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Archive pour 24.4.2010
Retraités Français, rebaptisés Seniors dès Tanger… Ou les déçus du bleu, les dépités du blanc, les exilés voyant le rouge arriver de Paris…
24.4.2010 par admin.
Ils aiment tous leur pays, mais quand la fin du mois arrive ou quand la pension de retraite est versée, le sentiment nationaliste retombe très vite. Tel jadis les gens du Maghreb qui quittaient par force leur terre natale tant aimée, laissant famille derrière afin de trouver un nouveau monde et la terre de Mr Voltaire et de Mr Hugo, voilà que le phénomène s’inverse. Le besoin impérieux de matérialisme et d’argent ou de moyens financiers semble réunir mieux les hommes sur le terrain que les histoires d’hier qui les séparaient…

Non seulement les MRE reviennent au bled, attirés par le pays qui se souvient d’eux, mais ils ramènent avec eux des Français et Européens dans leurs valises en carton, en tissu ou en cuir selon la réussite obtenue. Le monde tourne et l’histoire aussi, mis à part que ces Européens n’arrivent pas tous pour travailler (mais aussi… de plus en plus) mais seulement pour pouvoir encore vivre sans perdre leurs moyens, qui diminuent d’année en année plus au nord, notamment en France, où fraternité résonne plus comme donation de son vivant.
La destination soleil et plage entendue dans les discours depuis des années n’est plus la même raison depuis deux ou trois années, par les arguments présentés par ceux qui arrivent au Maroc avec les tempes grisonnantes. Ils arrivent, eux, avec des raisons fiscales, des raisons de pouvoir d’achat, des raisons de survie de leur niveau social, voire pour l’augmenter grâce au système comptable entre deux pays. Ce qui fait dire que ce n’est pas seulement les plus nantis qui profitent des niches fiscales en France qui veulent quitter le pays, mais la Belgique et la Suisse ne permettent pas cela à toutes les classes dites sociales.
Le soleil, le tajine, le sable et les raffinements offerts par l’orient sont des arguments qui passent maintenant après la calculatrice, la feuille d’impôt, le prix moyen du panier de la ménagère au marché.
Un nouveau marché de masse pour le Maroc qui va devoir de plus en plus s’orienter sur ce secteur des retraités étrangers, pardon des “Seniors”, c’est plus commercialement correct.

Pendant que le Maroc s’interroge sur l’avenir des siens qui arrivent en masse, eux aussi, à la retraite, sachant que la moyenne d’âge augmente pareillement au Maroc, où iront les “Vieux” du Maroc avec une retraite qui rendrait fous ces seniors étrangers ? Si pour certains le Maroc représente un pays à deux vitesses, la troisième vitesse serait-elle déjà enclenchée pour demain par cet afflux d’étrangers divers qui domineraient par le nombre tout un pan important de l’économie marocaine ? C’est l’histoire qui nous répondra encore, mais elle arrive plus vite désormais en ce monde qui s’accélère ou qui s’affole, selon le prisme de chacun…
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http://www.lexpress.fr/emploi-carriere/et-si-l-herbe-etait-plus-verte-ailleurs_884967.html
Et si l’herbe était plus verte ailleurs?

Recommencer sa vie à 50 ans ou prendre sa retraite à l’étranger, pourquoi pas? De plus en plus nombreux, les français choisissent l’exil ensoleillé.
Du coeur de la casbah s’échappe une sonate de Chopin. Tandis que Jean-Marc tricote ses doubles-croches au piano, Michèle sert le thé à la menthe à des hôtes éblouis. L’image est incongrue, presque surréaliste. Que vient faire un Steinway demi-queue dans ce village berbère des gorges de Dadès, au Maroc? “Il y a 9 ans, raconte Michèle, 66 ans, lors d’une randonnée dans l’Atlas, nous avons eu un coup de foudre pour cette oasis de verdure et décidé d’acheter cette vieille maison sans eau ni électricité pour y passer notre retraite. Cela a été très facile puisque nous sommes devenus propriétaires en seulement deux semaines.” Pour cet ancien professeur de piano du conservatoire régional de Caen et son époux Jean-Marc, pianiste dans l’orchestre philharmonique de Caen, la retraite promettait d’être paisible. “Et puis, se souvient- elle, nos voisins berbères nous ont soufflé l’idée des chambres d’hôtes. Ils nous ont dit: “si tu veux, on va t’aider et comme cela, tu donneras du travail au village”.” C’est ainsi que le couple mélomane accueille depuis quatre ans les touristes du monde entier dans ce village isolé. “Nous sommes devenus entrepreneurs à plus de 60 ans, presque par hasard. Ici, les autorités locales donnent les moyens à ceux qui veulent créer une entreprise et cela, quel que soit votre âge.” Michèle et Jean-Marc ne sont pas une espèce d’oiseaux migrateurs si rare. Ils appartiendraient plutôt à une race en voie de développement.
Un million de retraités français vivent à l’étranger
Selon un sondage Ipsos/Les Senioriales publié en 2009, 22% des seniors français se disent prêts à s’expatrier au moins “pour quelques années” alors qu’ils n’étaient que 4% en 2006. Un million de Français passent déjà leur retraite à l’étranger (source Cnav). Que ce soit sous les tropiques, en Europe, au Québec ou au Maroc, ce qui motive les migrants tient en deux points : profiter d’une meilleure qualité de vie et d’un pouvoir d’achat élevé. “Nous sommes de plus en plus souvent consultés par de futurs retraités désireux de s’installer à l’étranger”, confirme Carole Lucas, directrice de la Maison des Français de l’étranger, qui renseigne les candidats à l’expatriation.Créée en 2008, la société Delocalia, spécialisée dans le conseil en investissement et la préparation de la retraite à l’étranger a vu le nombre de demandes exploser. “Depuis la crise, explique Louis Eudes, son fondateur, les couples qui s’aperçoivent qu’ils ne disposeront que de petites retraites paniquent et sont prêts à partir n’importe où. Ce sont des gens déçus, dépités, qui aiment profondément la France mais considèrent qu’il est trop difficile d’y vivre. Ils préfèrent tenter l’aventure des pays émergents où ils trouveront peut être un peu moins de sécurité, mais beaucoup plus de liberté.”
Vivre heureux en Thaïlande avec 150-200 euros par mois
Principale terre d’accueil des seniors français, le Maroc, où plus de 40 000 d’entre eux ont choisi de prendre leur retraite. Première explication à cet engouement, le pays leur déroule le tapis rouge. Les retraités de l’Hexagone bénéficient d’un abattement de 40% sur leurs revenus imposables et d’une réduction de leur impôt sur le revenu de 80%, à condition qu’ils transfèrent dans le pays la totalité de leurs pensions de retraite française. Ce qui leur laisse généralement largement de quoi vivre. Car la retraite sous le soleil d’Essaouira, de Tanger ou de Marrakech n’est pas réservée qu’aux seniors argentés. Dyar Shemsi, “village pensé pour les retraités”, véritable “Sun City” à la marocaine vient d’être inauguré et le prix de vente des 240 futures villas, toutes de plain-pied et bâties sur une orangeraie, s’échelonne entre 99 000 et 160 000 euros pour environ 100 m2, sans impôts fonciers et avec des charges faibles (110 euros par mois pour l’entretien du jardin et de la piscine). Muriel Bassier et son mari, retraités bordelais installés dans la banlieue de Casablanca depuis 2006 confirment que leur niveau de vie est bien plus élevé aujourd’hui. “Pour le même prix que dans un petit village du Midi, nous avons acheté un appartement trois fois plus grand, et avec un budget de 2 000 euros mensuels, nous ne nous privons pas du tout.” Si les raisons financières sont le premier motif invoqué pour tenter l’aventure de l’étranger, la génération des baby-boomers est aussi moins frileuse à l’idée de quitter la France que celles qui l’ont précédée. Nombre de seniors ont souvent beaucoup voyagé et l’idée du village mondial ne leur est pas complètement étrangère. D’autant plus qu’Internet et les vols low cost leur donnent les moyens de vivre loin de leurs proches sans être coupés d’eux. “Nos enfants et petits-enfants viennent même nous voir plus souvent qu’avant, reconnaît Muriel. Après tout, Casa n’est qu’à deux heures et demie de vol de la France!”
Les destinations évoluent Reuters
Outre l’Espagne ou le Maghreb, des pays comme l’île Maurice font les yeux doux à cette population d’Occidentaux qui dispose d’un pouvoir d’achat non négligeable. L’opération de séduction des autorités mauriciennes ne doit rien au hasard et l’île vient de modifier sa législation pour faciliter l’acquisition immobilière (voir encadré). Michel Escure, 63 ans, fait partie des nouveaux arrivants qui ont choisi cette destination à l’allure de carte postale. Pour cet ancien cadre dans les télécoms, le petit pavillon d’Antony manquait cruellement d’horizon. Pour le prix d’un studio en France, il a acquis avec sa femme un appartement de standing à Flic-en-Flac, un petit paradis de sable blanc baigné d’eau turquoise. “Cela nous trottait dans la tête depuis quelques années, raconte Michel, et puis on a craqué en 2007 et on ne le regrette pas. L’accueil des Mauriciens est exceptionnel, cette rencontre des cultures est un exemple de tolérance et, atout de taille, tout le monde ici est francophone. Nous vivons très bien avec les 2 000 euros par mois de notre retraite et nous avons le soleil en prime!”
“Depuis cinq ans environ, on observe aussi que les destinations choisies pour une deuxième vie sont en train d’évoluer”, remarque Carole Lucas. En 2006, une étude de la Caisse des Français de l’étranger révélait que l’Asie du Sud-Est connaissait une vive envolée avec une progression de 170% pour la Thaïlande, 291% pour le Vietnam et 500% pour le Cambodge! Des pays attractifs, notamment pour des hommes seuls, divorcés ou veufs qui peuvent plus facilement y rencontrer des jeunes femmes avec qui refaire leur vie. Mais il y a quand même loin entre passer des vacances en Asie et s’y installer définitivement.
J’ai le sentiment d’avoir retrouvé des valeurs simples
Ceux qui sautent le pas sont généralement tombés amoureux… du pays. Ils y ont séjourné à plusieurs reprises et s’y sentent bien. C’est le cas de Jean-Claude Papo, installé depuis dix ans en Thaïlande. Pour ce chirurgiendentiste de 60 ans, le choix a été simple. “Dans mon cabinet en France, se souvient-il, je travaillais comme un dingue et je courais après l’argent.” Après un divorce douloureux qui le laisse quasiment ruiné, il s’est souvenu de ses vacances en Thaïlande et a décidé de s’installer tout près de la ville de Chiang Rai. Il est devenu un farang set (blanc français) heureux. “Comme ici mon diplôme français ne me permet pas d’exercer, je retourne chaque année trois mois en France faire des remplacements, ce qui me permet de m’offrir mon année au paradis.” Jean-Claude estime qu’il suffit de 150 à 200 euros mensuels pour vivre très correctement en Thaïlande. “Là-bas, je fais de la menuiserie pour mon plaisir et je fabrique des tables, des chaises, des armoires, tout ce dont les gens ont véritablement besoin. Je suis payé au tarif local, soit deux euros par jour et, de temps en temps, j’enseigne le français. Je participe ainsi à la vie sociale locale.” Remarié à une Thaïlandaise, il ne reviendrait pour rien au monde en arrière. “J’ai le sentiment d’avoir retrouvé des valeurs simples et authentiques et atteint un équilibre de vie que je n’avais pas en France. Les gens sont très tolérants et très respectueux des anciens. Mais il faut accepter de vivre différemment et ne pas se comporter comme un conquérant en étalant son argent. Le respect doit se gagner avec le coeur.”
L’opération séduction de l’île Maurice
L’île paradisiaque était déjà connue des retraités fortunés, mais le gouvernement mauricien s’est lancé récemment dans une opération séduction de plus large envergure. Pour attirer les classes moyennes, il a simplifié et facilité considérablement les conditions d’installation sur place en créant un nouveau cadre réglementaire destiné aux simples particuliers, entrepreneurs ou retraités. Ensuite, le nouveau “Real Estate Scheme” (RES) permet d’acquérir en pleine propriété des appartements ou des villas à des prix plus abordables, même si cela reste encore relativement coûteux. Par exemple, l’ambitieux programme cinq étoiles Emerald Heighs, en cours de construction, propose des appartements meublés à partir de 275 000 euros alors que le ticket d’entrée immobilier était jusque-là de 400 000 euros minimum. “Ce dispositif donne la possibilité de devenir résident de Maurice et donc de jouir de conditions fiscales très avantageuses”, explique Heerun Ghurburrun, chargé par le gouvernement de la mise en oeuvre du nouveau RES. Sans être propriétaires, les retraités peuvent bénéficier d’un titre de séjour spécial, à condition qu’ils transfèrent sur place l’équivalent de 32 000 euros par an. Au bout de trois ans, ils obtiennent un permis de séjour valable dix ans et donc le statut de résident.
Lorsque l’on quitte la France, ajoute Michèle, la professeur de piano, il faut accepter de s’intégrer, souvent en abandonnant une partie de son confort et ne pas croire que l’on peut bénéficier des avantages des deux pays. Mais ce qui me plaît vraiment, c’est la générosité et ce rapport très affectif entre les personnes, dont nous manquons cruellement en Europe. Ici, j’ai encore l’impression d’être dans la vie active. Nos enfants viennent en vacances et mon mari enfile de temps en temps son smoking pour aller donner un récital en France. La recette pour réussir une nouvelle vie à l’étranger: garder sa personnalité et de ne pas tenter de faire le caméléon. En un mot : rester soi même.” Mais attention aux mirages. Que l’on soit retraité ou pas, l’expatriation reste une aventure qu’il faut préparer avec soin. Outre les questions de fiscalité (voir encadré), la présence d’infrastructures de santé et l’existence de conventions sociales entre le pays d’accueil et la France sont des points importants à prendre en compte. D’autant plus qu’on avance en âge. D’autre part, de nombreux pays ayant flairé la bonne affaire avec les seniors occidentaux, le rêve peut parfois tourner au cauchemar. Ainsi, des plaintes pour escroqueries immobilières sont régulièrement relevées dans les pays du Maghreb, au Sénégal ou à l’île Maurice. Le soleil donne parfois des insolations…
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