires furent planifiées, la première ayant été livrée été 2009. Ce qui devait être le fer de lance d’un projet ambitieux et la vitrine de l’ingénierie et du savoir faire des entreprises se révéla être en dessous des objectifs, notamment en matière d’écologie et d’environnement. Par exemple, une méconnaissance des courants marins et une digue construite à l’envers ont eu pour conséquences l’ensablement d’une marina et l’impossibilité pour les bateaux de plaisance d’accoster. Dévastées et leur flore protectrice saccagée lors des travaux de terrassement, entres autres, les dunes avançaient sous l’effet du vent à l’intérieur des terres et le sable envahissait les habitations des villages alentours… 

Avec une prise en compte des seules données économiques et commerciales, et en l’absence d’études d’impact sur l’écosystème de tout projet d’une grande ampleur, l’entreprise peut s’avérer désastreuse au plan environnemental et parfois de façon irréversible. Et ce ne sont pas les mauvais exemples qui manquent sur le pourtour méditerranéen, surtout espagnol, où des côtes « bétonnées » de l’ère du tourisme de masse sont connues pour leurs ravages écologiques et humains. Elles sont de plus en plus délaissées par les touristes pour d’autres destinations où l’environnement et le respect de la nature sont au cœur de l’aménagement et de l’offre touristiques.

 Sans considérations d’ordre écologique dès l’élaboration du projet, l’occasion est manquée pour ses promoteurs d’innover en intégrant les énergies renouvelables, notamment le solaire- énorme potentiel dont jouit le Maroc, avec l’éolien-, et de promouvoir l’écotourisme et le développement durable. Réserver, par exemple, l’eau potable à un usage domestique et collecter puis stocker les eaux pluviales dans des étangs artificiels qui seraient ainsi dédiés aux sports nautiques ou à l’arrosage des golfs, très « gourmands » en eau, et des espaces verts de ces stations balnéaires. A l’heure du changement climatique, des inondations et autres sécheresses récurrentes, l’environnement et l’économie « verte » ne devraient plus rester l’apanage des seuls pays occidentaux. Le tourisme de masse des nouvelles villes a succédé à l’autre tourisme, un temps marginal et aujourd’hui massif, des villes anciennes marocaines. En effet, le Maroc reste l’une des destinations préférées des Français, mais pas seulement comme des touristes. « La médina n’appartient plus aux Marocains ! », une formule lapidaire certes, mais le constat n’est plus à faire quant à la « riadmania » qui sévit depuis déjà un certain temps dans les médinas marocaines et pas seulement des villes royales. La vague people des années 80 a cédé la place à l’afflux des résidents « temporaires » des années 90, attirés par les bienfaits du climat, mais aussi par les exonérations fiscales et les réductions d’impôt. Puis, dès 2000, il y eut la ruée des businessmen davantage intéressés par la plus-value et le retour sur investissement express que par l’exotisme des demeures traditionnelles ou l’orientalisme des riads marocains. 

Faute d’un réel inventaire par les autorités publiques, ou de l’exercice d’un droit de préemption lors de la vente de riads de qualité et représentatifs de l’architecture arabo-musulmane ou andalou-mauresque, c’est un pan entier de ce patrimoine marocain- souvent 2 fois séculaire- qui est sacrifié sur l’autel de l’autodénigrement et de l’ignorance de sa propre culture et livré ainsi à l’appétit d’affairistes occidentaux avisés, eux.Un peu tardive, une prise de conscience s’opère et des initiatives privées de Marocains éclairés qui, à défaut d’endiguer le phénomène, tentent de sauver ce qui peut l’être encore. Comme à Fès, ville aux 350 mosquées et une médina classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Pour éviter la vente de leurs riads, et la spéculation des acheteurs européens qui a pour effet une flambée des prix et une raréfaction des logements pour les autochtones, une jeune architecte locale aide des propriétaires marocains à les rénover et à les aménager en chambres d’hôtes. Ils accueilleront eux-mêmes des touristes pour un séjour chez l’habitant, une sorte de « tourisme solidaire » prisé par des occidentaux adeptes du « commerce équitable » Nord-Sud.  L’avantage de l’initiative conduite à Fès est double : préserver un patrimoine familial en le valorisant et transformer des Marocains, non plus en domestiques dans leurs propres demeures, pour ainsi dire, mais en propriétaires créateurs d’emplois. Une telle expérience réussie mériterait d’être généralisée au sein d’une organisation professionnelle, avec une charte et un label reconnus. On assistera à l’émergence d’entrepreneurs locaux installés à leur compte, offrant des standards européens- y compris dans le prix- de l’hôtellerie et le tourisme. Des Marocains devenus ainsi producteurs de richesse et acteurs du développement pour et dans leur propre pays… 

Ali Darhlal

Il est né le 1er octobre 2010 le divin règlement routier qui sauvera 11 vies chaque jour

Beaucoup de temps, de mots dits afin d’éviter les pires des maux à nombre d’innocents qui parfois ne sont même pas concernés par le sujet, victimes des inconscients, comme parfois malheureusement des lobbies divers qui surtout ne veulent pas voir changer des choses, afin de ne pas reconnaître ce que le pays entier reconnaît implicitement : l’inconscience, le manque de civilité des conducteurs, le manque de formation, le manque de permis de conduire un véhicule qui permettait de distribuer gratuitement des permis de tuer.

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Beaucoup de choses entendues, changer sera pire que de rester dans une situation qui augmentait de manière catastrophique chaque année, pour résumer. Pire demain que maintenant, disent d’autres, pensant que le fait d’être plus strict et de toucher là où ça fait mal, au porte-monnaie, ne ferait que multiplier la corruption. Mais en lisant cet article, issu d’une interview avec Mr Guellab, l’initiateur de ce changement, voilà quelques pendules remises à l’heure pour l’heure H, déjà passée quand vous lirez ces lignes. 

Aurez-vous changé après cette date ? Serez-vous plus conscient par la peur du gendarme ou entretiendrez-vous toujours cette fausse peur du gendarme au Maroc, vous jouant d’eux et du système collectif en pensant être commandant au-dessus d’eux avec un simple billet glissé sans même vous cacher de tous ? Pour ceux qui liront cet article jusqu’au bout, et qui étaient plus victimes des abus du système inexistant sur les routes du Maroc, ces nouvelles lois et applications ne feront en fin de compte que soulager ce qu’ils respectaient déjà. Les nombreux étrangers qui résident au Maroc ainsi que les touristes seront désormais moins victimes des gendarmes. 

Le gendarme en cachera-t-il un autre désormais ? Il semblerait que cela dépende davantage des Marocains eux-mêmes que des services de la police selon les instigateurs du projet. En bref, de ceux qui veulent le beurre et l’argent du beurre habituellement. Il fallait intervenir à un moment, et comme quelques Marocains conscients vous le diront : entre attendre une prise de conscience miraculeuse et le bâton correcteur, la solution a été prouvée dans de nombreux autres pays, semble-t-il.  

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http://www.actuel.ma/Dossier/Le-code-de-la-routeexplique-par-Ghellab.html 

Le code de la route expliqué par Ghellab 

actuel n°62, samedi 25 septembre 2010 

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J-5. A l’heure où vous lisez ces lignes, les chauffards vivent théoriquement leurs dernières heures d’impunité. Le père de la loi explique comment mettre cette théorie en pratique.

Le nouveau code de la route entre en vigueur le 1er octobre. Alors que son approbation a nécessité plus de trois années de négociations politiques et syndicales, le texte continue de susciter opposition et colère. C’est in extremis que le ministère a réussi à désamorcer un dernier appel à la grève lancé par deux syndicats du transport le lundi 20 septembre.La (nouvelle) loi sera donc applicable à partir de vendredi prochain. Karim Ghellab, le ministre de l’Equipement et des Transports, qui en aura vu au passage de toutes les couleurs, est-il soulagé pour autant? «Le soulagement premier a été celui du moment du vote qui a acté, le 14 janvier dernier, l’accord constitutionnel des deux Chambres. Pour autant, je n’aurai le sentiment de mission accomplie que quand le nombre de tués sera revu à la baisse et quand les Marocains se seront approprié les dispositions du code », nous dit le ministre en préambule d’un entretien où il revient sur le bien-fondé du texte et où il en détaille les dispositions et les mesures d’accompagnement.

Le ministre se refuse cependant à fixer des objectifs quantitatifs pour 2011. C’est que le plus dur reste encore à faire: garantir l’application d’une loi qui souffre encore d’une grande impopularité et dont la mise en œuvre dépend presque entièrement du volontarisme des autorités censées la faire respecter. En attendant, le dispositif d’information des citoyens et des professionnels du transport se poursuit, la formation des agents de police et éléments de la gendarmerie est en cours, les décrets d’application et procédures de contrôle en publication. Le long marathon qu’a été le nouveau code de la route n’est pas près de se terminer. Mais une chose est sûre, et c’est Ghellab qui nous le dit: les onze morts par jour que provoquent les accidents de la route au Maroc méritent que l’on s’agite… et pas qu’un peu.

Tarik Qattab

  Interview de Karim Ghellab, ministre de l’Equipement et des Transports.

« Si les citoyens veulent un système corrompu, ils l’auront » Corruption, permis à point, amendes et alcotests…  Tout, tout, tout… vous saurez tout sur le nouveau code décrypté par son géniteur

Le nouveau code de la route entre en vigueur alors que le nombre d’accidents de la route et de victimes ne cesse d’augmenter depuis 2008…

En effet, depuis 2008, nous avons constaté une augmentation à une vitesse alarmante puisque nous sommes de nouveau passés à plus de 4 000 morts par an. Cela, alors que nous étions parvenus de 2004 à 2007 à maintenir les dégâts humains en dessous de ce chiffre. D’une part, il y a l’activité économique en progression au Maroc qui se solde automatiquement par une augmentation du trafic. Le nombre d’accidents est donc proportionnel à cette évolution. D’autre part, et c’est là où le bât blesse, il y a la non-efficacité générale du système de transport, dont le code de la route est l’un des principaux maillons. D’où toute l’importance et le bien-fondé du nouveau code.

La nouvelle loi est désormais une réalité, mais au vu des oppositions qu’elle continue de susciter, quelles sont les garanties de sa mise en œuvre ?

Une de ces premières garanties est le débat que ce code a déclenché au sein du Parlement et avec les syndicats ainsi que le temps de confrontations, d’amendements et de travail que cela a nécessité. C’était un temps de modulation et d’intégration par tout un chacun des nouvelles dispositions. Et tous ces débats ont permis de « tuner » le code et de l’adapter à notre réalité pour qu’il soit justement applicable.

Mais encore ?

Il y a d’abord le fait que 9 décrets d’application du code ont été adoptés en conseil de gouvernement. En général dans notre pays, la loi est adoptée mais ses textes d’application ne sont publiés que des années après. Soucieux de la qualité du contrôle routier, nous avons également mis en place un guide qui supprime toutes les plages d’incertitude. Toute la procédure de contrôle y est précisée, du salut obligatoire à la nécessaire accréditation de l’agent par son administration, sans parler d’un listing exhaustif des infractions, de leurs références dans le code de la route et des sanctions que celui-ci prévoit, ainsi que l’instrument de mesure correspondant. Des guides plus simplifiés à usage des citoyens et des professionnels de la route seront également édités par notre département avant le 1er octobre. La gestion de tout ce projet sera informatisée avec le développement de logiciels dédiés et qui sont installés au niveau des commissariats de police et des postes de gendarmerie. Nous avons à ce titre formé 360 formateurs parmi les agents de la police et de la gendarmerie qui préparent à leur tour en ce moment leurs collègues au niveau de leurs brigades. Le nouveau code de la route risque de buter devant l’omniprésence de la corruption sur les routes marocaines. Comment pouvez-vous garantir que le texte soit réellement appliqué ?Un arsenal de mesures a été mis en place dont la finalité est de réduire les possibilités de corruption. Les agents de police et les éléments de la gendarmerie seront, à partir du mois d’octobre, tous dotés d’un badge, avec leur noms et prénoms, photos et numéros de matricule. On peut donc contester une décision donnée ou porter plainte auprès de la DGSN, de la gendarmerie, de la justice ou de l’Instance nationale de lutte contre la corruption. Nous avons également convenu avec la police et la gendarmerie de mettre fin à des manœuvres telles que le fait de se cacher pour prendre les conducteurs en flagrant délit d’infraction. A partir du 1er octobre, les contrôles seront visibles et les radars seront pré-signalisés. Nous avons aussi opté pour l’usage autant que faire se peut d’instruments de mesure à même de constituer des preuves tangibles. C’est la raison pour laquelle les contrôles seront appuyés par des radars pouvant produire des photos qui seront jointes au procès verbal. Précisons également que dans le code actuel, il n’y a pas que l’agent qui peut encaisser et l’argent liquide n’est désormais plus le seul moyen de paiement. Un conducteur auteur d’une infraction peut payer soit en liquide soit par chèque, auprès de l’agent verbalisateur ou de la perception de son choix. Mais soyons clair, l’acte de corruption peut également être à l’initiative du conducteur. Si les citoyens veulent un système corrompu, ils l’auront.

L’augmentation des montants des amendes, telle que prévue par la nouvelle loi, ne favoriserait-elle pas le recours à la corruption ?

Cette augmentation est à nuancer dans la mesure où les montants de certaines amendes ont été revus à la baisse. C’est le cas de l’excès de vitesse, où celles-ci sont passées de 400 à 300 dirhams, en cas de dépassement de 20 km/h de la limite de vitesse en ville. D’autant que le propre de toute loi est de constituer des freins dissuasifs. Notre objectif est de faire en sorte que les conducteurs respectent la loi.

Principale innovation du code, l’introduction du système de permis à points… à un moment où des pays comme la France remettent en question son efficacité. Qu’en dites-vous ?

Cette mesure a fait l’unanimité tant auprès des syndicats qu’au Parlement, majorité et opposition. Si la France remet ce système en question aujourd’hui, c’est qu’elle est passée de 8000 à un peu plus de 4000 morts par an! Ce pays compte 30 millions de véhicules (contre moins de 2 millions au Maroc, ndlr) et enregistre le même nombre de morts que chez nous. Et si la France en est là aujourd’hui, c’est grâce à toutes les réformes et mesures adoptées, dont le permis à points. D’autant que nous avons bien tenu compte des aspects négatifs de ce système et avons essayé de les contourner. Par exemple, en France, un conducteur ne dispose que de 12 points au départ. Et le simple fait de griller un feu rouge coûte 4points. Au Maroc, le détenteur d’un permis de conduire dispose initialement d’un capital de 30 points et seules 13 infractions peuvent être soldées par un retrait de points. On peut conduire même quand on a grillé 3 ou 4 feux rouges, ce qui, je l’avoue, n’est pas propice à la sécurité routière! Nous avons également adopté un dispositif spécial pour les mauvais conducteurs. A commencer par le système de récupération des points. Nous avons aussi les stages de sécurité routière pour les personnes sur le point de perdre tous leurs points. Le caractère souple de notre démarche se veut un moyen de prévenir certaines situations, comme la conduite sans permis.

Dans un pays où un musulman n’a pas le droit de consommer de l’alcool, dans quelles conditions l’introduction des alcotests se déroule-t-elle ?

Cette mesure n’entrera pas en vigueur de suite mais dans la foulée de la mise en œuvre du code. Nous disposons d’ores et déjà de 250alcotests. Chacun est doté de 1000 embouts jetables, à utiliser une seule fois. Cela nous ramène à 250000 tests possibles aujourd’hui. Nous sommes également en cours d’acquisition d’éthylomètres qui mesurent le taux d’alcool dans le sang.

Les conducteurs marocains sont aussi adeptes d’autres substances comme le cannabis…

Pour les drogues et les médicaments à même d’altérer la vigilance du conducteur, des prises de sang seront effectuées en cas de contrôle. Nous savons que pour certaines drogues, des tests de dépistage  sont employés dans d’autres pays. Nous en étudions l’utilité et le cas échéant, nous nous en procurerons.

Les accidents de la route sont également le fait de l’état de nos routes. L’efficacité des nouvelles dispositions ne risque-t-elle pas d’en faire les frais ?

Il faut éviter cette logique bien de chez nous voulant que la faute soit toujours celle des autres. Le nombre d’accidents dus au mauvais état de la route est très faible par rapport au nombre total d’accidents. Il ne dépasse pas 10%. D’autant que nous avons, depuis l’adoption du Plan national de la sécurité routière en 2004, concentré une bonne partie de nos efforts sur l’amélioration de l’infrastructure. Cet effort se matérialise par le développement du réseau autoroutier. Nous étions à une vitesse de 40 km d’autoroutes par an. Nous en sommes à 160km par an. On a ouvert Casablanca-Marrakech, Marrakech-Agadir et en juin prochain, nous ouvrirons Fès-Oujda. Nous serons alors à un total de 1450km pour arriver à 1800km d’autoroutes opérationnelles en 2015. Rappelons qu’en 2004, nous étions à 450 km. Nous sommes également très actifs sur le volet des voies express, le dernier en date étant le tronçon Tanger-Tétouan. Suivront Fès-Sefrou, Meknès-El Hajeb, Marrakech-Essaouira, Laâyoune-Port et Oujda-Saïdia. Dans le même ordre d’idées, le programme de maintenance routière est passé à 2000km par an contre 1400 auparavant. Nous avons également adopté des programmes spécifiques sur les points noirs, avec la transformation des croisements dangereux en carrefours aménagés ou giratoires. Nous réalisons aussi des pistes cyclables entre les villes et leurs banlieues, comme c’est le cas à Marrakech, et des pistes parallèles dans le monde rural pour le matériel agricole roulant et les charrettes. Sans oublier la signalisation, pour laquelle nous avons prévu un budget de 160 millions de dirhams pour accompagner la mise en œuvre du code de la route. Les communes doivent relayer ces efforts puisque les conseils municipaux ont justement cette charge. Certaines villes sont d’ailleurs bien avancées sur ce registre. C’est le cas de Rabat, de Marrakech et de Fès. Nous apportons notre aide aux villes «bonnes élèves» par l’élaboration de guides de signalisation en milieu urbain et l’identification des points noirs.

Qu’en est-il de la formation ? Le permis de conduire, tel qu’il est accordé aujourd’hui, répond-il aux nouvelles exigences du code de la route ?

Le code de la route s’intéresse évidemment à ce volet en érigeant chaque établissement en structure de formation répondant à un cahier des charges précis, dont notamment l’obligation pour chaque école d’avoir un directeur et des enseignants qui subissent un contrôle des connaissances. Mais soyons clairs, l’action sur les auto-écoles n’apportera ses résultats que sur le long terme. C’est pour cela que nous comptons également sur la formation des personnes disposant déjà de permis de conduire. Cette action vise en premier lieu les professionnels du transport des voyageurs et des marchandises avec l’instauration, à partir du 1er janvier 2012, du permis professionnel qui atteste d’une formation de base et d’une formation continue tous les cinq ans. Dans le cadre de la mise en œuvre du code de la route, les conducteurs actuels seront dispensés de la formation de base mais pas de la formation continue. C’est dire que pendant les cinq ans à venir, le Maroc va former tous ses conducteurs professionnels, soit 300000 chauffeurs.

Propos recueillis par Tarik Qattab et Eric Le Braz

Radars fixes La future plaie des fous du volant ?

Les nouveaux radars seront tous signalés, ce qui devrait inciter les conducteurs à moins de témérité. Et mettre les agents de contrôle à l’abri des tentatives de corruption.

Terminée l’ère du radar de police en catimini. A partir du 1er octobre, les conducteurs connaîtront à l’avance la zone d’emplacement des appareils servant à mesurer leur vitesse. Ce ne sont pas moins de 155 radars fixes qui seront activés à partir de cette date. D’ici 2012, quelque 1000 radars devront jalonner l’ensemble du pays, selon les données fournies par le ministère de l’Equipement et des Transports. Le déploiement des 155 déjà existants aurait coûté la bagatelle de plus de 70 millions de dirhams. A noter que le prix d’un seul radar fixe peut s’élever à 500000 dirhams. Et pour cause, derrière ces petites bêtes de technologie, se cache toute une infrastructure. «C’est le modèle Traffipax MultaRadar SD580 de la société Jenoptik Robot GmbH qui sera utilisé», selon ce spécialiste. Contrôlable à distance, ce radar permet de gérer simultanément plus de 6 voies et de détecter les vitesses sur une fourchette allant de 20 à 300 km/h.

Preuve de l’infraction

Et comme la photo devra apporter preuve de l’infraction, le choix de la caméra numérique du radar s’est porté sur un modèle haute définition (Robot SmartCamera) de plus de 11 mégapixels. Un modèle homologué pour fonctionner de -20 à +60°C. Quant aux radars mobiles, bête noire des amateurs de vitesse, il ne seront plus valables pour le simple motif qu’ils ne prennent pas de photos. Et avis aux fous du volant: les contraventions pourront commencer à pleuvoir également à partir du 1er octobre. «Après constatation du dépassement de vitesse, la photo de l’infraction (toujours prenant le véhicule à l’arrière et dévoilant la plaque d’immatriculation) est envoyée au registre central. A ce niveau, c’est le numéro de la plaque qui fournira l’identité du propriétaire du véhicule. Une fois que ce dernier est identifié, le PV est envoyé via Barid Al-Maghrib au contrevenant», indique-t-on au sein du ministère des Transports. Le PV devrait arriver à l’adresse figurant sur la carte grise du véhicule.

Ces nouvelles mesures devraient en dissuader plus d’un de prêter son véhicule. En effet, si jamais c’était une autre personne que le propriétaire qui conduisait au moment de l’infraction, c’est toujours ce dernier qui devra prouver qu’il était ailleurs quand son véhicule a été «flashé». A défaut, il devra s’acquitter de l’amende. Même en cas de vol non prouvé, la charge de la preuve est toujours «sur le dos du propriétaire».

A noter que des plans de formation ont été mis en place pour les agents relevant des administrations en charge de la mise en œuvre du code de la route. Autrement dit, «près de 600 policiers et gendarmes, en majorité des gradés, ont déjà été formés par nos soins. Ils doivent maintenant répercuter cette formation au niveau des agents de contrôle», explique-t-on au ministère des Transports. Une note a également été adressée aux services concernés pour que le recours aux radars mobiles et aux emplacements de contrôles non visibles soit définitivement abandonné.

Adam Berrada

Code de la route, cet inconnu !

A quelques jours de l’application du nouveau code, la majorité des citoyens en ignore les dispositions. Et ce ne sont pas les capsules télévisuelles qui y changeront quelque chose.***Des capsules télévisuelles quotidiennes expliquant à travers un jeu de questions-réponses les dispositions du nouveau code. Une campagne de presse menée tambour battant détaillant les infractions, les amendes, les points et jusqu’aux peines de prison correspondantes. Des centaines d’agents de police et d’éléments de la gendarmerie formés pour devenir eux-mêmes des formateurs au niveau de leurs brigades et des guides d’information au profit des conducteurs professionnels et des usagers de la route… Passées les négociations avec les syndicats et les partis politiques, l’heure est à la communication au ministère de l’Equipement et des Transports. Les citoyens sont-ils pour autant au fait des nouvelles mesures? Rien n’est moins sûr. Un petit tour dans une grande artère de Casablanca suffit à convaincre les plus optimistes: les Marocains n’intègrent pour le moment que les grandes lignes de la nouvelle loi. «Tout ce que je sais, c’est que nous allons passer au permis à points et que les amendes seront revues à la hausse en cas d’infraction. Mais j’avoue que j’ignore totalement les montants et encore moins la manière avec laquelle les points seront retirés», nous confie une jeune cadre dans une entreprise privée. La grande inconnue reste le nouveau dispositif des droits dont bénéficient les citoyens. Le département de tutelle a anticipé en programmant des capsules d’information sur les deux chaînes… sans succès notable. D’aucuns connaissent l’émission, mais peu affirment en avoir tiré un quelconque enseignement. «Le discours était tout sauf clair, le débit des messages bien trop élevé et avec tellement de détails que je n’arrivais pas à suivre. J’ai l’impression qu’on cherche plus à nous rassurer qu’à véritablement nous informer», témoigne Leila Moreno, également cadre dans une entreprise.

Ignorance et abus

Les craintes suscitées et nourries autour du code vont grandissantes. Et certains syndicats continuent d’en jouer. C’était le cas jusqu’au début de la semaine écoulée quand deux syndicats de professionnels du transport menaçaient de faire grève, en donnant une version des plus alarmantes sur le code. Le ministre l’avoue: «Les détracteurs du code n’hésitent pas à faire circuler de fausses informations, comme une supposée augmentation du pouvoir discrétionnaire des agents verbalisateurs. Or, c’est exactement le contraire que la loi établit, avec l’obligation du badge, la suppression de tous les radars qui ne produisent pas les preuves de l’infraction…», nous dit-il. Et d’ajouter: «Ce qui est regrettable, c’est qu’au fur et à mesure que les Marocains s’approprient les dispositions du code, certains essayent d’en tirer un bénéfice politique ou syndical, au risque de prendre en otage toutes les initiatives à même de stopper la progression des accidents de la route et l’intérêt du pays.» Pour parer à cette situation, le ministère entend redoubler d’efforts. De cinq par semaines, les capsules précitées passeront à neuf. De même, des guides pratiques en français et en arabe seront édités par le ministère et distribués à titre gracieux dans les aires de repos, les stations services et les postes de péages sur autoroute. «Aussi bien les conducteurs professionnels que les citoyens auront leur guide propre», précise-t-on du côté du ministère. En attendant, bon nombre de personnes interrogées se demandent si l’ignorance actuelle ne favorisera pas les abus de la part de certains agents. Rendez-vous dans une semaine.

T. Q.