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Le Maroc et les autres religions … Etat des lieux ou lieux des autres cultes ?
De quoi se plaindraient les autres approches spirituelles présentes dans le monde arabo-musulman et plus exactement au Maroc ? Serait-ce plus les approches religieuses en général qui feraient blocage que les esprits plus ouverts qui, eux, n’ont jamais eu de frontière intérieure, donc certainement point de limites extérieures vers l’autre ?
Est-ce au travers d’une construction architecturale et donc matérialiste que l’homme s’exprime envers ses semblables ?

L’on s’ouvre ou l’on se ferme physiquement ou mécaniquement sur des symboles, sur des cultes, sur des représentations diverses, sur des fêtes annuelles, mais certainement pas sur le fait Universel qui, lui, jamais ne se plaindrait, même des hommes, sauf à leur répondre plus subtilement par ses rappels depuis toujours.
Exister ou co-exister, là est la question …
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http://www.afrik.com/article18579.html
Les non musulmans au Maroc
Pas de quoi se plaindre
On se demande souvent quels sont les rapports entre la charia et le monde moderne. Au Maroc, elle a eu une influence sur la législation nationale, à commencer par le code civil et le droit de la famille, dans un sens essentiellement positif. Associée à la tradition de tolérance et d’ouverture de ce pays, elle a fourni au gouvernement marocain les fondements de la protection des droits des minorités religieuses qui vivent sur son territoire. Le roi Mohammed VI, qui est monté sur le trône en 1999, a pris la décision stratégique d’introduire des réformes démocratiques et de restructurer le système juridique afin que le Maroc puisse progresser vers une société inclusive et pluriconfessionnelle, plus proche des principes de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH), dont une partie est consacrée au progrès vers la liberté de conscience.
Par Mohsine El Ahmadi
Cette décision a débouché sur l’adoption par le roi en 2004 d’un programme officiel appelé “Reforme du champ religieux”, réforme dont il a ensuite délégué la mise en œuvre à Ahmed Taoufik, ministre des Habous (patrimoine) et des Affaires islamiques. Le but de cette nouvelle approche a été défini par le roi dans son adresse à la nation du 31 juillet 2009, dans laquelle il établit une distinction entre islam et politique.
Une exception est faite, cependant, s’agissant de son double rôle en tant que chef de l’Etat et Commandeur des Croyants, titre religieux hérité d’époques antérieures de l’islam et qui fait du roi du Maroc le représentant suprême tant des musulmans que des minorités religieuses de son pays. En conséquence, les articles 6 et 19 de la Constitution disposent que le roi est le protecteur de l’identité musulmane du peuple marocain, tout en respectant le libre exercice des cultes.
Le Maroc a une longue tradition de liberté religieuse, comme en témoigne la présence de son ancienne communauté juive. Cette communauté existe aux côtés d’une communauté chrétienne naissante. Poursuivant ses efforts pour affirmer la valeur d’une société pluraliste, le roi Mohammed VI a invité les citoyens de toutes confessions à s’inspirer de cette tradition, dans un message de septembre 2008 intitulé : “A la recherche de l’islam des lumières : l’âge d’or du monothéisme”.
Il est difficile de trouver des renseignements exacts sur la composition confessionnelle du Maroc. Selon le Pew Forum on Religion and Public Life, les musulmans constituent presque 99 % de la population. Selon les estimations, les chrétiens représenteraient moins de 1% et les juifs quelque 0,2%. La plupart des chrétiens sont des Européens ou des étudiants provenant de l’Afrique sub-saharienne qui travaillent et vivent dans de grandes villes comme Casablanca, Rabat et Marrakech. Selon les spécialistes, quelque 5000 Marocains se seraient convertis au christianisme dans les cinq dernières années, à la faveur du prosélytisme déployé par les chrétiens évangéliques et de leur influence auprès des jeunes et des pauvres.Toutefois, il n’existe aucune information officielle à ce sujet, l’administration ne recueillant aucune donnée religieuse dans ses recensements.
Respectant l’article 18 de la DUDH, selon lequel “Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion”, le Maroc compte 10 synagogues et 16 églises ouvertes, où juifs et chrétiens peuvent pratiquer leur culte publiquement et sans entraves. Les hindous et les bouddhistes ont aussi leurs temples à Rabat et à Casablanca.
La loi protège ces espaces religieux de toute violence.
Plus important encore, les lois autorisant la liberté de parole et de réunion et garantissant le droit de pratiquer tant en public qu’en privé sont clairement énoncées dans la Constitution et le Code Pénal, textes tous deux rédigés peu après l’indépendance du Maroc en 1956.
Les quelque 3000 chiites que compte le Maroc se réunissent généralement en toute liberté. Ils ont créé des organisations telles que l’Organisation des chiites marocains, l’association Attawassoul à al-Housseima, l’association al-Inbiaat à Tanger, et al-Ghadir à Meknès. Ils n’ont jamais rencontré de difficultés pour pratiquer leurs cérémonies publiquement.
Depuis longtemps déjà, les juifs pratiquent leur religion en toute sécurité dans leurs synagogues et lors de leurs pèlerinages périodiques aux autels de leurs saints dans tout le pays. La communauté chrétienne a pu ouvrir des églises, des écoles, des hôpitaux et des orphelinats sans ingérence du gouvernement.
Monseigneur Vincent Landel, archevêque de Rabat, déclare : “Les musulmans et les chrétiens coexistent dans la paix et la fraternité”. Bien que le prosélytisme actif auprès des musulmans soit illégal en vertu des principes islamiques, l’archevêque constate que ses ouailles jouissent de la liberté de culte. De plus, les mariages interreligieux sont autorisés, quoique seulement pour les hommes musulmans : les futurs époux des musulmanes sont censés se convertir à l’islam avant le mariage.
Le gouvernement s’efforce d’entretenir et de promouvoir des attitudes positives en matière de liberté confessionnelle. C’est cette coexistence pacifique entre les communautés religieuses que le Maroc souhaite perpétuer afin de donner un exemple positif aux yeux du reste du monde musulman.
* Mohsine El Ahmadi, professeur de sociologie à l’Université Cadi Ayyad de Marrakech, est actuellement Expert invité au Centre Prince AlWaleed Bin Talal pour la compréhension islamo-chrétienne de l’Université de Georgetown. Article écrit pour le Service de Presse de Common Ground (CGNews), dans une série sur le droit islamique et les minorités non musulmanes.
Source : Service de Presse de Common Ground (CGNews), 22 janvier 2010, www. commongroundnews. org Reproduction autorisée
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