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Gros investisseurs au Maroc. La grande porte de Rabat ou les petites entrées de service locales ?

La guerre des chefs et des intérêts privés bloquera-t-elle l’avancement du Maroc malgré l’énorme potentiel ?

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Un pays qui se développe et se clame depuis dix ans dans cette démarche, mais alors qu’est-ce qui empêche des projets de naître au grand jour parfois ? Agadir, ville balnéaire, certainement une des villes touristiques les plus connues et même la première bien avant le boum du tourisme du Maroc. La station terminus de nombreux étrangers ne serait-elle vouée qu’à devenir une grande maison de retraite ou de tourisme de masse l’été ?

Les projets qui meurent dans l’œuf sont souvent ceux qui sont mal couvés par diverses mères couveuses. Attirer les investisseurs avec des tonnes d’arguments pour ensuite les faire fuir par des habitudes locales non adaptées aux attentes internationales n’est qu’une source d’énergie brûlée qui peut coûter très cher à terme, pas seulement financièrement mais au regard de l’image d’une ville, d’une région, du Maroc.

A l’heure où les promoteurs courent d’un salon de l’immobilier à l’autre en Europe afin de vider leurs stocks  et pour ne pas baisser les prix, où les agences de développement du tourisme mettent des moyens en jeu pour aller chercher jusqu’à leurs portes les touristes des prochains objectifs, il conviendrait au préalable de supprimer les herses invisibles qui empêchent d’entrer dans certaines villes.

Des investisseurs qui souvent entendent les chants qui fredonnent “clients”, “touristes”, et qui les confineraient dans ce seul registre de payeurs, et qui lorsqu’ils expriment “investissement”, soit “part de marché local à partager” inquièteraient plus les décideurs et certains intérêts plus particuliers selon les régions.

Ne nous cachons pas la vue par l’Atlas, la démarche d’ouverture, à Rabat, des deux battants de porte d’un Palais vers le monde extérieur ne serait en certains endroits du pays qu’une petite porte de service qui sur certains secteurs économiques reste même fermée et très protégée malgré le discours National et la volonté Royale.

Agadir, comme bien d’autres villes, ne manque pas de potentiel puisque les chiffres annoncent tous un plus en nombre. Plus de touristes en 2009. Plus de création de projets en 2009 selon le CRI. Oui, mais …! Moins de chiffres sur le bilan financier. Ô crise, que te voilà utile pour justifier chacun, alors qu’elle n’aurait pas touché vraiment le pays, dixit les mêmes, si ce n’est maintenant au travers de la compréhension des divers investisseurs étrangers qui savent mieux faire désormais la différence entre l’objet ou le service réel et le juste prix, même à quelques milliers de km de distance. C’est justement en cette période que le Maroc devrait lever le maximum d’intérêt pour la suite, alors que chacun au nord de la Méditerranée recherche par tous les moyens le rapport qualité-prix par un pouvoir d’achat promis chez eux et qui mettra désormais des années selon les experts, et les moins experts, à arriver.

La crise, oui, encore elle. De grands projets s’arrêtent au Maroc à cause d’elle, ou plus exactement à cause de l’éclatement de la bulle mondiale qui fait que les plus grands de ce monde retirent leurs billes, celles qu’ils n’ont plus ou qu’ils n’ont jamais eues, si ce n’est que sur des cadrans lumineux dans les bourses du monde. Dubaï suffit comme nom de ville pour ne plus viser en cette direction pour les prochaines années. Promoteurs espagnols … un autre nom qui résonne mal devant les clients européens et français qui se regroupent en associations de défense, s’étant fait flouer sur plans, au nord du Maroc …

Facteurs endogènes certes, mais pas seulement, d’après les analyses. Le temps ou la lenteur décourage des investisseurs, mais désormais ils se rendent bien compte que la bulle mondiale fait qu’en certains endroits du monde en développement, le principe de l’air en baudruche serait encore bien conservé, ce qui freine évidemment toute bonne volonté d’investissement très important par un statu quo actuel. Le débat présent de l’immobilier et du logement social entre promoteurs et l’Etat se suffit comme argument analytique ou comme mauvais exemple pour tous les étrangers qui désirent venir investir, principalement dans la construction (pourquoi ce seul secteur d’ailleurs …), avec ces mêmes acteurs du secteur.

Question de temps, 2010 jusque 2011 va nous répondre … et la régionalisation présentée en juin prochain serait éventuellement une première réponse … de Rabat.

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http://www.leconomiste.com/article.html?a=98421#loop

Agadir/Investissements
Beaucoup d’engagements pour peu de réalisations

· Baisse de plus de 67 % du montant global des investissements en 2009

· Annulation de projets touristiques


· Conjoncture, foncier, lenteurs administratives… à l’origine de la situation

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Agadir, chef-lieu du Souss, n’a pas été épargnée par la crise économique. Les retombées de la conjoncture difficile sont palpables sur, notamment, l’investissement dans la ville. Certes, le dernier bilan annuel du Centre régional d’investissement du Souss-Massa-Draâ (CRI) met en exergue une progression de 9% en 2009 des projets validés comparativement à 2008. Cependant, le montant global des investissements programmés en 2009, d’une valeur de 4,01 milliards de DH, reste en baisse de plus de 67% par rapport à 2008. L’an dernier le montant des investissements annoncés étaient de 12,47 milliards de DH (cf. www.leconomiste.com). Du côté des emplois, on retient, de même, une baisse avec 28.063 opportunités d’emplois en 2008 et seulement 5.885 emplois en 2009. Mais encore faut-il que ces prévisions se concrétisent.

Sur le terrain, la baisse de l’investissement dans la région est visible et la réalité c’est que les engagements sont nombreux mais le nombre de réalisations reste bien faible. Trop souvent, les projets validés par le CRI tardent à passer à la phase de réalisation quand ils ne tombent pas tout simplement à l’eau. Dans ce contexte, le dossier qui est resté en travers de la gorge de tous dans la région c’est bien l’arrêt du chantier de la future station de Taghazout (cf. www.leconomiste.com) car ce dossier porteur de milliers d’emplois directs et indirects, qui n’en est pas à son premier bide, représentait beaucoup plus qu’un projet de développement local. Aujourd’hui, le projet reste en stand-by et sûrement une des premières missions du nouveau ministre du Tourisme sera de le réactiver.

Un autre projet touristique, certes de moindre envergure, mais tout aussi important pour la destination a été aussi annulé en 2009. Il s’agit du projet touristique «Agadir Sky Center» (cf. www.leconomiste.com). Pour rappel, le projet consistait en l’aménagement d’un centre intégré de services et de loisirs programmé sur 64.000 m² dans la zone d’extension du barreau est-ouest sur un terrain domanial du chef-lieu du Souss. Il devait générer à terme 400 emplois environ. Mais il n’en sera rien. Les investisseurs, des Koweïtiens, ont été touchés par la crise financière qui sévit dans les pays du Golfe et le projet est tombé à l’eau.

Dans la ville d’Agadir un autre chantier ne verra pas le jour. Il s’agit du complexe d’exposition et d’animation dont le promoteur est la société Expo Media Agadir. Ce projet avait été présenté au Souverain en 2006. Les investisseurs avaient décroché en novembre 2008 l’autorisation de construire mais le projet a buté sur un conflit entre l’investisseur et un de ses partenaires dans la réalisation du chantier. Et les institutionnels de la ville, las d’attendre, ont fini par signifier la déchéance aux investisseurs quant à l’attribution du terrain. Mais le foncier est aujourd’hui grevé d’une pré-notation, donc le dossier reste en suspens.
Cette situation peu reluisante des investissements est-elle seulement le résultat aujourd’hui de la conjoncture économique? Pour grand nombre d’observateurs, il y a également des causes endogènes à la situation, tels les lenteurs administratives, le foncier… Malgré le grand nombre de terrains vides, le foncier disponible reste rare. Sur ce plan, il y a peu de visibilité. Les porteurs de projets ont du mal à trouver du foncier libre alors que la zone rassemble à la fois des terrains privés, domaniaux et des Eaux et Forêts. Mais le recensement des terrains disponibles est difficile à faire et la spéculation foncière a eu pour résultat que beaucoup de terrains ne sont pas valorisés alors qu’ils sont déjà attribués. Sur le Founty, par exemple, le taux de terrains vendus non valorisés est de 21%. Ailleurs, dans d’autres zones, ce n’est guère mieux, alors que de grandes entreprises sont à la recherche aujourd’hui d’importantes superficies pour l’implantation de grandes surfaces commerciales porteuses de nombreuses opportunités d’emplois. Dommage pour Agadir et sa région.


Divergences

DE l’avis d’opérateurs économiques, les divergences de position entre le wali de la région, Rachid Filali et le maire de la ville, Tariq Kabbage, quant au traitement des dossiers d’investissement, ont un impact très négatif sur le développement de l’investissement dans la commune d’Agadir. En janvier dernier, plusieurs dossiers sont restés en suspens lors de la commission de dérogation car le wali et le maire ne sont pas arrivés encore une fois, à s’entendre. «Ce sont plus d’une dizaine de projets d’investissement qui sont ainsi renvoyés aux calendes grecques car la commission ne se réunit pas souvent», déplore un observateur dans la ville.De notre correspondante,
Malika ALAMI

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