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Archive pour 29.12.2009
L’heure des villes-dortoirs est arrivée au Maroc.
29.12.2009 par admin.
Un politique français disait jadis : “Il faut mettre les villes à la campagne.” Les politiques marocains feraient l’inverse en mettant les gens de la campagne dans les villes qu’ils doivent donc étendre, pensant ainsi répondre à la problématique bien plus importante du social au sens d’une société. Tout n’est-il pas déjà annoncé dans cette sage et objective phrase ?
«L’exode rural n’est pas le résultat d’un développement économique, mais la conséquence de la pauvreté avec les risques de ruralisation des villes»
Le meilleur moyen de se tromper est encore de faire comme les autres. L’avantage de commencer des choses en second est de comprendre les erreurs des premiers afin de ne pas les reproduire et ainsi de marquer des points dans le monde pour penser un jour rattraper les leaders. Faute de cette réflexion générale sur de nombreux plans, les pays qui se développent ne se garantissent-ils pas pour demain les mêmes et douloureuses conséquences sociales ?
Le sud ne voyait-il pas dans les premiers écrans de télévision, par les programmes captés au nord de la Méditerranée, les problèmes qui ont germé avec le temps en voulant développer ces zones d’habitations verticales où les hommes sont rangés dans des tiroirs de béton ? N’y aurait-il pas de place autour des petites villes existantes pour les développer de manière harmonieuse sans pour autant faire éclater tous les liens sociaux à la base ? L’homme est le fondement de la société, le terrain reste propriété monnayable, ce qui fait que spéculation et social ne font pas bon ménage. Donc construire verticalement divise par autant de logements les prix des terrains et répond plus rapidement aux attentes d’un moment que sur le long terme. Les promoteurs cherchant le standing dans les villes n’ont pas attendu pour répondre aux investisseurs comptables depuis des années.
Si en Europe les cités construites dans les années du baby-boom ont répondu aux urgences, la différence est que ces cités souvent nommées HLM étaient gérées par des organismes d’état et à but locatif. Donc un investissement organisé et un engagement réel général avec un suivi. Pas d’HLM au Maroc, du moins pas dans le terme, même si certains logements dits résidentiels de standing auraient dans leur conception à envier certains logements sociaux européens. Le locatif social ne semble pas une question abordée ni abordable au Maroc. Pourquoi ? Le logement social est en accès à la propriété, peut-on encore appeler cela du social d’ailleurs ?
Ne faut-il pas aider les gens à se loger de manière plus nomade au départ, avant que chacun puisse créer son propre projet de vie ensuite et dans de meilleures conditions ? Que peut faire un jeune sorti de l’école qui commence à travailler ou le jeune couple juste marié pour se loger ? Se retrouver chez les parents jusqu’au mariage ou son indépendance professionnelle, ou alors rester seul loin des parents dans des chambres miteuses au fin fond des vieux quartiers ou des médinas en ruine.
La question n’est pas répondue socialement par l’état, mais par des propriétaires privés qui, eux, peuvent investir pour ensuite louer bien plus cher toujours, dans une logique de rentabilité. Qui habite déjà son propre logement dit social ? Certainement pas toujours les propriétaires, qui parfois gardent leur habitat plus traditionnel moins confortable (quoique), préférant louer à d’autres leur appartement neuf et ainsi se faire une fin de mois plus digne financièrement. La vision spéculative n’est pas une notion réservée aux plus riches.
Pourquoi tous ces logements vides au Maroc, alors que la demande serait bien présente socialement parlant ? Pourquoi ces grands projets qui s’élèvent en villes nouvelles, qui se vendent partiellement, selon les bonnes annonces des vendeurs, ce qui reste à voir en ce moment … et pourquoi ces zones quasi vides qui attendent des locataires “étrangers”, les locaux concernés par le social ne pouvant payer ? Qui achetait ces logements sociaux hier alors qu’il en manque ce jour ? Pourquoi les promoteurs locaux se désengagent-ils du social aujourd’hui, et pas vraiment recherché hier, au point que le Maroc lance un S.O.S vers les groupes industriels étrangers pour s’occuper de ces constructions, non pas à bas prix, mais au prix normal ? Une politique de logement dit social peut-elle être entre les mains des spéculateurs divers ou uniquement entre celles d’un état ?
Quelle finalité demain pour ces zones désocialisées, où beaucoup ne voudront plus résider, où les propriétaires se retrouveraient avec des biens dont plus personne ne voudrait ? Regardez les quartiers périphériques des grandes villes, ces quartiers construits ces 20 dernières années lors du boom de la construction. Regardez l’état de ces bâtiments et programmes sociaux après seulement quelques années, sont-ils vraiment vivables et sécuritaires ?
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http://www.lematin.ma/Actualite/Journal/Article.asp?idr=116&id=124902
Les villes-dortoirs, une menace croissante

L’extension des cités est plutôt guidée par la spéculation immobilière que par la création d’un vrai cadre de vie.
L’aménagement du territoire est la condition principale de développement de tout pays. Pour ce faire, le Maroc a élaboré une Charte nationale de l’aménagement du territoire (CNAT) pour concilier entre évolution démographique et croissance économique. Toutefois, sur le terrain, les choses évoluent autrement.
L’extension des villes est plutôt guidée par la spéculation immobilière que par la création d’un vrai cadre de vie. Cela risque de transformer nos futures cités en villes-dortoirs. «Nos cités devenues objet de spéculation immobilière se développent par juxtaposition de lotissements dépourvues d’infrastructures de base et de centralité urbaine», a expliqué Mohamed Hanzaz, géographe urbaniste, lors d’une conférence sur le thème «Aménagement du territoire et aménagement urbain à la recherche d’une complémentarité spatiale», présentée dernièrement au Centre d’études et de recherches Aziz Belal (CERAB) à Rabat.
La course effrénée derrière le profit menace également les terres agricoles et par conséquent la sécurité alimentaire nationale. Les terres agricoles cultivées ne représentent que 12% du territoire national, dont 13% seulement sont irriguées. Face à cette réalité, l’opinion publique s’interroge sur le devenir de la CNAT.En matière d’urbanisme, il existe également des normes environnementales pour sauvegarder le cadre de vie comme la promotion des espaces verts. Au Maroc, très peu de cités peuvent prétendre disposer du minimum de 10 m2/habitant d’espaces verts selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). «La plupart des villes se sont développées sans planification urbaine qui garantit une meilleure qualité de vie. Presque toutes les agglomérations urbaines souffrent d’un manque d’espaces verts», a ajouté M. Hanzaz. Pis encore, ces espaces mal entretenus faute de moyens et de bonne gestion de la part des collectivités locales sont devenus des points noirs et des décharges sauvages qui nuisent à la santé et à la sécurité des riverains. Ce qui encourage le changement de leur affectation d’espaces de loisirs à des constructions entre les mains des promoteurs immobiliers via les dérogations. Rappelons que ces autorisations exceptionnelles dépendent de trois conditions: programme d’habitat social, projets d’investissement (écoles, piscine couverte, etc.) ou d’équipement publics (gare, station d’épuration, etc.).Pour sauvegarder ces espaces verts, il est nécessaire de respecter les dispositions du plan d’aménagement et doter les communes de moyens financier et humain pour leur entretien. L’autre solution serait de créer des espaces récréatifs autofinancés par des revenus d’activités de loisirs. A cet effet, des cahiers de charges doivent être établis pour contraindre tout soumissionnaire à s’engager à entretenir ces espaces. De même, les associations sont invitées à compléter la mission des communes en prenant en charge quelques espaces dans le cadre de l’Initiative nationale de développement humain (INDH).
Dans l’avenir, le Maroc deviendrait un pays urbain. Et si rien n’est fait pour freiner cette spéculation, le pays risque de se trouver avec un ensemble de villes surpeuplées. Ces futures agglomérations urbaines seraient marquées par l’informel, l’habitat insalubre avec risques de violences urbaines.
Pour remédier à cette situation, il faut lier bassin de résidence et lieu d’emploi pour rendre la ville compétitive. «L’exode rural n’est pas le résultat d’un développement économique, mais la conséquence de la pauvreté avec les risques de ruralisation des villes», conclut Mohammed Chiguer, président du CERAB.
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Les terres agricoles menacées
Aujourd’hui, l’urbanisation galopante et la construction anarchique menacent les terres agricoles cultivées qui ne représentent que 12% du territoire national, dont 13% seulement sont mis en valeur sous irrigation, tandis que le reste (soit 87% du potentiel) est exploité en «bour» (non irrigué) et soumis à la dégradation par l’érosion hydrique ou éolienne, l’ensablement, la salinisation et d’autres phénomènes de désertification. Selon l’Office régional de mise en valeur agricole de Tadla (ORMVAT), le bâti dispersé est passé de 932 ha en 1986 à 2.284 ha en 2004, soit une extension moyenne de 79,5 ha/an. Les agglomérations et les villes ont occupé 6.750 ha, soit une extension moyenne annuelle de 83,5 ha/an.
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