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Archive pour 7.12.2009

Chefchaouen Maroc. Du bleu au vert, au noir de la prison de Tanger. Du Rif au kif…

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De l’indigo qui caractérise les rues de sa médina par ses dégradés de bleus qui attirent les touristes de cette jolie ville de 42000 habitants, Chefchaouen est une halte obligée de tous les photographes. Une jolie reconstruction d’une porte bleue traditionnelle à l’entrée de la ville vous annonce la couleur, après avoir parcouru quelques kilomètres dans le vert. Vert qui attire aussi de nombreux visiteurs d’Europe moins amateurs d’art photographique que d’autres sensations plus risquées, qui pour certains leur montrent une porte plus noire à la sortie de la ville. 66 MINUTES, magazine d’information que vous avez peut-être vu ce dimanche via vos paraboles, qui servent de passeurs de fréquence hertzienne sans risque et à domicile, nous parlait de ces Français en particulier et des étrangers en général, qui viennent dans la principale herboristerie à ciel ouvert du pays faire leur plein. Parfois même sans descendre de la voiture comme chez “Mac’Do”. La vallée du Rif. Magasin plus ou moins officiel de “Marie & Juana” une petite Française et un Espagnol, des habitués de la région, selon la manière de traiter le sujet et la vision de ce problème, vécu de deux manières très différentes selon le côté de la Méditerranée. L’offre et la demande en marketing et avec le temps, cela devient un peu comme la grande question de l’œuf ou de la poule, qui existait en premier ? 

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D’un supermarché dénoncé par des journalistes au nord aux raisons sociales dénoncées au sud, il existe un plus juste milieu de la réalité qui nous fait comprendre que des choses bougent au Maroc depuis quelques temps, sous une volonté à Rabat, poussée de concert par celle de l’Union Européenne. Si un seul homme en France ne peut empêcher la demande même à coup de “Karcher”, un seul ne peut empêcher l’offre ailleurs. La volonté réclame des moyens, du temps, et le facteur social et humain ne peuvent changer sur une simple décision ou une législation nouvelle. Un pays c’est grand, une capitale sous-traite ses décisions, et des régions existent, des villes en dessous, donc des intérêts et d’autres petits pouvoirs, jusqu’au petit peuple qui tombe lui aussi dans la facilité socialement. Si des petits tombent devant les caméras françaises, de gros barons se font prendre de plus en plus régulièrement et finissent au même endroit carcéral que les autres, avec saisie de tous leurs biens. Le Maroc bouge donc aussi en ce sens. Un effort réel existe il faut le reconnaître. Le paradoxe existera donc encore un moment dans les pensées des gens, qui devant des caméras jouent souvent le rôle du naïf de première, ne “semblant” pas vraiment départager le risque qui diverge selon la petite boulette en poche à usage personnel, la plaquette au fond d’un sac pour passer l’hiver en Europe et un chargement de quelques kilos ou de centaines dissimulés plus stratégiquement dans un véhicule pour défier les douanes et leurs chiens des deux côtés de la mer, où le pseudo bien-être d’une fumée se change alors en activité économique directe et très rentable. 

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Pour rappel la prison de Tanger, ou la porte noire après la verte et la bleue de Chefchaouen, est le centre pénitencier dans le monde qui regroupe le plus de ressortissants français, une centaine, et qui ne sont pas obligés de ressortir tous les 90 jours pour renouveler le cachet sur leur passeport touristique….  Ils sont visités régulièrement par un représentant de l’Ambassade de France de Tanger qui leur apporte savon et dentifrice, “à l’eucalyptus”, pour les soutenir dans la méditation. Donc espérons “aussi naïvement” que 66 Minutes et les habituels articles sur le sujet, ainsi que notre modeste article de ce jour, suffiront pour éviter “7 ans de réflexion” fermes et sans “Marilyne” aux plus naïfs, qui continueraient à arriver. Ceux qui passent restant les plus nombreux, quoi qu’un état fasse en attendant d’éradiquer la totalité des champs, chose déjà bien engagée dans la belle région du Rif marocain. 

Cannabis version bleu blanc rouge et version rouge & vert, deux approches qui précisent… 

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http://www.leblogtvnews.com/article-66-minutes-emission-du-6-decembre-cannabis-le-piege-marocain-40627874.html 

Cannabis : le piège du « supermarché » marocain

66-mn.jpgIls n’ont souvent que 18 ans, et font du tourisme sac au dos. Chaque année, des centaines de français se font arrêter au Maroc ou en Espagne alors qu’ils tentaient de rapporter du cannabis en France. La plupart du temps, ils s’étaient fournis avec la plus grande facilité dans la région du Rif, au nord du Maroc. Là-bas, on découvre une incroyable hypocrisie : malgré le discours officiel de prohibition du cannabis, 50 000 hectares sont consacrés à la culture du chanvre qui ferait vivre 800 000 personnes. La plupart des agriculteurs s’y sont mis car c’est beaucoup plus rentable que la pomme de terre ou les olives. Sur les routes, les paysans accostent les touristes français et européens pour les inciter à acheter de la drogue et à la rapporter illégalement chez eux. Pour 50 euros des marocains proposent même d’aider au camouflage des tablettes de cannabis dans les roues, les portières ou le réservoir des véhicules. Mais attention, pour beaucoup de français tentés par ce trafic très lucratif, l’aventure se termine souvent à la frontière espagnole ou marocaine. Car les douaniers sont eux aussi des experts pour retrouver la drogue cachée dans les voitures ou les camping cars. La sanction : jusqu’à 7 ans de prison pour des français qui se sont parfois fait abuser par des passeurs comme ce stéphanois qui avait accepté de passer 200 kilos de cannabis. Enquête dans cet incroyable supermarché du cannabis auquel succombent tant de français chaque année.  ————————————————-http://jssnews.com/2009/12/04/le-maroc-cest-plus-le-kif/ 

Le Maroc, c’est plus le Kif

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Taounate, au nord de Fès : ici, l’état marocain poursuit sa campagne d’éradication du cannabis. Les cultures alternatives, elles, suivent difficilement. Une enquête de l’hebdomadaire Tel quel.

Lourdement harnachés, une trentaine d’ouvriers s’élancent dans les champs, armés de Gramoxon. Ils pulvérisent les jeunes pousses de cannabis de cet herbicide, sous le regard impuissant des villageois de Bouhouda, bourgade située à 70 kilomètres au nord de Fès. Un adjudant des forces du ministère de l’Intérieur encadre l’opération.Premier producteur mondial de cannabis alimentant 80 % du marché européen, le Maroc a lancé en 2004 une campagne d’éradication qui a détruit la moitié des 134 000 hectares visés, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur. Après Larache, zone pilote aujourd’hui officiellement déclarée sans kif, c’est au tour de la province de Taounate d’être quotidiennement sillonnée par la brigade de destruction.

Cultivé depuis le XVIe siècle, le cannabis s’est propagé dans le Rif au cours des années 1980 et surtout 1990 marquées par l’explosion de la demande européenne et par de terribles sécheresses qui ont plongé les Rifains dans la famine. Selon Noureddine Hajri, militant local de l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH), “les autorités ont laissé faire pour apaiser la région”. Aujourd’hui, dans cette province montagneuse, économiquement marginalisée, 800 000 personnes vivent du kif qui rapporte au moins quatre fois plus que les céréales.

Mohamed n’est “jamais allé à l’école, jamais allé à la mosquée”. Il possède “trois hectares dont un consacré au cannabis” qu’il cultive depuis 1998. “Comme ça, je n’ai pas besoin d’aller travailler à l’étranger”, poursuit ce père de six enfants. Le prix à payer : “Je me sens prisonnier chez moi, j’ai peur d’être arrêté. Je n’ose même pas renouveler ma carte d’identité. Mais qu’est-ce qu’on peut faire ? Il n’y a rien ici.” Même sans s’adonner au trafic, les cultivateurs de cannabis encourent “entre quatre mois et un an ferme”, précise Noureddine Hajri. Il considère le cannabis comme un fléau : peur permanente des autorités, climat de délation, conflits familiaux, déscolarisation des jeunes, taux de suicide et de criminalité élevés. Sans compter la perte du savoir-faire agricole, la déforestation (environ 1 000 hectares par an), la salinisation des terres à force d’utiliser trop d’engrais. Mais, aux yeux du militant de l’AMDH, “l’état n’utilise que la force et ne s’occupe pas du social. Je ne vois aucune compensation, rien de concret. Personne ne s’occupe de ces gens.”

Au siège de la province de Taounate, les initiatives ne manquent pas pour offrir une alternative économique aux agriculteurs : dons de ruches d’abeilles, d’ovins et de caprins, distribution de 450 000 plants arboricoles, aides à la construction d’unités de séchage des figues et des prunes, partenariats avec une cinquantaine de coopératives, etc. Au total, ce sont 117 projets pour un montant de 22 millions d’euros. L’état revendique une “approche globale” qu’il est trop tôt pour évaluer. “L’olivier, le figuier… il faut attendre cinq ans pour que ça pousse”, avertit Noureddine Hajri, sceptique.Driss, lui, ne veut pas attendre. En plus de son commerce de matériaux de construction, ce père de deux fillettes veille sur ses quatre hectares de cannabis, dispersés ça et là, à 500 mètres de la route mais bien cachés. Une récolte estimée à 60 kilos, soit 5 200 euros, une belle somme. En septembre, contrairement à la plupart des cultivateurs, il le transforme en haschisch puis le vend “à des gens”. “Les grosses quantités, ça va à l’étranger, le reste à Agadir, Marrakech, Tanger.” Il aimerait voir le kif légalisé au Maroc. “Je n’ai pas peur de la prison”, assure-t-il, avant d’ajouter : “L’éradication touche les paysans pauvres. Les autres trouvent toujours le moyen de s’en sortir.” Lui, pour l’instant, n’a pas été inquiété.

Des exemples de reconversion réussie existent. Abdelmajid cultivait du kif entre 2003 et 2007 avant de se tourner vers l’arboriculture – il est vrai qu’il avait été refroidi par une peine de prison avec sursis. Aujourd’hui, il possède 10 hectares de vignes, oliviers, figuiers, blé et petits pois et tient un commerce de matériel agricole. “Ça offre une bonne valeur ajoutée si on maîtrise les techniques de production. Le problème, c’est que les prix ne sont pas garantis, on est à la merci des intermédiaires.” “S’ils montrent leur volonté, on est là pour les aider, insiste Mohamed Toumi, directeur provincial de l’agriculture. Mais il n’y a pas de compensation au cas par cas. On ne va pas construire une unité de trituration des olives pour -un seul agriculteur. A eux de s’organiser.”

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