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Archive pour 16.12.2009

L’architecture du Maroc au service des hommes ou une simple réponse aux besoins urgents ?

Ne perdrait-on pas son âme au regard de l’évolution d’une société via ses réalisations ? 

 copie-de-medina-coco-polizzi.jpg(Médina Coco Polizzi. Agadir.)

La ville est le cœur de la vie sociale, par la société donc par ses hommes et non l’inverse. Si elle se bâtissait hier petit à petit en fonction de chacun, elle alliait culture, art, beauté, service et commerce au quotidien, protection et sécurité, politique communautaire et spiritualité, soit tout un ensemble qui réunissait les hommes sur divers plans. Avec le temps et les moyens de déplacement permettant de réduire les distances, nous sommes passés des villes aux mégalopoles par les folies “bétonneuses“, bien que ce dernier matériau, entre de bonnes mains, puisse ravir aussi.

Un endroit pour habiter, un endroit pour le commerce appelé “hypermarché”, des zones commerciales, des zones de détente, des zones touristiques, des zones de jeux, bref où la voiture est souvent mieux considérée que le piéton, tout ça fait que ce dernier reste confiné dans ses murs entre d’autres semblables confinés dans les leurs. Ne sont-ils pas nommés des “voisins” qui souvent ne se connaissent même plus, quand ils ne s’ignorent pas ? 

Si le Maroc n’est pas encore complètement à ce stade de développement, voire de dérive humaine, les ensembles d’habitations qui poussent dans les villes, en périphérie désormais, deviendraient doucement des cités-dortoirs. Quand on parle aussi de ville nouvelle comme celle de Tamensourt à quelques kilomètres de Marrakech, doit-on encore espérer des contacts vraiment vivants dans ce genre d’endroit nommé par certains “la ville fantôme” ?  Du petit village dans l’Atlas où le béton dans sa forme la plus simple et la plus économique fait sortir des verrues de terre qui polluent de plus en plus le charme visuel original du Maroc, aux ensembles quasi industriels appelés en France dans les années 70/80 “cages à lapins”, on ne peut pas dire que les pays en développement aient vraiment retenu les mauvaises leçons des autres. La mondialisation doit-elle reprendre en totalité le modèle des autres avec ses plus grandes erreurs qui avec les années peuvent transformer même des quartiers en ghettos ? Un pays qui a comme base ses hommes et la communication de la communauté, indispensable à la vie de la cité, ne s’éloigne-t-il pas des objectifs de vie pour rejoindre, pour image, un objectif morbide ?  

“L’architecture est-elle au service du développement socio-économique et culturel ?”

  

log-social2.jpg

Economique indéniablement, mais pas pour tous les acteurs de la société. Les constructeurs “promotionnent” et sont certes les premiers gagnants sur ce terrain en oubliant la société et la culture qui englobent, pour rappel, de nombreux points qui n’existent plus en traversant certains quartiers nouveaux, où seul l’attrait du peuple moyen est lui aussi d’acheter, d’investir et de rentabiliser, plus que par désir d’une vie meilleure à leur service quotidien. Beaucoup achètent d’ailleurs pour louer à d’autres mais ne viendraient pas habiter en ces lieux et places, se gardant leur habitation plus populaire car plus vivante. La situation n’en est-elle pas de même dans d’autres visions de construction, comme pour le secteur du tourisme ? Ces “resorts” où l’on désire attirer des milliers de personnes autour d’une immense piscine, seul lieu de rendez-vous dit encore social, où chacun regarde l’autre par ses formes et où, en quittant le hall d’accueil, le quidam de passage se retrouve en plein désert ou en future zone en cours d’urbanisation, seul, par manque de moyens de déplacement, tout cela n’enferme-t-il pas le genre humain de plus en plus dans la catégorie d’un consommateur parfois d’un pion dans une société ? 

L’immobilier comme le tourisme vivent des périodes plus difficiles depuis plus d’une année, et la situation ne reviendra pas de sitôt à la bulle mondiale qui a éclaté, enfin. Les espoirs attendus d’une facilité d’investissement passée invite l’heure présente vers des changements, une meilleure réflexion prenant en compte tous les critères qui concernent l’homme dans les projets. Le vrai Maroc des valeurs, celles qui savent accueillir de manière plus humaine qu’économique, simple partie d’un ensemble pour cette dernière. Mais n’est-ce pas la volonté du Roi Mohammed VI et celle du peuple… 

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Article complet et suite sur :

http://tayyibi.over-blog.com/article-35658277-6.html 

Architecture et Société

Est-ce que, au Maroc, l’architecte est au service du développement socio-économique et culturel ?

Extraits du
MESSAGE DE SA MAJESTE LE ROI MOHAMMED VI,
ADRESSE AUX PARTICIPANTS A LA JOURNEE SUR :
« L’ARCHITECTE AU SERVICE DU DEVELOPPEMENT SOCIO-ECONOMIQUE ET CULTUREL ».
Rabat 18 janvier 2006
 

…l’importance du rôle de l’architecture dans la structuration de l’identité d’un peuple.
…le rôle déterminant de l’habitat et de l’urbanisme dans le développement humain et dans l’édification de la société marocaine moderne…
…la régulation de l’urbanisme dans le respect des normes architecturales et de sécurité, la préservation de l’esthétique et de l’authenticité de nos cités ainsi que l’ouverture à la technologie moderne dans l’utilisation de procédés de construction sans pour autant porter atteinte aux libertés ni aux goûts des citoyens.
…améliorer les conditions de vie des citoyens les plus démunis aussi bien dans les centres ruraux que dans les zones urbaines et péri urbaines.
…une meilleure intégration des quartiers périphériques et une bonne harmonie de leur paysage urbanistique. Elle doit permettre au citoyen d’être satisfait de son habitation et de son quartier et d’y mener une vie paisible et digne; conditions fondamentales pour favoriser l’épanouissement de nos jeunes.
…projets destinés à l’habitat social, caractérisés, notamment par l’innovation dans les procédés de construction, la recherche dans l’utilisation de matériaux locaux et leur rationalisation, la restauration des constructions menaçant ruine, le respect de l’authenticité marocaine et la réussite dans le choix de site et le suivi de chantiers.

Réponse d’une intervenante:

le Message Royal est très clair et décrit vraiment tout ce qu’il faut faire cependant dans la majorité des cas notre politique de gestion et de planification urbaine s’inscrit plutôt dans la construction d’une manière de faire et de vendre que d’une manière de penser et de concevoir.
les outils actuels sont totalement inadaptés. Il n’en existe aucun qui permet la mise en oeuvre d’une véritable urbanité, d’un véritable désir de vivre la ville. On produit alors des formes urbaines et des projets efficaces certes mais loin d’être efficient, constat qu’illustre parfaitement la ville de Tamensourt. La ville est un corps vivant qui doit être accompagné dans toutes ses phases de croissance et de développement afin de répondre aux transformations rapides et profondes que connait le pays sur tous les plans : culturels, économique, social…chose qui impose la recherche de nouveaux outils de gestion plus souples, flexibles et laissant une marge à l’aléatoire aux éventuelles mutations que pourra subir la ville

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