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Archive pour 3.2.2010
Finance, Bourse et Immobilier du Maroc : les intellectuels neutres de la finance accouchent d’une bulle localisée…
3.2.2010 par admin.
Un juge partisan n’est pas la meilleure source d’information pour aborder l’immobilier quand toute forme d’intérêt personnel est en jeu, encore plus dans le cadre des finances, où les chiffres priment sur les lettres. Il suffit d’en parler à ceux autour de vous qui ont investi ou qui vivent plus ou moins par ce grand jeu spéculatif pour vite comprendre qu’ils vous parlent par parti pris, ou alors inconsciemment dans une vision positive afin de ne pas s’auto-inquiéter. “Par ce que vous possédez, vous pensez” pourrait-on dire pour faire court, psychologiquement parlant. Certains vous annoncent que le marché immobilier va encore gravir d’autres records demain, dépassant les prix élevés de ces dernières années. A supposer que l’apogée des prix n’ait pas encore été atteinte, dans une bulle qui, en fin de compte, n’annoncerait que de l’air en plus, qu’ils nous expliquent alors la raison du manque d’acquéreurs, pourtant bien présents, devant leurs propres attentes.
La crise de septembre 2008 qui fit s’écrouler le monde entier dans le secteur de l’immobilier semble avoir regonflé d’autres pays, mais pour combien de temps ? Ne pas vouloir perdre dure un moment, celui de sauver ses meubles, mais au final c’est tout le Maroc, tous les Marocains qui paieront la facture finale.
Nous lisons la presse, mais quelles personnes nos journalistes interrogent-ils le plus souvent, si ce ne sont celles qui ont le plus intérêt de ne pas voir trop rapidement les choses changer ? Quand rien ne bouge trop vite dans des changements attendus, vous pouvez vous dire qu’en fin de compte une majorité de décideurs et de profiteurs à tous les niveaux n’ont pas le désir de perdre quelque chose de personnel. Que ce soit politiquement, économiquement, ou personnellement selon la position de chacun dans une pyramide.
A chacun sa bulle ou son niveau de conscience dans ce qui se passe…
Ainsi la langue de bois ou le politiquement correct prime par la forme plus que par le fond dans les articles et les déclarations des premiers intéressés.
Il serait bien que la presse s’intéresse, même ici le terme intérêt s’impose, un peu plus aux autres parties qui forment ”la société” face à certains secteurs comme ici l’immobilier, une fois de plus au menu du jour au Maroc. Un tagine qu’aiment beaucoup de gens et pas seulement à l’heure du déjeuner. Qu’entendons-nous dans la rue ou dans les salons privés après le vrai tagine partagé entre amis, et que lire avec plus de recherche de l’information quand la neutralité des analyses répond plus justement à un courant général qui flotte dans les airs, comme une épée de Damoclès qui attendrait son heure ?
Marrakech plus chère que les grandes villes d’Europe ? Quelques promoteurs forment la base du jeu du Monopoly ? Les banques se jouent du marché ? Que cela est au détriment du Maroc, donc du peuple ? Les plus gros profiteurs ne sont pas les quelques étrangers qui achètent mais les institutionnels marocains ? Ce n’est pas d’aujourd’hui que des gens neutres et objectifs le disent … Les journalistes se réveilleraient soudainement devant un vent contraire qui arriverait devant des conséquences que je vous laisse découvrir par ce rapport, sans intérêt comptable direct, mais très intéressant “en vérité” …
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http://www.yabiladi.com/article-economie-2276.html
Le Professeur Christian Clairviel, né au Maroc, Docteur en droit fiscal, enseignant à Paris (Arts et métiers) ainsi qu’à l’INSEE et à l’université Cherbrooke au Canada, vient de terminer une étude sur les secteurs financiers, boursiers et immobiliers au Maroc. Selon les (premiers) résultats ces trois secteurs connaîtraient une crise latente, assimilable à celle des subprimes aux USA, mais de stricte envergure marocaine.

L’étude a mobilisé pendant 18 mois une vingtaine d’étudiants d’école de commerce qui ont croisé des centaines de sources d’informations. FMI, petites annonces immobilières, publications légales des promoteurs immobiliers, projets d’urbanisme en cours, articles de presse… Ces données ont été croisées avec d’autres de dimension internationale.Au-delà du «constat» fait sur la dichotomie entre l’attente de logements dits sociaux (entre 140 000 Dh et 250 000 Dh) face à l’offre réduite, l’étude met en perspective qu’une ville comme Marrakech est désormais aussi chère que de nombreuses villes des pays riches.Entre les marchés des rumeurs, d’évaluations…généreuses de réserves foncières pour certains promoteurs, de spéculations, l’étude fait rejaillir que 10 promoteurs font le marché immobilier dit de référence au Maroc. «Mais en pratiquant la construction de chateaux de cartes !», indique notre source.
L’étude tend également à démonter que les institutions bancaires, s’inspirant du syndrome américain «Too big to fail», font porter finalement la responsabilité à la banque du Maroc (elle se chiffrerait à 150 milliards de Dh), prêteur en dernier ressort alors que celle-ci ne peut adosser ce risque en Crédit Default Swap (CDS) - assurance par laquelle l’établissement financier se protège du risque du défaut de paiement d’un crédit en payant une prime – sauf à compromettre la notation internationale du Royaume et de sa monnaie.
En outre, l’étude indique qu’à part certains individus pour qui l’argent n’a pas d’importance et certains spéculateurs anglais pratiquant la technique «achat-revente simultané» (Input-Output Overloap) ou quelques retraités européens, ce sont essentiellement des personnes physiques résidant au Maroc, et non des MRE, des professionnels de l’immobilier et (surtout) des acteurs institutionnels marocains qui entretiennent la (dangereuse) bulle.
Qu’en sera-t-il dans un avenir à court et moyen terme ? Trois scénarios sont envisagés par l’étude.
Primo : crise majeure à l’horizon 2015 susceptible d’anéantir pour une décennie la Bourse de Casablanca et des entreprises du BTP, renationalisation des banques, relance de l’informel, longue récession.
Secundo : crise sévère à l’horizon 2013 venant du tourisme, de l’immobilier haut de gamme et du commerce international si l’économie mondiale tarde à retrouver le chemin de la croissance.
Tertio : atterrissage en douceur qui supposerait que le Maroc adopte des mesures drastiques en 2010 au niveau de la réglementation avec une application sans…concessions.
Rachid Hallaouy
Posté dans Finances, Immobilier, Société | 1 commentaire »
