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Archive pour 4.1.2010

“Zonzon” de Tanger ou quand une plaquette de shit fait office de visa pour trois ans au Maroc …

Si de jeunes étrangers remplissent des cellules en France, bien souvent impliqués dans le trafic de stupéfiants divers, c’est souvent les mêmes raisons pour de jeunes Européens à l’étranger et notamment au Maroc mais aussi en Espagne, les uns se faisant prendre à Tanger, les autres en arrivant à Algeciras.

cannabis.jpg

S’il est des pays où ces histoires font régulièrement la une de la presse par des dossiers pas souvent très clairs qui cachent d’autres intentions plus politiques dépassant les premiers intéressés, qui deviennent ensuite une monnaie d’échange diplomatique entre pays, le Maroc attire plus les petits consommateurs qui viendraient faire leurs emplettes personnelles et qui par facilité s’abandonneraient plus rapidement dans le demi-gros sans pour autant être des caïds de la pègre internationale. 

Le grand marché ouvert en bord de route du Rif marocain encourage aussi la perte de vision des conséquences pour les moins maffieux, pour les plus naïfs en pleine jeunesse. Quand la “fumette” d’un soir entre copains se transforme en visa pour plusieurs années dans les geôles marocaines, gageons que le temps se transforme en réflexions plus profondes pour beaucoup de jeunes étrangers. 

Le Maroc de Rabat est engagé par une volonté de réduire ce mal, la réduction des surfaces est engagée depuis quelques années, encouragée par des appuis européens. Des “gros” rejoignent maintenant les petits étrangers dans la grande maison d’hôtes de Tanger. Mais toute une population d’une région et à divers niveaux n’abandonnera pas la facilité d’un marché interdit mais néanmoins à ciel ouvert. Il faudra encore quelques années afin d’éradiquer définitivement cet état de fait par de nouvelles prises de conscience et surtout des réponses adéquates pour compenser ce manque. ——————————————————- 

http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Plus-de-2-000-Francais-en-prison-a-l-etranger_3637-1211405_actu.Htm 

Plus de 2 000 Français en prison à l’étranger 

prison-etrager.jpg

Céline et Sarah viennent de sortir des prisons de la République dominicaine.

AFP

Ils sont tombés pour trafic de drogue. Pour un accident mortel de la circulation. Ou pour un enlèvement, comme Florence Cassez. Leurs familles rament…

Jean-Yves Berthault est le consul français de l’étranger qui franchit le plus souvent une porte de prison. Notre représentant diplomatique à Tanger (Maroc) s’occupe de quatre-vingts jeunes gens, à peine âgés de 23 ans en moyenne, et qui vivent derrière les barreaux d’une prison « qui est une jungle, comme beaucoup de prisons dans le monde ».Pourquoi Tanger concentre-t-elle autant de détenus « expatriés »? Parce que les petits trafics de drogue y pullulent. Des gamins, inconscients, s’y risquent. Et ils sont pincés, condamnés à exécuter de courtes peines de trois années maximum. L’été dernier, ils étaient encore 160 à croupir là-bas. Une grâce royale en a fait sortir la moitié.

La drogue, cette plaie.Le grand port marocain (80 détenus) et l’Espagne (571), toute proche, sont les endroits où se concentre le plus grand nombre de prisonniers français à l’étranger. Ce n’est pas un hasard: l’axe Paris-Tanger c’est la route du cannabis. Car sur les 2015 détenus hors frontière, près de 1100 le sont pour trafic de stupéfiants. En Europe, les drogues douces en sont majoritairement la cause. Ailleurs, en Asie (71 détenus), en Amérique du sud et du Nord (186 prisonniers), le convoyage de cocaïne fait des ravages.

Et les femmes y occupent aujourd’hui une part non négligeable. Les « mules » françaises (les femmes qui transportent la drogue dure) tombent aussi. Comme Céline Faye (20 ans) et Sarah Zaknoun (19 ans) condamnées à huit ans de prison en République dominicaine. Six kilos de cocaïne ont été retrouvés dans leurs bagages. À l’autre bout du monde, en Turquie, Sabah Ezzedi (40 ans) a écopé de douze années et demie pour 700g de cocaïne.

Tous ces prisonniers du large sont suivis par nos ambassades et nos consulats: « Nous leur proposons des avocats et nous servons aussi de courroie de transmission avec leurs familles », précise-t-on au ministère des Affaires étrangères. Nous veillons aussi à ce que chaque détenu ait au moins une visite par mois. S’il le désire ».

Ce soutien est souvent âpre à mettre en oeuvre. Cinq fonctionnaires du ministère y veillent, à plein temps et depuis Paris, mais, sur place, les gouvernements autoritaires, les milieux véreux et de véritables rackets aux familles éplorées, rendent infernales nombre de condamnations. Dont, hormis pour Florence Cassez, la prisonnière du Mexique ou Michaël Blanc, incarcéré depuis dix ans en Indonésie, on entend peu parler. La prison en France est taboue. À l’étranger, elle l’est tout autant.

Cet automne, Ian, un Nantais de 33 ans, est enfin sorti de sa geôle chinoise. Il y a passé huit longs mois à la suite d’un accident mortel de la circulation. De retour chez lui, il se ressource dans la discrétion absolue. Une association de soutien continue à organiser des vide greniers pour indemniser la victime. Et passer, enfin, à autre chose.

François SIMON.

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