Infos

Vous parcourez actuellement les archives du blog Le blog des ERM pour le jour suivant : 11.12.2009.

Calendar
décembre 2009
L Ma Me J V S D
« nov   jan »
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
28293031  

Archive pour 11.12.2009

Et Dieu donna la terre aux hommes…qui créèrent et abusèrent de l’offre et de la demande…

a1.jpga1.jpga1.jpga1.jpg                                              

…800……600……..200…….100  sur l’échelle de Riche Terre !

        Qui n’a jamais entendu ceci… trouvé ici au détour d’un virage sur un blog Internet. “La kasbah, ses pauvres et ses riches, côte à côte. Les premiers sont Marocains, n’ont pas toujours l’eau courante, parfois pas l’électricité, vivent dans une grande pièce, même s’ils ont une grande maison, parce qu’elle n’est pas aménagée.
Et puis il y a les étrangers, des Français surtout, qui rachètent une à une les maisons, les rénovent avec goût et en font des maisons d’hôte de charme. Ils font grimper les prix, de sorte que plus un Marocain ne peut y acheter une maison.”
 

Vous avez certainement déjà entendu ce discours récurrent lors de votre passage au Maroc, discours devenu fatigant pour les résidents, lors de vos prospections personnelles en recherchant un bien à acheter, un terrain pour venir y poser vos jours prochains ou même lors d’un achat plus abordable dans un souk. Nous en revenons une fois de plus à l’histoire de l’œuf ou de la poule, que certains arrangent à leur conscience en la réactualisant par celle de l’offre et de la demande, et surtout en la généralisant. 

Du petit Européen qui arrive en trouvant tout moins cher, sans avoir à l’esprit les questions de géographie et d’économie locale ni les notions générales de l’autre pays, au petit les connaissant très bien étant sur place, ne connaissant de l’autre pas plus sa vie ailleurs, mais ne voyant que son budget possible pour multiplier le sien. C’est ainsi qu’avec les années, chacun des deux côtés vous annonce d’un commun accord : “TOUT DEVIENT CHER AU MAROC”. 

“C’est à cause des étrangers, ils font grimper les prix” annoncent les locaux, alors qu’ils sont aussi victimes des constructeurs et des promoteurs de l’immobilier quand ils changent de casquette plus humblement en devenant acheteur, au point tous ensemble, Européens et Marocains moyens, de ne plus acheter vraiment depuis plus d’une année. Mais l’offre et la demande, quoique compréhensible dans ce système économique, mais pas impérative, autre approche….. justifient-elles la raison des prix et l’augmentation de ce que nous avons pu tous observer depuis ces dernières années ?  

Peut-on au moins objectivement aborder le sujet avec beaucoup de gens, sans même parler des professionnels de l’immobilier mais au niveau des individus ? Les exemples ne manquent pas, chaque vendeur ou chaque acheteur peut déjà raconter sa propre histoire sur le sujet, bien que les premiers concernés ne le crient pas sur les terrasses, encore plus maintenant avec la crise qui fait et qui fera ressortir de plus en plus les chiffres sur de plus sages valeurs terriennes disons, au détriments des “victimes” passées.  Voir des prix baisser dans les propositions où le particulier annonçait hier pour sa vieille bâtisse à rénover entièrement parfois le prix du m² du neuf des promoteurs de la place, et l’annoncer avec autant d’aisance, fait bien comprendre aujourd’hui aux acheteurs des dernières années qui seraient entrés dans ce jeu, la part de perte sèche à ce jour. Mais la crise et les diverses bulles réveillent les consciences plus rapidement par des faits quand les chiffres arrêtent tout. 

Les prix baissent en ce moment, mais pas encore au point d’user le bord de la réalité matérielle en ce domaine ni ne risquant de mettre à mal le secteur concerné ni les maçons qui n’ont pas profité des abus de ces dernières années.   Un exemple : à la recherche d’un terrain, via des Marocains amis de longue date, un Français prépare donc le terrain des discussions avant d’y mettre les pieds, s’informant des prix pratiqués et de la valeur réelle, grâce à l’ami natif du coin dont la famille vit même sur place. Alors qu’il avait bien cerné l’offre et la demande, qu’il ne restait plus qu’à se mettre en accord administratif dirons-nous, se présente le petit hic du dernier instant… L’arrivée du couple aux visages pâles dans ce village, avec l’aide bienveillante du réseau  de communication local appelé “portable” fit que le propriétaire, sans même se présenter malgré un déplacement de 80 km des clients, sut qu’il s’agissait d’étrangers, et retourna aussitôt son étiquette passant le prix de 100 à 800 sur l’échelle de “Riche terre”…!!! 

L’économie est un prétexte au grand “n’importe quoi” de chacun, alimenté par les exemples des promoteurs de ces dernières années, qui fait que de nombreux projets d’étrangers prennent la poudre d’escampette vers d’autres pays ou les visiteurs les jambes à leur cou vers d’autres horizons, tout en laissant des traces d’ombres indélébiles sur la destination Maroc dans les discussions en Europe, que l’on lit de plus en plus ouvertement sur la toile Internet maintenant. La désaffection de certains investisseurs ou même des touristes n’est pas uniquement à accrocher au clou de la crise mondiale, l’occident recherche les pays moins chers et proches, un atout pour le Maroc, mais avec quelques réglages désormais, la masse recherche l’économique vers le bas ou au moins la réalité des valeurs. Peut-on imaginer que les acheteurs d’un bien ou d’un objet soient volontaires pour payer plus cher l’objet de leurs attentes ? Certainement pas les Marocains dans leurs propres achats du quotidien qui connaissent bien les difficultés et les valeurs des choses chez eux. Naïveté aussi des étrangers qui en voyant des prix inférieurs à leur pays d’origine, logique aussi, pensent automatiquement que les prix ne seraient pas chers pour autant, alors que leur semblables socialement parlant au Maroc, toutes proportions gardées, ne pourraient jamais pour la plupart se loger dans leur propre pays à ce prix d’achat…Même les MRE de retour se retrouvent dans la même situation ou le même état d’esprit. 

Certes ce phénomène existe partout, même en Europe. Les jeunes Savoyards quittent leur ville d’origine pour se loger ailleurs, devant un développement touristique massif. Les jeunes en Dordogne ne peuvent même plus se payer une ruine, héritage de leurs grands-parents, les parents l’ayant vendue à des Anglais dans le même contexte d’intérêts. Il existe néanmoins des limites aux abus à ne pas dépasser par un marché existant réel et contrôlé et par des recours juridiques efficaces. La demande est un bon prétexte surtout quand vous êtes l’unique étranger qui arrive dans un bled de l’Atlas, comme l’offre par les milliers de logements vides neufs et anciens qui dorment à l’entrée des grandes villes du Maroc désormais. Car qui dit achat cher dit loyer aussi cher ensuite, ce qui fait qu’aujourd’hui les perdants sont bien les fils des vendeurs dans ce remake. Ou qui veut trop perd tout à un moment devant le banquier, au point aussi que les promoteurs ne veulent plus vraiment s’intéresser au marché du logement social malgré les engagements d’hier, pour des milliers de gens socialement dans l’attente d’offres, puisque la demande existe de manière très forte sur ce secteur interne. Un paradoxe total qui confirme le reste.

|