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Archive pour 30.1.2010

Maroc ou banlieue industrielle de l’Europe ? Quel score équitable pour demain ?

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Les affaires s’inscrivent dans une vision économique et financière, mais pour les états elles s’inscrivent aussi dans une stratégie interne de développement. Le Maroc en est un exemple depuis plus de dix ans, par les transformations engendrées qui n’échappent à personne. La position géographique du Maroc, comme porte de l’Europe dans un sens et porte vers l’Afrique dans l’autre est un atout de changement, mais si l’un recherche de nouveaux marchés pour son bouquet de fleurs bleues et jaunes, l’unique rose rouge et verte pourra-t-elle faire face seule et s’imposer demain dans des décisions diplomatiques à finalité économique ? L’Europe permet au Maroc de répondre à des impératifs présents pour assurer l’emploi de masse par exemple en jouant le rôle de sous-traitant, mais quel est ou quel sera le prix pour le pays dans quelques années ? Les pays pourvoyeurs de main-d’œuvre bon marché par rapport aux salaires européens maîtrisent-ils quoi à long terme, quand, en quelques années, une usine peut se délocaliser ou quand maintenant les clients n’ont qu’à se retourner vers d’autres fournisseurs sans bouger de leur bureau ?

Les pays qui se développent seront-ils demain les banlieues industrielles de l’occident ?

A quand une vision industrielle personnelle de développement qui fera de l’économie du pays une valeur marocaine ? La DACIA, petite voiture de base du peuple ne signifie pas encore “Volkswagen” ou voiture nationale du peuple. A quand la “MACIAS” qui envahirait le marché du pays et de l’Europe ensuite, comme la TATA de l’Inde qui arrive ?

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L’investissement des particuliers jusqu’aux plus gros actionnaires marocains ne viserait que l’immobilier et l’acte d’achat et de revente de biens, ne ciblant qu’une plus-value personnelle à très court terme. Alors n’y aurait-il pas des ingénieurs au Maroc qui attendraient des aides et une volonté en ce sens pour servir en finalité leur pays ? La mondialisation se limiterait-elle à dépendre des autres, ou de savoir prendre l’exemple et le savoir des autres, pour montrer à un moment que l’on sait faire aussi bien que les autres chez soi ?

Certes il y a beaucoup de choses à faire dans un pays en plein développement, mais ne faut-il pas parfois prendre un peu de recul, avant, pour rester maître dans son système, sa culture, ses valeurs, après ?

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http://www.usinenouvelle.com/article/l-europe-peut-gagner-en-competitivite-grace-au-maroc.N125380

“L’Europe peut gagner en compétitivité grâce au Maroc”

A l’occasion de la seconde édition du salon AeroExpo de Marrakech, Ahmed Reda Chami, le ministre marocain de l’Industrie, du Commerce et des Nouvelles Technologies explique les ambitions de son pays dans le secteur aéronautique et dévoile son dispositif pour accélérer l’implantation d’entreprises européennes au Maroc.

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Usinouvelle.com : Le Maroc et l’Europe ont selon vous tout intérêt à renforcer leurs liens industriels. Pourquoi ?


Ahmed Reda Chami : 
Il suffit de s’inspirer de ce qui se passe entre les Etats-Unis et le Mexique. Le Mexique sert de plate-forme industrielle aux Etats-Unis et cette collaboration donne plus de compétitivité à l’ensemble. De même, l’Europe peut gagner en compétitivité grâce au Maroc. De par sa position géographique stratégique, le Maroc est un pont entre l’Europe et l’Afrique. Nous offrons aussi un environnement favorable pour accompagner les entreprises : notre processus démocratique est maintenant largement engagé et notre environnement juridique protège les investissements industriels. Notre bonne santé économique est également un atout. L’an dernier, le Maroc a enregistré un excédent budgétaire et le pays devrait connaître une croissance globale supérieure à 4% cette année.Alors que le salon AeroExpo tient sa seconde édition, comment se porte l’industrie marocaine aéronautique?
Ces dernières années, le secteur aéronautique avait cru de 25% par an. Avec la crise, la croissance n’a été que de 10% l’an dernier et devrait être nulle en 2010. Nous tablons sur une reprise à partir de 2011. Le tissu industriel n’a cessé de s’étoffer. 80% des entreprises qui sont installées sont arrivées depuis 2000. L’aéronautique fait partie des sept secteurs industriels identifiés par le Maroc comme stratégique. Ce secteur emploie 7000 personnes pour un chiffre d’affaires réalisé à l’export de 700 millions d’euros. Notre objectif est de créer 15 000 postes supplémentaires entre 2009 et 2015.
Quels sont les segments d’activité ciblés par le Maroc?
Toutes les productions n’ont pas vocation à être sous-traitées. Les entreprises sous-traiteront en fonction du faible caractère stratégique de leur production et du potentiel de réduction des coûts lié à une production en pays low-cost. A partir de là, nous développons donc notre offre de sous-traitance en fonction de nos points forts : proximité géographique et culturelle, coût de la main d’œuvre… Ainsi, nous nous positionnons fortement sur la fabrication de pièces composites. Leur process de fabrication rappelle ceux du tissage, et la main d’œuvre compte jusqu’à 45 % dans la structure de coût. Le câblage est aussi un axe fort de développement : 70 % du câblage de l’A350 (le futur avion d’Airbus) sera réalisé au Maroc. Comme filières et métiers stratégiques, nous avons également identifié la maintenance, l’usinage et l’assemblage de pièces de moteurs…

Les coûts de mains d’œuvre font-ils la différence ?
Globalement, uns sous-traitance au Maroc peut apporter un gain en compétitivité de l’ordre de 30 %. Cela tient pour beaucoup au coût de la main d’œuvre (le Smic au Maroc est de 170 euros pour 44 heures hebdomadaires, ndlr). Une de nos simulations montre qu’une entreprise de 480 personnes du Sud de l’Europe qui s’installerait au Maroc verrait sa masse salariale charges comprises, passer de 30,6 millions d’euros à 12,6 millions d’euros par an. En prenant en compte les exonérations fiscales et les coûts logistiques, l’économie annuelle atteint 19,5 millions d’euros.

Toutefois, la recherche d’un personnel compétent reste problématique…
Nous accélérons fortement notre plan de formation pour résoudre cette demande des entreprises. D’une part, en finançant une partie de la formation des employés, que ce soit de la formation initiale ou continue. Cela peut représenter 1 400 euros pour un opérateur et 3 600 euros pour un cadre. D’autre part, nous inaugurons l’institut des métiers de l’aéronautique qui aura une capacité de former 800 personnes par an. L’Etat le financera, les industriels piloteront son fonctionnement.

Quelles sont vos dernières initiatives pour séduire les industriels ?
Le port de Tanger Méditerranée est un atout. Ses capacités de transport vont passer de 3 millions de containers à 8 millions d’ici 2012. Un industriel peut charger les pièces dans les camions vendredi soir, et dès lundi matin, elles seront dans la chaîne de production. Enfin, nous proposons une fiscalité avantageuse. Les entreprises qui s’installent au Maroc ne paieront pas d’impôts les cinq premières années.

Propos recueillis par Hassan Meddah

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