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Archive pour 13.9.2010
Economie du Maroc : une pieuvre sclérose-t-elle le pays ? Le Parrain, ou la Firme ?
13.9.2010 par admin.
Le cœur d’un système capitaliste dans un pays aurait-il un autre battement dans son fonctionnement que le cœur du système capitaliste mondialisé au-dessus de lui ?
Le continent Afrique a-t-il eu besoin en outre d’attendre le système officiel comme partout ailleurs dans ce monde pour comprendre que l’argent et le pouvoir étaient la puissance sur les autres ? L’époque n’est plus aux tribus mais aux familles, voire aux individus depuis un bon moment, où chacun sur le grand échiquier de ce monde, même hors de toutes les frontières qu’on dit culturelles, tente chaque jour d’avancer ses pions face aux autres. Chacun ayant à coeur de se transformer de pion en cavalier, en tour, en reine ou en roi pour mettre les autres face à l’échec et mat.
Y aurait-il une mafia ou une pieuvre sur l’économie marocaine, ou est-ce comme partout ailleurs un ensemble d’hommes qui, par leur mouvement collectif dans une même direction enviable économiquement, donneraient simultanément et sans en prendre conscience la couleur des choses ?
Pourquoi un pays qui se développe trouve-t-il toujours ses principales ressources dans le ciment, le béton, la construction en général ? Et à l’instar des plus gros en ce secteur que dénonce le plus petit, ces plus petits désormais auraient-ils un autre discours que celui de l’appartement, du terrain, des biens, qu’ils considèrent eux aussi comme une rente spéculative pour demain, comme une sécurisation que ne saurait apporter la société ?
Alors, Le Parrain ou La Firme ?
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http://www.lesoir-echos.com/2010/08/27/immobilier-et-banques-les-piliers-de-l%E2%80%99economie-de-rente/
Immobilier et banques : Les piliers de l’économie de rente
La richesse du Maroc serait soigneusement mise à sac par une bande de rentiers organisés et sans scrupules, aspirant jusqu’à plus soif tout ce que le Maroc posséderait. Ce sont toujours les mêmes, nous dit-on d’un air entendu, qui tirent les ficelles et qui gardent tous leurs biens à l’étranger.
Ce groupe engloberait, dans l’imaginaire populaire, les politiques, les militaires, les Fassis et autres pachas locaux.S’il n’y a pas lieu de stigmatiser une catégorie de population par rapport à une autre, ces sentiments largement partagés par nos concitoyens décrivent un modèle économique sclérosé par des situations de rente fortement encouragées par un système financier rigide et une spéculation foncière débridée.
Si le Maroc, en tant qu’état, ne s’appuie pas sur une rente particulière, le système économique interne du pays est excessivement favorable aux rentiers, pénalisant ainsi les nombreux efforts déployés pour créer de nouvelles richesses. Ainsi les banques marocaines sont quasi-imperméables à tout financement de projet, fût-il solide, si ce financement n’est pas soutenu par ce qu’ils appellent dans leur jargon «des garanties réelles» donc des hypothèques sur des biens immobiliers. Partant de ce constat, seuls les personnes dotées d’un bien qu’ils possèdent déjà sont à même d’entreprendre.
L’état tente de palier à cette problématique avec les défunts crédits «jeunes promoteurs» ou le programme «Moukawalati» en se heurtant dans ces démarches à l’incivisme ambiant de souscripteurs sans envergure encouragés par des partenaires peu fiables. Le système financier marocain qui semble mature pour la collecte des dépôts, l’accompagnement des classes moyennes et aisées ou encore le financement des grandes entreprises ne sert finalement qu’à la gestion du capital existant et est de ce fait au service de la rente.
Sous d’autres cieux, les entreprises naissantes à fort potentiel portant le nom prometteur de «start-up» sont appuyées par un énorme réseau de fonds dit d’amorçage; les entreprises en difficultés, mais qui affichent des perspectives positives sont, elles aussi, largement financées par le système bancaire aussi efficace qu’impliqué dans l’activité de ces dernières.
Ces systèmes de financement requièrent du professionnalisme dans le suivi, une culture de la transparence et une certaine maîtrise des risques. Les banques marocaines doivent s’engager dans une approche bienveillante du risque rémunéré par des profits à l’instar de toutes les autres entreprises au lieu de tirer leurs bénéfices d’un système oligopolistique de rente. Notre système de rentes s’appuie aussi sur la spéculation immobilière. Casablanca, par exemple, affiche une densité de population de 10’900 habitant/km2 plus importante que celle de New-York (6’700 hab/km2) ou de Milan (9’400 hab/km2). Il suffit de parcourir quelques centaines de mètres au-delà du périmètre urbain pour trouver des étendues désertées et déjà possédées par de riches spéculateurs attendant que la ville se développe à coups de dérogation et de nouveaux schémas directeurs pour tirer profit de leurs investissements «éclairés».
La pression sur les prix à l’intérieur des villes est maintenue grâce à une politique dite «d’urbanisation contrôlée» destinée à accompagner le développement des villes par les infrastructures nécessaires mais qui, in-fine, encourage la spéculation aussi bien à l’intérieur des agglomérations que dans les périphéries.
L’état tente d’y remédier en créant de nouvelles villes et en essayant de préserver les couches les plus fragiles de la population par le logement social ou encore en encourageant l’investissement à travers les zones industrielles mais se heurte à une myriade de magouilles organisées détournant systématiquement tout programme de ces objectifs originels.
Que se passerait-il si les pouvoirs publics libéraient, dès demain, 1 million d’hectare à l’urbanisation au sein et autour des 6 plus grandes villes du royaume ?
Primo, la valeur des biens immobiliers diminuerait de moitié ruinant quelques entreprises constituées autour de la spéculation immobilière.
Secundo, la valeur des garanties dites « réelles » serait par conséquence divisée par 2 forçant les banques à se doter des compétences adéquates pour mieux analyser leur exposition actuelle et future aux risques.
Tertio, les ménages, qui n’ont pas encore pu le faire, seront très heureux de profiter d’une telle baisse de prix à l’achat et par voie de conséquence à la location augmentant mécaniquement leur pouvoir d’achat et libérant des moyens pour la consommation d’autres produits.
Ceci n’est bien entendu qu’un rêve car il existe tellement de forces pour contrecarrer cette proposition qu’il serait vain de s’y attarder plus longtemps.
Un système économique qui plombe l’initiative et alimente la rente ne peut en aucun cas accompagner les ambitions légitimes de développement que le Maroc affiche avec une certaine fierté et beaucoup de volontarisme. Nous avons tort de penser que notre système financier est sain car il aurait survécu à la crise. Nos banques ont résisté (ce qui reste à démontrer) car elles engrangent des bénéfices confortables sans prendre le moindre risque en s’appuyant sur des valorisations immobilières créés artificiellement et jalousement protégées. Les solutions techniques pour résoudre cette problématique sont multiples et d’une simplicité désarmante mais comme disait Voltaire : «Gouverne qui peut ; et quand on est parvenu à être le maître, on gouverne comme on peut».
Posté dans Economie, Investissement, Construction, Entreprise, Finances, Développement, Société, Immobilier, Culture, Commerce | Aucun commentaire »