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Maroc immobilier. Qui n’a pas son rubicube en béton ?

La fièvre du standing des promoteurs serait remplacée par le virus économique, oubliant le rhume vite passé du logement social.

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Logement à prix abordable, entend-on depuis des années, mais ce sont des logements abordés par qui ? Le logement abordable devrait répondre au besoin de logement d’un million de familles en attente jusqu’en 2020, mais la vision des acheteurs est-elle la même ? Si la question peut interpeller, il suffit de voir qui s’y intéresse vraiment.

parpaing_travaux.jpgN’est-on pas en train de lancer une nouvelle bulle immobilière au niveau social inférieur et intérieur au Maroc ? Ce n’est pas d’aujourd’hui que les gens au Maroc achètent du béton avec l’espoir d’une plus-value attendue, mais certainement pas dans la vision humaniste d’aider les plus nécessiteux. La commercialisation de ces logements en direction des MRE qui reviennent l’été au pays est-elle la niche envisagée, ce qui formerait à terme des nécessiteux sociaux qui attendront encore ? Les MRE ne s’y trompent pas, beaucoup ont déjà construit hier au pays et progressivement leur bien en autoconstruction, pour éviter de tomber dans le panneau des prix dits “promotionnels”…, certes avec la vision de revendre rapidement ou en pensant que tous les étrangers qui arriveraient au Maroc leur paieraient un loyer supérieur. Et les nouvelles générations de MRE qui ont abordé l’Europe ne sont pas plus des pigeons que certains Européens hier face au standing, ils ont compris la crise et savent aborder les notions économiques, comme la qualité d’un bien acheté. Résultat des milliers de maisons vides, des immeubles fantômes, où deux fenêtres sur cent sont allumées le soir comme un appel de détresse de deux survivants.

Des projets gigantesques arrivent encore, des villes nouvelles germent et sont même annoncées ; vous trouvez même des projets d’appartements à 250.000 dhs face à des zones qui, hier, étaient dites “de très haut standing”, où des maisons de 5 millions de dhs attendent encore des acheteurs, des vendeurs, et où l’état de décrépitude avancée se remarque déjà…

Le béton fou serait-il issu de la crise ou un signe avant-coureur d’une seconde ?

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Économie

Ruée des promoteurs sur les logements sociaux à 250 000 DH ! 300 000 déjà planifiés

Publié le : 18/10/2010

Une trentaine de conventions ont été signées avec l’Etat dans le cadre du plan de relance.
En neuf mois, les mises en chantier projetées ont atteint l’objectif fixé par l’Etat pour les 10 prochaines années.
Addoha, CDG, Alliances, Palmeraie Développement…, les grands groupes s’y sont impliqués.
Presque toutes les villes sont concernées.

Des logements à 200 000 DH, à 140 000 DH ou plus récemment à 250 000 DH. Depuis quelques années, le Maroc a multiplié les initiatives pour tenter de répondre à la demande toujours croissante de logements à prix abordable. Le succès des logements à     200 000 DH, défiscalisés à la construction et à la vente, a d’ailleurs prouvé que le besoin existait, puisqu’en dix ans, les 89 conventions signées entre l’Etat et les promoteurs portaient sur la construction de 200 000 logements sociaux. La disparition des avantages fiscaux, en janvier 2008, avait d’ailleurs donné un coup de frein à l’activité du secteur. Et il a fallu, deux ans plus tard, et devant la crainte d’un effondrement du marché, revenir avec une nouvelle formule, plus en phase avec la réalité du marché (voir encadré). En janvier 2010 donc, le gouvernement mettait en place un dispositif fiscal attrayant et les premiers résultats semblent au-delà de toute espérance. L’intérêt des bâtisseurs réside certainement dans le fait que le marché potentiel est très large. En janvier 2010, lors d’un dîner-débat sur le sujet organisé par La Vie éco, Taoufik Hejira, ministre de l’habitat, faisait état d’une demande en logements pour le pays qui dépasse les 125 000 unités par an, dont 60% pour le social, sachant que 70% de cette demande vient des nouveaux ménages et que le reste irait résorber progressivement le déficit existant (700 000 logements). Autre information, 63% de la demande en logements se concentre sur cinq régions, à savoir Casablanca, Rabat, l’Oriental, Souss-Massa-Draâ et Marrakech.

15 conventions signées par le seul Addoha !

Où en est-on aujourd’hui ? Auprès du ministère de l’habitat, on se montre discret, en préférant sans doute attendre une occasion officielle pour faire l’annonce du total des projets programmés. Mais, chez la profession, c’est véritablement la ruée sur ce type de produit. Car, contrairement aux logements à faible valeur immobilière totale (VIT) de 140 000 DH destinés aux ménages dont les revenus sont inférieurs à 3 000 DH par mois (généralement les bidonvillois, les habitants des logements menaçant ruine, les porteurs d’uniforme ainsi que certains employés des secteurs privé et public), les logements sociaux à 250 000 DH s’adressent à toutes les catégories socioprofessionnelles et sans condition particulière de revenu.

Dans tous les cas, selon les estimations de la Fédération nationale des promoteurs immobiliers, plus de trente conventions ont déjà été signées avec l’Etat et, dans l’ensemble, les 300 000 logements visés par l’Etat sur une période de 10 ans sont déjà visés par les promoteurs à l’issue de 9 mois d’existence du cadre incitatif. Dans le lot des signataires, le groupe Addoha a pris de l’avance. «Nous avons conclu une quinzaine de conventions avec le gouvernement relatives au nouveau dispositif légal et fiscal de logements à  250 000 DH. Ces conventions portent sur plus de 100 000 logements situés dans différentes villes du Royaume, entre autres Casablanca, Tanger, Marrakech et Salé», se réjouit un responsable du groupe. «A Casablanca, le programme en commercialisation actuellement, Al Farah, connaît un succès sans précédent. Plus de 10 000 unités de logements à 250 000 DH ont été écoulées durant les dernières semaines uniquement», précise la même source.

Ces projets font partie d’un programme global de 150 000 logements à 250 000 DH à réaliser sur les cinq prochaines années annoncé par le groupe en juin dernier. Des logements répartis sur treize villes du Royaume. En tête de liste figurent Casablanca et Marrakech avec 35 000 unités chacune. Tanger verra la mise en chantier de 24 000 logements. La ville nouvelle de Aïn Aouda, initiée par le groupe Addoha dans le cadre de son partenariat avec la Compagnie générale immobilière (CGI), abritera quant à elle 17 000 logements, alors que Tamesna connaîtra la construction de 10 000 autres unités. A Kénitra, le promoteur immobilier compte réaliser 6 000 unités. Egalement présentes sur le planning du groupe immobilier, les villes de Fès, Agadir et Meknès qui verront la construction de 5 000 logements chacune. Enfin, le groupe a décidé de s’implanter, pour la première fois, dans quatre villes. Il compte construire 3 000 unités à Oujda et 5 000 autres réparties  entre Béni-Mellal, Safi et El Jadida. Le foncier y afférent a déjà été identifié. Il est en cours d’acquisition. A côté du programme de logements à 250 000 DH, le groupe Addoha continue à proposer à ses clients des logements sociaux à 200 000 DH, prévus dans les programmes dont les conventions ont été signées avec l’Etat avant 2008 (ancien cadre incitatif). Les chantiers y afférents ne prendront fin qu’ en 2013 et concernent des projets sociaux développés dans les villes suivantes : Tanger, Fès, Meknès, Salé et Kénitra, indique le service communication du groupe.

Les petites villes bénéficient également d’une attention des promoteurs

Filiale de la holding CDG Développement, Dyar Al Mansour figure également parmi les opérateurs marocains ayant conclu des conventions relatives au logement social avec l’Etat. «Avec l’adoption de la nouvelle loi sur le logement à 250 000 DH et la volonté de la CDG de se positionner en tant qu’acteur de référence dans le logement social, Dyar Al Mansour a amorcé sa réorientation stratégique pour se mettre en position de réaliser 100 000 logements à l’horizon 2020», explique Taieb Naciri, dg de l’entité. Cette société a débuté son activité en 2002 avec le projet Douar Al Kora composé de 2 200 unités de relogement, 650 commerces et 850 logements de péréquation. Pour le moment, une convention a déjà été signée pour la réalisation de 5 500 logements à 250 000 DH dans la ville de Témara. Toujours sur le même segment, trois projets sont en cours d’étude et d’autorisation. Il s’agit  de «8 600 logements à Rabat, 6 283 à Casablanca et 300 à Khémisset», indique M. Naciri.
 

Chez Alliances, l’autre gros mastodonte du secteur, le DG Karim Belmaachi indique qu’une dizaine de conventions ont été signées avec l’Etat, dont une concerne le logement à faible VIT et, tout le reste, des logements à 250 000 DH. Un programme de 80000 logements est annoncé par le groupe qui compte les réaliser à Casablanca, Marrakech, Tanger, Fès, Kénitra, Larache, Meknès et M’diq. «Ca avance très bien. La demande est là», se réjouit M. Belmaachi.
Même état d’esprit du côté de Espaces Saada, la filiale du groupe Palmeraie développement qui a manifesté son intention de jouer un rôle plus actif dans le segment. Certes, «la première convention signée avec l’Etat dans le cadre des logements à 200 000 DH l’a été en 2002, et, depuis, plusieurs autres ont été contractées. La dernière convention en date a été signée durant l’année en cours dans le cadre de la loi de finances 2010» , indique Samir Bennani, DGA de Espaces Saâda. Et de poursuivre: «depuis, nous nous sommes engagés dans des programmes qui comptent chacun quelques  milliers de logements dans les principales villes du pays, à savoir Agadir avec les projets  Adrar et Aït Melloul, Marrakech avec Saada 2 et Tamansourt, Casablanca avec Nouacer, Médiouna et Lakhyayta et Tanger avec Boughaz. Nous avons également plusieurs autres projets majeurs en cours de développement avec un foncier sécurisé à Casablanca, Marrakech, Fès et Agadir». M. Bennani ajoute, en substance, que Espaces Saâda comptent livrer plus de 20 000 logements d’ici à fin 2012, et que la volonté de la société est d’accentuer cette cadence. Ce qui est d’ailleurs déjà en cours avec une augmentation conséquente des mises en chantier. Le Dga de Espaces Saâda fait en outre savoir que la clarification des volets fiscal et juridique de ce segment incite l’entreprise à envisager la prochaine décennie avec beaucoup d’ambition.
A noter, bien entendu, que ces groupes ne sont pas les seuls à se lancer dans la course. De nombreux promoteurs se sont engagés avec l’Etat dont, par exemple, le groupe Jamaï. Auprès de ce dernier, on affirme avoir plusieurs chantiers en cours mais sans toutefois en révéler l’ampleur.


Il est vrai que les pouvoirs publics essaient de faire de leur mieux pour réduire les goulets  d’étranglement. En plus des dispositions juridiques et des amendements fiscaux incitatifs contenus dans la loi de finances 2010, qui encouragent les promoteurs immobiliers à mieux s’impliquer dans des projets d’habitat social, une circulaire conjointe, émanant des ministères des finances et de l’habitat datée du 6 juillet 2010 incite à la facilitation des dérogations, notamment pour l’habitat social.  «Nous avons senti une professionnalisation et une transparence croissantes au niveau des autorités locales, preuve d’une volonté de modernisation de l’administration publique. De même notre fédération s’est considérablement structurée, ce qui a permis d’alimenter le dialogue et l’adaptation entre les parties et de faciliter le métier de promoteur immobilier», conclut Samir Bennani de Espaces Saâda.

Mesures : Les détails du dispositif légal

Le dispositif relatif au logement à 250 000 DH est défini par la loi de finances 2010. Les mesures arrêtées sont les suivantes :- le délai du dispositif s’étale sur la période 2010-2020 ;
- Le logement social est vendu à un prix variable avec un maximum de 250 000 DH hors TVA, permettant la réalisation de différentes typologies de logements (superficie de 50 m2 à 100 m2) ;
- amendement du cahier des charges qui sera adossé aux conventions définissant de nouvelles prescriptions de qualité et de sécurité ;
- l’acquéreur bénéficie d’une aide financière accordée par l’Etat, dont le montant correspond à la valeur de la TVA du bien objet de la transaction établie devant notaire ;
- le versement de l’aide publique à l’acquéreur est conditionné par son engagement à occuper le logement à titre d’habitation principale pendant 4 ans avec une hypothèque consentie au profit de l’Etat ;
- les promoteurs immobiliers bénéficient d’une exonération de l’IS, de l’IR, des droits d’enregistrement, de la taxe sur le ciment et des taxes locales dans le cadre de conventions passées entre l’Etat pour la construction de 500 logements minimum sur 5 ans ;
- les promoteurs immobiliers ont la possibilité de passer avec l’Etat, pendant l’année 2010, des conventions pour les projets non conventionnés préalablement, autorisés ou en cours de réalisation avant le 1er janvier 2010. Ces conventions, portant sur 100 logements minimum, donnent lieu au remboursement de la TVA aux acquéreurs.

L’IFA vous invite sur les planches à Agadir.

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Maison de retraite ou refuge de vieux, pour le Maroc de demain ? Des maux et des mots

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rasshassan.jpgSi feu le Roi Hassan II avait fondamentalement raison, la problématique serait-elle celle de la maison de retraite au Maroc ? La question soulevée reste dépendante de la nouvelle orientation de développement économique qui, en conséquence, se doit de changer les visions, et de trouver des solutions que les gens ne prennent plus, ou qu’ils ne peuvent plus prendre.

La maison de retraite sera-t-elle la réponse socio-économique de beaucoup bientôt ?

Les étrangers recherchent déjà depuis longtemps cette solution, le monde occidental ne pouvant faire des affaires et en même temps s’occuper de ses vieux la journée. D’ailleurs beaucoup de personnes âgées en occident ne désirent pas s’implanter non plus chez leurs enfants, au point que beaucoup visent d’autres pays comme le Maroc pour leurs vieux jours.

Si beaucoup, dans les pays en Afrique comme au Maghreb, dénoncent sans approche analytique le fait que les occidentaux “délaisseraient” leurs vieux, rappelons que leurs enfants assument chèrement leurs parents chaque mois pour qu’ils soient entourés des meilleurs soins dans ces maisons spécialisées et uniquement en cas de nécessité.

Maison de retraite ou non, le fait est que la question se pose de plus en plus au Maroc pour les Marocains. Les générations précédentes, qui n’ont pas connu le développement économique présent du Maroc pendant leur carrière, le manque d’obligations sociales et financières de solidarité collective comme la CNSS, se retrouvent désormais les premières à être délaissées dans la nouvelle donne présente. D’ailleurs la question ne se pose pas seulement pour ces plus anciens parmi eux, elle sera encore plus douloureuse pour les récents retraités qui arrivent en nombre au Maroc, le sujet est soulevé régulièrement dans la presse actuellement. Le dossier des vieux ne désire pas être ouvert au pays, soulevant trop de vérités ou de manque de solidarité éventuelle, bien que la réponse figure dans un autre livre plus connu depuis des siècles.

La question devient cruciale en occident devant la baisse des revenus des retraités actuels et des prochains qui défilent bruyamment en ce moment dans les rues de France. Le nombre des retraités marocains qui augmentent face à des réponses inadéquates ou inexistantes rendra le problème identique bientôt.

En attendant, maison de bienfaisance ou maison de vieux, ou maison de retraite - ne jouons pas sur les termes - cela reste bien une conséquence de nos sociétés désormais communes et mondialisées.

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Société

5,8 millions de vieux d’ici 20 ans ! Que fait-on pour le troisième âge ?

Publié le : 18/10/2010

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2,5 millions de personnes âgées en 2004, soit 8% de la population. En 2030, leur proportion sera de 15,4%.
Hormis la solidarité intergénérationnelle qui s’effiloche, le Maroc n’a pas de maison de vieux, dignes de ce nom. Il y a un blocage culturel.
Pas non plus de services de gériatrie dans les hôpitaux marocains.
La stratégie nationale de protection des personnes âgées peine à voir le jour.

Elle s’appelle Fatima Ouli. Fatima devrait être célèbre. Elle a 115 ans et sous d’autres cieux une telle longévité est un gage de notoriété. Pas au Maroc. Fatima est une femme abandonnée à son sort. Une femme dont personne ne veut s’occuper, même les gens de son douar, dans les environs de Khénifra où elle habite, et qui l’entretenaient par pure solidarité tribale, ne veulent plus d’elle. Son péché ? Etre, à 115 ans, de plus en plus malade et sénile. L’alerte est donnée. Une unité du centre social de Tit-Mellil, aux environs de Casablanca, se déplace sur les lieux pour la récupérer et s’occuper d’elle. Ce centre est loin d’être une maison de retraite digne de nos personnes âgées, mais plutôt un dépotoir humain où l’on regroupe marginaux, SDF et autres mendiants ramassés dans les rues lors des rafles organisées par les services compétents. Mais là, Fatima a au moins un gîte, et des personnes qui s’occupent d’elle. Elle y vit encore, à l’heure qu’il est. 30% de la population de ce centre, soit 750 pensionnaires, sont des personnes âgées.

Dans ce Maroc où l’on a toujours brandi la solidarité familiale aux yeux d’un monde occidental impersonnel, le cas de Fatima n’est pas isolé, bien au contraire. «De plus en plus de familles se lassent de leurs vieux et les abandonnent à leur sort, c’est-à-dire dans la rue. Ou on les confie à des maisons de bienfaisance sans plus jamais leur rendre visite. Ils meurent dans l’oubli total des leurs. La religion dit une chose, or la réalité est tout autre», déplore Abdelkrim Sebbar, le directeur de ce centre. En janvier 2005 déjà, un rapport de l’Entraide nationale relevait que de plus en plus de personnes âgées au Maroc, souvent pauvres, ou abandonnés par les leurs, trouvent refuge dans les maisons de bienfaisance.

De fait on n’ose pas soulever le débat : les personnes âgées commencent à poser un vrai problème de société -les pauvres plus que les riches il est vrai. La solidarité familiale qui leur assurait d’une façon spontanée, et au-delà de toute intervention étatique, gîte, protection et amour va en se disloquant. Et ni les pouvoirs publics ni la société ne semblent prêts à prendre le relais.

Or, ce problème va s’accentuer. Des chiffres pour illustrer l’augmentation exponentielle en quelques années du nombre des personnes âgées au Maroc. Il s’agit d’une véritable révolution démographique : l’espérance de vie est passée de 62 ans à 73,4 entre les années 1960 et nos jours, et, sur la même période, le nombre moyen d’enfants par femme n’est plus que de 2,4 au lieu de 7,2. Résultat: en l’espace de quatre décennies le nombre de personnes âgées de 60 ans et plus est passé, d’après le recensement de 2004, de moins de 900 000 à 2,5 millions (soit une augmentation de 2,3% par an). Et cette progression ne s’arrêtera pas là. Les projections démographiques du Haut commissariat au plan (HCP) parlent d’un accroissement de cette population de 3,2% par an d’ici l’année 2030, pour atteindre 5,8 millions, soit 15,4% de la population contre 8,1 actuellement.

Plus que le vieillissement de la population, c’est l’état de vulnérabilité socioéconomique de cette catégorie qui pose problème au Maroc. L’enquête réalisée en 2006 par le HCP, et dont les résultats ont été présentés en 2008, révèle que nos vieux sont pour la plupart analphabètes, pauvres et sans couverture sociale ni médicale (voir encadré).

63,2% de ces personnes souffrent de solitude

Plus grave encore, 63,2% de ces personnes avaient déclaré souffrir de solitude, et seulement 16,1% parmi elles disposent d’une retraite. Plusieurs questions se posent, au regard de ces conditions de vie, et la première est de savoir comment entretenir cette population, dans une société où les liens familiaux se disloquent, et où la grande famille qui protégeait les vieilles personnes cède le pas à la famille nucléaire.

Que fait l’Etat pour assurer aux personnes âgées une vieillesse digne des êtres humains ? Faut-il que l’Etat crée lui même des maisons de retraite pour leur assurer une fin de vie digne ? Ou devrait-il encourager l’ouverture de structures d’accueil payantes, des établissements privés pour héberger les personnes âgées ? Une chose est sûre, l’idée de maisons de retraite répugne encore beaucoup de Marocains. Certains sont révulsés à l’idée de voir leurs parents finir leurs jours dans une maison pour personnes âgées convaincus que ça n’est pas dans la culture marocaine. Ils se disent prêts, quoi qu’il arrive, à leur prodiguer tous les soins jusqu’à leur dernier souffle. D’autres rétorquent qu’ils ne peuvent pas héberger leurs parents en raison de leurs conditions de travail (homme et femme salariés n’ayant pas le temps) et préféreraient qu’ils soient indépendants, s’il le faut dans des structures d’accueil, avec un minimum d’activité et de loisir, où ils pourront se dépenser, rencontrer et communiquer avec d’autres gens.

Certes, les personnes âgées ne sont pas tous infirmes et continuent de travailler longtemps après leur retraite. «Je n’ai jamais eu des journées aussi pleines de travail qu’après avoir pris ma retraite», confesse Jilali Hassoune, un sexagénaire très impliqué dans le travail associatif. «Les vieux ne sont pas un rebus que la société peut jeter dans un coin. Il s’agit d’une catégorie de population capable de donner encore. C’est une banque d’expériences et une mémoire qu’il faut sauvegarder», renchérit Mohamed M’jid, un homme plein de vitalité et qui continue de travailler et de produire à l’âge de 90 ans (voir témoignage). C’est ce que notait l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans l’un de ses rapports en 1999 : «Le vieillissement n’est pas une infirmité mais l’opportunité de faire usage des ressources acquises au cours de la vie, et que les personnes âgées peuvent être un précieux atout pour les familles et la communauté». Rester en bonne santé et indépendant, travailler et produire, tout en étant vieux, oui, mais jusqu’à quand ? Ceux qui ont entre 60 et 75 ans, les «petits vieillards» , comme disent les gériatres (médecins spécialistes des personnes âgées), restent actifs et plus ou moins dynamiques tant sur le plan physique que sur celui de leur indépendance financière. Mais au-delà, ils sont souvent rongés par la maladie (diabète, maladies cardiovasculaires, cancer, Alzheimer, arthrose, problèmes visuels et auditifs…) et, à mesure qu’ils vieillissent, ils sont rattrapés par la sénilité. «Ils ont même besoin d’une prise en charge complète», s’alarme Dr Mustapha Oudrhiri, l’un des premiers et rares gériatres marocains.

Petits ou grands vieillards, riches ou pauvres, nos «vieillards» ont besoin de protection, de soins, de lieux de rencontres et de divertissement, voire d’une prise en charge complète quand ils se retrouvent seuls face à leur solitude et leur angoisse. Que fait l’Etat pour assurer cette protection ? Deux ministères sont interpellés directement , celui de la santé et celui du développement social, de la famille et de la solidarité.

Des services de gériatrie indépendants ne sont pas prévus par le plan d’action du ministère de la santé

Le premier est concerné pour assurer une protection sanitaire à nos vieux, au moins dans un premier temps, par la création de services de gériatrie dans les différents hôpitaux du Royaume. Or, le ministère de  Yasmina Baddou ne semble pas assez sensibilisé sur la question. Dans son plan d’action 2008-2012, il n’en fait aucune référence, et même le service de gériatrie dont il était question à l’hôpital Mohamed Sekkat (où exerce le Dr Oudrhiri) dans la foulée de l’INDH, ne verra pas le jour, du moins de sitôt. De même, des services spécialement dédiés aux personnes âgées dans les différents CHU et hôpitaux au Maroc «ne sont pas encore considérés comme une priorité par le ministère de la santé», juge le Dr Oudrhiri. Et à supposer même que ces services soient créés, quels sont les médecins qui vont les prendre en charge ? Le Maroc ne dispose que de 12 gériatres (pour 2,5 millions de personnes âgées). Plus encore, le programme de formation de ces spécialistes dans les hôpitaux français, en vertu d’une convention signée en 2003 entre les ministères de la santé marocain et  français (pour former 3 à 5 gériatres par an) a été suspendu en 2008.

Ce peu d’intérêt des médecins pour la médecine au service des vieux s’explique, mais ne convainc pas. «Les médecins marocains préfèrent se spécialiser en pédiatrie et l’Etat marocain lui-même les encourageait dans ce sens car, démographiquement, le Maroc était considéré comme un pays de jeunes», explique Dr Oudrhiri. Sauf que la tendance commence à basculer, le taux de natalité baisse et le nombre des personnes âgées progresse.
 

A la place de services de gériatrie indépendants, le ministère de la santé a donc préféré dans son plan d’action lancer des unités dédiées aux personnes âgées noyées dans des services polyvalents, ce qui est «loin d’arranger les choses pour cette catégorie de la population», regrette le Dr Oudrhiri.

La plus grande part de responsabilité concernant le cas des personnes âgées revient toutefois au ministère du développement social, de la famille et de la solidarité.
Là encore, malgré quelques efforts pour améliorer la situation, la cause des personnes âgées est loin d’être entendue. La consolidation de la solidarité familiale est un acquis qui doit «continuer à jouer son rôle d’entité naturelle pour la personne âgée conformément à nos valeurs depuis toujours», déclare Nouzha Skalli, ministre du développement social, de la famille et de la solidarité. Des maisons de retraite dignes de nos vieux, ceux du moins dont le support familial vacille, ne figurent pas sur l’agenda du ministère de Mme Skalli. Dans la foulée de l’INDH, plusieurs centres pour personnes âgées indigentes ont été créés certes, placés sous la tutelle de l’Entraide nationale ou de la Fondation Mohammed V de solidarité, mais il faut imaginez dans quel état ils sont. La première, sous l’égide du ministère de la famille, assure, à l’heure actuelle, la supervision de 44 foyers dont bénéficient 3 222 personnes.

Mais le grand projet du ministère, encore en gestation, que tout le monde attend, reste la stratégie nationale de protection des personnes âgées, où sont impliqués universitaires, plusieurs départements ministériels et société civile. Laquelle stratégie bute, selon la ministre, sur des difficultés, vu que le projet «interpelle plusieurs départements ministériels sachant que des dossiers sont en cours de traitement comme celui de la réforme de la retraite et de la couverture sociale».

La grande majorité des retraités au Maroc perçoit en effet une pension de misère (entre 400 et 1 000 DH par mois) et sur les 1,6 million de salariés affiliés à la Caisse de sécurité sociale (chiffres 2007), seuls 15% bénéficient de la retraite complémentaire (CIMR). La pension de retraite allouée par la CNSS est plafonnée à 4 200 DH.
Un problème de structures d’accueil, de ressources financière et de structures de santé spécifiques. C’est en résumé la problématique posée par le vieillissement de la population marocaine. La solidarité intergénérationnelle continue de fonctionner certes, mais elle sera de plus en plus bridée par les contraintes logistiques et matérielles des descendants. L’avenir de nos vieux se prépare aujourd’hui. Il y a urgence.

Enquête : Comment vivent nos personnes âgées ?

Des éléments de réponse à cette question ont été donnés par une enquête réalisée en 2006 par le Haut commissariat au plan (HCP) et dont les résultats ont été publiés en 2008. Parmi les points forts de cette enquête retenons :

- 52,4% des personnes âgées vivent en milieu urbain;
- Statut matrimonial, 90% des hommes et 31% des femmes sont mariés alors que 65,1% des femmes et 8,1% des hommes sont veufs ;

- 83% des personnes âgées sont analphabètes (92% de ruraux et 94,5% de femmes);

- 16,1% seulement des personnes âgées ont une retraite;
- 31,1% des personnes âgées participent à la vie active;
- 58,3% des personnes âgées vivent dans des familles complexes où peuvent coexister plusieurs générations alors que 92,2% entretiennent des rapports constants avec leurs enfants.

- L’isolement résidentiel touche 6,8% des personnes âgées alors que 63,2% déclarent souffrir de la solitude. 23,1% des personnes âgées se sentent en insécurité à l’extérieur du ménage et 4,8% à l’intérieur du foyer. Cela dit, partout dans le monde, le vieillissement de la population est perceptible.
Le nombre de personnes âgées de 60 ans et plus est estimé de nos jours à 605 millions.
Ce chiffre doublera vers 2025 et atteindra deux milliards vers 2050. Et cela entraînera, selon l’OMS, de profondes répercussions, sur tous les plans (vie familiale, relations entre générations, état de l’économie, conditions de vie…). A telle enseigne qu’il s’agit selon cette organisation mondiale d’une «révolution sociale tranquille, presque imperceptible, qui prend de l’ampleur et qui va s’accélérer» (rapport 1998).

Questions à Nouzha Skalli, Ministre du développement social, de la famille et de la solidarité : Nous travaillons pour la mise en place de centres sociaux référentiels de proximité
 

La Vie éco : Que fait votre ministère pour une meilleure insertion des personnes âgées dans la société et la famille ?
Nouzha Skalli : Les résultats de l’enquête nationale sur les personnes agées, publiés par le Haut commissariat au plan en 2008, dévoilent une situation sociale peu reluisante, c’est vrai, mais une donnée mérite d’être retenue : la grande majorité des personnes âgées vivent toujours en compagnie d’une ou plusieurs personnes de leur famille, sauf une minorité de 6%. Cet acquis doit être consolidé par le renforcement de la cellule familiale et ainsi permettre à cette dernière de continuer à jouer son rôle d’entité naturelle pour la personne âgée conformément à nos valeurs civilisationnelles. Ces réponses doivent être conçues à la lumière des exigences de l’Etat de droit et du projet de société moderne et démocratique. Et justement, nous sommes en train d’élaborer une stratégie nationale pour l’amélioration de la situation des personnes âgées. Celle-ci a connu l’implication de tous les acteurs institutionnels, de la société civile, universitaires…

Où en est justement cette stratégie ?
La stratégie comprend quatre axes reflétant les priorités nationales identifiées sur la base des besoins des personnes âgées. A savoir: le revenu, la retraite et la santé ; le logement et les conditions de vie ; le rôle et la place des personnes âgées dans la société.
Ce projet a été présenté au conseil de gouvernement le 1er octobre 2009.
Une commission ministérielle des personnes âgées, chargée d’affiner et d’enrichir ce projet de stratégie, a été mise en place. Nous travaillons parallèlement sur la mise en place de centres sociaux référentiels de proximité et nous appuyons la mise en place des espaces des personnes âgées. Ces espaces sont pour la plupart des centres de jour qui offrent des prestations de sensibilisation, de loisirs, d’accompagnement social de la personne âgée à travers des activités individuelles et collectives adaptées.
Aujourd’hui, deux centres pilotes sont fonctionnels à Casablanca et Meknès au sein du complexe social Ibtissama. Le ministère planifie la généralisation de cette expérience pour l’ensemble des régions du pays.

Le Maroc n’a-t-il pas besoin de maisons de vieux plus «humaines» ?
Au Maroc, les pouvoirs publics appuient la mise en place des structures de prise en charge des personnes âgées sans soutien familial. De nombreux centres pour les personnes âgées indigentes ont été créés dans le cadre du programme de lutte contre la précarité de l’Initiative nationale de développement humain (INDH). Ces institutions qui existent dans les différentes régions du Royaume relèvent soit de l’Entraide nationale, soit de la Fondation Mohammed V pour la solidarité ou sont gérés par des associations. La loi 14-05 relative aux conditions d’ouverture et de gestion des établissements de protection sociale a permis une mise à niveau de la plupart des centres et par conséquent une amélioration de l’offre de service.

Témoignages : Comment ils voient le traitement de la problématique

Mohamed M’jid, Acteur associatif : «Il faut que l’Etat crée des centres d’accueil dignes». Ce n’est pas dans les habitudes des Marocains de confier leurs vieux à des maisons de vieillesse, de même qu’il n’est pas concevable à l’heure actuelle pour les jeunes couples qui habitent dans des appartements exigus de garder leurs parents chez eux. Solution ? Il faut que l’Etat crée des structures d’accueil dignes avec un minimum d’activités attractives et de loisirs. Les personnes âgées ne sont pas un rebus que la société peut jeter dans un coin. Il s’agit d’une catégorie de population capable de donner encore. C’est une banque d’expériences et une mémoire qu’il faut sauvegarder. Les vieux d’aujourd’hui profitent de tous les avantages de la médecine moderne, ils gardent l’esprit vif et leur moteur fonctionne malgré la vétusté de la carcasse. L’associatif ? Il man-que de moyens, c’est un problème de l’Etat et de la société.

Jilali Hassoune, Acteur associatif : «Le couple moderne ne peut plus s’occuper des parents». Il faut que les mentalités changent. Le couple moderne ne peut plus s’occuper des parents comme ce fut le cas auparavant. Il a ses propres problèmes, outre que les deux conjoints sont absents toute la journée pour cause de travail. Des structures d’accueil publiques, oui, avec une contribution pour ceux qui touchent des pensions de retraite. On peut imaginer aussi un système d’aide pour les familles qui acceptent de loger et de s’occuper de leurs parents âgés. Pourquoi l’Etat, qui doit en principe les prendre en charge, n’accorde-t-il pas à ces familles une décote au niveau fiscal ? Nos vieux n’ont pas uniquement besoin d’une bâtisse pour vivre, mais d’une attention particulière de la part de leurs proches. Beaucoup, quand ils partent à la retraite, périclitent à vue d’œil. Ils voient leur fin s’approcher. Mon beau-père, une fois l’âge de retraite ayant sonné, a pris un sacré coup de vieux. J’ai pris la décision de le sortir, lui faire de la marche au bord de la mer ou dans la forêt. Ça l’a requinqué, l’homme a commencé à reprendre des couleurs.

Ahmed Addioui, Acteur associatif : «Toute la société doit se mobiliser pour les vieux».

Notre association ESPAM (Espace protection des personnes âgées) créée en 2008 veut contribuer à faire sortir nos vieux de leur isolement et leur donner goût à la vie. En mai dernier, par exemple, nous avons organisé un pique-nique dans la forêt Maâmora pour 60 personnes âgées qui sont hébergées au centre d’accueil Attaqaddoum.
Leurs familles ont aussi pris part à cette sortie, et vous ne pouvez pas imaginer la joie qu’ils ont ressentie. Récemment, le 1er octobre, à l’occasion de la Journée mondiale des personnes âgées, nous avons signé une convention avec le ministère du développement social en vertu de laquelle nous avons bénéficié de 49 000 DH pour financer nos projets. 2 MDH ont été accordés à 19 associations ce jour-là.
Toute la société doit se mobiliser pour ces vieux qui ont besoin de beaucoup d’attention.

JAOUAD MDIDECH

La VEFA au Maroc. Une réforme par manque de transparence ou de contrôle

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C’est quoi la VEFA ?

La Vente en l’Etat Futur d’Achèvement concerne l’achat de logement neuf. Cela consiste à acheter sur plan, par des maquettes, des photos ou des images de synthèse, un bien qui n’est pas encore achevé. L’acquéreur paie au fur et à mesure de l’avancement de la construction. A chaque nouvelle étape de la construction l’acquéreur doit verser un nouveau déblocage de fonds. Le bien ne leur appartiendra que quand la totalité du bien aura été payée lors de la fin de la construction.”

En fin de compte la VEFA est aux promoteurs immobiliers vendeurs d’appartements ce que les acomptes sont pour le client qui fait construire son bien via un entrepreneur de travaux ou un cabinet d’architecte sérieux.

Chacun désire, dans un projet de construction qui engage des sommes très importantes et inhabituelles, se garantir de l’entreprise et de l’architecte, comme l’entreprise et l’architecte vis-à-vis du client. La question reste donc celle d’une transparence dans la réalisation du projet, afin que le client paie effectivement et progressivement selon un cahier des charges préalable à ce qui est à entreprendre.

Si la VEFA ne décernait le bien au client qu’à l’état de finition et en fonction du paiement total, alors que le client engagé avec un architecte est déjà propriétaire de son bien en cours, là effectivement est le risque. Si en plus les promoteurs ne jouent pas le jeu en faisant signer un simple papier de réservation qui n’a aucune valeur, nous comprenons mieux les dérives et les situations dramatiques qu’ont vécu de nombreux acheteurs au Maroc ces dernières années. Le laxisme entre loi et terrain explique beaucoup de choses. 

Sécurisez votre projet de construction…

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Immobilier/Vente sur plan

Sur quoi devra porter la réforme

· Dépôt de caution, l’obligation sera étendue

· Des sanctions rendraient la loi plus effective

IL y a des débats qui peuvent tourner au procès!
Surtout lorsqu’un ministère souhaite réformer une loi qui n’a jamais été vraiment appliquée. Le cas de la loi 44-00 relative à la vente d’immeuble en l’état futur d’achèvement (VEFA) sur laquelle planche le ministère de l’Habitat est à méditer. D’abord parce qu’elle révèle la difficulté des promoteurs immobiliers à s’approprier un texte législatif. Un rapprochement avec le code de la route est à faire. La loi sur la VEFA nous renseigne ensuite sur la manière avec laquelle le droit est confectionné. Il est en principe le fruit d’un consensus social sur un point déterminé et qui intervient à un moment donné dans l’histoire d’une société: liberté de la presse, recours aux énergies renouvelables, le contrat de mariage… D’où les bienfaits des concertations avec les professionnels. Il serait dommage d’avoir des lois déconnectées. Le ministère de l’Habitat et la Fédération nationale des promoteurs immobiliers (FNPI) se sont déjà engagés sur ce terrain. Quoique pour Mouna Lahlou, directrice de la promotion immobilière au ministère de l’Habitat, l’idée de départ excluait tout projet de réforme. Et que les propositions de la Fédération n’étaient pas convaincantes. Puis il y a eu revirement dans la mesure où les remarques des promoteurs ont été retenues. Reste que la porte-parole du ministère a été avare de détails sur la réforme. Si ce n’est que l’obligation de déposer une caution auprès d’une banque sera étendue aux opérateurs publics, tel Al Omrane. C’est déjà le cas pour les promoteurs immobiliers. Le ministère compte organiser aussi un atelier, toujours dans le cadre de la réforme, en octobre ou en novembre 2010. Et où seront rassemblés notaires, associations de consommateurs, promoteurs…Ce chantier législatif ne vient pas colmater un ratage. Car la loi relative à la VEFA est une «loi bien faite». Ce constat a fait presque l’unanimité lors du débat organisé par Club Entreprendre le 12 octobre à Casablanca.
Elle protège l’acquéreur et permet au constructeur de lever des fonds. Elle a tout simplement «régularisé la situation d’avant 2002. Le Dahir des obligations et des contrats interdisait la vente de chose future alors qu’en réalité c’était une pratique courante. Le problème de la loi 44-00 est qu’elle est entrée en vigueur à un moment où il y avait un boom immobilier», remarque le notaire Fayçal Benjelloun. Si la loi n’a pas été respectée, c’est parce qu’elle n’a «pas prévu de sanctions pénales ou arrêt de chantier». Une option qui risque d’effrayer les banquiers.


Seule exception, l’article 618-3.

Si un promoteur ne signe pas un contrat préliminaire (promesse de vente) avec l’acquéreur, il y a nullité de l’acte. En pratique, beaucoup de promoteurs se contentent d’un bon de réservation. Ce qui est en fait un piège pour le consommateur. Le bon n’accorde aucune garantie. Tel que l’établissement d’un cahier des charges, l’obligation de déposer une caution auprès des banques. Celle-ci sert de bouclier financier au consommateur si jamais il y a défaillance du promoteur. Le bon de réservation ne pourra pas servir non plus à contester la qualité de l’ouvrage.
La loi a des lacunes: «elle ne prévoit pas d’échéances de livraison ou les garanties…», précise la directrice de la promotion immobilière.
Huit ans après son entrée en vigueur, le bilan de la loi sur la VEFA est terne. La réputation des promoteurs et de leur secteur est la première à en faire les frais.

Rachid Khayaty, vice-président de la FNPI, estime que la loi sur la VEFA «est mal adaptée au contexte marocain». Si le client peut toujours contester la qualité des travaux, «la loi n’a pas prévu d’attestation de parfait achèvement», poursuit-il.
Qui devrait être a priori faite par un homme de l’art. Et permettre ainsi au promoteur de récupérer sa caution.

De son côté, Abderazak Waliyallah, également vice-président de la FNPI et DG adjoint d’Addoha, est pour «un toilettage» de la loi. Comment se pourrait-il qu’un «promoteur donne à son client le feu vert pour une prénotation!», s’exclame-t-il. Appliquer l’article 618-10 revient à se mettre la corde au cou! Sur ce point, les rédacteurs de la loi ont raté le coche. Ils auraient pu ne pas conditionner la prénotation à l’accord préalable du promoteur. Quoique cette procédure souffre elle-même d’abus.


Qu’en est-il du devoir de conseil qui incombe aux notaires?

«Ils ne s’adressent à nous qu’après avoir signé avec le promoteur», réplique le président délégué du Conseil national des notaires. Avant de signer le contrat de vente devant notaire, le client verse souvent une avance et il reçoit en contrepartie, le bon de réservation. «D’où par exemple la contestation de la superficie vendue. Il faut être pointilleux sur ce détail, s’il y a signature d’un contrat préliminaire», conseille le notaire.
La vente de superficies approximatives est une pratique courante également.
Là aussi il faut se mettre d’accord sur une superficie réelle, habitable…
Il est vrai que des recadrages s’imposent. Le ministère de l’Habitat table sur un minimum d’un an. Mais en attendant la réforme, il faut que les promoteurs ne soient plus hors la loi.

Faiçal FAQUIHI

Loi de finances 2011. 15% d’impôt sur les sociétés. Non, ce n’est pas en France… mais au Maroc !

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15% d’impôt sur les sociétés, pour 2 millions de dhs HT de CA.

De quoi inciter les entrepreneurs qui hésitaient à franchir le Rubicon de l’indépendance professionnelle au Maroc, et beaucoup d’autres à enjamber le détroit de Gibraltar.

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Si la mesure du projet de loi de finances 2011 est une bonne nouvelle, si cela doit permettre à beaucoup de professionnels en nom propre, qui “devraient payer” 38% d’impôt, de jouer la transparence et l’alliance avec le fisc, l’annonce sera aussi importante à l’extérieur des frontières que l’annonce de la réduction de la fiscalité pour les retraités français, il y a quelques années.  

Les petites entreprises ne vendant pas du matériel, mais du conseil par exemple, ou de la prestation de service, sachant par cela limiter leurs frais de fonctionnement, verront très vite l’intérêt de cette mesure. 2 millions de dhs HT, c’est 181.819 euros. Amis gestionnaires, à vos projets et à vos calculettes, la crise en France trouve des solutions vers le Maroc.

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Projet de loi de Finances

Le détail du paquet fiscal

· PEA, épargne éducation, PEL,… tout un dispositif d’encouragement

· Un IS de 15% pour les petites entreprises

Le gouvernement a consacré exceptionnellement deux conseils mardi 12 et mercredi 13 octobre, à l’examen du projet de loi de Finances 2011. Sur le plan fiscal, le contenu est plutôt riche. Il est institué un Plan d’épargne action (PEA), un Plan d’épargne logement (PEL), un régime d’incitation à l’épargne éducation, un taux d’IS de 15% pour les petites entreprises. L’exonération sur les contrats Anapec est par ailleurs prorogée. Le texte apporte aussi une clarification sur l’application des conventions d’investissement. Détails.

· Exonération pour le «Casablanca Finance City» 

Les sociétés exportatrices de services ayant le statut «Casablanca Finance City» auront droit à un régime fiscal de faveur. Le gouvernement a prévu une exonération totale de l’IS durant les cinq premiers exercices et un taux réduit de 8,75%. Et ce au titre de leur chiffre d’affaires à l’export et des plus-values mobilières de source étrangère.
Les sièges régionaux ou internationaux agréés se verront appliquer un taux réduit de 10% sur une base imposable dont le montant ne peut être inférieur à 5% des charges de fonctionnement.

Les personnes non résidentes et appelées, pour une durée déterminée, à occuper un emploi pour le compte d’une société ayant le statut «Casablanca Finance City», bénéficieront de l’exonération de l’IR sur les frais de transport accordés, lors du congé annuel, ainsi qu’à leurs conjoints. S’y ajoute l’application d’un taux libératoire de 20% aux rémunérations versées par leurs employeurs. Le salarié marocain résidant à l’étranger est également concerné par cette dernière disposition.

· L’IS à 15% pour les petites entreprises

Le projet de loi de Finances 2011 propose un régime fiscal de faveur pour les petites entreprises. Il institue un taux réduit de l’IS de 15% aux entreprises passibles qui réalisent un chiffre d’affaires inférieur à 2 millions de dirhams hors TVA.

· Informel: Une éponge sur le passé

Pour permettre aux contribuables exerçant dans l’informel de s’intégrer au tissu économique, quatre mesures sont envisagées. La première consiste à imposer les revenus acquis et les opérations effectuées à compter de la date d’identification du contribuable. La deuxième accorde à partir de la date d’identification du contribuable les avantages prévus par le Code général des impôts notamment l’exonération de l’impôt sur le revenu liée au zoning et à l’exportation. La troisième porte sur l’évaluation des stocks de manière à dégager des marges brutes supérieures ou égales à 20%. La quatrième mesure propose de simplifier le paiement de la TVA. Celle-ci sera effectuée sur la marge brute réalisée sur la vente du stock. Cette mesure est proposée pour une période de deux ans seulement. Elle s’éteindra le 31 décembre 2012.

· PEA: Exonéré à hauteur de 600.000 DH

Le projet de loi de Finances propose d’exonérer totalement les revenus et profits de capitaux mobiliers réalisés dans le cadre du PEA. Pour cela, il pose deux conditions: les versements et les produits capitalisés y afférents doivent intégralement être conservés pendant 5 ans au moins à compter de la date de l’ouverture du PEA. Cette disposition permettra d’éviter l’imposition de ces revenus et profits au taux de 10% pour les dividendes ou 15% pour les titres cotés. Deuxième condition, le montant des versements effectués dans le PEA est plafonné à 600.000 dirhams.

Les titres éligibles au plan d’épargne en actions sont les actions et les certificats d’investissements cotés sur la Bourse des valeurs du Maroc et émis par des sociétés de droit marocain. Sont également éligibles au PEA, les droits d’attribution et de souscription afférents auxdites actions ainsi que les titres d’OPCVM «actions».

· Epargne logement: A conserver pendant au moins 3 ans

Pour promouvoir l’accès à la propriété, il est proposé d’exonérer le montant des intérêts d’épargne logement mais à condition que les sommes investies soient destinées à l’acquisition ou la construction d’un logement à titre d’habitation principale.
De plus, le montant des versements et des intérêts doivent être intégralement conservés dans le plan pour une durée au moins égale à 3 ans à compter de la date de l’ouverture du plan et ce, au lieu de l’imposition des intérêts aux taux de 20 ou 30%. Le montant des versements effectués exonérés est plafonné à 300.000 dirhams.

· Epargne éducation: Exonéré à hauteur de 300.000 DH

Voilà une mesure qui devrait faire plaisir aux parents, l’exonération du montant des intérêts générés par un Plan d’épargne éducation. Les sommes investies doivent être destinées au financement des études supérieures des enfants à charge et le montant des versements ne doit pas dépasser 300.000 dirhams. Autre condition, le montant des versements et les intérêts y afférents doivent être intégralement conservés dans le plan en question pour une période au moins égale à 5 ans à compter de la date de l’ouverture du PEA.

· Un taux de 15% pour les revenus de capitaux mobiliers de source étrangère

Pour encourager les étrangers à s’installer au Maroc et aussi pour s’aligner sur les pratiques internationales en matière d’imposition des revenus de capitaux mobiliers de source étrangère, il est prévu de réduire le taux applicable à ces revenus de 30 à 15% libératoire.

· TPE: neutralité fiscale en cas de transformation

Renforcer la neutralité fiscale pour encourager davantage les opérations d’apport du patrimoine professionnel d’une ou de plusieurs personnes physiques à une société passible de l’IS. Pour cela, le projet de budget 2011 prévoit la réintégration, dans les bénéfices imposables de la société bénéficiaire de l’apport, de la plus-value nette réalisée sur l’apport des éléments amortissables, par fractions égales, sur la période d’amortissement de ces éléments. La valeur d’apport des éléments concernés par cette réintégration est prise en considération pour le calcul des amortissements et des plus-values ultérieures. L’on propose aussi la non-imposition des plus-values constatées ou réalisées sur l’apport des éléments non amortissables sauf en cas de leur retrait ou de leur cession ultérieure.
Ce dispositif sera prorogé jusqu’à fin décembre 2012.

· Contrats Anapec: L’exonération prorogée

L’exonération fiscale de l’indemnité de stage sera prorogée jusqu’au 31 décembre 2012. Une disposition qui encourage l’insertion des jeunes diplômés dans le marché du travail. Plafonnée à 6.000 dirhams bruts par mois, cette indemnité est versée au stagiaire lauréat de l’enseignement supérieur ou de la formation professionnelle recruté par les entreprises du secteur privé.

· Une incitation au capital risque

Pour encourager le financement des PME et renforcer leur assise financière via l’activité du capital risque, le projet de loi de Finances 2011 propose la suppression des conditions d’exonération des organismes de placement en capital risque. Ces conditions prévoient que ces organismes doivent détenir dans leur portefeuille au moins 50% d’actions de PME.

· Exonération de l’IS pour les syndics touristiques

Les sociétés de gestion des résidences immobilières de promotion touristique seront assimilées aux établissements hôteliers. Elles se verront donc octroyer les mêmes avantages pour la partie de la base imposable correspondant à leur chiffre d’affaires réalisé en devise rapatriées par elles ou pour leur compte par l’intermédiaire d’agences de voyages. Il s’agit en l’occurrence de l’exonération totale de l’impôt sur les sociétés pendant une période de 5 ans consécutifs qui court à compter de l’exercice au cours duquel la première opération d’hébergement a été réalisée en devise. Une imposition au taux réduit de 17,5% sera appliquée au-delà de cette période.

Conventions d’investissement: Le vrai début d’activité
Pour améliorer le dispositif de l’exonération de la TVA sur les biens d’investissement acquis par les entreprises pendant 24 mois à compter du début de l’activité et pour une durée de 36 mois dans le cadre des conventions d’investissement de 200 millions de dirhams, le projet affine la définition de la notion de début d’activité. Ainsi la date à prendre en considération pour décompter la période d’éligibilité à l’exonération est celle du premier acte commercial qui coïncide avec la première opération d’acquisition de biens et services. Et ce, à l’exclusion des frais de constitution des entreprises et des premiers frais nécessaires à l’installation de ces entreprises dans la limite d’un délai supplémentaire de 2 mois.
Pour les entreprises qui construisent leurs projets d’investissement, la date à prendre en considération est celle de délivrance de l’autorisation de construire.
Pour l’exonération à l’intérieur, les biens d’investissement sont exemptés durant toute la durée d’acquisition ou de construction mais à condition que les demandes d’achats en exonération de la TVA soient déposées au service local des impôts dont dépend le contribuable dans le délai de 24 mois. Pour l’importation, l’exonération de 24 mois ou de 36 mois dans le cas des projets d’investissements de 200 millions de DH sera prorogée de 6 mois en cas de force majeure, renouvelable une seule fois.

Khadija MASMOUDI

L’expatriation change la donne et tuerait des couples…et des conditions

La condition humaine serait à l’ordre du jour et influerait ainsi sur le comportement des gens. A décor différent, scènes différentes, histoires nouvelles, parfois celles des ménages.

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Le changement de paysage, de climat, de culture, de traditions, apporterait à nombre de gens des appproches différentes et révèleraient d’autres possibilités à tous les niveaux. Beaucoup vivent ainsi en leur pays ou ailleurs par l’extérieur, plus que par l’intérieur qui pourrait plus justement s’adapter sous toutes les longitudes universellement. 

Il y a les fonceurs, et dans les couples les suiveurs qui vivent l’expatriation par procuration.  Aborder un pays comme touriste, pour des raisons professionnelles ou comme résident, voilà trois approches que découvrent rapidement les gens dans le temps et selon leurs objectifs. Le plus beau pays du monde peut ainsi se transformer en pire en quelques années, en quelques mois, en quelques semaines parfois, selon un abord différent. En sens inverse il existe même désormais autant de problèmes pour ceux qui, après quelques années sous les palmiers en terre idyllique, se retrouvent par force au bercail d’origine, sous la grisaille occidentale.

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LE COUPLE ET L’EXPATRIATION – Pas tous les jours facile

Écrit par Claire Largillière

Près de 3 couples sur 5 ne survivent pas à l’expatriation d’après une étude du Cabinet Settler International. Souvent assumée, préparée, anticipée, l’expatriation met pourtant le couple sous tension. Petites étincelles ou grand feu de forêt, il semble difficile de passer au travers des flammes


Dans les études effectuées auprès des directions des ressources humaines, les problèmes de couple arrivent en tête des causes de retour précipité de l’étranger. Le conjoint “suiveur” a parfois du mal à s’adapter à sa nouvelle vie et les difficultés peuvent alors très vite s’accumuler.

Sous le soleil
La famille en expatriation est bien souvent sous tension. Le salarié expatrié doit redoubler d’efforts pour s’adapter à son nouveau cadre de travail synonyme pour lui de responsabilités supplémentaires, de complexification de ses fonctions (contexte multiculturel oblige) et de stress lié à la sensation de ne pas avoir le droit à l’échec vis-à-vis de ses proches. Le conjoint, qui a du mal à trouver un emploi, se sent, lui, un peu seul et inutile dans tout ça.
Pas facile donc pour le couple, dans ces conditions, de conserver du temps pour nourrir son intimité, avoir des loisirs en commun et échanger autour des expériences, en dehors bien sur des contingences dues à la logistique de la vie quotidienne ! L’intensité du partage et de la complicité se réduit. L’éloignement commence…

En tant qu’homme, c’est clair : j’aime partir, m’engager dans un travail où je suis attendu ; cela m’intéresse de voir du nouveau, de changer de méthodes professionnelles”, explique cet ingénieur. “En France, il est un cadre parmi d’autres, qui prend son métro pour aller travailler dans une tour ; à l’étranger, représentant du siège sur le terrain, c’est un peu le roi du pétrole !” s’amuse sa femme qui se reconnaît un rôle fondamental dans l’aventure : “Il faut être non seulement consentante, mais partie prenante ; la mère est le pilier, sur qui repose l’intégration de toute la famille, d’autant que dans les premiers temps, on a toujours besoin de se resserrer sur soi. J’ai vu des femmes malheureuses d’avoir quitté leur métier, ou leur famille, ne pas arriver à communiquer en langue étrangère ; alors, les enfants aussi sont malheureux, et la famille éclate.”


L’équilibre du couple est donc bouleversé lors de l’expatriation. Le statut et la fonction de l’homme et de la femme change. C’est d’ailleurs ce que Jean-François Chéneau écrit dans la préface de son recueil de Nouvelles
Le club des miracles de l’amour qui témoigne de huit années de vie comme expatrié à Bangkok : “Sous de torrides latitudes, il n’est pas rare qu’une douce bourgeoise se transforme en maitresse de maison tyrannique ou qu’un cadre discret se transforme en redoutable petit chef.” Le couple doit alors s’adapter !

Desperate housewives
Suzanne, femme d’expatrié, a animé des stages pour “Réussir son expatriation” et a pu constater que: “Les femmes, aujourd’hui, ont souvent le même niveau de compétence que leurs compagnons, et acceptent mal le sacrifice de leur propre carrière. Il leur faut, à chaque déménagement, reconstituer le cocon familial, organiser la vie matérielle ; puis maîtriser la langue ; ensuite seulement, chercher du travail sur place, à supposer qu’il y en ait, en sachant qu’elles repartiront bientôt. Ce n’est pas très motivant ! Certaines rentrent alors en France, et le couple n’y survit pas ; les séparations sont très nombreuses chez les expatriés.”

 
C’est d’ailleurs ce que raconte cette jeune femme, expatriée de nombreuses années en Afrique et de retour depuis peu en France, seule, avec ses deux enfants : “Il y a 10 ans, j’ai quitté mon petit monde (carrières de jeunesse, amis, famille, pays, etc), pour l’amour d’un homme. Je l’ai suivi avec enthousiasme en Afrique en pensant au soleil et chaleur permanents du continent, le confort financier et matériel…Noyée dans ce confort, je ne me suis pas précipitée pour travailler. Je passais mon temps à être femme au foyer dans une belle villa avec 5 personnels domestiques, circulant avec une belle voiture, ne me cassant la tête que pour mon enfant, les rendez-vous avec les autres femmes d’expat’ et le farniente au bord de la piscine. Jusque là vous allez me dire que je suis folle de me plaindre alors qu’en France, beaucoup de femmes galèrent. Sauf que tout ce paradis là m’a coupée de la réalité. Je ne savais plus ce que signifiait se réveiller tôt le matin pour aller bosser, m’occuper de mon enfant au lieu de le laisser à la Nounou alors que je ne faisais rien à part tourner en rond. Comme  je ne travaillais pas, je n’avais pas d’avenir professionnel, donc “condamnée” à vivre dans de telle condition toute ma vie?! Suite à cette prise de conscience, je suis partie d’Afrique avec mes 2 enfants, 10 ans après. Et me voilà en France en train de chercher du travail (et j’ai du mal), à être mère seule avec 2 enfants “. Vivre dans un cadre doré ne parait pas suffisant pour s’épanouir totalement. Il semble important pour les conjoints de pouvoir se ré-aliser.

L’ile de la tentation
Et les hommes dans tout cela ? Certes très occupés, ils semblent bien avoir leur part de responsabilité dans l’histoire. Même si les Nouvelles de Jean-François Chéneau sont romancées, elles sont très largement inspirées de faits réels. L’américain-qui-a-épousé-sa-maid est le titre de l’une d’entre elles qui n’appelle à aucun commentaire. A la lecture du Chevalier blanc, on s’aperçoit que lorsque le chat n’est pas là, les souris peuvent se mettre à danser. “La haute saison (…) c’est juillet, toutes les épouses se sont envolées vers les plages ou les campagnes de la douce France, emportant avec elles les enfants (…) Restent les maris, livrés à eux-mêmes à siroter de la bière dans les immenses appartements vides. Dehors, c’est la ville qui grouille de petites aguicheuses“. Et non, hélas, il ne s’agit pas d’une caricature, les tentations locales font bel et bien partie des menaces pour le couple expatrié. C’est bien l’avis de Valérie de Pékin : “Méfions-nous du charme de l’exotisme ! Les maris ventripotents en pleine crise de la quarantaine ont vite fait de succomber aux belles sirènes, qui à première vue sont si douces ! Contrairement à Bobonne, elles n’ont pas trop l’esprit de contradiction. Et elles ont l’art de faire tourner les têtes de ceux qui ont un portefeuille bien rempli !”

 

L’amour est dans le pré
Mais l’expatriation peut être aussi propice à un renouveau. “Les départs réguliers à l’étranger nous ont permis de ne jamais nous enfermer dans une routine. Nous avons toujours dû recréer notre vie personnelle, de couple et de famille. Pas le temps de s’ennuyer !” témoigne Sophie de Mexico. Pour Marie-C, c’est un peu différent. “Parce que cela “allait de travers” (virage de la quarantaine difficile à négocier) nous avons décidé de repartir de zéro grâce à l’expatriation. Malheureusement, lors de notre arrivée à Dublin, il y a deux ans, j’ai déprimé pendant 4 mois. Mon mari a alors été très présent, un véritable pilier pour moi. Dès lors nos liens se sont considérablement  resserrés. J’ai découvert sa nature généreuse et à l’écoute. J’ai depuis retrouvé un équilibre et je profite de tout ce que peut m’offrir l’Irlande. Ce que je découvre la semaine (car je ne travaille plus), je le fais découvrir à mon mari lors de nos week-ends ou lorsqu’il prend une journée de congé ici ou là. Il faut se ménager du temps à deux, surtout lorsque l’on a des enfants (mais cela est vrai tant pour la vie en France qu’en expatriation !). Une chose est sûre : l’expatriation est un “révélateur puissant” des traits de caractère de chacun. Et l’amour c’est accepter l’autre avec ses forces et ses faiblesses…”

Claire Largillière

Agadir, Cinéma, Femmes du Caire et d’orient sont à l’honneur…

Ciné-Dimanche

Femmes du Caire 

Dimanche 7 novembre à 18h

Cinéma Le Rialto

AGADIR

  

 Réalisé par Yousry Nasrallah

Avec Mona Zaki, Mahmoud Hemida, Hassan El Raddad 
 

Egypte 2009, 2h15’ Tout public  

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 Hebba anime un talk-show politique, mais sa pugnacité anti gouvernementale met en danger la promotion qu’attend son mari… Elle troque alors dans son émission la politique pour des faits divers féminins. Le succès est immédiat Hebba passionne des millions de spectateurs avec des histoires vraies, pleines de surprises, de violences, de rebondissements, les emmenant des bas-fonds du Caire à la jet-set, impliquant des membres du gouvernement, dans un tourbillon de sensualité et d’inventivité romanesque. Hebba se retrouve très vite en terrain miné fait d’abus, de tromperies religieuses, sexuelles et… politiques. De conteuse, Hebba devient elle-même une histoire.  

Où s’arrête la politique, où commence la question de la condition féminine ? Tout est lié dans Femmes du Caire. 

- Festival des trois continents : prix du public

- Festival de Venise : sélection officielle

- Festival de Toronto : sélection officielle

Marrakech. Mon beau riad, roi de la médina… Arnaque ou légèreté des rêveurs ?

1800 riads et maisons d’hôtes, “selon les chiffres approximatifs”, rien que pour la ville de Marrakech. Presque la moitié serait officiellement, et moins officiellement surtout, en attente d’être vendue, ou dans cet espoir pour les propriétaires. 

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Néanmoins la demande existe encore pour beaucoup qui continuent à penser que l’époque serait celle des années fastes pour se lancer dans ce rêve plus que dans un projet réfléchi, par tous les critères à aborder avant tout projet. Loin de vouloir décourager les nouveaux qui arrivent à la conquête du Riad, suite aux répétitifs sujets qui font rêver en France dans les émissions de télévision habituelles, loin de toute objectivité, l’image reste fortement ancrée dans le positif plus que dans le cauchemar après engagement. 

Un riad ou une maison d’hôtes, c’est aborder les réglementations du tourisme, connaître le B-A BA de la rénovation, savoir aborder le métier de l’hôtellerie et de la restauration un minimum. Une approche commerciale évidente au quotidien très prenante, et le plus important, chose qui ne peut arriver dans les valises au départ, une bonne vision des us et coutumes au Maroc pour aborder tout projet, quel qu’il soit. L’improvisation et l’aventure restent donc deux facteurs aggravants que sous-estiment les futurs “Riadiers“.

Suivre le premier venu est une loterie, un casino, une expérience pour beaucoup d’étrangers qui arrivent au Maroc, la tête pleine de révolutionnaires idées. Se faire avoir de quelques euros sur un faux tee-shirt, ou perdre la notion du temps sur une fausse Rolex n’est pas une plaie mortelle ; mais quand il s’agit de toutes ses économies, parfois celles de toute une vie, la pilule devient amère à avaler. Des riads qui, passé le rêve, n’ont pas accueilli le premier client après 6 mois d’ouverture, cela existe. Des riads qui se mettent en gestion, où le travail permet à peine de payer le bail, cela existe. Des propriétaires qui ont fait petite fortune depuis 20 ans il y en a aussi, mais leur expérience et l’époque ne s’inscrivent plus dans le paysage actuel, où maintenant le statut est celui de l’entreprise avec ses charges, sa TVA, ses taxes touristiques et ses impôts officiels… L’époque où Marrakech manquait cruellement de lits fit la réussite de nombreux Européens, Français surtout, qui pour le prix d’une voiture revendue à un local se payaient le vrai riad, et n’avaient qu’à attendre l’après-midi les touristes de passage pour remplir la cour. Les “baba cool” d’hier seraient devenus, pour certains, les petits bourgeois de la médina avec le temps… Des affaires qui tournent bien rond, cela existe encore dans certains quartiers et certaines artères de la médina ; toutefois il faut répondre aux jeunes touristes avec sac à dos qui recherchent des prix bas, plutôt que le riad dit de charme version déco magazine, bien éloigné de la place Jemaa, qu’il faut chercher avec un GPS au fin fond d’une ruelle sombre, et qui vous propose une chambre de 2,5 m sur 8 m au prix d’un hôtel 5 étoiles en all inclusive.

A voir le prix de vente de certains riads maintenant, beaucoup attendent le pigeon ! Mais le très gros alors, le très rare aussi, d’une espèce en voie de disparition depuis fin 2008, et qui tomberait les deux pieds joints dans le rêve exotique du premier arrivant ! Les comptables et les gestionnaires connaissent, eux, la suite des histoires qui circulent dans les ruelles de la médina de Marrakech et sur les terrasses de cafés des habitués de la place Jemaa El Fna. Il arrive même que certains naïfs recherchent la Plage Jemaa El Fna à Marrakech, pensant que la ville est au bord de la mer. (Véridique, si si….:-))

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Arnaque et escroquerie : Du rêve au cauchemar…

Michel Roussel La Gazette du Maroc  

Marrakech serait-elle en passe de devenir la ville de tous les dangers ? De la petite délinquance aux magouilles en tous genres, la ville ocre attire de plus en plus malfrats qui n’ont qu’un but : plumer l’étranger ! Nous l’appellerons Mme K pour respecter son anonymat). Amoureuse du Maroc depuis toujours, elle décide de venir à Marrakech pour y acheter avec un ami un riad, le restaurer et en faire une maison d’hôtes, histoire de profiter activement de sa retraite. Mme K. achète son riad en décembre 2006.

Bien entendu, elle choisit un entrepreneur, marocain, M.A qui lui présente un devis pour effectuer les travaux, -700 000 DH-, et un architecte français, dont les honoraires vont se calculer à hauteur de 10% sur tous les travaux engagés, c’est-à-dire 10% sur les prestations des divers corps de métier qui vont œuvrer dans cette entreprise, menuisiers, maçonnerie, plomberie, électricité … Sauf que l’architecte français en question n’est pas agréé au Maroc ! «J’ai dû avoir recours à un architecte marocain, explique Mme K, et lui donner la bagatelle de 10 000 DH pour «valider» et signer les plans de son homonyme français». Ça commence fort!

Après 3 mois de tracasseries administratives, les travaux peuvent enfin démarrer, ils doivent durer 5 mois. Les devis sont approuvés et les plans légalisés. Tout semble rentrer dans l’ordre. Au fur et à mesure, Mme K. avance sans reçu à l’entrepreneur qui se fait pressant de nombreuses sommes d’argent -jusqu’à 500 000 DH-, pour, dit-elle, payer ouvriers ou autres fournisseurs. (Mme K. se rendra très vite compte que les ouvriers ne sont pas payés, puisqu’elle ira même jusqu’à leur donner personnellement quelques centaines de DH, ne serait-ce que pour se nourrir ! Lesquels ouvriers sans salaire ne mettent pas la meilleure volonté du monde pour faire avancer le chantier, on s’en douterait. Peu à peu, l’ambiance se dégrade sur place, en particulier entre l’entrepreneur et l’architecte français qui ont du mal à se supporter.
Un rêve devenu cauchemar
Résultat des courses : le chantier est quasi à l’abandon, l’entrepreneur n’y met quasiment plus les pieds, les ouvriers meurent de faim, font la sieste ou la lessive et l’architecte s’est envolé… Sans d’ailleurs avoir remboursé les honoraires qu’il a perçus à l’avance sur le second œuvre, ni reçu. Lasse de tant de malversations, et devant un chantier qui ressemble davantage aux résultats d’un bombardement qu’à un riad en rénovation, Mme K. fait appel à un médiateur. Histoire de sortir de l’impasse et de pouvoir poursuivre, ou plutôt reprendre les travaux. Nous sommes en juillet 2008. Le médiateur qui se réclame de la Wilaya exige une expertise pour évaluer tant le travail effectué que le travail qu’il reste à faire -toujours pour le gros œuvre-. L’expert qui réclame au passage sa part du gâteau: 2,5% du montant total des travaux qu’il reste à faire, jette un vague coup d’œil depuis le patio, et décrète qu’il reste encore 35% des travaux à effectuer. «Il a fallu marchander, et après des négociations houleuses, j’ai donné à l’expert 4000 DH pour sa brillante prestation». Fort des conclusions de ladite «expertise», le médiateur peut enfin convoquer l’entrepreneur, qui réclame à Mme K. en se montrant menaçant 30 000 DH pour… simplement quitter les lieux. Après un curieux marchandage (entre médiateur, expert et entrepreneur) Mme K. se verra encore soulagée de 15.000 DH, toujours sans aucun reçu».

En résumé, un million de DH et 17 mois plus tard, rien n’est fait. Mme K. est au bord de la ruine, alors qu’elle devrait déjà habiter sa maison de charme dans la médina. Comme beaucoup, elle a vendu tous ses biens en France pour investir ici. Pour y vivre sa retraite après 42 ans de labeur en tant que fonctionnaire. Pour y trouver la paix et la tranquillité… Sans doute était-ce trop demander! Mme K. a du mal à retenir ses larmes.

Son «rêve marocain» est devenu un atroce cauchemar… En ultime recours, elle a fait appel au Wali à qui elle demande seulement un «arbitrage».

Agadir. Une charte contre l’archinul, l’archimoche, l’archilibre, l’architecture

Le Maroc est passé du cubisme ancien en pisé de charme au cubisme moderne, cela n’échappe pas aux gens qui traversent le pays. Si les petits villages traversés vous offrent l’orient traditionnel et ses images magnifiques, la version béton et parpaing n’est pas une réussite dans les plus grandes villes. 

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En abordant les grandes agglomérations par les nombreuses routes désormais, les abords n’inspirent pas à se poser au Maroc, pas plus d’ailleurs qu’en arrivant dans une banlieue européenne. Avec du recul, le Maroc aurait pu éviter les mêmes erreurs éventuellement, mais non… Le besoin, la vitesse et surtout la simplicité visant les intérêts de tout un secteur économique et spéculatif, pour lâcher le juste mal, ont fait passer la créativité loin derrière. Les artistes, où nous pouvons inclure les artisans et les architectes, ou la recherche de la beauté, pas spécialement plus onéreuse, passent souvent après coup. 

Mais quand 60% des Marocains sont eux-mêmes dans la construction, préférant l’auto-construction afin d’éviter les promoteurs abuseurs et professionnels incertains d’un marché empirique, pas étonnant le résultat, le constat, le bilan.

Les plans se copient à l’oeil par les maçons sur la maison du voisin, souvent avec les mêmes erreurs qui se répètent sur toute une rue. Les appartements n’offrent qu’une façade, voire un angle au mieux, des chambres noires par cela sans aucune ouverture. Ne parlons pas des normes ni de la sécurité des constructions… Et puis si c’est l’aspect sécuritaire qui est en cause… comme les chauffe-eau à gaz made in China, ou autres qui évacuent directement dans la cuisine la toxicité, l’absence de protections électriques ou alors inadéquates le plus souvent qui tuent chaque année en silence nombre de gens face à leur électroménager chinois ou dans leur baignoire directement…. 

Ces anomalies chez les particuliers se retrouvent néanmoins dans toutes les strates de la construction des dits “professionnels” ; le “standing” et le “haut standing” ne sont pas épargnés ; encore plus visible quand les clients sont des Occidentaux pour qui le détail est gage surtout de ce qui ne se voit pas au premier abord. Parfois seuls les tarifs différencient le logement économique du pseudo standing ; sur ce point l’évolution n’a pas attendu. 

La laideur n’est pas seulement à imputer à l’architecture pour autant.

Combien ensuite défigurent à leur propre niveau les biens immobiliers par les manques des architectes ou par leurs ajouts et qui arrivent même parfois à cacher toute une façade ! Observons les boutiques qui s’accaparent les rez-de-chaussée, les oreilles de Mickey paraboliques qui fleurissent sur toutes les toitures et terrasses ou balcons, les escargots géants affreux qui chauffent l’eau solairement sans cacher leur image défigurante, les climatiseurs que personne ne prévoit dans les plans au départ qui se positionnent rapidement comme des étiquettes sur un smoking, ce qui soulève le manque d’approche de qualité, les multiples câblages électriques ajoutés, les fils de téléphone qui se croisent et tapissent les murs, les câbles d’antenne qui passent devant les fenêtres de tous les voisins, les chauffe-eau électriques installés directement sur les balcons, les nombreux trous faits par tous les divers installateurs qui ne se préoccupent pas de percer le parpaing ou le marbre de manière identique en les rebouchant après passage avec tout ce qui peut remplir le trou, les grilles de sécurité carcérales reprises à “Prison Break” que chacun s’empresse de poser en arrivant, les panneaux publicitaires ajoutés aux façades des résidences qui se transforment rapidement en immeuble de bureau ou de salon de coiffure, car moins cher que la clé d’un commerce ou d’un loyer commercial en rue, sans parler des halls d’entrée qui se transforment rapidement en garage pour deux-roues ou les ascenseurs qui finissent en placard à balais, en dépôt pour les ordures, voire en fumoir pour amateur d’herbe quand ce n’est pas en urinoir… 

Avant d’investir dans un appartement, soyez prévenus de la suite, car qui dit investissement soulève plus-value dans le temps et non pas moins-value, en principe…

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 Agadir

Boussaid contre la laideur architecturale  

Pour améliorer le cadre bâti et le paysage, une charte d’esthétique architecturale sera mise en place.

Fini l’anarchie et le désordre urbanistique à Agadir! Cette ville se dotera prochainement d’une charte d’esthétique architecturale partagée par l’ensemble des acteurs et intervenants, a annoncé, lundi dernier, le wali de la région Souss-Massa-Draâ, Mohamed Boussaid.

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L’objectif est d’améliorer la qualité architecturale et paysagère de la ville et d’endiguer les tares causées par un développement urbain effréné ces dernières années. L’annonce a été faite lors d’une journée de réflexion sur la qualité architecturale de la ville avec la participation de représentants des autorités locales, d’élus, d’architectes et de promoteurs immobiliers. M. Boussaid a dressé, à cette occasion, un diagnostic peu reluisant de l’extension urbanistique de la ville durant les dernières années avec une accumulation de construction et d’aménagement “en perpétuel déficit” qui met en cause la capacité de la capitale du Souss à relever les défis de la modernité.“Auto-construction, laideur architecturale, juxtaposition de lotissements, espace public délaissé sont les principaux traits saillants marquant les extensions urbaines auxquelles il devient, aujourd’hui, urgent d’opérer une action de mise en cohérence et d’harmonisation”, a-t-il soutenu pour mieux souligner l’urgence d’une charte d’esthétique architecturale.Agadir, qui commémore cette année le cinquantenaire de sa reconstruction, fût, pourtant, la première ville nouvelle réalisée au Maroc après l’indépendance. La ville a su négocier, de façon remarquable, sa reconstruction et a enregistré, depuis cinq décennies, un développement urbain considérable porté par une dynamique économique et sociale.Architectes et urbanistes de renom ayant une double culture marocaine et étrangère, et prônant les principes de l’urbanisme moderne, avaient réussi durant la reconstruction d’Agadir à créer une oeuvre moderne marquée par des objets architecturaux de grande valeur, des espaces publics singuliers et une organisation fonctionnelle de ses différentes composantes. Aujourd’hui, et à l’heure où la ville s’apprête à adopter ou à mettre à jour nombre de documents d’urbanisme importants, un appel pressant a été lancé pour préserver l’âme de la ville et pour lui conférer un aspect attractif et agréable à la hauteur de ses atouts et ses ambitions.Dans ce sens, le wali de la région, tout comme le président de la commune, Tarik Kabbaj, a insisté sur l’importance de dépasser les déficits urbanistiques actuels pour espérer donner un plus grand rayonnement à la ville. Dans le cadre des efforts de mise à niveau urbaine dans le respect des particularités architecturales locales, une école d’architecture devra ouvrir ses portes dès la prochaine rentrée universitaire. L’établissement a déjà obtenu, indique-t-on, l’accord du ministère de l’Habitat.A rappeler que la rencontre sur la promotion de la qualité architecturale de la ville d’Agadir est organisée à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de l’habitat, placée cette année sous le thème de la qualité architecturale et l’amélioration du cadre bâti.

Journée mondiale

Le monde célèbre chaque premier lundi du mois d’octobre la Journée mondiale de l’habitat. En effet, sur recommandation de la ‘’Commission des établissements humains”, l’assemblée générale a décidé, en 1985, de première conférence internationale sur le sujet.
A noter à ce titre que l”’UN-Habitat” a élaboré un plan modèle visant à combiner des politiques d’urbanisation judicieuses à des initiatives rurales axées sur le développement en vue d’aider à modifier le flux des demandeurs d’emplois vers les centres urbains. A signaler que le Maroc a été primé par l”’UN-Habitat” pour ses efforts déployés en matière de lutte contre l’habitat insalubre et l’amélioration des conditions de vie de la population en réduisant la fracture urbaine.

Par MAP

Comment prendre le nouveau bus en marche sur Agadir ?

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Allier transport en commun et communication… Une histoire qui a tenu en haleine la ville d’Agadir, et encore plus ses habitants, semble se finaliser par une conclusion enfin digne de cette ville. Merci à toutes les bonnes volontés, un peu moins aux conflits d’intérêts passés, qui ont pris en otages des milliers de gens au quotidien, les considérant plus comme des sardines en boîtes de ferraille, plus que rouillées par le temps, qu’en êtres humains pendant des années. 

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La ville sera fière désormais de compléter sa fiche touristique, du moins quand la société de transport ALSA commencera à communiquer envers ces derniers. Les touristes et résidents d’Agadir de plus en plus nombreux, attendant eux aussi ces nouveaux bus, aimeraient néanmoins connaître les circuits empruntés par ces derniers et les destinations prévues.  Un simple poteau droit comme un I indiquant certainement “Inch’allah” fait souvent office d’arrêt de bus, quand ce n’est pas l’attroupement de patients qui attendent qui fait office d’agence de communication. Où vont les bus exactement ? Comment fonctionnent les horaires ? Le dimanche ou la semaine, est-ce identique ? Jusqu’à quelle heure peut-on circuler en bus ? Y a-t-il un terminus en ville ? Y a-t-il une agence de renseignement avec des plans en ville ? Un site Internet existe-t-il ? A cette dernière question le terme ALSA+Agadir tapé sur un moteur de recherche sur Internet vous présentera la célèbre marque internationale de FLAN… comme réponse, et ensuite les articles sur la Sté ALSA, mais toujours pas de communication directe de leur part. Ce ne sont pourtant pas les sites marocains ou d’expatriés ni de tourisme ni les blogs qui manquent et qui désireraient reprendre ces informations sur la toile, que recherchent nombre de voyageurs, de touristes, de résidents, de MRE comme de locaux. 

A l’heure de la communication commerciale recherchée, pour amortir plus rapidement les investissements, voilà que la société Alsa se doit déjà de baisser ses prix, devant les manifestations économiques de ses premiers utilisateurs qui trouvent le ticket plutôt salé. La communication aurait un bus de retard ou deux, qui apporterait éventuellement une réponse aux gestionnaires de cette société… pour un ticket gagnant pour tous…

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Article complet suivre le lien:

http://www.fes-medina.com/tourisme/grand-agadir-inauguration-du-service-de-transport-urbain.htm

Grand Agadir : Inauguration du service de transport urbain

bus-agadir.jpgLa société espagnole de transport ALSA a inauguré officiellement le service de transport urbain dans le Grand Agadir le samedi 2 octobre 2010. Il est à noter que l’exploitation a débuté le 1er septembre 2010 avec un parc mobile de 80 bus.
Pour mieux répondre aux besoins de mobilité de la population de l’agglomération du Grand Agadir, un réseau de lignes dessert la ville d’Agadir et la banlieue dans un rayon de 40 km. Cela a permis à 80% de la population d’avoir un arrêt de bus à moins de 500 mètres de leur résidence. Le délégataire cherche à intégrer  tout le Grand Agadir  afin de faciliter l’accès de la population  des zones rurales à l’éducation et aux services publics de santé de la ville.

  —————————————————– http://www.marocjournal.net/actualites-maroc/11898.html 

Agadir: La société “Alsa” revoit à la baisse ses tarifs en zone périurbaine

Les “ajustements” tarifaires, en vigueur depuis début octobre courant, interviennent “après une étude technique et économique approfondie” pour tenir compte des “demandes des usagers concernés”, indique un communiqué de la société, parvenu à la MAP.

Le tarif de 9 DH appliqué au départ sur les lignes desservant des communes rurales d’Ida outanane avaient suscité le mécontentement des usagers non satisfaits de voir les prix sensiblement grimper par rapport à ce qui était en vigueur.

Outre les étudiants et les élèves du lycée, la population locale dépend largement du transport en commun pour se rendre à Agadir pour le travail, ou pour écouler produits agricoles et d’artisanat et s’approvisionner sur les marchés de la ville. Nombre de réunions ont été tenues à l’initiative des autorités locales pour aboutir à la nouvelle grille avec des réductions sur les tarifs tickets et prépayés. Pour le trajet entre les communes de Tamri à Imiouadar ou entre la commune Imimki et Agadir, le tarif est passé de 9 Dh à 5 Dh (4,5 Dh pour la carte prépayée) et de 9 à 7 DH pour Taghazout-Agadir. La compagnie espagnole, déjà opérationnelle à Marrakech depuis 1999, a démarré son activité le 1er septembre à Agadir avec 46 véhicules neufs. Le réseau initial couvre 15 lignes et devait être étendu, indique-t-on, par la mise en service de 80 bus dès ce début octobre.

Le parc d’autobus sera renforcé avec 76 véhicules supplémentaires pour atteindre les 156 bus prévus dans le contrat de gestion déléguée qui s’étend jusqu’à 2025.

Selon ses dirigeants, la société prévoit de transporter 48 millions de passagers à partir de 2012.

05/10/2010
(MAP) Maghreb Arabe Presse