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Tourisme à Agadir. Que manque-t-il ?

 ”L’attractivité qu’excerce l’offre balnéaire de la destination n’est plus aujourd’hui suffisante pour attirer à elle seule les touristes.”

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Les chiffres se maintiennent, les chiffres baissent, oui mais non…. ils montent sur d’autres grilles d’analyse, selon l’approche et les intérêts des études analytiques, mais ils rapportent moins, les avions arrivent plus nombreux, mais les gens restent moins, donc dépensent moins. Moins d’Européens arrivent, mais plus de Français débarquent à Agadir néanmoins comme touristes de passage cette année, comme si les Français n’étaient pas encore dans les étoiles jaunes du drapeau bleu. Bref les chiffres se suivent et se confondent, mais en synthèse il faudra faire plus pour avoir plus ou alors faire pareil pour voir chuter les chiffres des prochains temps concernant le tourisme au Maroc, et donc sur Agadir. 

La crise accepte certes toutes les erreurs et toutes les conséquences, mais la question touristique se résume-t-elle au nombre d’avions ou aux personnes à attirer via les TO, les tours opérateurs dans le jargon des professionnels ? Qu’est-ce qui fait que le client lambda décide de sa destination ? Si le soleil, la mer et les jolies filles ou le “Sea Sex and Sun” était un vecteur important de remplissage des charters pendant un temps en Europe, afin d’échapper au stress général subi pendant l’année par les forçats du boulot au nord, le temps libre n’est pas seulement synonyme pour autant de farniente, le cerveau en demande un peu plus. 

Si le Maroc propose divers points de chutes, il diversifie aussi par cela les possibilités de visites et d’ouverture culturellement parlant, un attrait recherché depuis des années en Europe, vacances ne signifient plus bronzage, sable et cocktail. Le Maroc est riche d’une histoire que viennent découvrir sur le terrain ceux qui ne se contentent pas d’entrer dans une agence en Europe qui penserait à leur place. La découverte du Maroc se fait au travers des intérêts culturels de terrain, les médinas vivantes telles celle de Marrakech, d’Essaouira, de Chefchaouen, de Fès qui se réveille enfin, et de bien d’autres petites villes qui naissent au tourisme et qui l’ont bien compris. Agadir, sa plage, ses hôtels bétonnés formant un petit mur de l’Atlantique, copié au nord côté Méditerranée et les “resorts” qui poussent comme des champignons, n’augurent-ils pas d’une finalité qui ressemblera demain aux grands complexes espagnols avec une accélération par la crise qui s’ajoute ? Les investisseurs étrangers notamment saoudiens ou du Golfe en général ne suivront pas éternellement, du moins prochainement par ce qui est lu dans la presse marocaine, vu les problèmes qu’ils ont désormais chez eux dans leurs folies bétonneuses touristiques qui s’écroulent financièrement parlant en ce moment… Viser le vrai luxe à Dubaï ou au Maroc semble se terminer de la même manière… 

Agadir, la belle. Oui. Havre de paix des retraités qui se maintiennent dans leur petit confort européen en reproduisant sous le soleil l’environnement habituel plus au nord pour beaucoup. Mais le touriste de passage, après quelques jours dans son hôtel “aux normes européennes” et trois aller et retours entre sa chambre et la Marina d’Agadir pour admirer les yachts invisibles ou les quelques zodiacs, une montée à Oufella pour faire cliquer son appareil photo et emporter la très belle vue de la baie entre deux chameaux, une balade dans la Vallée des Oiseaux et au souk Al Had, et …… la plage.  Les loueurs de voitures et les vendeurs d’excursions aux abords des hôtels s’en frottent les mains d’ailleurs, voyant arriver les touristes qui veulent sortir de la ville après trois jours, vers Essaouira, Taroudant ou Marrakech pour les plus courageux, qui pensent visiter cette dernière ville en l’espace de quelques heures, là où il faudrait effectivement une semaine ou deux, d’un point de vue culturel. 

Si l’emplacement d’Agadir est un atout grâce à sa situation et son climat, la géographie et la météo ne suffiront pas devant la situation présente et à venir. A moins de tomber dans un réel tourisme de masse par la concurrence des autres pays et voir demain les étoiles des hôtels tomber, pour se transformer en usine à touristes comme cela est déjà le cas pour beaucoup pour se maintenir, faute de remplissage et gestion comptable oblige. Eux aussi cherchent le nombre désormais, mais jusqu’à quand si l’on ne se pose la question du comment et avec quoi ? Que manque-t-il à Agadir pour rivaliser avec les autres villes du pays désormais ? La concurrence n’est pas qu’étrangère mais entre villes et région pour assurer dans le temps son propre développement général local. L’industrie de la région est le tourisme pour rappel, bien plus pour Agadir donc et ses lendemains.  

Ne manque-t-il pas sur cette ville des “aimants” culturels touristiques, telle la médina de Marrakech, ses souks et sa place Jema El Fna ? Un ambassadeur de terrain en somme. Mais il existe à Agadir une médina, celle d’un Coco Polizzi vous nous direz, mais un projet privé qu’un maître artisan italien développe depuis plus de 17 ans à la seule sueur de sa volonté, du côté de Ben Sergao et qui se mérite par un déplacement. Un projet magnifique reconnu par tous et à visiter rapidement désormais avant qu’un prochain séisme ne l’emporte. Mais qui aide ce genre d’initiative culturelle et touristique qui en plus maintient et perpétue les gestes des artisans locaux, donc aussi socialement et économiquement ? A ce niveau où est le tourisme alors que les touristes réclament ? 

N’y aurait-il que des commerçants et des hommes d’affaires dans ce tourisme, et point d’idées ni de créateurs qui pourraient attirer les gens ? N’y aurait-il pas des bonnes énergies pour faire bouger les choses de l’intérieur au lieu de dépendre d’un baromètre aérien et d’un thermomètre météorologique, uniquement décidés par d’autres acteurs que les Gadiri ? Que peuvent faire ces derniers pour Agadir sur Agadir, par Agadir ? 

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http://www.leconomiste.com/article.html?a=97116 

Agadir: L’activité touristique dégringole

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· Un recul de 6,92% des arrivées en octobre dernier

· Baisse de près de 3% des nuitées
 La station balnéaire d’Agadir a du mal à séduire les touristes en ce moment. L’activité est en baisse. Au mois d’octobre dernier, le nombre des arrivées a reculé de 6,92% comparativement à la même période l’an dernier. Pour ce qui est des nuitées, la destination a enregistré une baisse de 7,85% par rapport au même mois en 2008.
Au niveau du cumul des dix premiers mois de l’année, on retient une baisse de 2,64% et de 2,92% respectivement en arrivées et en nuitées comparativement à la même période l’an dernier. Cette situation inquiète vivement les professionnels du secteur. Ceci d’autant plus qu’ils disent ne pas avoir de visibilité pour les mois ni même pour les semaines à venir. Bien sûr cette faiblesse de l’activité se ressent avec acuité sur les chiffres d’affaires en baisse de 10 à 20% selon les établissements.

Actions sur plusieurs marchés

Les ventes de dernières minutes sont de plus en plus nombreuses, et bien sûr elles sont accompagnées de prix promotionnels. Aussi, les hôteliers avancent être en difficulté et avoir du mal à faire face à leurs charges fiscales.
A ce sujet, ils envisagent d’interpeller dans les prochains jours les autorités locales, les élus ainsi que le département de tutelle pour intervenir en leur faveur auprès du ministère des Finances.

Des institutionnels, le Conseil régional du tourisme d’Agadir (CRT) attend beaucoup plus pour susciter un regain de l’activité et se préparer pour la reprise. Celle-ci n’est apparemment pas loin à en croire certains signes comme la croissance du PIB aux USA ou encore la reprise de la production industrielle en France.

Cependant, à court terme, l’optimisme n’est pas de rigueur. Les professionnels sont plutôt déçus. En présentant début octobre dernier un plan d’actions auprès du département de tutelle, les professionnels pensaient sauver l’hiver prochain avec le soutien de l’Office national marocain du tourisme (ONMT). Mais leur feuille de route, n’a toujours pas reçu d’écho de la part des institutionnels. La mise en œuvre d’un plan de communication en faveur de la destination est semble-t-il remise au mois de mars.

Ce que proposent les professionnels pour renverser la tendance, ce sont des actions au niveau de plusieurs marchés. L’attractivité qu’exerce l’offre balnéaire de la destination n’est plus aujourd’hui suffisante pour attirer à elle seule les touristes.

 

 

Pour doper l’activité, les professionnels misent notamment sur la diversité des marchés et des niches. Aussi ont-ils proposé le 8 octobre dernier à l’ONMT (Office national marocain du tourisme) une série de plans d’actions pour mettre la destination sur les voies de la reprise. La situation du marché scandinave est notamment au cœur des préoccupations.
Elle a fait l’objet d’une étude par Saïd Scally, professionnel du tourisme et past président du CRT. De son avis, «le problème de la destination Agadir ne se décline ni par les tarifs hôteliers ni par la qualité du réceptif et de sa cotation, mais reste tributaire essentiellement de l’aérien».

 

En effet, il ressort de cette approche que la différence du coût siège sur Agadir est supérieure de 60 € par personne par rapport aux Iles Canaries et l’Egypte, uniques destinations concurrentes d’Agadir. «La majorité des TO contactés ne portent aucun intérêt à l’organisation d’éductours. Par contre, ils sont complètement ahuris par l’absence totale d’une documentation sur le Maroc dans la langue de leurs pays respectifs et de la promotion et marketing menés par les autres pays pour la création de la demande du client», poursuit Scally.

 

D’après lui, les opérateurs scandinaves contactés montrent un grand intérêt pour la reprise de la programmation de la destination d’Agadir pour la saison 2010/2011. «Mais à condition que les possibilités d’aide qui devront leur être apporté soient basées sur une confiance mutuelle et que les engagements soient respectés contrairement aux expériences malencontreuses du passé».

S’il n’est jamais trop tard pour bien faire, le secteur et toutes ses composantes, n’a que trop attendu aujourd’hui pour agir sur ce marché et bien d’autres. Mais encore faut-il trouver une solution pour la problématique du transport.

De notre correspondante, Malika ALAMI

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