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Archive de la catégorie Culture

Agadir fait son cinéma, l’IFA vous invite…

“Un prophète”, de Jacques Audiard, a été récompensé samedi par le César du meilleur film français 2010.Ce drame carcéral a reçu samedi neuf récompenses dont celles du meilleur réalisateur, du meilleur acteur et du meilleur second rôle pour Niels Arestrup.

Le film a déjà reçu le Grand Prix du Festival de Cannes et le Prix Louis-Delluc en 2009.

Il  représentera la France dans la catégorie du meilleur film étranger à la cérémonie américaine des Oscars le 7 mars à Los Angeles.

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Institut Français d’Agadir, trois rendez-vous pour février 2010

Trois rendez-vous que nous propose l’Institut Français d’Agadir en ce mois de février 2010. Un débat d’idées avec comme thème principal Le Coran, une bonne approche d’ouverture que nous propose la culture. Place à vous Mesdames par deux autres rencontres.

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Arriver au 16ème SIEL par les livres, via Casablanca

Du 12 au 21 de ce mois.

Amateur de lettres, un article sans chiffres aujourd’hui. Le SIEL ouvre de nouveau ses portes comme chaque année au Maroc et le paquebot “Livre” accoste à Casablanca à la foire de cette même ville, vous ne pouvez le manquer, il trône devant la Grande mosquée Hassan II.

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Rendez-vous annuel des amoureux du livre, rendez-vous littéraire pour d’autres, simple endroit de vente pour certains libraires du pays afin de déstocker les surplus invendus le reste de l’année, rendez-vous du livre religieux quasiment acheté en gros et demi-gros par les imams du pays, espace commercial pour quelques entreprises éditrices et imprimeurs, il y en a pour chacun. Le Pavillon France sera fidèle au rendez-vous des arts et des lettres et toujours en bonne place dans une des allées centrales. Un rendez-vous donc habituel, mais Casablancais.

Suivez cela cette semaine avec notre partenaire lepetitjournal.com

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Pour ceux qui ne pourront s’y rendre, qu’à cela ne tienne, le salon quotidien existe sur la toile au Maroc et vous y trouverez toutes les références recherchées, sans vous déplacer.

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http://legroupement.com/2009/11/07/la-librairie-en-ligne-enfin-presente-au-maroc/

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Autre nouvelle : la FNAC arrive prochainement au Maroc, d’abord sur Casablanca, puis sur d’autres villes.

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http://www.lepetitjournal.com/content/view/53398/312/

Le Salon International de l’Edition et du Livre, rendez-vous annuel incontournable au Maroc, se déroulera du 12 au 21 février 2010 à la Foire Internationale de Casablanca. Les Marocains du monde entier y seront  à l’honneur


Pour sa 16ème édition, à l’initiative du Conseil de la Communauté Marocaine à l’Étranger, du Ministère délégué chargé de la Communauté Marocaine Résidant à l’Etranger, et avec le concours du Ministère de la Culture, le Salon International de l’Edition et du Livre (SIEL) accueillera cette année 38 pays, 720 exposants et verra défiler la crème des écrivains et poètes internationaux et marocains. Lepetitjournal.com, en direct du salon, vous fera vivre en exclusivité les évènements majeurs à ne rater sous aucun prétexte.

Chapitre 1 : du 11 au 16 février
Après l’inauguration officielle jeudi 11 février, la conférence d’ouverture sera prononcée par Dominique de Villepin, natif de Rabat, le vendredi 12 février à 15h00 sur le thème “La culture pour vivre dans le monde aujourd’hui”.
Le Pavillon France présentera l’exposition : “En toutes lettres : cent ans de littérature à la Nouvelle revue française”, fêtant ainsi le centenaire de la prestigieuse revue de laquelle naquirent les éditions Gallimard. Des conférences sont également organisées autour de ce thème et avec la présence de nombreux écrivains d’expression française. Difficile de citer l’intégralité du programme mais on peut cependant retenir quelques rendez-vous à ne pas manquer…
s1.jpg Frédéric Beigbeder, samedi 13 février à 17h00
Frédéric Beigbeder est l’un des auteurs les plus talentueux de sa génération. Neuf ans après “99 francs”, roman français contemporain le plus vendu à l’étranger, il obtient le prix Renaudot 2009 pour Un roman français, chez Grasset, récompensant un récit largement autobiographique. Frédéric Beigbeder répondra aux questions de Rita El Ghayat ainsi qu’à celles de ses fans le samedi 13 février à 17h00 sur le Pavillon France.

s2.jpg Tahar Ben Jelloun, samedi 13 février à 18h00
Emblématique s’il en est, l’écrivain et poète marocain, Tahar Ben Jelloun (TBJ) est né en 1944 à Fès. Abdellatif Laâbi le découvre en 1970 et publie son premier recueil de poésies, il collabore ensuite à la revue Souffles. TBJ est l’écrivain francophone le plus traduit au monde ; L’enfant de sable et La nuit sacrée – Goncourt 1987, tous deux publiés chez Gallimard, sont traduits en 43 langues. TBJ vit et travaille à Paris, il est membre de l’Académie Goncourt et lauréat du prestigieux prix international IMPAC.
Il participera avec, notamment, André Azoulay, conseiller de S. M. le roi Mohammed VI, à une table ronde autour du thème : “Le projet de l’Union pour la Méditerranée en discussion”, le samedi 13 février à 18h00.

Mahmoud Hussein, dimanche 14 février à 11h00
Les auteurs réunis sous le pseudo Mahmoud Hussein s’entretiendront avec Mohamed Sghir Janjar autour de la traduction de leur livre Penser le Coran en arabe et de cet art difficile qu’exerce le traducteur, “traduttore traditore”.


s3.jpg Abdellatif Laâbi, mardi 16 février à 18h00

Ecrivain et poète marocain, Abdellatif Laâbi s’est essayé avec succès à tous les genres : romans, essais, théâtre, livres pour enfants. Il traduit aussi des auteurs arabophones dont le regretté Mahmoud Darwich. Pour l’ensemble de son œuvre, il s’est vu octroyer le prix Goncourt de poésie 2009. Récemment mis à l’honneur lors du 16ème Maghreb des livres à Paris, il sera présent au SIEL, du 15 au 18 février.
Il y présentera ses dernières publications en français et en arabe avec notamment une table ronde sur les “Écritures pionnières”, mardi 16 février à 18h00 avec Anouar Benmalek, né à Casablanca, auteur contemporain majeur avec Ô Maria et Le rapt chez Fayard.

Isabelle GIRAUDET (www.lepetitjournal.com / Casablanca)mercredi 10 février 2010.Suivez l’actualité du SIEL sur lepetitjournal.com. Prochain article à paraître lundi 15 février 2010.Informations pratiques
SIEL 16ème édition, du 12 au 21 février 2010
Office des Foires et Expositions de Casablanca
Rue Tiznit, Face à la Mosquée Hassan II
Tél.: 05 22 20 11 57 - 05 22 20 06 54  

Enfin une Galerie d’art à Agadir. Amis artistes et amateurs par l’œil, un endroit pour vous …

Agadir le tourisme, Agadir la baie et la plage, Agadir le soleil 300 jours par an, oui mais …  

Si une ville comme cette dernière désire s’inscrire dans le temps, il serait bien d’y trouver des initiatives autres que les statistiques du tourisme pour attirer et les touristes et les gens qui désireraient s’y poser plus longtemps. L’ennui s’installe rapidement et certains repartent. La culture sous toutes ses formes est une chose ancrée chez nombre de visiteurs ou résidents expatriés et de plus en plus chez les Marocains qui s’ouvrent au monde depuis des années …

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Comme dans de nombreux sites touristiques du Maroc, sorti de l’été, des pâtés de sable ou des autres activités balnéaires, sans oublier les sorties nocturnes, beaucoup de ces villes retombent plus ou moins en hibernation le reste de l’année, car y vivre ou y passer une semaine réclame autre chose que des réponses au corps. L’esprit comme la culture réclament, attirent, et pérennisent mieux les choses dans le temps. Ce que beaucoup oublient dans le terme de développement. A l’exemple de la petite ville d’Asilah en dessous de Tanger qui a su se faire connaître par son aspect culturel bien avant l’arrivée du tourisme. Un rendez-vous annuel plus au nord et à découvrir en août pour les amateurs.  Une nouvelle initiative, “mais privée”, répondra désormais à la ville d’Agadir qui était par son importance en manque réel de Galerie d’art. Les quelques essais tentés par d’autres s’étant rapidement transformés en classique magasin de vente d’artisanat local pour survivre quelques mois de plus. Il est vrai que l’activité réclame une volonté d’investissement matériel comme humain, du temps et surtout de la passion. Cela lancera-t-il désormais une vague de nouvelles galeries comme ce fut le cas sur Marrakech il y a quelques années ? Galeries d’arts à but d’investissement personnel où rien ne bouge vraiment, ou juste pour quelques investisseurs marocains qui perçoivent plus le rapport financier que les artistes et l’art à terme ? Une galerie où vraiment tous les artistes seront écoutés et vus, où ils pourront exister, c’est ce que nous présente Mme Jemia Kamal Semlali au quartier Talborjt. 

(Il serait bien que la presse précise au moins dans ses articles l’adresse de ce qu’ils présentent … Nous ne manquerons pas de vous la communiquer dès que possible …)

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http://www.lematin.ma/Actualite/Journal/Article.asp?idr=115&id=127121

Un nouvel espace d’exposition voit le jour à Agadir. Il s’agit de la galerie d’art « Le Sous-Sol » une initiative à saluer, du fait de son importance culturelle et artistique pour la capitale touristique du Sud. Le Sous-Sol Art Galery vient, de ce fait, remplir le vide flagrant en espaces d’exposition dans la ville gadirie.

Un partenaire idéal pour artistes et public

Le Sous-Sol Art Galery vient d’ouvrir ses portes à Agadir.

Une vraie galerie d’Art

Située en plein centre-ville d’Agadir, la galerie « Le Sous-Sol » investit le vaste sous-sol d’un grand immeuble où siègent des bureaux d’architectes, médecins, avocats, dentistes, cabinets de radiologie et autres. Ce grand espace renforcé de poutres et de colonnes, et qui semble n’avoir jamais été utilisé, a fait le bonheur de Jemia Kamal Semlali (décoratrice) et son époux (architecte) déjà connus dans le monde des arts à travers leur petite galerie Tawarguit.
Mais, avec Le Sous-Sol c’est autre chose, car on fait allusion à une galerie au vrai sens du terme avec lumière adéquate, superbe catalogue et un accrochage parfait d’une palette d’artistes, dont le choix judicieux a fait impression le jour du vernissage coïncidant avec l’inauguration de l’espace.
Une initiative louable en faveur de l’Art et de la Culture, répondant au manque flagrant d’une vraie galerie dans cette ville cosmopolite

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http://www.leconomiste.com/article.html?a=98234

· Premier espace privé du genre
· Des toiles entre 7.000 et 60.000 DH

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«Le Sous-Sol Art Gallery». C’est le nouveau lieu d’exposition qui a ouvert ces tous derniers jours à Agadir au cœur du quartier Talborjt. Fondé par Jemia Kamal Semlali, l’espace d’un blanc très neutre favorise la création artistique de par sa structure toute en sobriété et sa décoration réduite volontairement au strict minimum. Dans le chef-lieu du Souss, la structure se positionne comme étant la première galerie d’art privée de la ville. Pour sa propriétaire, «la naissance et l’aboutissement de ce projet sont l’écho tangible de toutes les émotions sensibles ressenties au fil des années devant le travail de tel ou tel artiste».
A travers l’aménagement de cette galerie, cette passionnée d’art et de décoration tient à contribuer à l’animation culturelle de la ville, mais aussi à l’évolution de l’art dans la région. Dans cet espace géographique, on recense un grand nombre de peintres au grand talent dont la renommée va bien au-delà du Souss. Le marché de l’art, bien qu’en évolution au Maroc, reste cependant très limité dans la cité. C’est en connaissance de cette donne que l’initiatrice du projet s’est lancée dans son chantier. Outre réaliser ce qui lui tient à cœur depuis longtemps, pour elle, il ne s’agit pas seulement d’offrir un espace d’exposition à des œuvres, mais plutôt de «mettre l’art contemporain à l’œuvre et l’insérer dans le quotidien de la ville». Enfin, c’est au sens large du terme création que s’inscrit la démarche de la galeriste qui entend proposer également des évènements musicaux et littéraires. Le but est de faire de l’espace un lieu pluridimensionnel.
Pour l’heure, huit peintres marocains de renommée nationale et internationale exposent au Sous-Sol Art Gallery. Il s’agit de Hassan Echair, Moulay Youssef El Kahfai, Abdalleh Dibaji, Bachir Amal, Salah Ben Jakane, Abdelkarim El Azhar, Najeb Zoubir et Ahmed Bensmail. L’exposition se poursuivra jusqu’au 18 février. D’autres événements du genre ont été planifiés jusqu’en 2011. Au programme, une exposition collective intitulée «tremblement de vie» du 23 au 28 février à l’occasion de la commémoration de la reconstruction de la ville d’Agadir après le séisme de 1960. Deux autres expositions sont prévues entre mars et mai. Par ailleurs, une exposition est dédiée aux jeunes talents le 10 juin 2010.
On ne dira plus dorénavant qu’il ne se passe rien sur le plan culturel à Agadir. Il suffit de sortir, participer et soutenir les initiatives. L’animation d’une ville ne peut, en effet, se faire sans la participation de sa population.
De notre correspondante,
Malika ALAMI

Le Maroc TELQUEL ou l’Absurdistan ? Ou “Miroir, mon beau miroir, dis-moi que je suis le plus beau pays du monde…”

 Le plus beau pays du monde vu par ses intellectuels.

“…Une analyse crue, sans concession, salutaire – à lire d’urgence…”

C’est ce  que dit cet article sociologique mais brut de terrain disons, laissant ensuite la place à Karim SMAIL, autre personnage qui aime avec objectivité lui aussi son pays. Donc plutôt qu’une nouvelle analyse sociologique sur cela, je ferai court ce jour si ce n’est de dire “NO COMMENT…”

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http://www.telquel-online.com/407/index_407.shtml

Maroc. Bienvenue en Absurdistan

 

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Une fois n’est pas coutume : le dossier que TelQuel vous propose cette semaine n’est ni une enquête journalistique, ni un reportage de terrain. Il s’agit plutôt d’un cri – celui d’un intellectuel marocain brillant mais méconnu, qui assume pleinement sa subjectivité.Avec sa raison mais surtout avec ses tripes, Lahcen Berkou dénonce “les turpitudes et les contradictions d’une société marocaine à la dérive”, devenue “une jungle livrée à la loi du plus fort, où l’individualisme s’est incrusté avec cette violence qui caractérise la prédation”. Aux nantis obsédés par “la frime”, les couches populaires “opposent sans complexe une anarchie désarmante, écho de la Siba de naguère”. Quant aux “contraintes liées à l’exercice du droit et des libertés”, chacun, riche ou pauvre, s’évertue à s’en exonérer, ajoutant à “la raison du plus fort” celle… du plus malin.
 

Une analyse crue, sans concession, salutaire – à lire d’urgence.

La société marocaine a la certitude de s’être définitivement installée dans la modernité. Une “modernité” visible, évidente, nous répète-t-on. La pensée commune s’entête et l’affirme comme allant de soi. Certes, on voit bien que la classe moyenne accède de plus en plus à la consommation des biens d’équipement moderne. Mais il est faux d’établir, de fait, une adéquation entre l’appropriation de ces “signes” et la revendication de la modernité. Le pas serait abusif.

La modernité, cette illusion
En réalité, la modernité ne se dévoile pas sur les murs et les enseignes. Elle ne se rencontre pas dans les parcs, les supermarchés et les réseaux autoroutiers. Pas plus qu’elle ne se laisse réduire aux artefacts de la consommation, aussi moderne soit-elle. Non. La modernité se donne à lire dans l’aptitude à une bonne et authentique gouvernance, au niveau politique. Elle s’appréhende dans les capacités d’une société à se construire un espace de citoyenneté qui met en scène l’individu souverain dans ses actes et dans ses engagements, quand ils sont gouvernés par la raison et affranchis de toute transcendance. La raison confère à l’individu sa pleine liberté de citoyen qu’il exerce en convoquant, dans l’exercice de la liberté, l’expérience des limites qu’elle lui impose.
On ne conçoit pas une liberté qui nie celle des autres ou qui la contrarie. C’est un lieu commun. La liberté est un continuum où les contiguïtés de ses représentations et de sa pratique édifient un espace civique où s’assument les droits et les devoirs inhérents au principe de responsabilité citoyenne. Penser son individualité et faire valoir sa liberté, c’est assurément une façon de se tourner vers la modernité.
Les sociétés traditionnelles revendiquent, certes, les mêmes caractères “d’individualité” et de “liberté”. Mais en les “diluant” dans et pour la pérennité du groupe. Par ailleurs, ces sociétés règlent leur présent sur l’invocation de leur passé. Leur présent n’est alors qu’une contextualisation figée de leur passé, à travers les rites, les coutumes et les traditions intériorisées.
C’est que la modernité n’est pas donnée une fois pour toute. Elle ne connaît pas l’immuable. Elle admet ; elle appelle les ruptures. On n’est pas installé dans la modernité quand le poids, les lourdeurs du passé gèrent le présent et l’avenir. La modernité est un projet d’émancipation sociale, sans cesse renouvelé. Un projet inachevé, qui a le mérite d’inciter à une constante remise en question de soi, des normes et des valeurs sociales. Entrer dans la modernité, c’est tout simplement vivre avec son temps.

L’espace public, ce bien commun
De tout temps, les sociétés humaines ont œuvré, chacune dans sa singularité, à l’édification d’un espace public, enjeu de leur cohésion sociale. Des grottes du néolithique aux steppes de l’Asie centrale, des savanes africaines à la place de mai en Argentine, en passant par l’Agora des Grecs, les sociétés humaines, selon leur génie, ont construit leur espace public, en y privilégiant une aire de pratiques et de représentations visant à une régulation des mœurs et des conduites des groupes sociaux.
Les Grecs, bien évidemment, ont marqué l’histoire universelle. On a davantage retenu l’Agora que le baobab ou l’arbre à palabres des sociétés africaines traditionnelles. Le modèle grec a inspiré l’espace social de l’Europe, comme il lui a fourni les fondements de ses démocraties, politiquement parlant.
La structuration de l’espace public en tant que champ de l’agir individuel et collectif est consubstantielle des enjeux de société qu’il porte et incarne. Un espace régi par des velléités coercitives inhibe les réseaux d’interactions des hommes, leur volonté, leur liberté. Il force à une crispation des mentalités. Un tel espace de “forclusion” génère de la violence, intériorisée ou flagrante, parce que les hommes ne s’y reconnaissent pas, ne le reconnaissent pas comme “un bien commun”, selon l’expression d’Aristote.
L’espace marocain, quant à lui, ne souffre plus de ces coercitions d’antan. Mais il continue de porter les stigmates d’un régime défunt. Il peine à se libérer de lui-même. Enchaîné aux réflexes de survie, il manifeste encore les turpitudes et les contradictions d’une société à la dérive. Il est loin d’avoir atteint un semblant de citoyenneté. C’est bien un espace public, comme une jungle est une jungle. L’individualisme s’y est incrusté avec cette violence qui caractérise la prédation. Le fort y est fort, le faible y est faible. Les deux y sont liés par ce fatal attrait du prédateur pour sa proie.
Livré à la raison du plus fort, notre espace public prédispose à une mentalité agressive du “bec et de la griffe”, selon la formule de Jean-Marie Pelt (La raison du plus faible, Ed. Fayard, 2009). Le principe qui régit les relations individuelles se résumerait dans ce mot d’ordre, résonance d’un écho primitif, forgé par le même Pelt : “Mangez-vous les uns les autres”. On serait en peine de déceler, à l’intérieur de cet espace, la figure du citoyen responsable, respectueux de lui-même, des autres et du bien commun.
Le paradoxe de l’espace public marocain, c’est qu’il se réclame d’un changement longtemps espéré, enfin advenu, en même temps qu’il mobilise et convoque, pour son fonctionnement, des attributs de stéréotypies de comportements et de conduites archaïques ou anachroniques. Le changement n’est que représentation de façade, les mentalités demeurent les mêmes, au point qu’il n’est pas abusif de penser que l’espace public est gangrené par cette contradiction : changer pour rester le même ou rester le même dans le changement. Une quadrature du cercle. L’espace public marocain a sa propre grammaire. Il s’y pratique une conjugaison rigide de l’un sans les autres, sans le tout.

Classe moyenne, parlons-en
La classe moyenne, aux contours encore indéfinis au Maroc, aime bien afficher son statut et ses privilèges, légitimes et prétendus comme tels, toujours de manière ostentatoire et souvent vulgaire. Elle ne semble pas avoir fait sien l’adage de prudence : “Pour vivre heureux, vivons cachés”. Attitude de classe et de parvenus en mal de reconnaissance, qui aspire à un double effet de distanciation et de proximité. Au premier est dévolu le rôle de maintenir et d’accentuer les écarts symboliques de classe en déployant des attributs matériels réputés hors d’atteinte des couches sociales à revenus faibles. Au second est affectée l’ambition d’affirmer la maîtrise des codes sociaux des classes dirigeantes détentrices des modèles dominants du marché symbolique du pouvoir.
Obnubilée par son désir d’assimilation, la classe moyenne pèche par excès de zèle, adopte puis adapte, dans leur forme caricaturale, les traits distinctifs convoités. La voiture en est un exemple emblématique parce qu’elle permet, grâce à son rayon d’action, à sa visibilité, une meilleure diffusion des manières et des manies qui font sa marque de fabrique, son “appellation d’origine contrôlée”. La classe moyenne n’a pas l’âme écologique. Les pays industrialisés portent leurs efforts sur la réduction de l’effet de serre qui hypothèque l’avenir de la planète. En matière automobile, les constructeurs ont opté pour des véhicules à faible consommation d’énergie, sous la pression de l’opinion publique avertie et des courants du développement durable. La classe moyenne marocaine, elle, affectionne et collectionne les marques cotées, en particulier les “quat’quat”, gourmands et polluants. Qu’à cela ne tienne, la parade n’a pas de prix. Il s’agit de montrer les accessoires fétiches d’une proximité au pouvoir central. Et, comme deux précautions valent mieux qu’une, un soin particulier est apporté au choix de la couleur des véhicules. Qui a dit que le noir n’est pas une couleur ? Si, si ! Celle des cortèges royaux, des officiels, des habitués des méchouars, ou des cabinets occultes. En un mot, du Pouvoir. C’est bien de cela qu’il s’agit. La classe moyenne entend bien faire savoir qu’elle a du pouvoir. Le pouvoir d’achat n’est qu’anecdotique pour elle, même si elle tire le diable par la queue, comme tout le monde, dans le secret des découverts bancaires ou des crédits à répétition.
Donner le change est le mode opératoire de cette élite. Tout est dans une représentation théâtrale, tragi-comique. Cet habitus est poussé dans son expression la plus caricaturale, grossière, chez certains qui jettent leur dévolu sur une marque précise. Ils commandent, quand ils n’exigent pas de leur vendeur ou de leur concessionnaire, que leur BMW ou leur Mercedes satisfasse à ces impératifs : teinte noire métallisée, vitres teintées et plaque minéralogique de RABAT. Ces détails ne sont pas anodins, tant ils signifient socialement une démarche puérile et agressive. Puérile parce qu’elle procède d’une mystification propre à faire croire, en en exhibant quelques oripeaux, quelques artifices, à une appartenance au sérail du Palais royal. Agressive car elle marque une stratégie d’intimidation et de violence symbolique, déployée comme mode de neutralisation des identités des classes déshéritées ou de leurs prétentions à la modernité.

Caste, frime et Siba
La classe moyenne négocie tout le temps sa contiguïté avec le pouvoir central. Elle tire de ses tentatives et de ses réussites en la matière (si tant est que l’on puisse parler de réussite) des avantages certains qu’elle expose avec la vanité et l’orgueil morbides qui siéent aux arrivistes, affairistes, carriéristes, opportunistes et suppôts de tout poil. Le credo de cette nouvelle “caste” est des plus simples : montrer ce qu’elle a et se montrer telle qu’elle n’est pas. Digne héritière du machiavélisme, elle se nourrit du cynisme de cette doctrine, en irrigue la pensée commune et affecte les comportements sociaux dans leur globalité. Toute fin justifie tous les moyens : tel est le levier de la machinerie, voire de la machination, mis en œuvre.
En se prévalant, à la fois de ce qu’elle ne peut être (réellement au cœur du pouvoir) et de ce qu’elle représente objectivement, la classe moyenne s’enferme sur elle-même, joue des coudes, inlassablement, pour s’assurer une respectabilité de façade, se tailler une portion gourmande de privilèges usurpés, par le biais du clientélisme, des passe-droits. Le tout pour parachever, en un mot, l’impunité, l’intouchabilité derrière lesquelles elle court et s’affaire. Ce modus operandi n’a d’autre raison que de se soustraire aux lois et règlements bafoués avec la plus grande négligence, la plus condamnable des légèretés. L’idée, aussi saugrenue soit-elle mais très largement partagée, c’est que les lois et les règlements ne sont faits que pour les va-nu-pieds, les enturbannés, les voilées ou les crânes rasés. La classe moyenne ne s’applique qu’une seule règle : se jouer de toutes les règles avec, en prime, une tendance à en jouer, à frimer de tous les feux.
A ce jeu-là, elle aura réussi à enflammer le pays. Le feu couve partout. Et personne n’est disposé à jouer les pompiers. Pas même les supposés “va-nu-pieds”, ébouriffés de misère intellectuelle et morale. Dans leur frénésie à imiter tout et n’importe quoi, ils en font trop et exagèrent, dans leurs pratiques sociales, dans leurs représentations, dans leurs désirs, le cycle de reproduction des modèles des nantis. C’est ce que les sociolinguistes appellent un phénomène d’hypercorrection. Eux aussi friment, de rien, pour rien. Ils “se la jouent”, comme on dit vulgairement. Ils jouent si bien qu’ils rendent leur pièce aux nantis de tout bord, et leur dament même parfois le pion. Et pas qu’aux nantis, Eux aussi ont mis le pays sous coupe réglée. Ils ne négocient pas leur impunité dans les salons privés ou sous les lambris des grands ministères. Le moqaddem, le chaouch, le khalifa ou même le Si An-Naïb (le député du coin) sont leurs alliés, leurs acolytes. C’est qu’ils ont le bras long, eux aussi. Il ne faut pas croire. Selon eux aussi, les lois sont faites pour les autres, mais surtout pas pour eux. Ils sont au-dessus et ils payent pour ça. Demandez au gendarme ou au policier qui se pointent, comme des métronomes, le 5 du mois, ou le 15, au rond-point ou au virage le plus vicieux, pour arrondir leurs fins de mois. Il faut bien qu’ils vivent, eux aussi. Ce ne sont pas des chiens, même s’ils mènent une vie de chien et que tout les enrage. Eux aussi !
Il faut comprendre tout ce monde, même si tout le monde ne comprend rien à tout cela.

Le temps de la télé-modernité
La “modernité”, tous y tiennent, vent debout. Nos concitoyens se sont affranchis des couscoussiers qui pullulaient sur leurs terrasses il y a une vingtaine d’années, aujourd’hui remplacés par les paraboles. Et les images de la télévision ont radicalement transformé leur univers social, violemment perturbé leurs représentations du monde. Leur monde n’est plus au coin de chaque rue. Il est médiatisé au travers des spots publicitaires venus d’ailleurs, qui vantent l’ailleurs, ses temples de consommation et leur démesure. La modernité sur laquelle fantasment les déshérités est une coquille évidée qui n’a aucun sens dans un espace social alourdi par des archaïsmes tenaces, rebelles aux changements structurels. Leur modernité est factice, corrompue et dévoyée. Elle est “attrapée” comme des benêts attraperaient des mouches avec du vinaigre, de loin. Leur modernité, saisie par la lucarne des téléviseurs, n’est qu’une “télé-modernité”.
Les déshérités livrent bataille aux cols blancs, aux mains sales, aux nantis, sur les marges de l’espace social. Mais les uns comme les autres participent à la décomposition de ce qui ronge le pays : les mentalités, en tout point rétrogrades et violentes. Personne ne s’enhardit à trancher net avec ses réflexes, ses habitudes qui oblitèrent et condamnent les voies vers une authentique modernité. A la frime, les couches populaires opposent, sans concession, sans complexe, une anarchie désarmante (naguère dénommée, en dialectal, Siba). Le mot d’ordre est simple : se sortir de toute situation, en y mettant le prix le plus insignifiant et par des détours qui ne s’embarrassent pas de scrupules. Tout est interprété puis transformé, c’est-à-dire dénaturé, pourvu que soient satisfaits les petites affaires du sordide quotidien, les petits intérêts mesquins. Le feu rouge n’est rouge que si l’on veut qu’il soit rouge ; quant au vert, il est totalement inutile, redondant, en l’occurrence, dans cette logique. Les “deux roues” ont bien un casque, mais il trône sur le guidon, quand il ne sert tout bonnement pas de panier à légumes. Les jeunes s’amusent à narguer les voitures et la mort, en décrivant, au beau milieu de la chaussée, des ronds de vélo ou des huit hasardeux, sans aucun souci. Inutile de les rabrouer, ils recommenceront quelques mètres plus loin, en vous gratifiant de quelques insanités du cru.
Notre espace public échappe donc à la raison. En tout cas, à une raison reconnaissable. Chacun s’évertue à s’exonérer des contraintes liées à l’exercice du droit et des libertés. L’Etat et ses instances garantissent, en théorie, ce que le sociologue Jean-Daniel Raynaud appelle le contrôle formel, à travers lequel il applique des “sanctions institutionnalisées”. En pratique, force est de constater que l’Etat est bien en peine d’exercer son contrôle social, handicapé par son corps gangrené (la dépravation constatée chez les auxiliaires de police et de justice, les agents de la fonction publique). Le phénomène est d’ampleur. Au point que l’Etat, comme la société, débordé, tétanisé dans son impuissance à l’enrayer, s’accommode de toutes les formes de déviance. L’absence de l’Etat ou sa démission n’est pas sans conséquence. Elle favorise l’intrusion, dans le champ du contrôle social informel (les interactions de la vie quotidienne), de voix nouvelles qui s’autorisent de nouveaux discours, revendiquent et imposent un autre paradigme de légitimité : le paradigme religieux comme alternative au désordre social. Ses injonctions d’un autre temps ruinent la crédibilité largement entamée de l’Etat et de ses efforts pour inscrire la société marocaine dans son projet d’émancipation et d’éligibilité à la modernité.
Faire du neuf avec du vieux Aidé par les slogans vides qui lui tiennent lieu de vecteur, le discours religieux, ou faussement religieux, compromet toute velléité de consensus dans le processus de légitimation de la modernité. La mobilisation autour du “dissensus” auquel ce discours appelle trouve écho dans les couches les plus perméables à un certain islamisme rampant, parfois radical.
L’islamisation de l’espace public avance à marche forcée et l’on ne compte plus les véhicules qui arborent, sur leur pare-brise arrière, des versets du Coran invitant à “ne pas oublier d’invoquer Allah”. Le salut résiderait dans cette ultime et suprême invocation qui prémunirait de tout et de tous. Mais si, d’aventure, elle venait à ne pas suffire, des calligraphes anonymes ne manqueraient pas, pour vous conseiller, pour votre salut, en toutes circonstances et en dernier ressort, de vous en remettre à “Dieu, clément et miséricordieux”. Le credo ne date pas d’aujourd’hui.
La faillite du politique et les nouveaux dérèglements sociaux ont laissé le champ libre aux spéculations les plus douteuses sur la puissance du religieux, seul à même de rétablir la paix sociale, en moralisant les mœurs et en retournant aux fondamentaux de l’islam. Une entreprise anachronique et passéiste qui trouve entrepreneurs nouveaux et relais efficaces.
Faire du neuf avec du vieux, pourquoi pas, si nous ne savons pas y faire avec le neuf ou s’il n’est pas taillé pour nous. Seulement voilà, les “entrepreneurs de morale”, selon l’expression du sociologue Howard Becker, tentent d’imposer de nouvelles normes de conduite dans lesquelles s’inscrivent, comme en négatif, tous les travers, toutes les déviances. Les versets du Coran couvrent les pare-brise des véhicules et appellent à la moralisation forcée des comportements et des mœurs. Mais ceux qui participent à ce mode de diffusion ne sont pas les moins portés sur les incivilités et les dérogations aux règles de sécurité et de courtoisie de la route. Les voitures s’improvisent en minbars et en tribunes pour la prédication et le prosélytisme. Elles servent de relais à une violente croisade qui fait fi des libertés publiques ou des règlementations de la voie publique.
S’en remettre à Dieu à chaque transgression, c’est se retirer du monde en se mettant en marge des institutions des hommes, en négligeant de contribuer à consolider les prémices d’une modernité fragile qui peine à affirmer sa rationalité. Il n’est pas sûr que les nouveaux entrepreneurs aient pris toute la mesure de ces enjeux. Et il est permis de douter de leur volonté d’y souscrire. Le sort des hommes ne les intéresse pas. Ce qui les motive est de l’ordre du divin, transcendant tout. L’au-delà est leur seul enjeu. La société, ses hommes, ses règles et ses lois sont relégués au second plan de leurs préoccupations.

Sisyphe, version marocaine
Ces postures de repli ne portent pas à la grandeur tant elles cultivent les paradoxes et réduisent les atouts de la modernité. Les mosquées, lieu de leur prédilection, ne désemplissent jamais. Elles débordent jusque sur la voie publique et dérèglent la circulation. Bousculer l’ordre profane pour que s’épanouisse le sacré, là réside le sens de cet activisme moralisateur. Là se lisent tous les désordres. Il n’y aurait rien à redire si tout cela donnait à observer dans le tissu social quelque effet de rectitude morale ou de redressement des comportements déviants. Il n’en est rien. Toutes proportions gardées, l’afflux vers les mosquées n’est que l’occasion d’une cérémonie pénitentielle au cours de laquelle chacun vient trouver absolution à ses péchés. Les mosquées semblent coupées des réalités sociales dont, naguère, elles ont fait leur pain quotidien. Leur emprise, en tout cas, sur l’hypocrisie générale est amoindrie. Tous les enturbannés, les barbus ou les imberbes qui se déversent sur les trottoirs, après les prières, oublient allègrement sermons, versets et hadiths pour se remettre à cracher à vos pieds, multiplier les jurons, etc. Ils sont prêts à refaire le plein des incivilités, des entorses à la loi, des manquements aux devoirs, en attendant le prochain office du vendredi saint qui les lavera, de nouveau, bien blancs. Le mythe de Sisyphe version moderne, et marocaine, en quelque sorte. Absurde.
Les Marocains cultivent le paradoxe. Les désordres qu’ils produisent dans leur espace ne sont jamais perçus comme la conséquence des dérives et des manquements de chacun. La responsabilité est rejetée sur les “autres”, entité diffuse et anonyme. “L’enfer, c’est les autres”, comme l’écrivait Jean-Paul Sartre.

Les incertitudes de la transition
Que les Marocains s’accablent de violentes invectives, est le signe que la société ne s’est pas libérée des brutalités et des exactions d’hier. L’enfer, assurément, est partout. Il provient de loin. De l’histoire récente du pays, de ses années dites de “plomb” qui ont creusé le lit de tous ces dérèglements dont les mentalités portent toujours les stigmates.
Peut-être faudra-t-il accepter l’idée que ces bouleversements soient naturellement inhérents à toute transition. Et peut-être nous est-il permis de nourrir quelque espoir de ne pas voir le pays sombrer dans le déclin…

Tendance. “Vive le roi, Vive le Je !”
Nul doute que l’avènement de Mohammed VI aura débridé les esprits longtemps aliénés, réhabilité la parole injustement confisquée, fait éclater nombre de tabous. L’évènement est d’importance. Mais, comme la boîte de Pandore, il n’aura pas répandu que des bienfaits. Il aura provoqué, dans son sillage, ce que les stratèges, d’un euphémisme douteux, ont nommé “des dégâts collatéraux”. Recouvrant leur liberté, les Marocains, encore maladroits dans le délicat exercice des libertés auquel ils ne se sont pas préparés, ont versé dans tous les excès. Désormais, la liberté est perçue comme un sauf-conduit pour toute forme de débordement. Le Marocain, hier séquestré dans le noir obscur, revendique, tapageur et forcené, un individualisme tenace et démesuré, violemment aveuglé par le nouvel éclat. Rien ne doit plus pouvoir contrarier ce que le Marocain découvre avec délectation : sa liberté, cette faculté non monnayable qui l’autorise à braver tout et tout le monde. Le bon sens a abdiqué devant une telle conquête. Et, tandis que certains caciques de l’ancien régime rasent les murs, le Marocain, exultant, crie sur les abords du cortège royal « Vive le Roi », pensant secrètement, bravache : « Vive le JE ». L’espoir d’une conscience collective de ce que devrait être “le bien commun” s’en est trouvé davantage fragilisé, le cédant à un ego surdimensionné, source des convulsions qui secouent l’espace marocain. “C’est mon droit”, “J’ai le droit”, “Je fais ce que je veux, où je veux, comme je veux, quand je veux” est le nouveau paradigme, la nouvelle ossature qui charpente cette forme de pensée unique, anarchique, et structure les comportements déviants qui lui sont sous-jacents. La morale s’emballe dans les remous de cette frénésie de l’affirmation du Moi qui évacue de ses impératifs les contraintes (devoirs et obligations) inhérentes au principe supérieur de responsabilité.

Système D. La loi du plus débrouillard
On peut dire qu’une frange non négligeable de Marocains a acquis le réflexe de “se débrouiller” avec ce qui la gêne. Elle ne s’en débarrasse pas. Elle s’en accommode moyennant quelques arrangements complices et corrompus. La débrouillardise est érigée en valeur cardinale qui gouverne ses intentions comme ses projets, ses actes comme la mentalité qui les anime. Tout nous gêne. Les lois, les règlements, les devoirs, les engagements, le respect des autres et de l’espace social, le présent et l’avenir. La modernité, sans lendemains, est jetée en pâture aux appétits les plus immédiats. La corruption est logée dans l’œil du policier qui vous toise, raide et faussement débonnaire. Elle est lovée, comme une verrue, dans la main moite et avide de l’infirmier, du moqaddem, du caïd, etc. La moralité est saignée de partout. Le mal enfièvre le pays tout entier.
Alors on redouble d’adresse pour se mettre à l’abri de ce que dit le droit. Les uns comme les autres se constituent carnets d’adresses et réseaux d’intermédiaires occultes. Les uns et les autres valent ce que valent leurs protecteurs. La loi ne vaut rien, elle. Les passe-droits, le clientélisme, ont raison d’elle.

Réflexe. La peur du flic, mode d’emploi
Ailleurs, dans les démocraties, la peur du flic ou du gendarme traduit la peur des citoyens de contrevenir au droit et donc de se voir infliger de justes sanctions. Elle exprime aussi l’intransigeance des représentants de la loi qui ont mission de l’appliquer équitablement et avec rigueur. Leur honnêteté, leur civisme engagent ceux des autres citoyens.
Le Marocain, lui aussi, a peur du policier. Mais son civisme et sa citoyenneté sont enfouis au fond de sa poche où il tente de dégoter quelques pièces pour le policier qui l’attend, au même endroit. Il ne se soucie guère de vérifier s’il emporte avec lui les papiers de son véhicule. Dieu l’accompagnera de toute façon dès l’instant où il mettra les pieds dehors. Et la modernité, dans tout cela ? Casse-tête, trop compliqué, un truc venu d’ailleurs, de l’Occident, quelque chose de dangereux, attentatoire à l’authenticité.
Pour leur part, le policier et le gendarme font une lecture sémiologique tronquée de leurs instruments de travail. Le radar portatif est leur filet, une machine à sous dont chaque prise équivaut à une jubilation. Dommage parce que le radar, c’est tellement plus, autre chose. Porté par un agent assermenté, il garantit l’autorité de l’Etat en rappelant toute sa rigueur objective à tout contrevenant. Et assure, surtout, la sécurité des usagers de la route. Les contrôles auxquels ceux-ci sont soumis doivent logiquement les inciter au respect de toutes les dispositions légales. C’est ainsi que s’appréhende, dans sa simplicité, le sens “dénotatif” lié au terme radar. Son contenu “connotatif” est plus étoffé : respect des lois, de la liberté d’autrui, sens des responsabilités, civisme, courtoisie, autant de traits auxquels renvoient les fonctions attachées au radar et qui balisent, par leur observance stricte, le chemin de la citoyenneté. Chez nous, en “Absurdistan”, nous sommes bien entendu loin de tout cela.

Automobilistes, piétons… Société à irresponsabilité illimitée
L’espace public a ses règles. Celles du vivre ensemble, celles d’une bienséance, d’un savoir-vivre. C’est ce socle qui fonde la garantie d’un espace civique, stable, gage d’une société apaisée digne avec ses hommes, à leur tour dignes de cet espace. Au Maroc, cette réciprocité s’avère un leurre, à l’examen des occurrences suivantes :

1 Inutile de rouler en voiture en respectant la limitation de vitesse. Vous essuieriez les foudres de tous les usagers de la route.

2 Ne vous croyez pas en sécurité si vous gardez votre droite. On viendra vous doubler à votre extrême droite, pour se rabattre devant vous. Un bras d’honneur sera votre lot, si vous protestez derrière votre vitre.

3 Ne vous avisez pas d’essayer de traverser la chaussée, si vous êtes piéton. On ne vous laissera pas passer et vous vous entendrez traiter de tous les noms d’oiseaux.

4 Ne croyez pas que la ligne continue vous garantit la vie. Vous êtes doublé par des véhicules qui chevauchent allègrement la ligne continue. Et dans les deux sens : derrière vous et en face de vous.

5 Ne vous placez pas derrière un véhicule arrêté à un Stop. Vous perdriez votre temps. Le gars, confortablement installé dans son 4X4, a arrêté le moteur de son véhicule. Lunettes noires, costume trois pièces, manifestement bronzé aux UV, il téléphone. Il vous foudroie du regard le plus méprisant et continue son manège, sans état d’âme.

6 Ne levez jamais les yeux au ciel quand vous déambulez en ville. L’asphalte, aussi bien que les trottoirs, sont souillés de crachats et de glaires peu ragoûtants.

7 Ne cherchez pas le sens de la queue dans une banque, une administration ou chez un commerçant. Il n’y en a pas. La file n’existe pas. Elle n’est pas en profondeur. Elle s’étale sur toute la largeur du comptoir. On pousse des coudes ; on passe au-dessus de vous des documents, des chèques, pour vous voler votre tour.

8 Ne vous étonnez pas de voir un flic chaleureusement entouré du contrevenant, de son copain et de ses cousins. Les flics adorent le contact humain. Les contrevenants aiment se frotter, de très près, aux flics. Les flics, c’est connu, ce sont des gentils, même flanqués de leurs radars, postés au bout d’interminables avenues où ils semblent attendre d’autres cousins, d’autres meilleures grivoiseries.

9 Si vous ne démarrez pas au quart de tour, au feu vert, les autres vous aboient dessus, en lâchant sur vous leurs klaxons rugissants. C’est que le Marocain est pressé. Il n’a pas de temps à perdre. Il participe au développement du pays.

10 Ne croyez pas qu’un sens unique (panneau d’interdiction) vous garantit la libre circulation. Le gars que vous rencontrerez, remontant le sens interdit, ne vous laissera pas le passage. Il est pressé et n’a pas le temps de faire le pâté de maison. Alors, il économise son temps, en coupant au plus court. Il est prêt à tout. Gare au gourdin que beaucoup de Marocains planquent dans leurs voitures.La liste de ces dysfonctionnements et de ces manquements est longue, malheureusement. Ce corpus suffit pour illustrer l’étendue du désastre. La vague d’incivilités ne semble épargner personne. S’il se trouve quelques-uns à s’émouvoir de ce fléau, rares sont ceux qui joignent les actes à la parole. L’indignation n’est pas un sentiment partagé. Comment pourrait-il en être autrement du moment que l’outrecuidance, la déviance, le système D, l’obséquiosité, la corruption, sont des traits largement diffusés dans les esprits, profondément intériorisés ? Un tel espace public est de toute évidence malade de lui-même. L’impuissance à juguler cette hémorragie des normes et des valeurs morales atteste bien que le mal est profond.
Comment expliquer ce désordre, ce chaos ?
 

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http://www.emarrakech.info/Maroc-la-verite-qui-derange_a15361.html

Maroc : la vérité qui dérange

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Sommes-nous sublimés par nous-mêmes ? Ou nous voyons-nous sur un miroir qui nous ment ?

Vous ne m’en voulez pas si mes propos sont directs et frontaux. Je veux que vous sachiez bien que si je parle ainsi de mon pays, c’est parce que je l’aime et cet amour est indescriptible et indéfinissable car je n’ai pas l’âme d’un poète qui sait mieux que moi extérioriser ses émotions.J’ai choisi ce titre, ce n’est pas pour ennuyer ou déranger quiconque bien au contraire, je voudrais juste rapporter une vérité sur qui sommes-nous en réalité ? Certains qui ont vu le film d’Al Gore La Vérité qui dérange ont pu remarquer sûrement à la fin du film que la vérité du réchauffement de la planète est un fait avéré. La question qui se pose est est-ce que le poids de ce titre traduit effectivement la préoccupation de la population de la planète ? Ma réponse est non parce qu’en ce moment la majeure partie de la population de la planète, environ 80 %, est plutôt préoccupée par le réchauffement du prix du pétrole et son impact sur le réchauffement des prix des produits de première nécessité dont ils ont besoin au quotidien. Ceci n’enlève pas le caractère sérieux de la problématique du réchauffement de la planète, mais l’enrichissement des spéculateurs au détriment de la population de la Terre me paraît beaucoup plus sérieux que le réchauffement climatique.Certaines ou certains Marocains sont sublimés par eux-mêmes
J’ai envie d’utiliser une autre métaphore qui illustre bien qui nous sommes en réalité, mais je n’ai trouvé que celle-là : nous ressemblons terriblement à quelqu’un qui croit dur comme le fer qu’il est beau, mais en réalité il ne l’est pas. Sûrement que ce quelqu’un, il faut lui recommander de changer son miroir ou l’enlever carrément de chez lui parce que lui raconte n’importe quoi. Probablement cette vérité, ça va choquer quelques-uns, mais hélas il n’y en a pas d’autres. La seule et l’unique que j’estime à même de coller à notre vérité, c’est celle-là. Cette vérité qui dérange, mais c’est la seule à mes yeux palpable et quantifiable. La question de croire ou de ne pas croire à cette métaphore, ça n’a pas beaucoup d’importance. Par contre la question jusqu’à quand on va continuer à faire confiance au fameux miroir qui voile la vraie réalité de notre face et en consolide en conséquence l’idée que nous sommes sublimés par nous-mêmes :).
 
•    Tu rigoles.
•    Oui, mais tu veux que je fasse quoi m’a-t-il répondu le sublimé par lui-même.
•    T’as raison, continue à rigoler et on verra qui va rigoler le dernier.
Maintenant, je vais décliner les chiffres qui font tourner la tête. Ce sont des chiffres que j’ai pioché dans ce rapport et on va voir qui rira le dernier :

1. Les perspectives de développement humain : Nous sommes au 126e rang juste devant le Soudan. Tous les pays arabes sont devant nous à des années-lumière. Quant au niveau de l’enseignement, on est pratiquement le dernier de la classe. A tire indicatif, la Namibie nous devance largement au niveau du développement humain, ça ressemble à une grosse blague, mais ce que je suis en train de rapporter, hélas, c’est la vérité. Le rapport révèle que ce classement nous permet de nous rapprocher des pays « à faible développement humain ». Quelle honte !!

2. Les perspectives de développement social A ce niveau, aucun organe marocain ou aucun plan de développement social n’a convaincu les experts de PNUD des « progrès effectifs ». Par contre, nous n’avons pas honte de ne faire valoir que les plans. Les experts internationaux n’ont rien à faire des signaux. Ils ne croient qu’aux faits et les résultats calamiteux. Visiblement, on est atteint du syndrome de la Coupe du monde. On veut tout organiser et tout édifier sur la base des maquettes. Apparemment, on est plus champion du monde dans le jeu des maquettes qu’autre chose.

3. Les perspectives de l’éducation et de l’enseignement Puisque les indices de développement humain ont atteint le sommet de la médiocrité, je vous laisse deviner le niveau de l’éducation et de l’enseignement. Faute de paraître cynique aux yeux de certains, je vous laisse méditer ces chiffres. En fait, jusque-là, je ne fais que rapporter des faits quantifiables et les qualifier à leur juste valeur. Ce qui fait le plus défaut dans notre tissu social, ce sont les indicateurs de l’éducation et l’enseignement. A la fin de l’année 2005, le Maroc affiche un taux d’alphabétisation des adultes :
•    52 % d’alphabétisation des adultes ;
•    58 % un niveau de scolarisation combiné (primaire, secondaire, universitaire).
Notre pays fait moins bien que l’Ouganda, le Kenya ou même Madagascar. Encore quelle honte… !

4. Autres perspectives La liste est longue si je décline tous les chiffres et indicateurs qui attestent que la gestion des pouvoirs publics est en plein délire. Si nous n’avions pas atteint une espérance de vie de 70,4 ans et un PIB par habitant de 4,555 $, notre classement aurait été bien pire. Toujours est-il que ces deux résultats restent bien loin de ceux de l’Algérie, la Tunisie ou même le Gabon. Des pays comme l’Egypte ou la Syrie se rapprochent des niveaux de PIB/hab du Maroc, mais le devancent de loin dans le classement global, grâce à de bons indicateurs d’enseignement.
Où l’engrenage fait défaut ?
A la lumière des indicateurs précités, il y a matière de se poser des questions sur la fiabilité des stratégies de développement social au Maroc si elles existent bel et bien.
Tous les projets initiés depuis 2005 dans le cadre de l’INDH « l’Initiative nationale pour le développement humain » partout au Maroc n’ont permis de relever qu’il y a une amélioration tangible de la population nécessiteuse. Il faut attendre le rapport DH de l’année prochaine pour évaluer les mesures de cette initiative. Les premières enquêtes font état de dysfonctionnement qui paralyse gravement l’atteinte des objectifs.
Quant à l’enseignement, les indicateurs ne risquent pas de s’améliorer. Les opérateurs font état d’une aggravation sérieuse du secteur surtout au niveau de son infrastructure et de ses ressources humaines ainsi qu’une dégradation des conditions d’enseignement, notamment dans le monde rural. L’insuffisance dans ce secteur qui a été annoncé par des instances suprêmes et compte tenu de ces éléments, le score du Maroc ne risque pas de s’améliorer dans les prochaines années.
Constat fait, le Maroc est mauvais élève en termes de développement humain et social. Les experts du PNUD sont unanimes sur ce point et ont sûrement dû remarquer les inégalités incontestables entre les riches et les pauvres. Les signes de pauvreté et de précarité sont toujours aussi saillants et visibles que ce soit dans le milieu rural ou dans les espaces urbains comme les grandes agglomérations. Pourtant les organismes internationaux ne cessent de ressasser cette remarque qui n’a pas besoin d’expertise pour être signalée.
Des centaines de solutions ont été avancées pour garantir le minimum vital en termes de qualité de vie pour les plus démunis. Mais il semble que les responsables régionaux n’ont pas encore la volonté de passer à l’action. Résultat des courses : un résultat humiliant qui ne peut être que nuisible sur l’attractivité du Maroc pour les investissements étrangers.Pendant que le Maroc recule, ses concurrents directs progressent à grands pas. Le Gabon, qui était classé juste devant nous il y a deux ans, grimpe désormais à la 119e place. Au niveau du monde arabe, il n’y a que la Mauritanie, le Yémen et le Soudan que nous arrivons à devancer. Toujours pas de quoi pavoiser.
A tire de rappel, je donne quelques chiffres concernant le classement des pays européens par le PNUD.
On voit d’après ce classement que les pays scandinaves confirment leurs réputations en matière de qualité de vie. Les pays fortement industrialisés sont loin de donner le bon exemple en développement humain, mais on trouve des raisons valables du pourquoi de cette négligence dans ce domaine.
Climat des affaires
Le rapport de WWF, « World Economic Forum », souligne que l’accès au financement, la bureaucratie gouvernementale mal organisée et la corruption sont les facteurs les plus problématiques pour faire des affaires dans les pays africains en général et les pays de l’Afrique du Nord en particulier. Sur ce registre, l’Algérie détient le score de la négligence. Le document cite aussi la fiscalité, les taxes de régulation, une main-d’œuvre non qualifiée, une réglementation de travail restrictive, l’instabilité politique entrave la bonne marche du train de développement. Le rapport fait état de ce classement.

Conclusion

En fin un classement au milieu de peloton, ce n’est pas réjouissant, mais c’est déjà ça de gagné. Pour consolider cette bonne note, je tire la conclusion suivante : ce ne sont pas les ressources qui font défaut au Maroc, c’est plutôt le mode de gouvernance qui piétine. Il est à noter qu’il y a eu des grandes réformes au Maroc, chose qu’il faut bien saluer, mais, au niveau des mécanismes des répartitions des richesses et la bonne délégation des responsabilités, les organes compétents doivent revoir leurs copies.

A suivre…  

Karim Smail

Du Jazz Made in France mercredi 11 novembre à Agadir

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 Pulcinella pratique un mélange corrosif entre jazz, rock, tango, musette, traditions balkaniques et latines, du jazz délocalisé. 

Une séduisante invitation pilotée par L’institut français d’Agadir.

Un groupe en tournée à Casa (Jazz sous le rocher) et Rabat (Hôtel Pietri).

 IFA rue Chenguit (face au Jardin Olhao Avenue Kennedy) Nouveau Talborjt. Agadir

Retirez votre invitation “Gratuite” préalablement

La librairie en ligne, enfin présente au Maroc

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Une très bonne nouvelle pour les nombreux expatriés qui vivent au Maroc et qui n’ont pas l’occasion de remonter au “bled” régulièrement ou chaque année. Sans oublier nos amis Marocains qui se trouvaient devant une offre quasi inexistante ou limitée devant quelques kiosques par les recettes de “Choumicha…”.

Devoir rejoindre les grandes villes, chercher ensuite les librairies, puis sélectionner celles qui suivent l’actualité littéraire, et  détrousser enfin après maintes recherches les quelques vrais professionnels estampillés “libraires” qui existent certes mais qui se comptent sur les doigts d’une main au Maroc, et qui, sous certaines conditions, pouvaient vous commander le livre tant recherché depuis des mois, bref un parcours du combattant culturel enfin terminé.

Après Amazone et les nombreux sites d’éditeurs de commerce en ligne de livres ou de CD, qui ont ouvert ce nouveau type de commerce depuis qu’internet existe en Europe,  http://www.livremoi.ma  est enfin né au Maroc, sous l’impulsion de son créateur Mr Malan, qui va permettre aux amateurs de mots, sans bouger de chez eux, de suivre sérieusement l’actualité littéraire à distance et recevoir les derniers titres en toute fraîcheur et non plus en différé, et ce dans toutes les villes du Maroc.

Un bonheur pour des milliers, que dis-je, des millions de personnes, pour les professionnels enseignants et chercheurs, les élèves des écoles jusqu’aux plus jeunes.

Une ouverture plus importante culturellement qu’une simple facilité technique commerciale en ce pays devant une mer vide de mots.

 ”La culture commence par la volonté de faire germer, qui offre un jour le livre, qui libère les esprits, et qui change le monde”. PH.

Merci Mr Malan

Communiquons la culture entre nous pour ne pas la perdre…

Il est dommage de rater le peu d’expositions ou d’évènements culturels sur Agadir par un manque de communication en temps réel des instigateurs dans ce domaine. Nous tenterons de pallier cela via le Groupement, merci à tous de nous faire remonter ces informations tant attendues par beaucoup sur cette ville.

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Exposition des œuvres du peintre Hervé Metterie du 24 octobre au 21 novembre à l’IFA

Ancien dessinateur en textile d’ameublement, Hervé Metterie - alias Hervé - manie les pinceaux avec dextérité. L’artiste, installé à Asilah depuis trois ans où il expose régulièrement pour le célèbre festival, s’est largement inspiré des paysages du Maroc et des grands peintres fauvistes. Et le résultat est là : des tableaux colorés aux tons vifs, pleins de gaieté et de bonne humeur. http://www.emarrakech.info/Exposition-des-oeuvres-du-peintre-Herve-Metterie-Du-24-octobre-au-21-novembre-a-l-IFA_a28330.html 

La culture du livre au Maroc. Libraire ou Sacerdoce ?

“Si tout développement d’un pays par ses hommes réclame éducation et culture, ce n’est pas le cas des pays qui se développent d’abord matériellement sur le modèle des autres. Un pays sans livres est comme un homme sans âme, une machinerie sans huile.”

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 Le libraire, entre rentrée scolaire et rentrée littéraire

 35 nouveaux livres marquent la rentrée littéraire marocaine.
La chaîne du livre rompue au Maroc.
Malgré la suppression des taxes, le livre demeure cher.

“Est-il permis de parler de rentrée littéraire au Maroc ? A priori, oui. Mais lorsqu’on voit l’état des librairies ces derniers temps, on serait en droit de se poser la question. Car la priorité du moment est à la rentrée scolaire. Si vous voulez vous renseigner sur les nouvelles parutions ou si vous voulez acheter tout simplement un livre, vous devez faire d’incessants aller-retours avant de trouver ce que vous cherchez, mis à part les rares librairies dédiées exclusivement à cet effet. A croire que la littérature a déserté les étagères. Le livre scolaire s’installe confortablement. «C’est l’occasion pour nous de faire vivre la librairie», justifient les libraires. 35 nouvelles parutions marquent la rentrée littéraire nationale (contre 670 nouvelles parutions en France).”

“Officiellement, au Maroc, on compte quelque 250 librairies. Pour les professionnels, cela ne représente que «des points de vente de livres»,  certains les qualifient même de «dépôts». Une librairie, une vraie, selon Abdelkader Retnani, éditeur, «il n’y en a qu’une quinzaine.” «On considère toujours le libraire comme un simple vendeur».

“Le livre est cher. Cette phrase leitmotiv n’a pu trouver son écho qu’auprès de l’éditeur français Actes Sud qui a adapté ses prix au Maroc. Il y a aussi parfois des opérations, Spécial Maroc. «Le prix du livre de poche est adapté à notre marché. Nous avons 30 titres entre 28 et 35 DH», se réjouit Yacine Retnani. Malheureusement, le livre demeure inaccessible pour une bonne tranche de la société malgré la suppression des droits de douane et de TVA.”


“Si on veut gagner beaucoup d’argent, il faut faire un autre métier que celui de libraire”.

“Au Maroc, et contrairement à ce qui se fait en France, par exemple, les livres invendus ne retournent pas chez l’éditeur. La chaîne du livre est ainsi rompue. Réexpédier un livre est bien trop compliqué, ça coûte cher, «près de la moitié du prix du livre.”

“C’est un véritable travail d’équilibriste que de gérer une librairie au Maroc.”

Article complet : http://www.lavieeco.com/culture/14777-le-libraire%C2%A0entre-rentree-scolaire-et-rentree-litteraire.html

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