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Archive pour 29.11.2009

ARGANE & ARG’ARNAQUE… DE L’HUILE A L’OR.

ARGANE & ARG’ARNAQUE… DE L’HUILE A L’OR

arganier2.jpg

L’huile d’Argan valait 140 dh/litre fin 2007, elle vaut 350 dh la même en grande surface garantie pure. Les coopératives augmentent chaque jour au Maroc dans la région concernée et les prix rendus en Europe s’élèvent jusqu’à 300 EUROS ou 3100 Dh le litre sur certains sites Internet « qui défendent éthiquement parlant, seulement, les femmes berbères »ères”. Mais ces dernières, quoi de plus en pôche réellement ? Elles devraient toutes rouler en Logan neuve…délirerais-je encore une fois ? Lisez l’article “des vrais gens de l’Argan”…. 

     L’Arganier arbre ancestral que l’on ne trouve que dans une région limitée du Maroc entre Essaouira et Agadir, ou juste en face également, de l’autre côté de l’Atlantique, dans une région tout aussi limitée quelque part en Amérique du sud. Ne disons pas où exactement, laissons encore ces fruits un moment aux premiers bénéficiaires locaux, développement durable des populations oblige.

 

     Que dit-on et que ne dit-on pas sur cette « fameuse » huile d’Argan ?

     Que sait-on ou que ne sait-on pas quand, même avec toute la meilleure volonté ou inconscience ?

 

     L’homme désire trouver la jeunesse éternelle dans ces produits miraculeux que dame Nature lui offre. Si la science nous permet d’en exprimer ou d’en ressortir un mieux être traditionnel utilisé par les femmes Berbères du Maroc, depuis un temps que les moins de vingt ans et bien plus ne peuvent même reconnaître localement, la beauté des hourries aux grands yeux noirs est maintenant cachée, non point par les montagne de l’Atlas mais par le faux dieu, sonnant et trébuchant, lui aussi présent, à l’ombre des arganiers.

 

     Cet ennemi du vrai et des hommes sait prendre aussi toutes sortes de formes, même utiliser toutes sortes de notions, pour mieux extraire, non pas ce liquide divin, insuffisant à certains, mais l’or, qui perle bien de ces précieuses gouttes, de ces précieuses petites mains féminines, faute de n’avoir pas encore su l’extraire eux-mêmes du plomb.

 

argane-travail.jpg

     Or ou beauté, la plupart ne communiquent donc depuis l’arbre jusqu’aux sites Internet de revente en Europe que sur ses bienfaits de beauté, il faut bien justifier pendant un moment cela pour enfin annoncer le prix de cette beauté.

 

     Qu’il se nomme Mohamed ou Jean-Pierre, qu’elle se nomme Aïcha ou Isabelle, qu’ils soient du nord ou du sud, la tentation du toujours plus déborde désormais des moulins des amandons qui produisent le trop.

 

     C’est vraiment aux femmes Berbères que je pense en écrivant cet article, femmes simples, souvent sans instruction, ayant comme seul pouvoir celui de l’intérieur de leur maison à l’heure des tagines, à l’heure des enfants, à l’heure d’un mari, à l’heure de la courbure de leur reins dans les champs, à ces heures douloureuses surtout qui forment nos si belles cartes postales chez nous, à l’image d’un monde jadis oubliée, où nos grands-mères ou nos mères plus au nord avaient sensiblement les mêmes conditions de travail et de vie.

 

     Les aider ? Certes mais l’époque n’est plus aux années 36 de l’ancien dominateur, et nous sommes encore loin de cette date sous d’autres contrées plus escarpées.

 

     L’époque est au commerce, aux « avoiristes » plus qu’aux êtres, à soi plus qu’aux autres, même si une minorité de personnes hors de toute frontière savent aussi très bien allier commerce et hommes, pardon, femmes. Si tout groupe nécessite une organisation commerciale pour les échanges, faut-il ne pas oublier de positionner l’homme en première position avant de vouloir les aider.

 

     D’ailleurs culturellement parlant, aide-t-on les gens en recherchant à les confiner dans leurs conditions sociales alors que les jeunes de ces pays lorgnent tous sur une évolution pas encore atteinte par leurs générations précédentes ? Faut-il encourager ces petites mains ou encourager leurs filles pour demain vers autre chose ou vers autrement ? Les bonnes intentions commerciales de certains sont-elles déjà perdues par l’aveuglement des comptes trop rapides, inconscients comme conscients ?

 

     L’éthique, le développement durable, l’écologie, l’aide associative, ou simplement le désir de sortir soi-même de ce carcan occidental pesant : qui ne s’est mis en tête désormais ces notions ou ces désirs, mais pour en faire le gain de qui ? Simple prétexte ne faisant qu’alourdir le quotidien et l’exploitation des premières intéressées qui hier ne se posaient pas la question, voyant bien le produit pur sortir entre les meules.

 

     Qu’un commerçant commerce, qu’un développeur développe, mais que font les commerçants qui développent éthiquement, chez les autres ? La valeur écolo est à la mode, elle prime sur les rayons. Mais sur le terrain quoi de plus pour les premières dames de l’argan ?

 

     Mais les chiffres parlent autant si ce n’est souvent mieux aux oreilles des conteurs et des compteurs.

 

Parlons moins et comptons mieux…

 

Si l’habit ne fait pas le moine en France, le flacon fonctionnerait mieux…

 

argan-litre.jpg                      argan-flacon.jpg

280 dh/Litre (25,45 euros)………….. 300 euros/Litre (3100 dh) 

 

     En ce monde restreint de la production d’huile d’argan, il est étonnant de voir autant de coopératives poussant au plus proche des routes dites touristiques. S’il ne faut pas mettre toutes les bonnes intentions dans le même sac final, le nombre annuel de déclarations de ces coopératives nous ferait croire que les superficies des récoltes des amandons se développeraient elles aussi. Il le faudrait au regard de la commercialisation de cette huile dans le monde, qui arriverait à elle seule à en vendre “énormément” plus que la production actuelle annuelle….!

 

     Pour rappel, les dernières années n’ont pas été les meilleures, les amandons manquaient, des producteurs ont dû réduire l’offre et même refuser les travailleuses, sachant aussi que depuis quelques temps les acheteurs d’amandons “à exporter en Europe” oeuvrent sur les marchés locaux dans les bleds pour des laboratoires étrangers qui extirpent seuls le précieux liquide.

 

     A qui appartiennent réellement ces coopératives ? Pour beaucoup à des plus malins à finalité autre que seulement locale et humaine, où les femmes ne touchent parfois que 3 euros la journée bien loin des salaires déjà abaissés ou du Smag , le Smic du secteur agricole officiel. Il existe heureusement des coopératives 100% locales, c’est-à-dire où chacun s’y retrouve par une vraie collectivité d’intérêts pour perpétuer une existence traditionnelle devant le développement économique. Beaucoup de familles de la région concernée bouclaient hier les fins de mois ou d’années grâce à cette petite activité supplémentaire mais ont désormais des difficultés par ce qui se développe et surtout ce qui les dépasse. Comme ce petit regroupement près d’Essaouira qui peine à obtenir son autorisation devant une administration “particulière” ou sous quelles autres raisons cachées, les petits devenant dérangeant pour les plus gros…

 

http://solidmar.blogspot.com/2009/11/tracasseries-administratives-pour-la.html

 

     Vous trouverez aussi quelques Français installés qui jouent le jeu de la qualité et de la transparence au Maroc. Certains travaillent éthiquement et développent réellement des infrastructures en certains villages comme dispensaires, écoles pour les enfants, pour les familles berbères.

 

     A voir le prix de l’huile vendu chez certaines coopératives ou arrivé en France, il serait bien de savoir si enfin les femmes berbères touchent officiellement le Smag et si elles bénéficient enfin de

la CNSS. Devant les chiffres du prix au litre vus sur Internet parfois, elles devraient même avoir au moins dû doubler ou tripler leur salaire…sans oublier les clients européens ou français qui se font bien pigeonner, à 300 euros le litre, c’est 5 euros la cuillère d’huile, la salade deviendra du caviar bientôt. Cela ne dure qu’un temps, mais parfois le temps de détruire tout un pan économique, culturel et humain, dans une autre localité, un autre pays.

 

     Devant la rareté du produit et un impact social humain, celui-ci ne devrait-il pas être strictement réglementé et réservé à cette localité, pour le bien de toute cette région au Maroc ? La question se pose…

 

     Mais ces vrais joueurs, Français ou Marocains, ne seraient qu’une poignée à être représentés officiellement au Maroc. Il ne suffit pas de presser les amandons pour conférer un cachet de qualité, de sécurité, d’appellation pure ou bio, le parcours existe, mais peu le suivent. Certains le critiquent, plus facile que de jouer la transparence eux-mêmes en laissant durer un flou dans le temps, ce dernier bien connu étant de l’argent.

 

     Bref, de la fausse huile ou de la vraie huile de table bas de gamme trouvée chez Marjane et mise en flacons, de la vraie bio à la fausse bio, 100% pure ou 100% pure mais fausse, de la traditionnelle au moulin à main à l’industrielle pressée mécaniquement, laquelle acheter au final….? Nous entendons tout et le contraire, au Maroc ou en Europe et surtout sur les sites internet qui vendent sans aucun respect des lois commerciales, sans aucune certification et en s’appuyant de plus en plus sur les valeurs écolos et éthiques comme de commerce équitable mais uniquement par les termes, par contre tous se rejoignent sur les prix. Sauf ceux qui jouent la transparence, qui se maintiennent dans l’ensemble par des prix équivalents.

 

Mais dans ce dédale de possibilités entre vraie et fausse huile d’argan, multiplié par les vrais et faux arguments de marketing, multiplié de nouveau par des grilles de prix qui partent de 1 à 3 ou  4 au Maroc et multiplié ensuite par une autre grille en France et en Europe, jusqu’à 300 euros le litre ou 3100 dh….ne sommes nous pas dans une bulle financière ? 300 euros Sans aucun contrôle ni certificat, non bio et sans garantie de pureté prouvable du produit…. alors que, pour rappel, les lois strictes sur l’alimentaire et les produits cosmétiques existent en France et sur le plan européen. Pas “bio bio ni pur pur” tout cela, Messieurs les inspecteurs de la répression et des fraudes.

 

     Ah oui, j’oubliais, autre anomalie très graisseuse en l’occurrence, serait la différence de prix entre la cosmétique et l’alimentaire. La différence réside seulement dans le fait que l’alimentaire nécessite un grillage des amandons, afin de lui donner un goût, inexistant quand elle est pure. Là déjà la question et tous les arguments d’une huile gustative se posent d’office, seule la différence du temps sur le grill permettrait de séparer un goût d’un autre ou sa couleur plus ou moins foncée. Maintenant l’arnaque réside une fois de plus dans le marketing, la cosmétique étant la pure, pourquoi cette dernière qui réclame donc moins de travail est-elle au double ou au triple du prix chez les “amateurs” commerçants ?

 

     Pour terminer, nouvelle mode qui vient de sortir : l’huile de karmous. Vous savez ce fruit récolté par les petits vendeurs des rues, sur les cactus en forme de raquette que vous trouvez sur le bord des routes au Maroc, fruit appelé aussi figue de Barbarie. Les graines de ces fruits une fois pressées donnent une huile aux grandes qualités cosmétiques selon les informations. Une coopérative existe et elle ferait des jeunes déjà… Accrochez-vous à votre écran en lisant la suite…..vous y êtes…..1000 euros ou 11.000 dh le Litre…!

 

     Heureusement la folie n’a pas encore gagné les oliveraies du Maroc, que les hommes nous en gardent…

 

Pour une meilleure connaissance sur l’argan : http://fr.wikipedia.org/wiki/Arganier

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